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Le Roi Corbeau, tome 2 : Will de Stephen Lawhead

30 Jan
Will de Stephen Lawhead

Scarlet (traduit par Clara Betruger) – Le Livre de Poche (Orbit) – 2011 – 513 pages

 XIe siècle, Angleterre.

Depuis l’arrivée des envahisseurs normands, les Celtes ont été repoussés dans les montagnes du pays de Galles. Will Écarlate a tout perdu.

Archer accompli, il devient membre éminent de la garde rapprochée du rebelle le plus célèbre : le Roi Corbeau. Mais au cours d’une tentative pour kidnapper le shérif Richard de Granville, Will est capturé et condamné à être pendu pour un crime qu’il n’a pas commis.

À moins qu’il ne livre le Roi Corbeau et sa bande de hors-la-loi…

Mon avis

Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez sans doute que j’ai lu et chroniqué il y a quelques mois le premier tome de la trilogie du Roi Corbeau (pour les mémoires poissonrougesques comme moi, c’est par là que ça se passe). J’avais beaucoup apprécié ma lecture, alors voyant que Will était à son tour proposé en partenariat sur Livraddict, je n’ai fait ni une ni deux, j’ai sauté sur l’occasion ! Le verdict ? Si j’ai trouvé ce second opus un peu en-dessous de Robin, j’ai néanmoins passé un très bon moment ! Voyons cela plus en détails…

Dès les premières pages, on comprend que Will sera très différent de Robin : en effet, c’est avec une narration à la première personne et un ton eu peu plus proche de l’oral que l’on fait connaissance avec William Scatlocke, dit Will Écarlate. Après s’être habitué à une narration externe dans le premier tome, il y a de quoi être surpris et déstabilisé ! Je dois avouer que j’ai eu peur de ne pas m’y faire, mais bien au contraire finalement. Après quelques dizaines de pages, je n’y pensais même plus ! Maintenant que j’ai terminé ma lecture, je trouve même que cela sied parfaitement à l’histoire parce que voir Will de l’intérieur nous permet vraiment de s’attacher à lui malgré le fait que ce soit un nouveau personnage. Car oui, je me suis attachée à ce bon vieux Will, j’ai beaucoup aimé sa personnalité et sa façon de s’exprimer !

Toutefois, une chose le concernant m’a déplu : la rapidité de son histoire d’amour. Peut-être faut-il le voir comme un coup de foudre, mais personnellement, j’ai trouvé que… que ça allait trop vite, tout simplement. Je ne sais pas trop comment l’expliquer. ^^ Pour rester dans les points négatifs, il m’a apparu comme étant plutôt invraisemblable que les Gallois ne se fassent jamais reconnaître. Ils sont peut-être maîtres dans l’art du déguisement, mais il faut selon moi plus qu’un costume pour duper un certains nombres de fois les mêmes personnes, surtout quand on mime être des personnes d’une origine autre que la sienne. Pourquoi pas, jusqu’à un certain point, mais je ne pense pas que cela puisse aller aussi loin (avis personnel of course). Heureusement que les « méchants » commencent à avoir des doutes à la fin, ça rapporte de la crédibilité à l’histoire. Et finalement, pour ceux qui ont trouvé l’intrigue politique un peu confuse dans le premier tome, les choses ne s’arrangent guère, malheureusement. Ce n’est pas davantage compliqué, c’est juste qu’il faut avoir compris tous les rouages de l’intrigue depuis le début pour bien saisir celle qui prend place dans ce tome-ci.

En revanche,  d’autres points positifs viennent pallier à ces petits défauts. J’ai beaucoup apprécié que l’on voit le Grelon de l’intérieur, notamment parce qu’on n’a pas trop eu cette chance dans le premier tome. On découvre donc enfin le mode de vie de cette petite clique plus en profondeur et surtout toute l’ingéniosité dont ils font preuve. Tout comme Will, on est également surpris de voir qu’en fait, la vie en dehors du joug des envahisseurs n’est pas nécessairement plus rose. Avec l’arrivée du shérif Richard de Granville, le peuple du Roi Corbeau doit redoubler de prudence et leur existence reste, indirectement, conditionné par leurs ennemis. Plus le temps passe et plus l’espoir dans les coeurs s’amincit et on sent que Rhi Bran rage de ne pouvoir regagner aussi vite qu’il le voudrait le territoire pour son peuple.

De stratagèmes en stratagèmes, on suit le fantôme de la forêt au cours de ses entreprises de plus en plus folles et téméraires. Stephen Lawhead, avec son style toujours aussi riche, sait introduire de l’action dans les passages narrés par Will depuis sa prison. Ainsi, malgré la détention du personnage principal du roman, on s’ennuie rarement, car les aventures du Roi Corbeau ne manquent pas de rebondissements. Et finalement, petite mention spéciale pour Odo, le moine qui recueille les propos de Will dans sa geôle. C’est un personnage un peu antipathique au départ, mais au fil des pages, son contact avec Will le transforme profondément, petit à petit, faisant de lui un personnage de plus en plus intéressant !

Bref, Will est un très bon roman d’aventures dont le nouveau personnage principal est bigrement attachant. Voir ainsi de l’intérieur la vie du peuple du Roi Corbeau est assez intéressant et instructif. Le tout est servi, comme d’habitude, par une très belle plume. Si l’histoire d’amour et le manque de crédibilité sur un certain point rendent ce tome un peu moins bon que le précédent, il reste tout de même une bien bonne lecture. Un énorme merci à Livraddict et aux éditions Le Livre de Poche qui m’ont permis de poursuivre l’aventure entamée avec Robin ! Vivement que le troisième tome sorte en poche !

Très bien!

 Tomes…
T.1: Robin – paru
T.2: Will – paru
T.3: Tuck – paru

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Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de Lune d’Oliver Peru & Patrick McSpare

1 Août
Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de lune d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 317 pages

Ravengen est une terre maudite, tous ses habitants vous le diront. Quarante ans auparavant, le seigneur Othon le Loup y a sauvagement tué sa femme, la douce Beatrix, avant de disparaître à son tour, laissant de nombreux cadavres derrière lui. Depuis, l’on murmure que le spectre de la Dame de Lune hante ces bois sombres, accompagnée de l’âme perdue de son bourreau. Aujourd’hui, en ce mois de juillet 1191, la malédiction frappe de nouveau, et les crimes recommencent.

Venus s’enquérir de leur ancien ami Ruppert, Roland Coeur de Lion, Mathilde la Patiente et la jeune Elena sont happés par un tourbillon de folie et de sang. Dans la chaleur torride de l’été germanique, les Haut-Conteurs, rejoints par le truculent Geoffroy Bouche-Goulue, vont tenter de percer les mystères de ce sinistre pays. Quels sombres desseins cachent le terrible duc Wilfrid et ses quatre fils ? Que cherche Masque d’Argent, le sorcier pourvoyeur d’une mort aussi brutale qu’invisible ? Et surtout, qui est cette Bête Dévoreuse, hurlant à la lune et coupable de tant d’atrocités ?

Amours secrètes, vengeances assassines, monstres démoniaques… Sous l’œil glacé de la pleine Lune, les évènements s’accélèrent soudain. Et ils pourraient bien s’avérer fatals à nos héros… Mais Roland et ses compagnons n’entendent pas pour autant renoncer à leur soif de justice et de vérité.

À Cœur de Lune, Cœur de Lion !

Mon avis

Après une petite déception à la lecture du premier tome et un deuxième tome pas complètement à la hauteur non plus, je me demandais bien comment allait se passer mon aventure avec ce troisième tome. Après avoir fait le tour de trois librairies (3 pour le tome 3, est-ce un signe? :P), j’ai enfin réussi à lui mettre la main dessus ! Et je peux vous dire que Coeur de Lune rehausse définitivement la qualité de cette saga !

On a ici droit à un opus beaucoup plus mature que les autres et j’ai énormément apprécié ce changement. On s’éloigne de l’ambiance plutôt gentillette des deux premiers tomes grâce à des personnages odieux au langage ordurier et cru (ce qui m’a d’ailleurs surprise) dont les agissements sont loin d’être reluisants. Les méchants n’ont aucun scrupule à tuer des innocents et nos Haut-Conteurs sont donc obligés d’user de la force au lieu de la diplomatie à de nombreuses reprises. Toutefois, leur jugeote n’en est pas moins sollicitée, de petits mystères faisant leur apparition tout au long du récit.

Comme dans le précédent tome, nos héros sont un peu dans une impasse concernant la personne qu’ils recherchent, mais heureusement, d’autres intrigues voient le jour, donnant un rythme assez soutenu à l’histoire. Ce roman est empreint d’un sentiment constant de danger, on sent les personnages toujours sur leurs gardes (ou presque). C’est péripéties après péripéties qu’on les suit et ils ont peu de temps pour souffler, tout comme le lecteur d’ailleurs !

On rencontre plusieurs nouveaux protagonistes, notamment Geoffroy Bouche-Goulue et Bertrand le Hardi chez les Haut-Conteurs ainsi que les Ravengen et Masque d’Argent chez les « ennemis ». Masque d’Argent est un personnage intrigant que j’ai beaucoup apprécié à cause du mystère qui l’entoure. Je n’ai personnellement pas réussi à deviner qui se cachait réellement derrière ce fameux masque. D’autre part, à la suite de la venue des auteurs sur Livraddict, ces derniers m’avaient « promis » de donner mon pseudo (Merkillia) à l’un de leurs personnages puisque je leur avais filé un tout petit coup de pouce pour insérer une image dans la discussion. J’étais au courant donc, mais j’avoue que ça m’a quand même fait un choc de voir mon pseudo apparaître ! ^^ Ce n’est pas un grand rôle, mais c’est déjà beaucoup plus que ça à quoi je m’attendais. Je pensais faire une seule apparition (‘fin, pas moi, le personnage :P), mais en fait Merkillia participe au déroulement de l’intrigue. C’est tout un honneur et je suis touchée que les auteurs aient tenu parole !

Seul bémol à l’histoire, Roland s’en tire toujours aussi remarquablement bien lors des combats, alors qu’il apprend l’art du combat depuis peu quand même. C’est surtout son combat contre les Noirs Marcheurs, qui sont supposés être des combattants aguerris, qui m’a paru quelque peu irréaliste. D’ailleurs, concernant son apprentissage, je trouve dommage qu’il n’y ait pas de passages là-dessus, par exemple son entraînement au lancer de couteaux avec Salim. J’avais bien aimé les moments où Mathilde faisait pratiquer la voix de Roland (dans le premier tome si je ne m’abuse), alors je trouverais cela grandement intéressant d’en savoir plus sur tout son apprentissage, ce qui permettrait peut-être du même coup d’en connaître davantage au sujet de l’Ordre pourpre.

J’ai bien aimé la nouvelle gagnante du concours Scrinéo Jeunesse, Le Chevalier de la louve, écrite par Corynn Thymeur. Je ne sais pas qu’elles étaient les contraintes, mais en tout cas, cette histoire de loups colle assez bien avec le reste du roman. J’ai particulièrement apprécié le style qui restituait bien l’époque et les répétitions de certaines phrases qui donnait un ton particulier à l’ensemble.

Bref, ce troisième tome des Haut-Conteurs est décidément meilleur que ces prédécesseurs ! C’est un roman plus mature, avec une ambiance et des personnages plus sombres. L’action ne se tarit pas tout au long de l’histoire et le récit est mené à tambour battant. On rencontre une pléiade de nouveaux personnages, dont le très mystérieux Masque d’Argent et… la servante Merkillia (je remercie vraiment les auteurs pour cette attention!! :D). Je regrette seulement que Roland s’en tire toujours assez bien dans les combats et que l’on n’en sache pas beaucoup sur son apprentissage. C’est en somme un très bon tome que nous livre ici Oliver Peru et Patrick McSpare, en espérant que le prochain le sera tout autant !

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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La Belgariade, chant 5 : La fin de partie de l’enchanteur de David Eddings

27 Mai
La fin de partie de l'enchanteur

Enchanters’ End Game (traduit par Dominique Haas) – Pocket (Fantasy) – 1998 – 413 pages

Soudain jaillirent du sol des formes ténébreuses: silhouettes immenses, robes noires, masques d’acier étincelant. Elles avaient surgi à l’endroit le plus inattendu, entre les rangs même de l’armée. Un jeune chevalier mimbraïque en avisa une à ses côtés et sabra. À l’instant où sa lame traversait l’ombre, il fut frappé par la foudre. Des tourbillons de fumée s’élevèrent des gentes de son ventail et il grilla dans son armure.

Ce’Nedra, la Fiancée de Lumière, crispa la main sur son amulette et ferma les yeux: « Aide-nous, Belgarath! Nous allons être écrasés! »

À quoi servait de l’appeler? Sans doute avait-il atteint la Cité de la Nuit, où Torak s’éveillait au milieu des ruines. L’immense geste s’achevait dans le fracas des armes, et l’enfant de la prophétie n’était pas prêt. La guerre de sept mille ans allait finir par la victoire du Dieu-Dragon des Angaraks!

Mon avis

M’y voilà! C’est avec ce dernier et ultime tome que se termine cette belle pentalogie qu’est La Belgariade. Ce billet se veut un peu plus général, c’est-à-dire qu’il parlera du cinquième tome (évidemment ^^), mais aussi de la saga en entier, histoire de faire le point sur toute l’aventure!

Ce dernier opus, c’est la concrétisation de deux prophéties vieilles de plusieurs milliers d’années se fondant l’une dans l’autre, pour n’en devenir qu’une seule. Les décisions prises ici sont toutes plus cruciales les unes que les autres. On a droit à un bon flot de péripéties (normal quand la fin est si proche)! Bizarrement, alors que dans les autres tomes je préférais suivre Garion, j’ai cette fois rongé mon frein en attendant le moment où j’allais retrouver Ce’Nedra et son armée! Je dois avouer que j’avais hâte qu’il y ait enfin une bonne grosse baston. ^^ Et à ce niveau-là, je suis assez satisfaite. Une belle bataille, avec des évènements inattendus et d’intéressantes démonstrations du vouloir et du verbe (c’est-à-dire de magie). Par contre, je suis un tout petit peu désappointée de ne rien savoir au sujet du plan du roi Drosta, avec la brèche dans l’armée et tout. On ne sait absolument pas comment ça se passe finalement.

Au niveau de la confrontation entre Belgarion et Torak, voici la première chose qui m’ait passé par la tête : « C’est tout? » … Eh ouais, sur le coup, j’ai été déçue. Mais plus j’y repense et plus je me dis que quelque chose de différent n’aurait pas été plus approprié. C’est ce qu’il fallait finalement, même si de prime abord, ça manque un peu… de cris, de blessures et de sang!  Ben oui, je m’attendais à un combat épique moi! Cependant, je vous assure que ce qu’il se passe, bien que davantage émotionnel que physique, en vaut tout autant la peine. C’est très beau et j’oserais même dire émouvant.

Royaumes du Ponant et Territoires Angaraks

Du côté des personnages, on retrouve tout notre petit groupe initial, certes disséminé partout sur le continent, mais chacun très actif, à sa façon, dans l’histoire. Les figures de proue de ce dernier tome sont bien évidemment Garion et Ce’Nedra. Quand on repense à comment ils étaient au début, on se rend compte qu’ils ont beaucoup évolué et que leur personnalité est devenue plus étoffée. Pour ce qui est des autres personnages, ils sont encore et toujours égaux à eux-mêmes: intègres, drôles et incroyablement courageux. Je vais beaucoup m’ennuyer de Silk et je regrette tant que la fin ne soit pas plus heureuse pour lui (la danse avec la reine, terrible!)…

J’ai tout de même quelques petites déceptions. Tout d’abord, je suis vraiment déçue au sujet de Mission. Oui, on sait à peu près d’où il vient et comment il a été trouvé, mais… j’aurais aimé en savoir davantage, par exemple découvrir comment Zedar a fait pour l’élever en toute innocence. Je le trouvais tellement attachant ce p’tit bonhomme, je suis triste de le quitter sans mieux le connaître. Peut-être en apprend-on plus dans les autres séries? Ensuite, j’ai trouvé le truc avec Durnik et les Dieux (désolée d’être si vague, je veux pas spoiler ^^) très prévisible compte tenu du surnom de Durnik, alors Polgara ne m’a nullement émue.

Bref, ce tome conclut très bien La Belgariade! David Eddings nous livre ici un opus final riche en action avec une belle grosse bataille et un combat final, entre Belgarion et Torak, se jouant davantage sur le plan mental que sur le plan physique, mais qui reste quand même splendide. On constate à quel point les personnages ont évolué au fil des tomes et on quitte certains d’entre eux avec beaucoup de regret, particulièrement Silk et Mission pour ma part. Je suis très contente d’avoir découvert cette saga qui, sans pour autant être un coup de coeur, me laisse somme toute une très bonne impression. Me voilà maintenant avec une culture littéraire un peu plus étendue!

Appréciation globale :

Très bien!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (5/5)!

Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages – paru
T.2: La reine des sortilèges – paru
T.3: Le gambit du magicien – paru
T.4: La tour des maléfices – paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur – paru

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La Belgariade, chant 4 : La tour des maléfices de David Eddings

21 Avr
La tour des maléfices de David Eddings

Castle of Wizardry (traduit par Dominique Haas) – Pocket (Fantasy) – 1998 – 439 pages

Garion monta sur le trône de basalte et plaça l’Orbe sur le pommeau de l’énorme épée. Il y eut un déclic; la force vive de la pierre fusa dans la garde. La lame se mit à luire et se détacha du mur. Il la rattrapa des deux mains. La foule dans la salle réprima un halètement.

Garion sidéré vit l’Orbe jeter une formidable langue de feu bleu. Sans trop savoir pourquoi, il souleva le glaive.

« Ô joie, le roi est revenu, la prophétie s’accomplit! clama Belgarath. Inclinons-nous devant Belgarion, roi de Riva, suzerain du Ponant! »

Et la prophétie suivit son cours. Au coeur du tumulte, on entendit un bruit métallique, comme si une tombe scellée par la rouille venait de s’ouvrir. Garion en fut glacé jusqu’aux moelles. Arraché à des siècles de sommeil, un cri de rage surgit des ténèbres et réclama du sang.

Mais ce n’était pas le pire. Cette voix macabre, elle avait peur. Torak était de retour, et il tremblait, le dieu défiguré!

Mon avis

La fin approche, ça se voit. On sent, dans ce quatrième tome, les pions amorcer des mouvements de plus en plus décisifs sur cet échiquier millénaire qu’est la prophétie. Inexorablement, tous avancent vers leur destin. Toutefois, j’ai malheureusement trouvé ce tome un ton en-dessous des autres. J’ai aimé, mais certains petits points m’ont déplu.

Tout d’abord, le rythme y est plus lent, sauf peut-être sur la fin où ça recommence à bouger. Cela faisait deux, voire même trois tomes que l’on suivait les personnages dans leur course contre la montre, alors tomber dans une accalmie comme ça donne l’impression de stagner. Cela pourrait sans doute s’expliquer par le fait que l’on insiste ici davantage sur la politique (et encore, je n’ai pas eu l’impression d’en lire tant à ce sujet), ce qui ne laisse pas nécessairement place à l’action. D’un autre côté, j’ai trouvé que l’on ne s’attardait pas assez sur les différentes cérémonies qui ont lieu. En effet, les trois ou quatre célébrations sont survolées avec rapidité, il y a plus de détails sur la préparation des personnages et le « après » que sur les cérémonies en elles-même. C’est dommage parce que cela aurait pu nous permettre d’en apprendre davantage sur les coutumes de ce monde et surtout, sur les Riviens.

Île des vents

Carte de l’Île des vents (cliquable)

Du côté des personnages, certains réalisent que l’Homme n’est pas peut-être pas aussi libre qu’ils le pensaient. Prendre conscience de cette réalité n’est pas chose facile pour plusieurs d’entre eux parce que c’est à la fois impensable, mais logique, révoltant, mais rassurant. Il est intéressant d’en savoir plus sur les différents rois du Ponant (Rhodar, Anheg, etc.) et sur leur épouse. J’aime d’ailleurs beaucoup le rôle que ces dernières commencent à jouer dans l’histoire (il y a un peu de féminisme en moi faut croire ^^)! Pour sa part, Ce’Nedra a beaucoup évolué dans ce tome. Elle a enfin compris le rôle qu’elle a à jouer dans la prophétie et j’ai aimé le courage dont elle fait preuve, même si ce qu’elle doit faire la révolte. Finalement, je dois avouer que j’ai été déçue de ne rien savoir de plus au sujet du petit Mission, qu’on voit d’ailleurs très peu. ^^

Il y a toujours quelques petites secondaires intéressantes qui pimentent agréablement le récit, permettant de garder l’intérêt du lecteur. La partie avec la sorcière des marécages, Vordaï, m’a assez intriguée, je me demande maintenant si cette dernière et les palustres auront un rôle futur à jouer dans l’histoire… Pour ce qui est du tome en général, ma partie préférée reste le périple qu’entreprend Garion. J’ai été ô combien heureuse que Silk fasse partie du voyage! J’aurais détesté qu’il soit resté en arrière, vous vous en doutez! ^^

Bref, j’ai été un peu déçue par ce tome, mais j’ai l’impression que mon avis est un peu biaisée par le fait que j’ai mis beaucoup de temps à le lire, par manque de temps. Le récit m’a ainsi paru plus lent. Je regrette de n’avoir pas eu davantage d’informations sur certains points, mais on en apprend tout de même plus sur plusieurs des personnages secondaires, ce qui s’est avéré intéressant. Les intrigues secondaires sont plaisantes et la trame principale concernant Ce’Nedra est inspirante, tandis que celle du côté de Garion, une fois passer le côté politique et administratif, vient redonner de la vigueur au récit! Affaire à suivre donc, j’espère que le dernier tome ne me décevra pas!

Appréciation globale :

Très bien!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (4/5)!

Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages – paru
T.2: La reine des sortilèges – paru
T.3: Le gambit du magicien – paru
T.4: La tour des maléfices – paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur – paru

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La Belgariade, chant 1 : Le pion blanc des présages de David Eddings

18 Fév

Pawn of Prophecy (traduit par Dominique Haas) – Pocket (Fantasy) – 1998 – 348 pages

(Ici, la couverture de l’édition 2008, plus jolie je trouve)

Et les Dieux créèrent l’homme, et chaque dieu choisit son peuple. Ah! Que le monde était jeune, que les mystères étaient limpides! Mais Torak, le dieu jaloux, vola l’Orbe d’Aldur, le joyau vivant façonné par l’aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié ; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours, d’un long sommeil hanté par la souffrance.

Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages ne parlent plus qu’aux initiés, mais ils sont formels : Torak va s’éveiller. Et justement l’Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses.

Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort? Dans cette partie d’échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l’Orbe, désigné par les présages, mais qui n’est encore qu’un petit garçon jeté sur les routes par une venteuse nuit d’automne. Un simple pion, et si vulnérable…

Mon avis

Depuis que je sillonne le web et surtout les forums de lecture, j’ai largement enrichi ma culture littéraire, si bien que ma liste de lecture est remplie, entre autres, de plusieurs « classiques » de différents genres. Cette semaine, je me suis attaquée au premier tome de la pentalogie La Belgariade de David Eddings, oeuvre bien connue au niveau de la fantasy et qui fait office de première série dans le cycle La Grande Guerre des dieux.

Tout d’abord, parlons de l’histoire. Garion avait une vie assez insouciante, jusqu’au jour où les évènements commencent à se bousculer. Dès lors, il est embarqué dans un long périple dont il ne comprend pas vraiment la raison. On suit donc Garion, mais également sire Loup, tante Pol, Barak et Silk à travers la Sendarie et quelques autres royaumes du Ponant, arpentant les routes, tantôt déguisés en marchands, tantôt en nobles. Au début, tout comme Garion, on est dans l’incompréhension totale, on ignore pour quelles raisons ce voyage a lieu. Bien sûr, on a une vague idée, mais on ne comprend pas vraiment ce qui se trame. Au fil des pages, on finit par saisir ce qui se passe, mais le problème, c’est que Garion, il est plus long à la détente que le lecteur. Pour ma part, c’est arrivé à quelques reprises qu’il se faisait des réflexions sur des éléments que j’avais déjà saisis auparavant, ce qui coupe un peu le suspens. Mais bon, outre cela, et malgré l’histoire au schéma somme toute typiquement classique, c’est sympathique à lire! L’action est bien menée et bien que certaines révélations ne soient pas très surprenantes, il y a plusieurs péripéties intéressantes au fur et à mesure qu’on progresse dans le récit!

Carte de la Sendarie, point de départ de laventure

De leur côté, les personnages sont intéressants et travaillés. Arrivé à la fin de ce premier tome, on en est encore qu’au début de l’histoire au fond, alors beaucoup de mystères continuent de planer autour d’eux: sire Loup se dévoile peu, on se demande ce que tante Pol peut faire, jusqu’où peut-elle aller, on est intrigués par la relation entre Barak et sa femme Merel, on souhaite en savoir plus sur le don d’Hettar (dont on ne parle pas beaucoup dans ce tome), on se questionne sur les motivations d’Asharak; bref, chacun garde une part d’ombre. Toutefois, Silk est sans contredit le personnage qui m’intéresse le plus. Je suis toujours attirée par les personnages un peu filou, sournois, qui s’infiltre partout au nez et à la barbe de des propriétaires de l’endroit, agissant tout en finesse et en discrétion, les roublards quoi. ^^ Pour ce que j’en sais jusqu’à date, Silk correspond pas mal à ça, mais je crois qu’il nous réserve bien des surprises pour la suite de l’histoire, comme bien d’autres personnages! Je pense que ce sont vraiment les protagonistes qui font l’intérêt de ce roman (et sans doute de cette série)!

Au niveau du style de l’auteur, je n’ai rien à redire. Ça se lit bien, c’est fluide et le vocabulaire utilisé est assez riche. Le langage des personnages se prête bien à l’histoire, les descriptions ne m’ont pas gênée, ce qui signifie qu’elles n’étaient pas trop présentes ni insuffisantes. Bien agréable, en définitive! Cependant, j’ai repéré une ou deux répétitions assez marquantes (« Tout ça me paraît bien compliqué » nous dit souvent Garion). Encore une fois, version originale ou traduction, je ne sais pas. Ça m’apprendra à lire des livres traduits tiens, faudrait que je me mette à la VO. ^^ Sinon, c’est bien dommage parce qu’il y a également plusieurs coquilles dans mon édition, comme des mots manquants ou des mots en trop, des traits d’union en plein milieu de mots qui sont écrits entièrement sur une même ligne. Ça n’a pas gâché ma lecture (il n’y en avait pas assez pour ça), mais ça m’a quand même agacée. J’espère que les rééditions ont été révisées!

Bref, je suis bien contente d’avoir fait entrer cette série dans ma culture littéraire! Je n’ai pas été aussi conquise que j’aurais aimé l’être, mais j’ai quand même beaucoup apprécié. Malgré un petit manque de suspense et une histoire qui aurait pu être plus originale, on est totalement charmé par la magnifique palette de personnages que nous offre David Eddings, un écrivain au style agréable! J’ai bien hâte de lire le deuxième tome, duquel j’attends un peu plus, pour retrouver Garion et sa troupe, mais surtout Silk!

Appréciation globale:

Très bien!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (1/5)!

Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages – paru
T.2: La reine des sortilèges – paru
T.3: Le gambit du magicien – paru
T.4: La tour des maléfices – paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur – paru

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Les Mendiants des mers, tome 1 : Le Sceau de Ran de Paul Kearney

3 Fév

The Mark of Ran (traduit par Marie-Claude Elsen) - Le Livre de Poche (Orbit) - 2010 - 426 pages

Autrefois existait une race de créatures très ancienne. Selon certaines légendes, ils étaient les derniers des anges. D’autres prétendent qu’ils étaient des démons.

Rol Cortishane a grandi dans un petit village de pêcheurs isolé, sans savoir quelle était sa place en ce monde. Mais le sang de cette race oubliée coule dans ses veines. Marqué du Sceau de Ran, accusé de sorcellerie et de magie noire, Rol doit fuir son village et trouver refuge dans la tour du mage Psellos. Là, la belle Rowen le formera pour devenir un assassin…

Mon avis

Voici encore un énième (4e) partenariat avec les éditions Le Livre de Poche (qui vont finir par connaître mon adresse par coeur) pour, cette fois-ci, le roman Le Sceau de Ran de Paul Kearney. J’avais bien hâte de me plonger dans cet ouvrage parce que c’est de la fantasy adulte et que je désire découvrir davantage cette dernière. J’ai d’ailleurs dans ma liste à lire bon nombre de livres du genre, tels que L’Assassin Royal de Hobb, La Roue du temps de Jordan et La Belgariade d’Eddings, pour ne nommer que les plus connus. Mais bref, pour revenir au présent livre, la couverture et le résumé de l’édition du Rocher m’avait allumé il y a quelques temps déjà, alors j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu cette réédition en partenariat sur Livraddict!

J’ai tout d’abord eu un peu de mal à entrer dans l’histoire parce que j’aime quand ça bouge dès les premières pages (pas pour rien que j’aime les thrillers ^^), ce qui n’est pas le cas ici. C’est même un peu brouillon, dans la mesure où on nous balance des légendes avec des dieux, des races et des territoires inconnus (pour nous) d’entrée de jeu. Comme beaucoup d’autres livres de fantasy, on est donc un peu submergés par l’information. Cependant, elle s’intègre bien au reste du récit et la carte, placée au début du livre, nous permet de suivre plutôt aisément les déplacements de ce cher Rol et de ses compatriotes.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est l’univers créé par Paul Kearney: c’est sombre, mature, complexe et dense. Ce monde a ses propre croyances, ses propres mythes et légendes. On y parle de politique (guerres passés, présentes et futures entre les nations) et d’économie (échanges commerciaux par les voies maritimes), il y a de la violence et du sexe, beaucoup de souffrance, mais toujours avec une touche d’espérance. Les personnages sont loin d’être tout blancs ou tout noirs. On apprend à les connaître au fil de l’histoire, mais chacun garde des replis obscurs dans leur personnalité, si bien qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Rol reste un personnage mystérieux, pour nous et pour lui-même, tout au long de l’aventure et Rowen l’est encore davantage. Psellos est quant à lui insaisissable, on ne sait pas ce qu’on devrait penser de lui, tandis que Gallico est un personnage très intéressant qui semble avoir beaucoup de connaissances venant d’on ne sait où. De plus, le fait que ce soit de la fantasy « corsaire », donc avec des pirates, est à mon sens original et cela change des sempiternels récits de chevaliers et de guerriers!

Ce qu’on pourrait reprocher à ce premier tome, c’est la très grande abondance de termes de navigation et de mots se référant aux bateaux et leurs composantes. Certes, cela donne du réalisme aux descriptions, mais personnellement, ne connaissant pas du tout ce domaine, cela m’a davantage laisser perplexe qu’aider à me représenter les scènes. Par exemple, on parlait de gaillard d’avant et de gaillard d’arrière. Et bien, ne sachant pas que c’était une partie des bateaux, au début, je croyais bêtement qu’on parlait de quelqu’un, sans comprendre de qui il s’agissait ni pourquoi on disait « d’avant » et « d’arrière ». ^^’

De plus, j’ai également trouvé que certaines phrases avaient une structure étrange, si bien que j’ai dû en relire quelques unes pour les comprendre. La faute à la traduction ou c’est réellement le style de l’auteur? Bonne question. En outre, je n’ai pas apprécié les ellipses temporels, les sauts d’un an ou de sept ans dans le temps. Bon, un an, ça pourrait aller, mais dire qu’il ne s’est rien passé de notable dans la vie du personnage principal pendant sept ans, je trouve ça un peu gros. D’un autre côté, peut-être que ça évite les accalmies où le lecteur aurait pu être ennuyé par le manque d’action. Qui sait? C’est un choix « scénaristique » comme un autre. Par contre, j’ai eu du mal à cause de ça à estimer et à me rappeler l’âge de Rol. D’ailleurs, j’ai été incapable de me l’imaginer à quinze ans, il avait à mon avis des comportements bien trop matures, je me le représentais toujours dans la vingtaine malgré moi.

Toutefois, pour ce qui est de l’histoire en soi, mon appréciation varie pour les deux parties du livre! Dans la première, intitulée La tour, on suit Rol dans sa vie à, vous l’aurez deviné, la tour, qui est en fait le repère de Psellos. C’est là, dans cette construction et dans la ville d’Ascari, qu’on rencontre Rowen, Canker, Gallico et plusieurs autres personnages qu’on revoit plus tard, ou pas (dépendant de leur durée de vie ^^), dans le récit. Il n’y a pas tant d’action, c’est plutôt des questionnements et des réflexions de Rol. La deuxième partie, La mer, est beaucoup plus palpitante et de ce fait, je l’ai préférée. On est maintenant en pleine mer avec Rol et de nouveaux compagnons (rencontrés durant les sept ans que le lecteur n’a pas connus). Problèmes, épreuves, conflits et bastons navales sont au rendez-vous! Je regrette toutefois que, dans les 427 pages, on en apprend très peu sur les origines de Rol… Il me faudra lire le prochain tome (en espérant qu’il soit traduit *croise ses doigts*)!

En bref, on a droit ici à un vrai de vrai roman de fantasy adulte où l’univers complet et les personnages tout en nuances nous promettent un dépaysement total! Malgré un début un peu déroutant, de nombreux termes maritimes et techniques ainsi que des trous dans l’histoire, on prend beaucoup de plaisir à lire ce récit, particulièrement sa deuxième partie qui est riche en rebondissements. Je n’ai pas totalement adhéré, mais je crois que c’est dû en partie à ma méconnaissance de ce genre, la dark fantasy (je n’y suis pas habituée ^^). J’aimerais lire la suite pour en savoir plus sur Rol, bien que mon envie n’est pas insoutenable! J’espère quand même que le tome 2 sera traduit (bientôt), histoire de le lire pour savoir si j’aimerais davantage l’histoire au fil des tomes, et que les tomes 3 et 4 seront publiés en VO premièrement, puis en VF. Je souhaite finalement remercier chaleureusement les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de lire ce très bon livre de fantasy!

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes…
T.1: Le Sceau de Ran – paru
T.2: This Forsaken Earth – non-traduit
T.3: Écrit, mais non publié

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Évadés de l’enfer! d’Hal Duncan

9 Jan

Escape from Hell! (traduit par Florence Dolisi) – Gallimard (Folio SF) – 2010 – 216 pages

Eli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau… en partance pour l’Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n’en est qu’une copie… franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n’ont plus alors qu’une idée en tête : trouver un moyen de s’évader.

Mon avis

La blogosphère littéraire francophone, très majoritairement européenne, foisonne de petits concours en tout genre, mais rares sont ceux qui offre la livraison outre-atlantique. Ainsi, quand celle-ci est proposée, je saute à pieds joints sur l’occasion parce que, je ne vais pas m’en cacher, j’aime bien recevoir des livres gratos (et je ne dois pas être la seule =P)!! C’est pour cette raison que j’ai participé au concours organisé par Imaginelf, en association avec FolioSF! L’objet du concours? Cinq exemplaires d’Évadés de l’enfer! d’Hal Duncan. C’est après seulement deux tentatives que j’ai réussi à empocher ce petit roman dont je vous parle sans plus tarder…

Je vous le dis, ce livre, c’est un concentré d’actions!  » Paw paw! Boum! Pataclaw! Ça passe pas? Pas grave, on passe quand même!  » Ça résume assez bien l’ambiance je crois! Le rythme est en effet très rapide, soutenu, il n’y a pas vraiment de temps morts jusqu’à la fin du roman, c’est explosif et, permettez-moi le jeu de mots, ça va à un rythme d’enfer. Je pense que ce qui est le mieux pour ce roman, c’est de le lire d’un coup, comme je l’ai fait, pour ne pas se perdre dans la succession d’actions. Il y a tellement de choses qui se produisent dans ces deux cents pages qu’on peut facilement se perdre si on ne lit que par petits bouts. Et puis, de toute façon, à la vitesse à laquelle se déroule l’histoire, ça se lit en une journée à peine!

Mais, sincèrement, je crois que je n’ai jamais lu quelque chose d’aussi… déjanté! C’est gore et très imagé, c’est satirique et franchement décalé, très drôle à certains moments… C’est donc très déroutant au premier abord. L’univers est sombre et glauque (en même temps, on est en Enfer hein ^^), les descriptions sont parfois très écoeurantes et le language est cru, mais colle bien au contexte parce qu’on n’a pas à faire à des enfants de choeur. À petite dose, c’est donc sympa, mais je ne sais pas si j’aurais été capable d’ingérer un livre de 500 pages dans le même style. Un peu, ça va, mais j’ai l’impression que trop, ça pourrait vite devenir indigeste.

Côté personnages, on ne peut pas dire qu’ils sont attachants, mais faut dire que, s’ils sont en Enfer, c’est pas pour rien. J’ai par contre adoré la présence d’un certain ange en particulier qu’on rencontre vers la fin de l’histoire, dans les (très) bas sous-sols, très rigolo et avec une grosse étincelle de folie bien marrante. Ce que j’ai par contre trouvé bizarre dans tout le roman, c’est quand la narration à la deuxième personne du singulier (« tu ») commence à embarquer. J’avais l’impression de me retrouver dans un livre dont vous êtes le héros…

Bref, désolé pour cette billet un peu décousu, mais le livre l’est tout autant, donc difficile de faire autrement! C’est un roman explosif et excentrique, sombre et dépressif, mais en même critique et exultant. Un OVNI déstabilisant à consommer à petite dose! Un gros merci à Imaginelf d’avoir pu me permettre de découvrir cet auteur qui, paraît-il, a aussi écrit un excellent dyptique!

Appréciation globale :

Très bien!

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