Tag Archives: Partenariats

Le Roi Corbeau, tome 2 : Will de Stephen Lawhead

30 Jan
Will de Stephen Lawhead

Scarlet (traduit par Clara Betruger) – Le Livre de Poche (Orbit) – 2011 – 513 pages

 XIe siècle, Angleterre.

Depuis l’arrivée des envahisseurs normands, les Celtes ont été repoussés dans les montagnes du pays de Galles. Will Écarlate a tout perdu.

Archer accompli, il devient membre éminent de la garde rapprochée du rebelle le plus célèbre : le Roi Corbeau. Mais au cours d’une tentative pour kidnapper le shérif Richard de Granville, Will est capturé et condamné à être pendu pour un crime qu’il n’a pas commis.

À moins qu’il ne livre le Roi Corbeau et sa bande de hors-la-loi…

Mon avis

Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez sans doute que j’ai lu et chroniqué il y a quelques mois le premier tome de la trilogie du Roi Corbeau (pour les mémoires poissonrougesques comme moi, c’est par là que ça se passe). J’avais beaucoup apprécié ma lecture, alors voyant que Will était à son tour proposé en partenariat sur Livraddict, je n’ai fait ni une ni deux, j’ai sauté sur l’occasion ! Le verdict ? Si j’ai trouvé ce second opus un peu en-dessous de Robin, j’ai néanmoins passé un très bon moment ! Voyons cela plus en détails…

Dès les premières pages, on comprend que Will sera très différent de Robin : en effet, c’est avec une narration à la première personne et un ton eu peu plus proche de l’oral que l’on fait connaissance avec William Scatlocke, dit Will Écarlate. Après s’être habitué à une narration externe dans le premier tome, il y a de quoi être surpris et déstabilisé ! Je dois avouer que j’ai eu peur de ne pas m’y faire, mais bien au contraire finalement. Après quelques dizaines de pages, je n’y pensais même plus ! Maintenant que j’ai terminé ma lecture, je trouve même que cela sied parfaitement à l’histoire parce que voir Will de l’intérieur nous permet vraiment de s’attacher à lui malgré le fait que ce soit un nouveau personnage. Car oui, je me suis attachée à ce bon vieux Will, j’ai beaucoup aimé sa personnalité et sa façon de s’exprimer !

Toutefois, une chose le concernant m’a déplu : la rapidité de son histoire d’amour. Peut-être faut-il le voir comme un coup de foudre, mais personnellement, j’ai trouvé que… que ça allait trop vite, tout simplement. Je ne sais pas trop comment l’expliquer. ^^ Pour rester dans les points négatifs, il m’a apparu comme étant plutôt invraisemblable que les Gallois ne se fassent jamais reconnaître. Ils sont peut-être maîtres dans l’art du déguisement, mais il faut selon moi plus qu’un costume pour duper un certains nombres de fois les mêmes personnes, surtout quand on mime être des personnes d’une origine autre que la sienne. Pourquoi pas, jusqu’à un certain point, mais je ne pense pas que cela puisse aller aussi loin (avis personnel of course). Heureusement que les « méchants » commencent à avoir des doutes à la fin, ça rapporte de la crédibilité à l’histoire. Et finalement, pour ceux qui ont trouvé l’intrigue politique un peu confuse dans le premier tome, les choses ne s’arrangent guère, malheureusement. Ce n’est pas davantage compliqué, c’est juste qu’il faut avoir compris tous les rouages de l’intrigue depuis le début pour bien saisir celle qui prend place dans ce tome-ci.

En revanche,  d’autres points positifs viennent pallier à ces petits défauts. J’ai beaucoup apprécié que l’on voit le Grelon de l’intérieur, notamment parce qu’on n’a pas trop eu cette chance dans le premier tome. On découvre donc enfin le mode de vie de cette petite clique plus en profondeur et surtout toute l’ingéniosité dont ils font preuve. Tout comme Will, on est également surpris de voir qu’en fait, la vie en dehors du joug des envahisseurs n’est pas nécessairement plus rose. Avec l’arrivée du shérif Richard de Granville, le peuple du Roi Corbeau doit redoubler de prudence et leur existence reste, indirectement, conditionné par leurs ennemis. Plus le temps passe et plus l’espoir dans les coeurs s’amincit et on sent que Rhi Bran rage de ne pouvoir regagner aussi vite qu’il le voudrait le territoire pour son peuple.

De stratagèmes en stratagèmes, on suit le fantôme de la forêt au cours de ses entreprises de plus en plus folles et téméraires. Stephen Lawhead, avec son style toujours aussi riche, sait introduire de l’action dans les passages narrés par Will depuis sa prison. Ainsi, malgré la détention du personnage principal du roman, on s’ennuie rarement, car les aventures du Roi Corbeau ne manquent pas de rebondissements. Et finalement, petite mention spéciale pour Odo, le moine qui recueille les propos de Will dans sa geôle. C’est un personnage un peu antipathique au départ, mais au fil des pages, son contact avec Will le transforme profondément, petit à petit, faisant de lui un personnage de plus en plus intéressant !

Bref, Will est un très bon roman d’aventures dont le nouveau personnage principal est bigrement attachant. Voir ainsi de l’intérieur la vie du peuple du Roi Corbeau est assez intéressant et instructif. Le tout est servi, comme d’habitude, par une très belle plume. Si l’histoire d’amour et le manque de crédibilité sur un certain point rendent ce tome un peu moins bon que le précédent, il reste tout de même une bien bonne lecture. Un énorme merci à Livraddict et aux éditions Le Livre de Poche qui m’ont permis de poursuivre l’aventure entamée avec Robin ! Vivement que le troisième tome sorte en poche !

Très bien!

 Tomes…
T.1: Robin – paru
T.2: Will – paru
T.3: Tuck – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Logo Livraddict

Le Roi Corbeau, tome 1 : Robin de Stephen Lawhead

6 Mai
Robin de Stephen Lawhead

Hood (traduit par Clara Betruger) – Le Livre de Poche (Orbit) – 2011 – 536 pages

 XIe siècle, Angleterre.

Depuis l’arrivée des envahisseurs normands, les Celtes ont été repoussés dans les montagnes du pays de Galles.

Traqué comme un animal, Bran ap Brychan, héritier du trône d’Elfael, a été contraint d’abandonner le royaume de son père pour se réfugier dans la forêt des Marches, des bois primitifs où le danger rôde…

Mon avis

Vous est-il déjà arrivé d’avoir peur d’être déçu par un livre parce que vous aviez lu et adoré un autre livre du même auteur? C’était mon cas en débutant ma lecture! J’ai lu il y a environ cinq ou six ans Le Chant d’Albion de Stephen Lawhead et j’avais eu un très gros coup de coeur pour cette trilogie. Les attentes étaient donc fortes envers ce pauvre Robin… mais il a relevé avec brio le défi!

Je dois avouer que je m’attendais à un début bien plus ardu que cela. En effet, les Celtes étant reconnus pour leurs noms, disons, tout bonnement imprononçables parfois, j’appréhendais un peu la présentation des personnages. Or, tout c’est bien déroulé, sans anicroche! Je n’ai pas éprouvé de difficultés majeures à me souvenir de qui était qui et, par chance, je n’ai pas eu l’occasion de prononcer les noms à voix haute. ^^

Je connaissais déjà la plume de Stephen Lawhead et cela a été un réel plaisir de la retrouver. Certains trouvent son style pompeux, mais personnellement, je trouve que la richesse de son vocabulaire et de la structure de ses phrases ne fait qu’illustrer l’ampleur et la splendeur de la fresque qu’il nous dépeint. Cependant, n’ayant pas une très grande culture celte et anglo-saxonne,  ce fut peu glorieux pour moi géographiquement parlant. Déjà que j’ai un très mauvais sens de l’orientation, ajoutez à ça des territoires inconnus… je vous laisse deviner le résultat! Les destinations des protagonistes ne sont pas si nombreuses, mais cela a pourtant suffi à me perdre. Une carte aurait été un must.

Bran ap Brychan, personnage central à prime à bord frivole et lâche, est finalement un homme de convictions. Je me suis pour ma part attaché à lui et à la cause qu’il finit par épouser. J’ai beaucoup aimé son évolution psychologique qui, je crois, est à bien des égards l’élément le plus approfondi du roman. Angharad, principale instigatrice de ce changement de mentalité, a un aura très mystique, qui la rend énigmatique et intrigante. Les personnages secondaires, bien que pas nécessairement très approfondis, supportent bien l’histoire.  Les « méchants » sont détestables à souhait, tandis que les desseins de certains autres protagonistes restent ambigus. L’alternance de la narration entre toutes ses personnes, très bien dosée, est un point fort de ce livre: cela nous donne une vue d’ensemble de l’histoire et nous permet de suivre le récit sur tous ses plans.

Cette histoire m’a tout simplement captivée! Il est important de savoir que Stephen Lawhead n’a pas revisité l’histoire de Robin des bois. Il a fait de nombreuses recherches à ce sujet et en a tiré des conclusions différentes pour en arriver à une version distincte et très peu connue de cette histoire. Il y a certains passages du roman durant lesquels j’étais immergée à fond, d’autres m’ont émue et m’ont mis dans un état d’esprit très… indescriptible? Je suis sortie à un moment de ma lecture un peu abasourdie, j’avais du mal à émerger de l’ambiance du passage.

Et finalement, quelques mots sur le Roi Corbeau qui, comme vous devez vous en douter, est au centre du récit. Ses apparitions sont inquiétantes et donnent un ton angoissant à l’histoire le temps de quelques pages. Cependant, sachant sa vraie nature, je me demande comment il pouvait ombrager le sol… Que les gens le décrivent comme deux hommes de larges et etc., passe encore, on sait bien que les personnes ont parfois tendance à exagérer, mais voilà, je ne comprends vraiment pas comment il peut ombrager le sol à l’extérieur de la forêt. C’est un des seuls points noirs que j’ai pu relevé!

Bref, j’ai passé un excellent moment au final! J’ai vraiment apprécié retrouvé le style de Stephen Lawhead et, malgré le fait que j’ai été un perdue géographiquement parlant, je n’ai pas eu trop de difficultés à me retrouver dans les personnages. Ces derniers sont très intéressants, la complexité et l’évolution psychologique de certains sont passionnantes tandis que d’autres restent très mystérieux. Les apparitions  du Roi Corbeau réussissent à donner une ambiance très inquiétante et angoissante! C’est un récit que j’ai trouvé très « immersif » et profondément prenant. J’ai hâte de pouvoir lire la suite, c’est-à-dire quand elle sera sortie en poche! Un gros merci à Livraddict et Le Livre de Poche!!

Appréciation globale :

Excellent!!

 Tomes…
T.1: Robin – paru
T.2: Will – paru
T.3: Tuck – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Les Mendiants des mers, tome 1 : Le Sceau de Ran de Paul Kearney

3 Fév

The Mark of Ran (traduit par Marie-Claude Elsen) - Le Livre de Poche (Orbit) - 2010 - 426 pages

Autrefois existait une race de créatures très ancienne. Selon certaines légendes, ils étaient les derniers des anges. D’autres prétendent qu’ils étaient des démons.

Rol Cortishane a grandi dans un petit village de pêcheurs isolé, sans savoir quelle était sa place en ce monde. Mais le sang de cette race oubliée coule dans ses veines. Marqué du Sceau de Ran, accusé de sorcellerie et de magie noire, Rol doit fuir son village et trouver refuge dans la tour du mage Psellos. Là, la belle Rowen le formera pour devenir un assassin…

Mon avis

Voici encore un énième (4e) partenariat avec les éditions Le Livre de Poche (qui vont finir par connaître mon adresse par coeur) pour, cette fois-ci, le roman Le Sceau de Ran de Paul Kearney. J’avais bien hâte de me plonger dans cet ouvrage parce que c’est de la fantasy adulte et que je désire découvrir davantage cette dernière. J’ai d’ailleurs dans ma liste à lire bon nombre de livres du genre, tels que L’Assassin Royal de Hobb, La Roue du temps de Jordan et La Belgariade d’Eddings, pour ne nommer que les plus connus. Mais bref, pour revenir au présent livre, la couverture et le résumé de l’édition du Rocher m’avait allumé il y a quelques temps déjà, alors j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu cette réédition en partenariat sur Livraddict!

J’ai tout d’abord eu un peu de mal à entrer dans l’histoire parce que j’aime quand ça bouge dès les premières pages (pas pour rien que j’aime les thrillers ^^), ce qui n’est pas le cas ici. C’est même un peu brouillon, dans la mesure où on nous balance des légendes avec des dieux, des races et des territoires inconnus (pour nous) d’entrée de jeu. Comme beaucoup d’autres livres de fantasy, on est donc un peu submergés par l’information. Cependant, elle s’intègre bien au reste du récit et la carte, placée au début du livre, nous permet de suivre plutôt aisément les déplacements de ce cher Rol et de ses compatriotes.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est l’univers créé par Paul Kearney: c’est sombre, mature, complexe et dense. Ce monde a ses propre croyances, ses propres mythes et légendes. On y parle de politique (guerres passés, présentes et futures entre les nations) et d’économie (échanges commerciaux par les voies maritimes), il y a de la violence et du sexe, beaucoup de souffrance, mais toujours avec une touche d’espérance. Les personnages sont loin d’être tout blancs ou tout noirs. On apprend à les connaître au fil de l’histoire, mais chacun garde des replis obscurs dans leur personnalité, si bien qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Rol reste un personnage mystérieux, pour nous et pour lui-même, tout au long de l’aventure et Rowen l’est encore davantage. Psellos est quant à lui insaisissable, on ne sait pas ce qu’on devrait penser de lui, tandis que Gallico est un personnage très intéressant qui semble avoir beaucoup de connaissances venant d’on ne sait où. De plus, le fait que ce soit de la fantasy « corsaire », donc avec des pirates, est à mon sens original et cela change des sempiternels récits de chevaliers et de guerriers!

Ce qu’on pourrait reprocher à ce premier tome, c’est la très grande abondance de termes de navigation et de mots se référant aux bateaux et leurs composantes. Certes, cela donne du réalisme aux descriptions, mais personnellement, ne connaissant pas du tout ce domaine, cela m’a davantage laisser perplexe qu’aider à me représenter les scènes. Par exemple, on parlait de gaillard d’avant et de gaillard d’arrière. Et bien, ne sachant pas que c’était une partie des bateaux, au début, je croyais bêtement qu’on parlait de quelqu’un, sans comprendre de qui il s’agissait ni pourquoi on disait « d’avant » et « d’arrière ». ^^’

De plus, j’ai également trouvé que certaines phrases avaient une structure étrange, si bien que j’ai dû en relire quelques unes pour les comprendre. La faute à la traduction ou c’est réellement le style de l’auteur? Bonne question. En outre, je n’ai pas apprécié les ellipses temporels, les sauts d’un an ou de sept ans dans le temps. Bon, un an, ça pourrait aller, mais dire qu’il ne s’est rien passé de notable dans la vie du personnage principal pendant sept ans, je trouve ça un peu gros. D’un autre côté, peut-être que ça évite les accalmies où le lecteur aurait pu être ennuyé par le manque d’action. Qui sait? C’est un choix « scénaristique » comme un autre. Par contre, j’ai eu du mal à cause de ça à estimer et à me rappeler l’âge de Rol. D’ailleurs, j’ai été incapable de me l’imaginer à quinze ans, il avait à mon avis des comportements bien trop matures, je me le représentais toujours dans la vingtaine malgré moi.

Toutefois, pour ce qui est de l’histoire en soi, mon appréciation varie pour les deux parties du livre! Dans la première, intitulée La tour, on suit Rol dans sa vie à, vous l’aurez deviné, la tour, qui est en fait le repère de Psellos. C’est là, dans cette construction et dans la ville d’Ascari, qu’on rencontre Rowen, Canker, Gallico et plusieurs autres personnages qu’on revoit plus tard, ou pas (dépendant de leur durée de vie ^^), dans le récit. Il n’y a pas tant d’action, c’est plutôt des questionnements et des réflexions de Rol. La deuxième partie, La mer, est beaucoup plus palpitante et de ce fait, je l’ai préférée. On est maintenant en pleine mer avec Rol et de nouveaux compagnons (rencontrés durant les sept ans que le lecteur n’a pas connus). Problèmes, épreuves, conflits et bastons navales sont au rendez-vous! Je regrette toutefois que, dans les 427 pages, on en apprend très peu sur les origines de Rol… Il me faudra lire le prochain tome (en espérant qu’il soit traduit *croise ses doigts*)!

En bref, on a droit ici à un vrai de vrai roman de fantasy adulte où l’univers complet et les personnages tout en nuances nous promettent un dépaysement total! Malgré un début un peu déroutant, de nombreux termes maritimes et techniques ainsi que des trous dans l’histoire, on prend beaucoup de plaisir à lire ce récit, particulièrement sa deuxième partie qui est riche en rebondissements. Je n’ai pas totalement adhéré, mais je crois que c’est dû en partie à ma méconnaissance de ce genre, la dark fantasy (je n’y suis pas habituée ^^). J’aimerais lire la suite pour en savoir plus sur Rol, bien que mon envie n’est pas insoutenable! J’espère quand même que le tome 2 sera traduit (bientôt), histoire de le lire pour savoir si j’aimerais davantage l’histoire au fil des tomes, et que les tomes 3 et 4 seront publiés en VO premièrement, puis en VF. Je souhaite finalement remercier chaleureusement les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de lire ce très bon livre de fantasy!

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes…
T.1: Le Sceau de Ran – paru
T.2: This Forsaken Earth – non-traduit
T.3: Écrit, mais non publié

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

La Captive de l’hiver de Serge Brussolo

19 Jan

Le Livre de Poche – 2001 – 315 pages

Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l’ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d’une abbaye de la côte normande? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d’acier ?

C’est un univers gouverné par d’étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d’elle. Car certains détestent cette « sorcière » venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit.

Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu’elle a commis l’erreur de mettre au jour?

Mon avis

Je m’étais fait à l’idée que je ne recevrais pas ce livre quand quelques jours plus tard, ô surprise!, la poste m’a laissé une belle petit enveloppe de chez Le Livre de Poche! La Captive de l’hiver a été piégée par les tempêtes hivernales (chouette paradoxe entre le titre et les circonstances, non? ^^), si bien qu’il a mis un peu moins d’un mois à ce rendre chez moi! Mais enfin, il est là et je vous en parle de ce pas!

La Captive de l’hiver est mon premier Serge Brussolo lu en entier (j’avais commencé le premier Peggy Sue étant gamine, mais il m’a fichu la trouille donc je l’ai jamais fini ^^) et je dois dire que j’ai aimé ce premier « vrai » contact!! J’ai apprécié le style d’écriture de cet auteur: des descriptions bien dosées et surtout très claires qui permettent de bien s’imaginer les personnages et les scènes, un vocabulaire ni trop simple ni trop recherché et une histoire très intéressante! Je crois savoir que cet auteur a écrit plusieurs thrillers alors, moi qui est férue de ce genre, je ne dirais pas non à tenter l’expérience!

Mais même si j’aime beaucoup les thrillers, je suis assez touche-à-tout au niveau de mes lectures. Le caractère historique de La Captive de l’hiver ne m’a donc pas du tout dérangé et, à vrai dire, j’ai même beaucoup aimé! C’était très intéressant d’en apprendre sur le mode de vie et les traditions des vikings. J’ignore quelle documentation il y a derrière ce roman (si documentation il y a), mais j’ai trouvé l' »univers » très réaliste et cohérent. Ces hommes pour qui la gloire et l’honneur surpassent tout en importance m’ont donné une impression de réalisme qui donnait un côté très authentique à l’histoire.

Pour ce qui est des personnages, ils sont bien travaillés psychologiquement à mon avis. Marion est une femme déracinée de sa terre natale, en proie à la confusion, constamment rongée par la peur de voir son imposture dévoilée. Sa servante, Svenia, se considère à la fois chanceuse et malchanceuse d’être liée de façon si définitive à Marion: tant que cette dernière sera en vie, Svenia vivra aussi, mais dans le cas contraire, c’est leur fin à toutes les deux. Du côté des vikings, les personnages sont un peu moins abordés, mais on peut toutefois très bien sentir la folie de Rök, le désir de vengeance destructeur de Ragnaard et la passion brûlante de Knut. On s’attache vite à Marion et à Knut, on se surprend à haïr certains des barbares et à se méfier de Svenia et de Rök! Au final, on a droit à des personnages bien campés et des émotions bien transmises!

Cependant, même si j’ai aimé le style de cet écrivain, même si les portraits des personnages étaient bien brossés, je n’ai pas été transcendée par cette lecture. Il manquait quelque chose à cette histoire, du piquant supplémentaire, particulièrement dans la première moitié du roman. En effet, ce n’est qu’un long voyage au début et il ne s’y passe pas grand chose finalement. La véritable action ne démarre qu’une fois la vraie mission de Marion découverte. De ce côté-là, on peut donc considérer qu’il y a des longueurs qui ralentissent le rythme de l’histoire et l’on sent que l’histoire stagne à certains moments. Le manque d’action rend le livre un peu moins passionnant. Je posais le livre sans avoir une impérieuse envie de connaître la suite de l’histoire.

Pour ce qui est de la fin, je suis mitigée… Je regrette que cela se termine de façon aussi abrupte. Cela appelle une suite qui n’existera probablement pas (La Captive de l’hiver ayant été écrit en 2001, les chances d’une suite dix ans plus tard son minces selon moi). J’avais fini par m’attacher à Knut et la vie qui se profilait pour lui et Marion me plaisait beaucoup. Ça me chagrine de ne pas savoir comment ça se terminerait pour eux (preuve que je m’étais attachée à eux ^^). Je regrette également de ne pas avoir lu Pèlerins des ténèbres avant parce que, même si ces deux livres peuvent être lus indépendamment, il y a quand même quelques références au tome 1 dans le tome 2. On peut tout comprendre l’histoire quand même, mais ça m’a ennuyée de ne pas comprendre ces allusions (mon côté maniaque peut-être? ^^).

Bref, Serge Brussolo nous livre ici un roman intéressant sur les traditions et les coutumes vikings. Les personnages sont attachants, quand même assez complexe et très bien décrits. Cependant, les quelques longueurs et la lenteur de la première moitié du livre empêchent ce livre d’être totalement captivant. Si l’envie vous prend de le lire et que vous êtes du genre à vous attarder sur les détails, je vous conseille de commencer par lire Le Pèlerins des ténèbres, du même auteur évidemment! Pour terminer, je souhaite remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de découvrir réellement cet écrivain français dont je lirai sûrement un des thrillers!!

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: Pèlerins des ténèbres – paru
T.2: La Captive de l’hiver – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

La théorie des six de Jacques Expert

5 Jan

Le Livre de Poche (Thriller) – 2010 – 248 pages

Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure.

Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police: il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

Mon avis

Je comptais être brève cette fois dans mon avis puisque, je dois l’avouer, je manque de temps, mais également parce que La théorie des six est un livre qui m’a passablement déçue, sauf que mes mains écrivent plus vite que mon ombre. *sifflote innocemment* Dès que j’ai vu ce livre en partenariat sur Livraddict, je suis sautée sur l’occasion parce que, comme vous le savez, j’adore les thrillers et celui-là m’avait l’air particulièrement intéressant avec cette théorie. Et puis, personnellement, j’aime beaucoup la couverture, elle reflète bien l’histoire et la dominante jaune/doré lui donne un joli ton.

Pourquoi, donc, ai-je été déçue? Je l’ai dit plus haut, j’aime les thrillers. Or, ce roman tient davantage du policier. Je n’y ai trouvé aucun réel suspense et les rebondissements ne sont pas sous forme d’action, mais plutôt du côté psychologique. On suit de près le cheminement mental de Julien Dussart, le meurtrier, mais il n’y a rien de bien palpitant en soi dans l’histoire. Je ne me suis nullement sentie happé par le récit et ce, malgré la narration au « je » qui aurait dû, il me semble, me permettre d’entrer de plein pied dans l’histoire.

Le langage vulgaire, obscène et scabreux de la plupart des personnages m’a choquée et a gâché ma lecture. Ça aurait bien passé s’il n’avait été question que d’un seul personnage s’exprimant ainsi, mais lorsque le mot « pute » revient pratiquement à chaque page, provenant de la bouche de plusieurs personnes différentes, c’est trop. Cela aurait pu donner une saveur différente à un personnage, mais quand c’est utilisé pour tous, c’est de l’excès et c’est cette surabondance qui m’a choquée.

Je regrette aussi le peu de développement qu’il y a autour des personnages secondaires. Luan, Rachel et Raymonde Dussart, la mère de Julien, sont des personnages que j’aurais aimé connaître davantage. Quelle est l’histoire de cette petite chinoise, Luan, qui doit travailler d’arrache-pied pour rembourser son entrée illégale en France? Mystère. De son côté, Rachel Lepetit avait, à mon avis, un potentiel énorme, mais elle est reléguée au plan d’accessoire pour Sophie Pont, cette commissaire divisionnaire complètement détestable, égocentrique et fade. Et la mère de Julien Dessart: pourquoi et comment exerce-t-elle cette vendetta, dont on fait à peine mention, contre ceux qui ont persécuté son fils dans sa jeunesse? Ce sont des personnages qui, s’ils avaient été plus développés, auraient apporté, selon moi, une richesse qui fait présentement défaut à ce livre.

J’aimerais également établir un petit parallèle avec un autre livre que j’ai lu: Le parfum de Patrick Süskind. J’ai trouvé le personnage principal de La théorie des six, Julien Dussart, étrangement similaire à Jean-Baptiste Grenouille. Effectivement, Dussart était décrit par les témoins comme étant « personne et tout le monde à la fois », qu’il avait un physique anonyme qu’on oublie sitôt qu’on l’a vu, ce qui est précisément le cas de Grenouille lorsqu’il se promenait sans parfum. On peut aussi noter que les deux n’éprouvent aucun remord face à leurs crimes et qu’ils agissent par obsession: Julien, pour la théorie des six; Jean-Baptiste, pour une femme. Pour tout vous dire, cette étrange similitude m’a quelque peu dérangée. Espérons toutefois que ce n’est que le fruit de mon imagination!

Cependant, il n’y a pas que des défauts, quelques qualités sont aussi présentes dans ce livre, aussi peu nombreuses soient-elles à mes yeux. Je pense que tous ceux qui l’ont lu s’entendront pour dire que la psychologie du tueur est très étudiée, très bien dressée. On peut aisément suivre le fil de ses pensées qui sont, somme toute, très logiques. Je sais pas si c’est parce que je n’ai pas accroché à l’ensemble de l’histoire (donc j’ai peut-être moins retenu les détails), mais j’ai été complètement surprise par la fin. Je croyais que la cible finale de Dussart était son père qui l’avait abandonné en bas âge, mais je me suis complètement trompée!

Bref, la nature policière et non thriller du roman, la vulgarité de la quasi totalité des personnages et le peu de développement des protagonistes secondaires ont fait de ce livre une déception à mes yeux. De même, la ressemblance du personnage principal avec Jean-Baptiste Grenouille dans Le Parfum de Patrick Süskind m’a importunée. La psychologie étoffée du meurtrier et la fin qui m’a surprise arrivent à sauver un peu ce livre, mais une chose est certaine, je ne le relirai pas de sitôt. Je tiens tout de même à remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat qui, même s’il m’a déçue, m’a permis de découvrir un nouvel auteur!!

Appréciation globale :

Moyen…

Déception…

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Tes secrets m’appartiennent de Denis Richard

27 Déc

Michel Lafon – 2009 – 299 pages

Florence au temps
de la Renaissance,
Paris de nos jours

Un peintre du Quattrocento met un tableau à l’abri du Bûcher des Vanités.
Une conservatrice du musée du Louvre explore les secrets des deux hommes qui ont marqué sa vie.

Un jeune autiste se découvre un talent exceptionnel après un choc.
Un compositeur russe retrouve soudain l’inspiration.
Une adepte du spiritisme se laisse entraîner trop loin dans ses expériences occultes.

Quel fil impalpable relie ces personnages entre eux ?
Cinq cents ans après la mort de Sandro Botticelli, leurs destins s’entremêlent et de terribles dangers les guettent. Pour résoudre des mystères vieux de plusieurs siècles dont ils sont tous les héritiers, ils devront interpréter ensemble les signes de l’au-delà…

Mon avis

Je viens de le terminer et… j’ai le coeur qui bat la chamade! J’ai dévoré ce roman en deux petits jours, tellement pressée de connaître enfin le fin mot de l’histoire que je le lisais alors que j’avais des choses « plus importantes » à faire! L’intrigue est indéniablement haletante, mais quelques petits défauts m’empêchent d’élire ce livre à titre de coup de coeur.

Cependant, je commence par vous parler du style de l’auteur. Denis Richard a une plume très fluide et, malgré les minimes répétitions que j’ai relevées au cours de ma lecture, son style m’a charmé. Il ajoute avec brio une légère touche d’humour – assez présente pour nous mettre le sourire aux lèvres, mais pas trop pour ne pas nous détourner de l’ambiance instaurée – ainsi que des scènes d’amour très mignonnes, qui donneraient envie d’être à la place des personnages. Moi qui préfère les histoires où le personnage principal est féminin, j’ai été servi à souhait par la présence de Kristin, Marie-Nadège, Samantha et Gloria! Pourtant, je me suis aussi énormément attachée aux principaux personnages masculins, Tonio et Slovad. Le premier m’a séduite dès son arrivée dans l’histoire grâce à sa personnalité et le second m’a beaucoup émue, car je jouais autrefois du piano.

Je dois aussi souligner l’excellente introduction des personnages. Le quatrième de couverture me faisait un peu peur parce que je craignais de me perdre avec tous ses protagonistes, mais on passe suffisamment de temps avec les mêmes pour réussir à les connaître et à ne pas les confondre avec les héros rencontrés ensuite. Le départ est rapide et on apprend à connaître tout ce beau monde dans le feu de l’action!

Toutefois, l’éternel « mais » est là, car oui, il y a un mais. Ou plutôt plusieurs petits. Très vite dans l’histoire, le spiritisme apparaît. Il n’y a rien de mal là-dedans, mais ce qui me gêne, c’est que c’est en presque une banalité. Nos héroïnes y ont recours à de très nombreuses reprises, comme si c’était un outil du quotidien. Je veux bien comprendre que le métier de Samantha a trait à cela, mais ça m’a titillé que les deux autres embarquent sans presque aucune réticence. De plus, il arrive à plusieurs des personnages des évènements très étranges, mais soit ils n’en parlent pas entre eux, eux qui ont pourtant l’habitude de tout se dire, ou soit ils ne font aucun rapprochement entre lesdits évènementes qui sont, ma foi, plutôt similaires, donc facile à relier.

Bref, malgré ces quelques défauts, j’ai adoré ce livre parce que son intrigue est magistralement bien construite. En plus de nous donner une foule d’informations pertinentes sur le monde de l’art (mais attention, référez-vous à la note de l’auteur à la fin du livre; toutes ne sont pas véridiques), ce roman nous tient en haleine d’un bout à l’autre! De belles finales, la plupart très inattendues. Alors qu’on croit connaître ces personnages auxquels on s’est attachés, Denis Richard nous dévoile qui est vraiment qui dans cette histoire avec un dénouement assez époustouflant! Certains passages m’ont vraiment attristé (la mort d’une certaine personne en particulier en fait ^^) et d’autres m’ont fait sourire jusqu’aux oreilles! Et l’épilogue, tellement mignon! C’est totalement irréaliste, mais ça cadre bien avec le reste de l’histoire et, même si on sait que c’est impossible, on y croit parce que c’est tellement beau! Ce roman n’est pas un coup de coeur, mais il est vraiment très près d’y être!

Pour terminer, un énorme merci à Livraddict et Michel Lafon pour m’avoir permis d’acquérir ce bouquin!

Appréciation globale :

Excellent!!

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!