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On ne peut pas lutter contre le système de J. Heska

24 Jan
Éditions Seconde Chance - 2012 - 336 pages

Éditions Seconde Chance – 2012 – 336 pages

Le système financier mondial vient de s’écrouler. Il ne s’en relèvera pas, plongeant toute une civilisation dans le chaos.

Lawrence Newton a accepté sa destinée. Il a renoncé à ses espoirs, à ses convictions, et à l’amour de sa vie pour suivre les traces de son père au sein du consortium HONOLA. Samson Bimda est le chef d’un village au nord de l’Ouganda. Les semences OGM vendues par la compagnie ruinent ses champs et ne lui permettent plus d’assurer sa subsistance. Clara, Hakim et Louise sont trois militants au sein du mouvement écologiste GreenForce. Au hasard d’une de leurs actions, ils tombent sur des documents compromettants qui vont les dépasser.

À la veille du plus grand sommet européen déterminant l’avenir de millions de personnes, chacun doit défendre ses intérêts, quitte à en payer le prix le plus lourd.

Mon avis

Depuis un an ou deux, j’ai pris, en quelque sorte (meaning : officieusement), la résolution d’oser davantage dans la vie, d’essayer de nouvelles choses, de sortir de ma zone de confort en somme. Le rapport avec ce livre ? Non, je n’ai pas décidé de me mettre à lutter activement contre le système, malheureusement. Seulement, je n’avais jamais participé à un livre voyageur et voilà que J. Heska a proposé d’en faire un spécialement pour le Québec pour son roman On ne peut pas lutter contre le système. J’ai hésité un peu, mais devant l’opinion généralement favorable de plusieurs internautes, j’ai décidé de sauter le pas et de tenter l’aventure ! Bon, certes, on a déjà vu plus audacieux comme nouvelle expérience, mais il faut bien commencer quelque part.  Et comme on dit, petit train va loin !

Alors tout d’abord, commençons par l’objet livre en lui-même. J’aime beaucoup la couverture, elle dégage un certain je-ne-sais-quoi… d’inquiétant, de fin du monde, de funeste. D’une certaine façon, elle me fait penser à celle du livre Le Vide de Patrick Senécal. Cependant, le fait que le nom de l’auteur ne soit pas inscrit sur la couverture mais uniquement sur la tranche me perturbe à chaque fois que je la regarde. Cela donne une couverture étrangement dénudée et un peu inachevée. Il faut néanmoins avouer que ça a le mérite de la rendre intrigante et de la faire sortir du lot.

Venons-en à l’histoire maintenant. L’auteur aborde une multitude de sujets, comme l’économie, l’écologie et la politique, et mêle plusieurs genres (thriller, un peu de science-fiction et de philosophie, aventure), mais cet amalgame reste somme toute cohérent, les thèmes choisis allant souvent de pair. J. Heska traite de sujets complexes sans toutefois s’engoncer dans des explications détaillées, ce qui est à la fois positif et négatif. C’est bien parce que, pour le lecteur qui ne connaît rien à des sujets comme la finance ou les OGM, se faire expliquer des sujets de ce genre (comme la titrisation de dettes qui demande la connaissance d’autres concepts financiers au préalable) au travers d’un roman ne serait pas nécessairement folichon. Cependant, ceux qui ont déjà de bonnes connaissances dans ces domaines et/ou les curieux y trouveront peut-être un goût de trop peu. Pour ma part, je dirais que je me situe entre ces deux « extrêmes », donc cela ne m’a pas dérangé. L’auteur a fait le choix de ne pas faire de son roman un écrit de vulgarisation et, de mon côté, je pense que c’est une bonne décision.

Malheureusement, l’histoire s’avère au final un peu abracadabrante. Les personnages principaux semblent pour la plupart invincibles (oui, ils subissent des blessures, mais ils s’en remettent assez rapidement). On assiste à un complot qui, selon moi, ne fonctionnerait pas dans la vie réelle. Plus il y a de gens impliqués dans une conspiration (volontairement ou non), plus il est difficile que ladite conspiration fonctionne. Or, il y a justement beaucoup de personnes qui sont mêlées à cette histoire, donc il est à mes yeux (avis totalement personnel) improbable que l’instigateur ait réussi à faire ce qu’il a fait. L’histoire manque donc un peu de réalisme. Toutefois, la révélation finale concernant l’identité de l’instigateur en question m’a vraiment surprise, je ne m’y attendais pas du tout. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé l’épilogue. Non seulement on découvre qui est l’instigateur, mais en plus, l’auteur nous repasse certaines scènes sous un nouveau éclairage, ce qui fait qu’on comprend tout !

Pour ce qui est des personnages, j’ai trouvé Newton attachant, même si je ne suis pas d’accord avec sa décision. [Attention spoiler] Les crises financières qui se sont produites ces dernières années montrent qu’il ne suffit pas de faire tomber le système pour qu’il change. À presque tous les égards, notre système est resté pareil à ce qu’il était avant les crises. Faire ainsi crasher le système s’apparente plutôt à mes yeux à une vengeance personnelle de Newton envers son père et HONOLA, mais bon, ça c’est mon interprétation bien à moi. [Fin du spoiler] Malgré ça, je l’ai bien aimé, ce Newton, il a quelque chose de faillible qui le rend humain. À vrai dire, je crois que c’est le seul personnage auquel je me suis vraiment attaché. Je n’ai rien ressenti de particulier pour le personnage de Claire. Hakim et Louise ne m’ont pas marquée (en fait, j’ai trouvé Louise un peu tête à claques) et les autres personnages sont trop peu présents pour que l’on puisse se lier à eux (mais j’ai bien aimé Marty McFly par contre ^^).

Au niveau de la structure du récit, je suis partagée. La présence de flashbacks, de va-et-vient dans le temps et de chapitres sous différentes formes permettent à l’histoire de ne pas être trop linéaire. Cependant, j’ai trouvé que certains chapitres étaient mal mis en contexte du fait qu’ils n’étaient pas présentés de façon chronologique. De plus, je n’ai personnellement pas apprécié les chapitres « journalistiques ». J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas un ton réaliste (peut-être à cause de la retranscription par écrit de nouvelles « initialement » télévisées). Pour ce qui est des dialogues, j’ai eu à plusieurs reprises de la difficulté à déterminer qui parlait, ce qui est plutôt gênant. À noter également la présence de quelques coquilles ici et là qui, sans gâcher la lecture, agacent toujours un peu l’oeil.

Bref, on a là une histoire aux multiples facettes en ce qui a trait aux thèmes et aux genres, avec un personnage principal quand même attachant, mais le récit souffre cependant d’un certain manque de réalisme et d’une structure qui ne m’a pas pleinement convaincue. Néanmoins, même si mon verdict semble plutôt négatif, j’ai dans les faits passé un sympathique moment. Ça se lit bien, le suspense est au rendez-vous (un peu moins sur le début, mais c’est normal) et malgré les thèmes abordés, on n’a pas l’impression de se faire faire la morale. À lire, donc, si l’économie, l’écologie et la politique ne vous rebutent pas et que vous avez envie d’une petite lecture pas trop prise de tête ! Je remercie chaleureusement J. Heska d’avoir permis à son livre de voyager ainsi jusqu’au Québec et merci également à la personne qui me l’a fait parvenir. Présentement, il n’y a personne après moi dans la liste, mais s’il y a une québécoise qui passe ici et qui aimerait le lire, je me ferai un plaisir de lui envoyer, pour que cette belle aventure livresque se poursuive !

Bien.

Bien.

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La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

15 Jan
La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

Rue du monde – 2011 – 236 pages

Imaginez un jeu révolutionnaire, totalement virtuel mais en temps réel. Un jeu où l’on pleure, où l’on saigne, à travers un autre soi-même. Un jeu où tout peut arriver, même mourir. Une énigme absolue où il faut tout découvrir, y compris le but du jeu… Ce jeu existe: il s’appelle La Cité.

Comme dix millions de Terriens, Thomas a eu la chance de pouvoir entrer dans La Cité. Et tout a changé… Peu à peu, il a rencontré les amis que La Cité lui destinait, Arthur, Liza et Jules César. Avec eux, il a découvert ses pouvoirs. Il a aussi repéré ses ennemis, comme Jonathan, son copain de lycée… Puis tout s’est emballé. Mystères et coups de théâtre se sont entrechoqués, ont submergé les esprits. Jusque dans la vraie vie…

AVERTISSEMENT :

Dans La Cité, ne parlez jamais de votre véritable vie, sinon la lumière blanche vous accablera.

Mon avis

Il y a plus de deux mois, je recevais dans ma boîte mail un message provenant de mon formulaire de contact. C’est avec surprise (et plaisir!) que j’avais découvert que les éditions Rue du monde m’avait contacté pour m’offrir  de lire le premier tome de La Cité, leur toute nouvelle série. J’avais peu de temps pour lire à ce moment-là, mais j’ai tout de même accepté, curieuse de connaître cette nouveauté apparemment si chère à leurs yeux. Peu de temps après, je recevais un service-presse en bonne et due forme, c’est-à-dire le livre entouré d’un lot d’affiches promotionnelles, d’un mini-catalogue de l’éditeur et d’un petit mot personnalisé (très gentil au passage) ! Avec un paquet préparé avec autant de soin, je ne pouvais qu’être encore plus curieuse !  Je ressors de cette lecture plutôt satisfaite puisque c’est un ouvrage qui saura selon moi plaire au public visé, mais je ne suis toutefois pas nécessairement emballée.

L’histoire démarre très rapidement : dès les premières pages, on entre dans le vif du sujet, c’est-à-dire La Cité, ce fameux jeu vidéo mystérieux. C’est une manière efficace de commencer parce que, le cadre de l’histoire étant assez simple, le lecteur se sent intrigué dès le départ sans être ennuyé ou perdu. En quelques pages, on apprend donc à connaître Thomas, sa famille et ses amis. Cependant, il n’y a pas que le début qui est rapide : tout va très, voire trop, vite. En effet, à partir du moment où Thomas reçoit son jeu, j’ai un peu eu l’impression que l’histoire est catapultée en quatrième vitesse. Il arrive à peine dans la Cité qu’il rencontre déjà Arthur et peu de temps après Liza et J.C. Pour le coup, on peut supposer que c’est la Cité qui a orchestré tout ça puisqu’elle contrôle tout.

Mais voilà qu’en plus, ils découvrent en deux temps trois mouvements les pouvoirs qui les relient. Là encore, la Cité intervient par la bande, mais si certaines actions des personnages peuvent être provoquées par le jeu, ce dernier ne les contrôle pas et, logiquement, il reste donc une part de hasard dans le déroulement des évènements. Le fait que la déambulation aléatoire de la petite bande les ait mené devant un film connu par coeur tant par Thomas que par Liza m’apparaît donc comme une façon un peu facile de découvrir leur pouvoir commun alors que cela ne fait que quelques heures qu’ils se connaissent. Je salue toutefois l’originalité de leur pouvoir, je l’ai trouvé très intéressant. Brièvement : s’ils prononcent ensemble une même phrase au futur, ils vieillissent, si c’est une phrase au passé, ils rajeunissent, et si c’est une phrase au présent, leur état se maintient. Mais bref, tout ça pour dire que j’ai trouvé les évènements quelque peu précipités tout au long du livre.

Autre petit point négatif, certaines choses pourraient ne pas être comprises par les plus jeunes à qui ce livre est destiné. Par exemple, le personnage principal assiste à une éclipse solaire, mais ne regarde pas le soleil, comme on le lui a enseigné. Bon, moi je sais pourquoi il faut pas regarder une éclipse solaire (gare aux rayons UV les amis! :P), mais le coco de 12 ans qui lit ce roman, il ne saura pas forcément. La seule réflexion qu’il se fera c’est « rhaa, mais c’est cool une éclipse solaire, pourquoi il a pas regardé le pauvre niouk ?! » (bon, c’est peut-être pas ça qu’il se dira, mais c’est pour dire que quand on glisse un élément un peu scientifique comme ça dans un roman jeunesse, faut prendre un p’tit bout de phrase pour l’expliquer). Heureusement, cela se produit rarement durant l’histoire.

Néanmoins, j’ai trouvé que ce livre possédait définitivement beaucoup de suspense. En effet, certaines scènes, notamment celle dans le 1 à la Boucle infinie, ont su me tenir grandement en haleine. Les textes en début de chapitre sont pour la plupart assez intrigants également, surtout ceux sur Arthur qui nous amènent à nous poser beaucoup de questions. De même, j’ai trouvé les passages écrits par les Arpenteurs très intéressants et bizarrement, le fait qu’ils décrivent la Cité renforce le mystère qui l’entoure au lieu de le dissiper. Honnêtement, je n’ai pas cherché outre mesure à deviner ce qu’il allait se passer, alors j’ai trouvé que la plupart des retournements de situation n’étaient pas prévisibles et la fin donne envie d’en savoir plus ! Les plus jeunes n’auront sans doute aucun mal à lire ce petit roman d’une traite, tout comme les adultes qui savent laisser leur âme d’enfant prendre le dessus. C’est facile à lire et entraînant !

Beaucoup de pistes sont semées (présence de la mère de Thomas et de Nadia, la mémoire de la cité, les passages pour se déplacer dans la Cité, le labyrinthe), le comportement de certains personnages (dont Jonathan et les jumeaux) est assez obscur et des intrigues sont encore irrésolues pour le moment alors reste à voir si tout ça sera bien exploité dans les tomes suivants, mais ça augure bien !

Bref, nous avons là un roman jeunesse bien sympathique avec un bon suspense et une multitude de pistes parsemées ici et là dans l’histoire. Le déroulement des évènements est cependant un peu trop rapide et facile par moment et quelques éléments auraient nécessité de plus amples explications. Toujours est-il que c’est une lecture qui réussit à susciter l’intérêt. Je me laisserai sans doute tenter lorsque le tome 2 paraîtra. Un grand merci aux éditions Rue du monde de m’avoir fait confiance !

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La lumière blanche – paru
T.2: La bataille des Confins – paru
T.3: Le pacte des Uniques – paru

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La théorie des six de Jacques Expert

5 Jan

Le Livre de Poche (Thriller) – 2010 – 248 pages

Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure.

Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police: il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

Mon avis

Je comptais être brève cette fois dans mon avis puisque, je dois l’avouer, je manque de temps, mais également parce que La théorie des six est un livre qui m’a passablement déçue, sauf que mes mains écrivent plus vite que mon ombre. *sifflote innocemment* Dès que j’ai vu ce livre en partenariat sur Livraddict, je suis sautée sur l’occasion parce que, comme vous le savez, j’adore les thrillers et celui-là m’avait l’air particulièrement intéressant avec cette théorie. Et puis, personnellement, j’aime beaucoup la couverture, elle reflète bien l’histoire et la dominante jaune/doré lui donne un joli ton.

Pourquoi, donc, ai-je été déçue? Je l’ai dit plus haut, j’aime les thrillers. Or, ce roman tient davantage du policier. Je n’y ai trouvé aucun réel suspense et les rebondissements ne sont pas sous forme d’action, mais plutôt du côté psychologique. On suit de près le cheminement mental de Julien Dussart, le meurtrier, mais il n’y a rien de bien palpitant en soi dans l’histoire. Je ne me suis nullement sentie happé par le récit et ce, malgré la narration au « je » qui aurait dû, il me semble, me permettre d’entrer de plein pied dans l’histoire.

Le langage vulgaire, obscène et scabreux de la plupart des personnages m’a choquée et a gâché ma lecture. Ça aurait bien passé s’il n’avait été question que d’un seul personnage s’exprimant ainsi, mais lorsque le mot « pute » revient pratiquement à chaque page, provenant de la bouche de plusieurs personnes différentes, c’est trop. Cela aurait pu donner une saveur différente à un personnage, mais quand c’est utilisé pour tous, c’est de l’excès et c’est cette surabondance qui m’a choquée.

Je regrette aussi le peu de développement qu’il y a autour des personnages secondaires. Luan, Rachel et Raymonde Dussart, la mère de Julien, sont des personnages que j’aurais aimé connaître davantage. Quelle est l’histoire de cette petite chinoise, Luan, qui doit travailler d’arrache-pied pour rembourser son entrée illégale en France? Mystère. De son côté, Rachel Lepetit avait, à mon avis, un potentiel énorme, mais elle est reléguée au plan d’accessoire pour Sophie Pont, cette commissaire divisionnaire complètement détestable, égocentrique et fade. Et la mère de Julien Dessart: pourquoi et comment exerce-t-elle cette vendetta, dont on fait à peine mention, contre ceux qui ont persécuté son fils dans sa jeunesse? Ce sont des personnages qui, s’ils avaient été plus développés, auraient apporté, selon moi, une richesse qui fait présentement défaut à ce livre.

J’aimerais également établir un petit parallèle avec un autre livre que j’ai lu: Le parfum de Patrick Süskind. J’ai trouvé le personnage principal de La théorie des six, Julien Dussart, étrangement similaire à Jean-Baptiste Grenouille. Effectivement, Dussart était décrit par les témoins comme étant « personne et tout le monde à la fois », qu’il avait un physique anonyme qu’on oublie sitôt qu’on l’a vu, ce qui est précisément le cas de Grenouille lorsqu’il se promenait sans parfum. On peut aussi noter que les deux n’éprouvent aucun remord face à leurs crimes et qu’ils agissent par obsession: Julien, pour la théorie des six; Jean-Baptiste, pour une femme. Pour tout vous dire, cette étrange similitude m’a quelque peu dérangée. Espérons toutefois que ce n’est que le fruit de mon imagination!

Cependant, il n’y a pas que des défauts, quelques qualités sont aussi présentes dans ce livre, aussi peu nombreuses soient-elles à mes yeux. Je pense que tous ceux qui l’ont lu s’entendront pour dire que la psychologie du tueur est très étudiée, très bien dressée. On peut aisément suivre le fil de ses pensées qui sont, somme toute, très logiques. Je sais pas si c’est parce que je n’ai pas accroché à l’ensemble de l’histoire (donc j’ai peut-être moins retenu les détails), mais j’ai été complètement surprise par la fin. Je croyais que la cible finale de Dussart était son père qui l’avait abandonné en bas âge, mais je me suis complètement trompée!

Bref, la nature policière et non thriller du roman, la vulgarité de la quasi totalité des personnages et le peu de développement des protagonistes secondaires ont fait de ce livre une déception à mes yeux. De même, la ressemblance du personnage principal avec Jean-Baptiste Grenouille dans Le Parfum de Patrick Süskind m’a importunée. La psychologie étoffée du meurtrier et la fin qui m’a surprise arrivent à sauver un peu ce livre, mais une chose est certaine, je ne le relirai pas de sitôt. Je tiens tout de même à remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat qui, même s’il m’a déçue, m’a permis de découvrir un nouvel auteur!!

Appréciation globale :

Moyen…

Déception…

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Le rasoir d’Ockham d’Henri Loevenbruck

4 Jan

J’ai Lu (Thriller) – 2009 – 535 pages

Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus violente affaire de sa carrière.

Dans l’ombre, un groupe occulte est prêt à tout pour découvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de Villard de Honnecourt, un manuscrit du XIIIe siècle.

Ari saura-t-il arrêter ces fanatiques sans scrupule avant qu’ils ne mettent en place leur sinistre dessein ?

Mon avis

Moi qui, au début de ma vie de lectrice, lisais beaucoup de fantasy et de fantastique me découvre depuis plusieurs mois une véritable passion pour les thrillers. Eh oui, je suis devenue une férue des livres à suspense, et plus précisément ceux à caractère ésotérique, sans pour autant éteindre complètement mon affection pour la littérature de l’imaginaire. Allez savoir pourquoi, toutes ces histoires de cultes, de complots, de sectes, de secrets vieux de plusieurs millénaires et de découvertes dangereuses me fascinent. J’ai découvert Henri Loevenbruck avec son thriller ésotérique Le Testament des siècles, qui fut un véritable coup de coeur. Le syndrome Copernic a fini d’achever de me convaincre que cet auteur et moi, on était fait pour s’entendre! Cette fois, c’est avec Le Rasoir d’Ockham que j’ai choisi de retrouver M. Loevenbruck.

L’histoire démarre sur les chapeaux de roues lorsque qu’Ari Mackenzie, personnage principal, reçoit un appel alarmant de Paul Cazo, un bon ami à lui qu’il était finalement loin de connaître aussi bien qu’il le pensait. Débute alors une traque complexe, une valse dangereuse entre les personnages. Je regrette beaucoup que ma lecture ait été longue et périodique, c’est-à-dire que je lisais seulement les fins de semaine, donc à chaque fois, je devais me remettre dans l’ambiance et dans l’histoire, ce qui prenait évidemment toujours quelques pages. Je pense donc que je n’ai pas pu profiter au maximum de ce qu’aurait pu me procurer cette lecture. Malgré cela, l’auteur a quand même su me tenir en haleine à de nombreuses reprises, preuve que le récit est très bien mené! Les scènes d’action sont réussies et bien décrites.

On a droit à une intrigue bien ficelée, une fiction teintée de faits véridiques. En effet, l’auteur, en avant-propos, nous dit de but en blanc « Ce livre est une fiction. » Acte très honnête, il va sans dire, qui permet aux lecteurs de savoir à quoi s’en tenir. Toutefois, l’élément central du récit, à savoir le carnet de Villard de Honnecourt, existe réellement. La trame se déroule donc autour de ce fameux document aux pages manquantes qui suscite bien des convoitises. Les buts des protagonistes se déploient tantôt de manière symbolique, tantôt du côté philosophique et pour d’autres, ce n’est qu’une question matérielle. Il est donc intéressant de voir les différents points de vue qu’offrent les personnages, mais aussi la façon dont Ari et ses collègues réussissent à prendre en main cette situation aux multiples facettes.

Du côté des personnages, on a droit à une belle brochette de personnalité: Ari, l’agent bourru réfractaire à la technologie de l’information qui n’hésite pas à foncer tête baissée dans le feu de l’action, quitte à devoir en assumer les conséquences plus tard; Mona Safran, femme mystérieuse, difficile à cerner; Lola, jeune libraire émotive et un peu torturée par un amour qu’elle sent non partagé et finalement Krysztov Zalewski, garde du corps émérite et homme de paroles, pour ne nommer que ceux-là. On s’attache bien vite à Ari ainsi qu’à son cynisme face à ses supérieurs, ainsi qu’à Lola et même à Iris Michotte, comparse de Mackenzie. Une pensée spéciale à Krysztov que j’ai beaucoup apprécié avec son humour léger et surtout, son goût pour l’action qui l’amène à en faire un peu plus que son rôle de garde du corps.

Cependant, on peut aussi noter quelques points négatifs. Tout d’abord, Henri Loevenbruck a fait l’utilisation d’une tonne de sigles, tels que DCRG, DIPJ, DRI, etc. Il avait sans doute pour but de donner de la crédibilité à son contexte, mais j’ai trouvé cela déplaisant étant donné qu’il y en a vraiment en abondance (un peu moins d’une trentaine) et que puisqu’ils étaient en grande majorité relatifs à la France ou l’Europe, ils ne me disaient absolument rien (je suis québécoise, pour ceux qui ne sauraient pas). Même s’ils étaient pour la plupart définis en bas de page, je n’arrivais pas à me souvenir de toutes les significations. Ensuite, et là c’est totalement une question de goût, je n’ai pas aimé la disposition des chapitres, trop compact à mon goût. Je préfère le traditionnel « un nouveau chapitre = une nouvelle page », mais là, ce n’est aucunement la faute de l’auteur, donc ça ne diminue en rien la qualité du roman. Puis, j’ai été un peu déçue par le sens du titre. Personnellement, j’aime beaucoup les titres qui sont très significatifs. Or, le rasoir d’Ockham, qui en fait une technique de résolution et non un objet, n’est pas beaucoup abordé. De plus, ce n’est pas quelque chose de propre à l’histoire. On retrouverait Ari Mackenzie dans une toute autre histoire et on pourrait aussi parler du rasoir d’Ockham.

Quant au style de l’auteur, il est comme d’habitude direct et sans flafla, des descriptions bien dosées selon le moment et l’ambiance et de bons dialogues pimentés d’humour. Les détails historiques et autres précisions de nature technique s’intègrent bien à l’histoire et ne cassent pas le rythme. Hormis l’utilisation des sigles dont je parlais plus haut, c’est une façon d’écrire agréable à lire avec un vocabulaire ni trop simple, ni trop recherché!

Bref, on a ici un bon thriller ésotérique avec une intrigue habile, de l’action bien mesurée et des personnages aussi diversifiés qu’attachants. Si on n’oublie l’emploi abusif des sigles et la disposition trop compact du texte, on retient de ce livre une histoire menée tambour battant qui sait nous tenir en haleine! Une fois le dernier mot lu, on ne peut qu’être content de voir l’inscription « À suivre… » !!

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes…
T.1: Le rasoir d’Ockham – paru
T.2: Les cathédrales du vide – paru
T.3: Le mystère Fulcanelli – paru

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Tes secrets m’appartiennent de Denis Richard

27 Déc

Michel Lafon – 2009 – 299 pages

Florence au temps
de la Renaissance,
Paris de nos jours

Un peintre du Quattrocento met un tableau à l’abri du Bûcher des Vanités.
Une conservatrice du musée du Louvre explore les secrets des deux hommes qui ont marqué sa vie.

Un jeune autiste se découvre un talent exceptionnel après un choc.
Un compositeur russe retrouve soudain l’inspiration.
Une adepte du spiritisme se laisse entraîner trop loin dans ses expériences occultes.

Quel fil impalpable relie ces personnages entre eux ?
Cinq cents ans après la mort de Sandro Botticelli, leurs destins s’entremêlent et de terribles dangers les guettent. Pour résoudre des mystères vieux de plusieurs siècles dont ils sont tous les héritiers, ils devront interpréter ensemble les signes de l’au-delà…

Mon avis

Je viens de le terminer et… j’ai le coeur qui bat la chamade! J’ai dévoré ce roman en deux petits jours, tellement pressée de connaître enfin le fin mot de l’histoire que je le lisais alors que j’avais des choses « plus importantes » à faire! L’intrigue est indéniablement haletante, mais quelques petits défauts m’empêchent d’élire ce livre à titre de coup de coeur.

Cependant, je commence par vous parler du style de l’auteur. Denis Richard a une plume très fluide et, malgré les minimes répétitions que j’ai relevées au cours de ma lecture, son style m’a charmé. Il ajoute avec brio une légère touche d’humour – assez présente pour nous mettre le sourire aux lèvres, mais pas trop pour ne pas nous détourner de l’ambiance instaurée – ainsi que des scènes d’amour très mignonnes, qui donneraient envie d’être à la place des personnages. Moi qui préfère les histoires où le personnage principal est féminin, j’ai été servi à souhait par la présence de Kristin, Marie-Nadège, Samantha et Gloria! Pourtant, je me suis aussi énormément attachée aux principaux personnages masculins, Tonio et Slovad. Le premier m’a séduite dès son arrivée dans l’histoire grâce à sa personnalité et le second m’a beaucoup émue, car je jouais autrefois du piano.

Je dois aussi souligner l’excellente introduction des personnages. Le quatrième de couverture me faisait un peu peur parce que je craignais de me perdre avec tous ses protagonistes, mais on passe suffisamment de temps avec les mêmes pour réussir à les connaître et à ne pas les confondre avec les héros rencontrés ensuite. Le départ est rapide et on apprend à connaître tout ce beau monde dans le feu de l’action!

Toutefois, l’éternel « mais » est là, car oui, il y a un mais. Ou plutôt plusieurs petits. Très vite dans l’histoire, le spiritisme apparaît. Il n’y a rien de mal là-dedans, mais ce qui me gêne, c’est que c’est en presque une banalité. Nos héroïnes y ont recours à de très nombreuses reprises, comme si c’était un outil du quotidien. Je veux bien comprendre que le métier de Samantha a trait à cela, mais ça m’a titillé que les deux autres embarquent sans presque aucune réticence. De plus, il arrive à plusieurs des personnages des évènements très étranges, mais soit ils n’en parlent pas entre eux, eux qui ont pourtant l’habitude de tout se dire, ou soit ils ne font aucun rapprochement entre lesdits évènementes qui sont, ma foi, plutôt similaires, donc facile à relier.

Bref, malgré ces quelques défauts, j’ai adoré ce livre parce que son intrigue est magistralement bien construite. En plus de nous donner une foule d’informations pertinentes sur le monde de l’art (mais attention, référez-vous à la note de l’auteur à la fin du livre; toutes ne sont pas véridiques), ce roman nous tient en haleine d’un bout à l’autre! De belles finales, la plupart très inattendues. Alors qu’on croit connaître ces personnages auxquels on s’est attachés, Denis Richard nous dévoile qui est vraiment qui dans cette histoire avec un dénouement assez époustouflant! Certains passages m’ont vraiment attristé (la mort d’une certaine personne en particulier en fait ^^) et d’autres m’ont fait sourire jusqu’aux oreilles! Et l’épilogue, tellement mignon! C’est totalement irréaliste, mais ça cadre bien avec le reste de l’histoire et, même si on sait que c’est impossible, on y croit parce que c’est tellement beau! Ce roman n’est pas un coup de coeur, mais il est vraiment très près d’y être!

Pour terminer, un énorme merci à Livraddict et Michel Lafon pour m’avoir permis d’acquérir ce bouquin!

Appréciation globale :

Excellent!!

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