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Les Haut-Conteurs, tome 4 : Treize damnés d’Oliver Peru & Patrick McSpare

31 Déc
Scrinéo (Jeunesse) - 2011 - 338 pages

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 338 pages

Perdu dans un pays de glace, Roland est prisonnier de sorcières. Indomptable, il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l’esprit, mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu, et même un Coeur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant, les réponses aux questions qu’il s’est toujours posées sont à portée de voix… Car ses geôlières semblent tout connaître du Livre des Peurs.

À Rome, Alexandrie, Bruxelles, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. Tous deux se sont évaporés après leur aventure sur les terres maudites de Ravengen. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l’Insondable et Corwyn le Flambloyant collectent des indices et progressent vers le nord de l’Europe, sur la piste des Treize damnés et des origines du Livre.

Roland et ses amis sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n’avait seulement osé imaginer ? Dans la vaste cité souterraine peuplée de spectres, l’Immortel attend son heure.

Voici venue l’histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations…

Mon avis

Ayant envie d’avancer un peu dans mes différentes sagas en cours, je me suis dit qu’une petite incursion dans l’univers des Haut-Conteurs serait fort à propos, d’autant plus que la suite et fin de cette pentalogie attendait bien sagement dans ma PAL depuis… je ne sais plus quand ! Bien m’en a pris, car si j’avais trouvé que le tome 3 rehaussait le niveau de cette saga, Treize damnés nous amène à un tout autre niveau encore une fois ! Je ne regrette donc pas du tout de m’y être replongée !

La fin de Coeur de lune nous laissait sur un beau gros point d’interrogation. On découvre donc peu à peu ce qui est finalement arrivé à Roland et ses compagnons. Ce dernier étant amnésique, on constate la situation au même rythme que lui, si bien que cela occupe une bonne partie du roman. Les auteurs auraient pu tomber dans la facilité en utilisant l’amnésie, mais c’est au contraire assez bien exploité. Je n’ai en tout cas pas senti que c’était uniquement un prétexte. De plus, on a droit ici à un opus plus sombre, qui flirte à maintes occasions avec la folie et la violence. Les protagonistes sont poussés dans leurs derniers retranchements et il est intéressant de les voir s’ingénier à trouver des solutions.

Le personnage de Roland connaît une très belle évolution dans ce tome. Par la force des choses, il gagne beaucoup en maturité, tout en restant fidèle aux valeurs profondément ancrées en lui. En effet, malgré l’amnésie, il saura en son fort intérieur que certains gestes qu’on lui demande de poser ne sont pas dans sa nature. Il fait également preuve d’une très grande persévérance et surtout d’une grande résilience. Il en est de même pour Mathilde, pour qui l’interminable captivité a dû être encore plus pesante puisqu’elle avait conscience de ce qui se passait et du temps qui filait. Lothar est quant à lui à la hauteur de ce que l’on connait de lui, c’est-à-dire perfide et manipulateur. J’ai néanmoins aimé le suivre dans ce tome. Il a été très intéressant d’en apprendre davantage sur lui et de voir l’ampleur de son obsession pour le Livre des Peurs.

On pourrait a priori penser que le fait que la très grande partie de l’histoire se déroule au même endroit, dans la Montagne hurlante, rende l’histoire ennuyeuse, mais ce n’est pas le cas. C’est un lieu suffisamment intriguant pour maintenir l’intérêt du lecteur tout au long du récit. On ressent assez bien l’aspect labyrinthique de l’endroit. J’ai également éprouvé le même malaise que Roland par rapport à ce mystérieux village, hors de la montagne. Je dois par contre avouer que j’aurais bien aimé en savoir davantage sur les recherches menées par l’Ordre Pourpre pour retrouver Roland et Mathilde. Quelques bouts de chapitres y sont consacrés, mais je trouve qu’on ne connaît finalement pas grand chose de l’Ordre en tant que tel, même rendu au quatrième tome, et c’est dommage parce qu’il me semble qu’il y a clairement matière à développer. Néanmoins, je reconnais que cet opus est, à mon avis, assez bien équilibré niveau action et qu’ajouter des informations sur l’historique de l’Ordre aurait peut-être cassé le rythme.

Un reproche que l’on pourrait cependant faire à ce tome est sa fin un peu expéditive. Ce « Pouf ! Tous les ennemis disparaissent » (ou à peu près) m’a un peu fait sourciller. J’ai honnêtement eu envie de me dire « tout ça pour ça » ? Mais bon, il faut avouer que nos héros se sont quand même bien fait bastonnés et maltraités tout au long du livre et, en somme, on reste content pour eux qu’ils puissent souffler un peu.

Bref, voici à nouveau un tome qui nous démontre que la qualité de cette saga ne fait que croître à chaque volume. Les personnages, confrontés à de sombres aventures, connaissent une grande mais douloureuse évolution. En dépit du nombre très restreint de lieux dans l’histoire, les auteurs ont insufflé un bon rythme au récit, sans tomber dans les clichés malgré l’utilisation d’un ressort vu et revu (l’amnésie). Même si je regrette cette fin un peu facile, j’ai passé un excellent moment et le cinquième et dernier tome ne restera probablement pas très longtemps dans ma PAL !

Excellent!!

Excellent!!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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Le Dernier jardin, tome 1 : Éphémère de Lauren DeStefano

11 Fév
Wither (traduit par Tristan Lathière) - Castelmore - 2011 - 450 pages

Wither (traduit par Tristan Lathière) – Castelmore – 2011 – 450 pages

Que faire de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort ?

L’humanité croyait son avenir assuré. La science avait créé des enfants parfaits, immunisés contre toutes les maladies. Mais qui pouvait imaginer le prix à payer ? Car désormais, personne ne survit au-delà de vingt-cinq ans. Le monde a changé. Pour les jeunes femmes, la liberté n’est plus qu’un souvenir. Au nom de la survie de l’espèce, elles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames.

Rhine a seize ans. Quand elle se réveille dans une prison dorée, elle n’a qu’une idée en tête : fuir. Qu’importe l’amour que lui portent son mari et ses soeurs épouses. Quand on n’a que quelques années à vivre, la liberté n’a pas de prix.

Mon avis

Éphémère est un livre au sujet duquel j’avais entendu d’excellents échos un peu partout sur la blogosphère. Ajoutez à cela une magnifique couverture et vous venez de me faire tomber dans vos filets.  Pour tout vous dire, je ne savais même pas de quoi exactement parlait ce livre quand je l’ai acheté. Hélas, le charme n’a pas vraiment opéré entre cette dystopie et moi…

En ce qui me concerne, je trouve que la lacune majeure de ce roman – et c’est ce qui a fait en sorte que je n’ai pas vraiment accroché – est son univers. A priori, le concept n’est pas mauvais : les scientifiques ont réussi à rendre une génération immunisée contre toutes les maladies, mais tous les enfants issus de cette génération ont une espérance de vie plutôt courte, soit vingt ans pour les femmes, vint-cinq pour les hommes. Mais voilà, ce que je viens de vous dire, c’est à peu près tout ce qu’on apprend sur l’univers en 450 pages. Lisez le résumé, il contient à lui seul toutes les informations données sur le cadre dystopique dans la totalité du roman. Par ce manque de profondeur, Lauren DeStefano n’a pas su rendre son univers réel à mes yeux. Je n’ai pas réussi à y croire. Et pour une dystopie, c’est assez problématique. On sent que la société (la seule restante sur la planète à cause d’une prétendue Troisième Guerre mondiale dont on ne nous dit absolument rien) est très évoluée scientifiquement et technologiquement, mais rien ne vient étayer cette impression. On ne comprend pas vraiment non plus comment et pourquoi le monde est devenu tel qu’il est dans le roman. En gros, je n’ai pas été capable de trouver des repères auxquels m’accrocher dans cet univers et c’est bien dommage.

Avec un cadre aussi flou, on comprend – ou suppose – que l’auteure a voulu centrer son histoire sur ses personnages (ce n’est tout de même pas une raison pour occulter le contexte, mais bref). Comme on suit Rhine partout, même dans sa tête (si si !) à cause du point de vue narratif, on pourrait penser que, par conséquent, on apprendra très bien à la connaître. Mais là encore, j’ai coincé : à la fin de ma lecture, je n’ai pas vraiment eu l’impression de la connaître réellement. Ni aucun des personnages. En fait, j’ai trouvé que l’on n’apprend rien sur personne. Certes, on découvre qu’une telle est orpheline, que l’autre a perdu toutes ses soeurs ou encore qu’une autre avait un père peintre, que les parents de Rhine étaient scientifiques, que son frère est la personne qui compte le plus au monde pour elle, mais…  je ne sais pas, en termes de valeurs, de traits de personnalité, etc., je n’ai pas trouvé que les personnages étaient bien décrits. Je ne me suis donc pas attachée à eux. J’ai également eu un gros problème de perception des âges, c’est-à-dire que je n’avais pas du tout l’impression que Linden, par exemple, avait 21 ans, ni que Jenna en avait 19. Allez savoir pourquoi (mais je suspecte fortement cette description selon moi déficiente des personnages). 

Une autre des raisons pour lesquelles je n’ai pas accroché à Éphémère ? La narration. En effet, je n’y ai pas adhéré. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas habituée à lire un récit à la fois au présent et à la première personne, mais toujours est-il que j’ai d’abord buté sur la conjugaison pour ensuite être freinée par le point de vue. Je pense que le roman aurait gagné à être polyphonique parce qu’on se trouve enfermé dans la vision et la perception de Rhine. L’histoire aurait pu être un huis-clos intéressant, mais pour le coup, j’ai plutôt eu l’impression d’être brimée dans ma lecture, frustrée et non tenue en haleine par ce manque d’informations occasionné par l’unique point de vue narratif choisi par l’auteure. Je trouve qu’il aurait été vraiment très intéressant de voir les choses du point de vue de Linden à certains moments de l’histoire ou de celui de Gabriel à d’autres moments.

D’ailleurs, en général, on s’attend à ce qu’un bon huis-clos soit haletant, oppressant ou dérangeant, voire même tout ça à la fois, mais je trouve qu’aucun de ces qualificatifs ne s’applique à Éphémère. En effet, niveau suspense, on repassera. On ne s’ennuie pas nécessairement, mais on n’est pas réellement captivée non plus, le manque d’action étant aux premières loges dans le banc des accusés. Certes, par définition, un huis-clos ne laisse pas vraiment place à moult actions « physiques » (déplacements, courses-poursuites, etc.), mais d’une part, l’histoire de ce roman se déroule dans un grand manoir au vaste terrain (plutôt propice aux petites marches de santé donc), et d’autre part, l’action n’a pas besoin d’être physique, justement, pour être haletante. Suivre les pensées d’un personnage dans l’élaboration d’un plan de fuite ou d’une stratégie pour glaner des informations peut s’avérer palpitant. Cependant, dans le cas qui nous occupe, Rhine reste dans l’ensemble plutôt passive et, même si on voit qu’elle a une certaine stratégie et un semblant de plan, plusieurs éléments facilitant sa fuite tombent un peu du ciel pile au bon moment, empêchant souvent à un crescendo de tension d’avoir une finale explosive, surprenante. Un soufflé qui retombe quoi.

En outre, Éphémère n’est pas des plus dérangeants non plus. Ses thèmes avaient pourtant tout pour l’être (enlèvements de jeunes filles pour faire des mariages polygames forcés, captivité, dénigrement du statut de la femme en la reléguant au simple rôle de procréatrice, expériences scientifiques faites sur des enfants), mais je trouve que l’auteure n’a pas assez insisté sur le côté ignoble de la situation. Il aurait fallu que ce soit plus sombre. En tout cas, pour ma part, je suis restée plutôt insensible devant ce qui se passait dans cette prison dorée. Peut-être que Maître Vaughn aurait dû être davantage présent…

Bref, première nouvelle lecture de l’année et premier flop ! Un univers et des personnages manquant de profondeur, une narration qui ne m’a pas plu, un manque de suspense et une histoire pas assez percutante; voilà ce que je lui reproche. Malgré tout cela, reste que je n’ai pas passé un effroyable moment de lecture non plus, ça se laisse lire, les thèmes abordés, quoique peut-être mal exploités, sont intéressants. Sans doute que par curiosité, je lirai la suite. Peut-être en apprend-t-on plus sur l’univers et les personnages. Et j’ai entendu dire qu’il y avait davantage d’action dans le deuxième tome, peut-être que ça passera mieux… À voir !

Moyen...

Moyen…

Déception...

Déception…

Tomes…
T.1: Éphémère – paru
T.2: Fugitive – paru
T.3: Sever – non traduit

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La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

15 Jan
La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

Rue du monde – 2011 – 236 pages

Imaginez un jeu révolutionnaire, totalement virtuel mais en temps réel. Un jeu où l’on pleure, où l’on saigne, à travers un autre soi-même. Un jeu où tout peut arriver, même mourir. Une énigme absolue où il faut tout découvrir, y compris le but du jeu… Ce jeu existe: il s’appelle La Cité.

Comme dix millions de Terriens, Thomas a eu la chance de pouvoir entrer dans La Cité. Et tout a changé… Peu à peu, il a rencontré les amis que La Cité lui destinait, Arthur, Liza et Jules César. Avec eux, il a découvert ses pouvoirs. Il a aussi repéré ses ennemis, comme Jonathan, son copain de lycée… Puis tout s’est emballé. Mystères et coups de théâtre se sont entrechoqués, ont submergé les esprits. Jusque dans la vraie vie…

AVERTISSEMENT :

Dans La Cité, ne parlez jamais de votre véritable vie, sinon la lumière blanche vous accablera.

Mon avis

Il y a plus de deux mois, je recevais dans ma boîte mail un message provenant de mon formulaire de contact. C’est avec surprise (et plaisir!) que j’avais découvert que les éditions Rue du monde m’avait contacté pour m’offrir  de lire le premier tome de La Cité, leur toute nouvelle série. J’avais peu de temps pour lire à ce moment-là, mais j’ai tout de même accepté, curieuse de connaître cette nouveauté apparemment si chère à leurs yeux. Peu de temps après, je recevais un service-presse en bonne et due forme, c’est-à-dire le livre entouré d’un lot d’affiches promotionnelles, d’un mini-catalogue de l’éditeur et d’un petit mot personnalisé (très gentil au passage) ! Avec un paquet préparé avec autant de soin, je ne pouvais qu’être encore plus curieuse !  Je ressors de cette lecture plutôt satisfaite puisque c’est un ouvrage qui saura selon moi plaire au public visé, mais je ne suis toutefois pas nécessairement emballée.

L’histoire démarre très rapidement : dès les premières pages, on entre dans le vif du sujet, c’est-à-dire La Cité, ce fameux jeu vidéo mystérieux. C’est une manière efficace de commencer parce que, le cadre de l’histoire étant assez simple, le lecteur se sent intrigué dès le départ sans être ennuyé ou perdu. En quelques pages, on apprend donc à connaître Thomas, sa famille et ses amis. Cependant, il n’y a pas que le début qui est rapide : tout va très, voire trop, vite. En effet, à partir du moment où Thomas reçoit son jeu, j’ai un peu eu l’impression que l’histoire est catapultée en quatrième vitesse. Il arrive à peine dans la Cité qu’il rencontre déjà Arthur et peu de temps après Liza et J.C. Pour le coup, on peut supposer que c’est la Cité qui a orchestré tout ça puisqu’elle contrôle tout.

Mais voilà qu’en plus, ils découvrent en deux temps trois mouvements les pouvoirs qui les relient. Là encore, la Cité intervient par la bande, mais si certaines actions des personnages peuvent être provoquées par le jeu, ce dernier ne les contrôle pas et, logiquement, il reste donc une part de hasard dans le déroulement des évènements. Le fait que la déambulation aléatoire de la petite bande les ait mené devant un film connu par coeur tant par Thomas que par Liza m’apparaît donc comme une façon un peu facile de découvrir leur pouvoir commun alors que cela ne fait que quelques heures qu’ils se connaissent. Je salue toutefois l’originalité de leur pouvoir, je l’ai trouvé très intéressant. Brièvement : s’ils prononcent ensemble une même phrase au futur, ils vieillissent, si c’est une phrase au passé, ils rajeunissent, et si c’est une phrase au présent, leur état se maintient. Mais bref, tout ça pour dire que j’ai trouvé les évènements quelque peu précipités tout au long du livre.

Autre petit point négatif, certaines choses pourraient ne pas être comprises par les plus jeunes à qui ce livre est destiné. Par exemple, le personnage principal assiste à une éclipse solaire, mais ne regarde pas le soleil, comme on le lui a enseigné. Bon, moi je sais pourquoi il faut pas regarder une éclipse solaire (gare aux rayons UV les amis! :P), mais le coco de 12 ans qui lit ce roman, il ne saura pas forcément. La seule réflexion qu’il se fera c’est « rhaa, mais c’est cool une éclipse solaire, pourquoi il a pas regardé le pauvre niouk ?! » (bon, c’est peut-être pas ça qu’il se dira, mais c’est pour dire que quand on glisse un élément un peu scientifique comme ça dans un roman jeunesse, faut prendre un p’tit bout de phrase pour l’expliquer). Heureusement, cela se produit rarement durant l’histoire.

Néanmoins, j’ai trouvé que ce livre possédait définitivement beaucoup de suspense. En effet, certaines scènes, notamment celle dans le 1 à la Boucle infinie, ont su me tenir grandement en haleine. Les textes en début de chapitre sont pour la plupart assez intrigants également, surtout ceux sur Arthur qui nous amènent à nous poser beaucoup de questions. De même, j’ai trouvé les passages écrits par les Arpenteurs très intéressants et bizarrement, le fait qu’ils décrivent la Cité renforce le mystère qui l’entoure au lieu de le dissiper. Honnêtement, je n’ai pas cherché outre mesure à deviner ce qu’il allait se passer, alors j’ai trouvé que la plupart des retournements de situation n’étaient pas prévisibles et la fin donne envie d’en savoir plus ! Les plus jeunes n’auront sans doute aucun mal à lire ce petit roman d’une traite, tout comme les adultes qui savent laisser leur âme d’enfant prendre le dessus. C’est facile à lire et entraînant !

Beaucoup de pistes sont semées (présence de la mère de Thomas et de Nadia, la mémoire de la cité, les passages pour se déplacer dans la Cité, le labyrinthe), le comportement de certains personnages (dont Jonathan et les jumeaux) est assez obscur et des intrigues sont encore irrésolues pour le moment alors reste à voir si tout ça sera bien exploité dans les tomes suivants, mais ça augure bien !

Bref, nous avons là un roman jeunesse bien sympathique avec un bon suspense et une multitude de pistes parsemées ici et là dans l’histoire. Le déroulement des évènements est cependant un peu trop rapide et facile par moment et quelques éléments auraient nécessité de plus amples explications. Toujours est-il que c’est une lecture qui réussit à susciter l’intérêt. Je me laisserai sans doute tenter lorsque le tome 2 paraîtra. Un grand merci aux éditions Rue du monde de m’avoir fait confiance !

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La lumière blanche – paru
T.2: La bataille des Confins – paru
T.3: Le pacte des Uniques – paru

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Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

12 Août
Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

Rageot – 2010 – 187 pages

– Psssst ! Est-ce que tu es prête ?

– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?

– Le basculement a débuté…

Mon avis

Il y a quelques temps, j’avais remarqué, grâce à Livraddict, que j’avais 99 livres dans ma bibliothèque. Sachant cela, je tenais à ce que mon centième livre soit spécial, que ce ne soit pas un achat quelconque pigé dans ma wish-list. Le livre qui m’est tout de suite venu à l’esprit pour cette occasion, c’est Le Chant du troll de Pierre Bottero. Et si jamais je n’avais pas réussi à le trouver, ça aurait été un autre Bottero, tout simplement, parce que chaque livre de cet auteur est spécial et unique à mes yeux.

Voici donc un des derniers Bottero que je voulais lire (ne reste maintenant plus que A comme Association, tome 4 : Le Subtil parfum du soufre, Tour B2 mon amour, Isayama et peut-être bien Zouck). C’est toujours, mais toujours le même plaisir de retrouver la plume et l’imagination de Pierre, toujours les mêmes émotions qui en ressortent : le bonheur, le plaisir, l’émerveillement, la nostalgie et, depuis son décès, un soupçon de tristesse (la préface de l’éditeur m’a d’ailleurs mis les larmes aux yeux). C’est si bon de le retrouver à travers ses oeuvres, aussi éphèmère cela soit-il. J’ai à chaque fois l’impression de revoir un vieil ami.

Le Chant du troll est un roman graphique à la fois d’une immense naïveté et d’une grande gravité. On suit l’histoire à travers les yeux de Léna, une enfant, alors c’est forcément avec candeur, dans toute leur évidence, que les éléments sont présentés. Pourtant, on reste loin du ton enfantin auquel on aurait pu s’attendre pour un ouvrage de ce genre. Bien des sujets sérieux sont abordés, comme la maladie, la mort (ce qui est un peu troublant compte tenu de ce qui est arrivé à Pierre Bottero) ainsi que les tensions que peut engendrer ces dernières dans un couple, dans une famille. C’est ce qui donne une ambiance sérieuse en arrière-plan, voire même en premier plan pour certaines scènes.

Le texte est, comme toujours avec Pierre Bottero, magnifique. Il sait être tour à tour d’une délicatesse exquise ou d’une brutalité poignante. On a droit un vocabulaire relativement assez riche, ce qui un peu surprenant compte tenu du public ciblé. L’ensemble reste toutefois très clair, fluide et entraînant. Personnellement, c’est de la musique à mes oreilles. ^^ Cet auteur a toujours su me charmer avec ses phrases coups de poing et ses belles descriptions et c’est ce qu’on retrouve ici, alors je suis comblée. J’ai également beaucoup apprécié le propos de l’histoire, les messages véhiculés derrière. Le quatrième de couverture étant assez succinct, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais, même si j’ai finalement assez vite deviné ce qui allait se passer, cela n’a en rien gâché ma lecture, car il me restait quand même les émotions et les magnifiques dessins à découvrir. J’ai adoré la vision du réel et de l’imaginaire exposée par Sil ainsi que la façon dont l’un devient l’autre et vice versa, j’ai trouvé cela très poétique.

Les dessins, quant à eux, sont très beaux et illustrent très bien l’imagination de Pierre Bottero. J’ai apprécié voir sur papier toutes ces créatures précédemment rencontrées dans les autres oeuvres de cet auteur. Gilles Francescano a fait un excellent travail : ses illustrations sont riches en détails et en texture visuelle (ça se dit ? ^^), elles sont véritablement plaisantes à regarder, voire même à admirer. J’ai trouvé que les différentes ambiances étaient bien restituées, les couleurs s’accordant bien au ton donné par le texte (le texte étant lui-même agencé aux scènes par sa coloration).

Panorama de Gilles Francescano dans Le Chant du troll

© Paysage réalisé par Gilles Francescano pour Le Chant du troll*

*Image tirée de cet article

La présence des cinq « panomaras » (dessins sur trois pages, dont une page pliable) m’a très agréablement surprise (je ne pensais pas qu’il était possible de faire ça, d’où la surprise). Ils permettent de représenter dans leur intégralité certaines scènes et ils sont tous splendides. De façon générale, j’ai donc bien accroché au style de Francescano, il a fait une très belle équipe avec Pierre Bottero ! La seule chose qui m’a un peu gêné (mais je pense que c’est davantage un choix éditorial), ce sont les lignes blanches et les encadrements blancs sur certaines illustrations. J’imagine que cela servait à mettre l’emphase sur certaines parties des dessins, mais cela m’a personnellement paru un peu incongru.

Le Chant du troll est annoncé comme un roman graphique destiné à un public plus jeune, mais pour ma part, je le vois également comme un cadeau offert par Pierre Bottero à ses fans (les deux à la fois j’entends, l’un n’empêche pas l’autre). On y retrouve des bouts de toutes les autres histoires qu’il a écrites, de tous les autres univers qu’il a créés. On parlait des Âmes croisées comme étant la jonction entre tous ses mondes, mais Le Chant du troll fait également office de pont reliant tout ça aussi, d’une façon cependant différente.

Bref, ce roman graphique est, sans surprise, un coup de coeur pour moi. J’y ai retrouvé tout ce qui fait le charme des oeuvres de Pierre Bottero, c’est-à-dire un style qui peut être à la fois poétique et percutant, une imagination sans borne et des thèmes universels abordés avec finesse. Le tout est superbement illustré par Gilles Francescano qui nous offre des dessins finement travaillés rendant justice à ce récit plein de naïveté et de gravité. C’est à mes yeux un splendide cadeau que nous a offert Pierre Bottero. Je ne pouvais espérer mieux comme centième livre. Vraiment. Et si j’ai l’air d’avoir aimé ce livre, dites-vous que je l’ai aimé davantage encore ; seulement, c’est impossible de mettre des mots là-dessus. 😉

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

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