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Les Haut-Conteurs, tome 4 : Treize damnés d’Oliver Peru & Patrick McSpare

31 Déc
Scrinéo (Jeunesse) - 2011 - 338 pages

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 338 pages

Perdu dans un pays de glace, Roland est prisonnier de sorcières. Indomptable, il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l’esprit, mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu, et même un Coeur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant, les réponses aux questions qu’il s’est toujours posées sont à portée de voix… Car ses geôlières semblent tout connaître du Livre des Peurs.

À Rome, Alexandrie, Bruxelles, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. Tous deux se sont évaporés après leur aventure sur les terres maudites de Ravengen. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l’Insondable et Corwyn le Flambloyant collectent des indices et progressent vers le nord de l’Europe, sur la piste des Treize damnés et des origines du Livre.

Roland et ses amis sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n’avait seulement osé imaginer ? Dans la vaste cité souterraine peuplée de spectres, l’Immortel attend son heure.

Voici venue l’histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations…

Mon avis

Ayant envie d’avancer un peu dans mes différentes sagas en cours, je me suis dit qu’une petite incursion dans l’univers des Haut-Conteurs serait fort à propos, d’autant plus que la suite et fin de cette pentalogie attendait bien sagement dans ma PAL depuis… je ne sais plus quand ! Bien m’en a pris, car si j’avais trouvé que le tome 3 rehaussait le niveau de cette saga, Treize damnés nous amène à un tout autre niveau encore une fois ! Je ne regrette donc pas du tout de m’y être replongée !

La fin de Coeur de lune nous laissait sur un beau gros point d’interrogation. On découvre donc peu à peu ce qui est finalement arrivé à Roland et ses compagnons. Ce dernier étant amnésique, on constate la situation au même rythme que lui, si bien que cela occupe une bonne partie du roman. Les auteurs auraient pu tomber dans la facilité en utilisant l’amnésie, mais c’est au contraire assez bien exploité. Je n’ai en tout cas pas senti que c’était uniquement un prétexte. De plus, on a droit ici à un opus plus sombre, qui flirte à maintes occasions avec la folie et la violence. Les protagonistes sont poussés dans leurs derniers retranchements et il est intéressant de les voir s’ingénier à trouver des solutions.

Le personnage de Roland connaît une très belle évolution dans ce tome. Par la force des choses, il gagne beaucoup en maturité, tout en restant fidèle aux valeurs profondément ancrées en lui. En effet, malgré l’amnésie, il saura en son fort intérieur que certains gestes qu’on lui demande de poser ne sont pas dans sa nature. Il fait également preuve d’une très grande persévérance et surtout d’une grande résilience. Il en est de même pour Mathilde, pour qui l’interminable captivité a dû être encore plus pesante puisqu’elle avait conscience de ce qui se passait et du temps qui filait. Lothar est quant à lui à la hauteur de ce que l’on connait de lui, c’est-à-dire perfide et manipulateur. J’ai néanmoins aimé le suivre dans ce tome. Il a été très intéressant d’en apprendre davantage sur lui et de voir l’ampleur de son obsession pour le Livre des Peurs.

On pourrait a priori penser que le fait que la très grande partie de l’histoire se déroule au même endroit, dans la Montagne hurlante, rende l’histoire ennuyeuse, mais ce n’est pas le cas. C’est un lieu suffisamment intriguant pour maintenir l’intérêt du lecteur tout au long du récit. On ressent assez bien l’aspect labyrinthique de l’endroit. J’ai également éprouvé le même malaise que Roland par rapport à ce mystérieux village, hors de la montagne. Je dois par contre avouer que j’aurais bien aimé en savoir davantage sur les recherches menées par l’Ordre Pourpre pour retrouver Roland et Mathilde. Quelques bouts de chapitres y sont consacrés, mais je trouve qu’on ne connaît finalement pas grand chose de l’Ordre en tant que tel, même rendu au quatrième tome, et c’est dommage parce qu’il me semble qu’il y a clairement matière à développer. Néanmoins, je reconnais que cet opus est, à mon avis, assez bien équilibré niveau action et qu’ajouter des informations sur l’historique de l’Ordre aurait peut-être cassé le rythme.

Un reproche que l’on pourrait cependant faire à ce tome est sa fin un peu expéditive. Ce « Pouf ! Tous les ennemis disparaissent » (ou à peu près) m’a un peu fait sourciller. J’ai honnêtement eu envie de me dire « tout ça pour ça » ? Mais bon, il faut avouer que nos héros se sont quand même bien fait bastonnés et maltraités tout au long du livre et, en somme, on reste content pour eux qu’ils puissent souffler un peu.

Bref, voici à nouveau un tome qui nous démontre que la qualité de cette saga ne fait que croître à chaque volume. Les personnages, confrontés à de sombres aventures, connaissent une grande mais douloureuse évolution. En dépit du nombre très restreint de lieux dans l’histoire, les auteurs ont insufflé un bon rythme au récit, sans tomber dans les clichés malgré l’utilisation d’un ressort vu et revu (l’amnésie). Même si je regrette cette fin un peu facile, j’ai passé un excellent moment et le cinquième et dernier tome ne restera probablement pas très longtemps dans ma PAL !

Excellent!!

Excellent!!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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Le Dernier jardin, tome 1 : Éphémère de Lauren DeStefano

11 Fév
Wither (traduit par Tristan Lathière) - Castelmore - 2011 - 450 pages

Wither (traduit par Tristan Lathière) – Castelmore – 2011 – 450 pages

Que faire de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort ?

L’humanité croyait son avenir assuré. La science avait créé des enfants parfaits, immunisés contre toutes les maladies. Mais qui pouvait imaginer le prix à payer ? Car désormais, personne ne survit au-delà de vingt-cinq ans. Le monde a changé. Pour les jeunes femmes, la liberté n’est plus qu’un souvenir. Au nom de la survie de l’espèce, elles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames.

Rhine a seize ans. Quand elle se réveille dans une prison dorée, elle n’a qu’une idée en tête : fuir. Qu’importe l’amour que lui portent son mari et ses soeurs épouses. Quand on n’a que quelques années à vivre, la liberté n’a pas de prix.

Mon avis

Éphémère est un livre au sujet duquel j’avais entendu d’excellents échos un peu partout sur la blogosphère. Ajoutez à cela une magnifique couverture et vous venez de me faire tomber dans vos filets.  Pour tout vous dire, je ne savais même pas de quoi exactement parlait ce livre quand je l’ai acheté. Hélas, le charme n’a pas vraiment opéré entre cette dystopie et moi…

En ce qui me concerne, je trouve que la lacune majeure de ce roman – et c’est ce qui a fait en sorte que je n’ai pas vraiment accroché – est son univers. A priori, le concept n’est pas mauvais : les scientifiques ont réussi à rendre une génération immunisée contre toutes les maladies, mais tous les enfants issus de cette génération ont une espérance de vie plutôt courte, soit vingt ans pour les femmes, vint-cinq pour les hommes. Mais voilà, ce que je viens de vous dire, c’est à peu près tout ce qu’on apprend sur l’univers en 450 pages. Lisez le résumé, il contient à lui seul toutes les informations données sur le cadre dystopique dans la totalité du roman. Par ce manque de profondeur, Lauren DeStefano n’a pas su rendre son univers réel à mes yeux. Je n’ai pas réussi à y croire. Et pour une dystopie, c’est assez problématique. On sent que la société (la seule restante sur la planète à cause d’une prétendue Troisième Guerre mondiale dont on ne nous dit absolument rien) est très évoluée scientifiquement et technologiquement, mais rien ne vient étayer cette impression. On ne comprend pas vraiment non plus comment et pourquoi le monde est devenu tel qu’il est dans le roman. En gros, je n’ai pas été capable de trouver des repères auxquels m’accrocher dans cet univers et c’est bien dommage.

Avec un cadre aussi flou, on comprend – ou suppose – que l’auteure a voulu centrer son histoire sur ses personnages (ce n’est tout de même pas une raison pour occulter le contexte, mais bref). Comme on suit Rhine partout, même dans sa tête (si si !) à cause du point de vue narratif, on pourrait penser que, par conséquent, on apprendra très bien à la connaître. Mais là encore, j’ai coincé : à la fin de ma lecture, je n’ai pas vraiment eu l’impression de la connaître réellement. Ni aucun des personnages. En fait, j’ai trouvé que l’on n’apprend rien sur personne. Certes, on découvre qu’une telle est orpheline, que l’autre a perdu toutes ses soeurs ou encore qu’une autre avait un père peintre, que les parents de Rhine étaient scientifiques, que son frère est la personne qui compte le plus au monde pour elle, mais…  je ne sais pas, en termes de valeurs, de traits de personnalité, etc., je n’ai pas trouvé que les personnages étaient bien décrits. Je ne me suis donc pas attachée à eux. J’ai également eu un gros problème de perception des âges, c’est-à-dire que je n’avais pas du tout l’impression que Linden, par exemple, avait 21 ans, ni que Jenna en avait 19. Allez savoir pourquoi (mais je suspecte fortement cette description selon moi déficiente des personnages). 

Une autre des raisons pour lesquelles je n’ai pas accroché à Éphémère ? La narration. En effet, je n’y ai pas adhéré. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas habituée à lire un récit à la fois au présent et à la première personne, mais toujours est-il que j’ai d’abord buté sur la conjugaison pour ensuite être freinée par le point de vue. Je pense que le roman aurait gagné à être polyphonique parce qu’on se trouve enfermé dans la vision et la perception de Rhine. L’histoire aurait pu être un huis-clos intéressant, mais pour le coup, j’ai plutôt eu l’impression d’être brimée dans ma lecture, frustrée et non tenue en haleine par ce manque d’informations occasionné par l’unique point de vue narratif choisi par l’auteure. Je trouve qu’il aurait été vraiment très intéressant de voir les choses du point de vue de Linden à certains moments de l’histoire ou de celui de Gabriel à d’autres moments.

D’ailleurs, en général, on s’attend à ce qu’un bon huis-clos soit haletant, oppressant ou dérangeant, voire même tout ça à la fois, mais je trouve qu’aucun de ces qualificatifs ne s’applique à Éphémère. En effet, niveau suspense, on repassera. On ne s’ennuie pas nécessairement, mais on n’est pas réellement captivée non plus, le manque d’action étant aux premières loges dans le banc des accusés. Certes, par définition, un huis-clos ne laisse pas vraiment place à moult actions « physiques » (déplacements, courses-poursuites, etc.), mais d’une part, l’histoire de ce roman se déroule dans un grand manoir au vaste terrain (plutôt propice aux petites marches de santé donc), et d’autre part, l’action n’a pas besoin d’être physique, justement, pour être haletante. Suivre les pensées d’un personnage dans l’élaboration d’un plan de fuite ou d’une stratégie pour glaner des informations peut s’avérer palpitant. Cependant, dans le cas qui nous occupe, Rhine reste dans l’ensemble plutôt passive et, même si on voit qu’elle a une certaine stratégie et un semblant de plan, plusieurs éléments facilitant sa fuite tombent un peu du ciel pile au bon moment, empêchant souvent à un crescendo de tension d’avoir une finale explosive, surprenante. Un soufflé qui retombe quoi.

En outre, Éphémère n’est pas des plus dérangeants non plus. Ses thèmes avaient pourtant tout pour l’être (enlèvements de jeunes filles pour faire des mariages polygames forcés, captivité, dénigrement du statut de la femme en la reléguant au simple rôle de procréatrice, expériences scientifiques faites sur des enfants), mais je trouve que l’auteure n’a pas assez insisté sur le côté ignoble de la situation. Il aurait fallu que ce soit plus sombre. En tout cas, pour ma part, je suis restée plutôt insensible devant ce qui se passait dans cette prison dorée. Peut-être que Maître Vaughn aurait dû être davantage présent…

Bref, première nouvelle lecture de l’année et premier flop ! Un univers et des personnages manquant de profondeur, une narration qui ne m’a pas plu, un manque de suspense et une histoire pas assez percutante; voilà ce que je lui reproche. Malgré tout cela, reste que je n’ai pas passé un effroyable moment de lecture non plus, ça se laisse lire, les thèmes abordés, quoique peut-être mal exploités, sont intéressants. Sans doute que par curiosité, je lirai la suite. Peut-être en apprend-t-on plus sur l’univers et les personnages. Et j’ai entendu dire qu’il y avait davantage d’action dans le deuxième tome, peut-être que ça passera mieux… À voir !

Moyen...

Moyen…

Déception...

Déception…

Tomes…
T.1: Éphémère – paru
T.2: Fugitive – paru
T.3: Sever – non traduit

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La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

15 Jan
La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

Rue du monde – 2011 – 236 pages

Imaginez un jeu révolutionnaire, totalement virtuel mais en temps réel. Un jeu où l’on pleure, où l’on saigne, à travers un autre soi-même. Un jeu où tout peut arriver, même mourir. Une énigme absolue où il faut tout découvrir, y compris le but du jeu… Ce jeu existe: il s’appelle La Cité.

Comme dix millions de Terriens, Thomas a eu la chance de pouvoir entrer dans La Cité. Et tout a changé… Peu à peu, il a rencontré les amis que La Cité lui destinait, Arthur, Liza et Jules César. Avec eux, il a découvert ses pouvoirs. Il a aussi repéré ses ennemis, comme Jonathan, son copain de lycée… Puis tout s’est emballé. Mystères et coups de théâtre se sont entrechoqués, ont submergé les esprits. Jusque dans la vraie vie…

AVERTISSEMENT :

Dans La Cité, ne parlez jamais de votre véritable vie, sinon la lumière blanche vous accablera.

Mon avis

Il y a plus de deux mois, je recevais dans ma boîte mail un message provenant de mon formulaire de contact. C’est avec surprise (et plaisir!) que j’avais découvert que les éditions Rue du monde m’avait contacté pour m’offrir  de lire le premier tome de La Cité, leur toute nouvelle série. J’avais peu de temps pour lire à ce moment-là, mais j’ai tout de même accepté, curieuse de connaître cette nouveauté apparemment si chère à leurs yeux. Peu de temps après, je recevais un service-presse en bonne et due forme, c’est-à-dire le livre entouré d’un lot d’affiches promotionnelles, d’un mini-catalogue de l’éditeur et d’un petit mot personnalisé (très gentil au passage) ! Avec un paquet préparé avec autant de soin, je ne pouvais qu’être encore plus curieuse !  Je ressors de cette lecture plutôt satisfaite puisque c’est un ouvrage qui saura selon moi plaire au public visé, mais je ne suis toutefois pas nécessairement emballée.

L’histoire démarre très rapidement : dès les premières pages, on entre dans le vif du sujet, c’est-à-dire La Cité, ce fameux jeu vidéo mystérieux. C’est une manière efficace de commencer parce que, le cadre de l’histoire étant assez simple, le lecteur se sent intrigué dès le départ sans être ennuyé ou perdu. En quelques pages, on apprend donc à connaître Thomas, sa famille et ses amis. Cependant, il n’y a pas que le début qui est rapide : tout va très, voire trop, vite. En effet, à partir du moment où Thomas reçoit son jeu, j’ai un peu eu l’impression que l’histoire est catapultée en quatrième vitesse. Il arrive à peine dans la Cité qu’il rencontre déjà Arthur et peu de temps après Liza et J.C. Pour le coup, on peut supposer que c’est la Cité qui a orchestré tout ça puisqu’elle contrôle tout.

Mais voilà qu’en plus, ils découvrent en deux temps trois mouvements les pouvoirs qui les relient. Là encore, la Cité intervient par la bande, mais si certaines actions des personnages peuvent être provoquées par le jeu, ce dernier ne les contrôle pas et, logiquement, il reste donc une part de hasard dans le déroulement des évènements. Le fait que la déambulation aléatoire de la petite bande les ait mené devant un film connu par coeur tant par Thomas que par Liza m’apparaît donc comme une façon un peu facile de découvrir leur pouvoir commun alors que cela ne fait que quelques heures qu’ils se connaissent. Je salue toutefois l’originalité de leur pouvoir, je l’ai trouvé très intéressant. Brièvement : s’ils prononcent ensemble une même phrase au futur, ils vieillissent, si c’est une phrase au passé, ils rajeunissent, et si c’est une phrase au présent, leur état se maintient. Mais bref, tout ça pour dire que j’ai trouvé les évènements quelque peu précipités tout au long du livre.

Autre petit point négatif, certaines choses pourraient ne pas être comprises par les plus jeunes à qui ce livre est destiné. Par exemple, le personnage principal assiste à une éclipse solaire, mais ne regarde pas le soleil, comme on le lui a enseigné. Bon, moi je sais pourquoi il faut pas regarder une éclipse solaire (gare aux rayons UV les amis! :P), mais le coco de 12 ans qui lit ce roman, il ne saura pas forcément. La seule réflexion qu’il se fera c’est « rhaa, mais c’est cool une éclipse solaire, pourquoi il a pas regardé le pauvre niouk ?! » (bon, c’est peut-être pas ça qu’il se dira, mais c’est pour dire que quand on glisse un élément un peu scientifique comme ça dans un roman jeunesse, faut prendre un p’tit bout de phrase pour l’expliquer). Heureusement, cela se produit rarement durant l’histoire.

Néanmoins, j’ai trouvé que ce livre possédait définitivement beaucoup de suspense. En effet, certaines scènes, notamment celle dans le 1 à la Boucle infinie, ont su me tenir grandement en haleine. Les textes en début de chapitre sont pour la plupart assez intrigants également, surtout ceux sur Arthur qui nous amènent à nous poser beaucoup de questions. De même, j’ai trouvé les passages écrits par les Arpenteurs très intéressants et bizarrement, le fait qu’ils décrivent la Cité renforce le mystère qui l’entoure au lieu de le dissiper. Honnêtement, je n’ai pas cherché outre mesure à deviner ce qu’il allait se passer, alors j’ai trouvé que la plupart des retournements de situation n’étaient pas prévisibles et la fin donne envie d’en savoir plus ! Les plus jeunes n’auront sans doute aucun mal à lire ce petit roman d’une traite, tout comme les adultes qui savent laisser leur âme d’enfant prendre le dessus. C’est facile à lire et entraînant !

Beaucoup de pistes sont semées (présence de la mère de Thomas et de Nadia, la mémoire de la cité, les passages pour se déplacer dans la Cité, le labyrinthe), le comportement de certains personnages (dont Jonathan et les jumeaux) est assez obscur et des intrigues sont encore irrésolues pour le moment alors reste à voir si tout ça sera bien exploité dans les tomes suivants, mais ça augure bien !

Bref, nous avons là un roman jeunesse bien sympathique avec un bon suspense et une multitude de pistes parsemées ici et là dans l’histoire. Le déroulement des évènements est cependant un peu trop rapide et facile par moment et quelques éléments auraient nécessité de plus amples explications. Toujours est-il que c’est une lecture qui réussit à susciter l’intérêt. Je me laisserai sans doute tenter lorsque le tome 2 paraîtra. Un grand merci aux éditions Rue du monde de m’avoir fait confiance !

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La lumière blanche – paru
T.2: La bataille des Confins – paru
T.3: Le pacte des Uniques – paru

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Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

12 Août
Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

Rageot – 2010 – 187 pages

– Psssst ! Est-ce que tu es prête ?

– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?

– Le basculement a débuté…

Mon avis

Il y a quelques temps, j’avais remarqué, grâce à Livraddict, que j’avais 99 livres dans ma bibliothèque. Sachant cela, je tenais à ce que mon centième livre soit spécial, que ce ne soit pas un achat quelconque pigé dans ma wish-list. Le livre qui m’est tout de suite venu à l’esprit pour cette occasion, c’est Le Chant du troll de Pierre Bottero. Et si jamais je n’avais pas réussi à le trouver, ça aurait été un autre Bottero, tout simplement, parce que chaque livre de cet auteur est spécial et unique à mes yeux.

Voici donc un des derniers Bottero que je voulais lire (ne reste maintenant plus que A comme Association, tome 4 : Le Subtil parfum du soufre, Tour B2 mon amour, Isayama et peut-être bien Zouck). C’est toujours, mais toujours le même plaisir de retrouver la plume et l’imagination de Pierre, toujours les mêmes émotions qui en ressortent : le bonheur, le plaisir, l’émerveillement, la nostalgie et, depuis son décès, un soupçon de tristesse (la préface de l’éditeur m’a d’ailleurs mis les larmes aux yeux). C’est si bon de le retrouver à travers ses oeuvres, aussi éphèmère cela soit-il. J’ai à chaque fois l’impression de revoir un vieil ami.

Le Chant du troll est un roman graphique à la fois d’une immense naïveté et d’une grande gravité. On suit l’histoire à travers les yeux de Léna, une enfant, alors c’est forcément avec candeur, dans toute leur évidence, que les éléments sont présentés. Pourtant, on reste loin du ton enfantin auquel on aurait pu s’attendre pour un ouvrage de ce genre. Bien des sujets sérieux sont abordés, comme la maladie, la mort (ce qui est un peu troublant compte tenu de ce qui est arrivé à Pierre Bottero) ainsi que les tensions que peut engendrer ces dernières dans un couple, dans une famille. C’est ce qui donne une ambiance sérieuse en arrière-plan, voire même en premier plan pour certaines scènes.

Le texte est, comme toujours avec Pierre Bottero, magnifique. Il sait être tour à tour d’une délicatesse exquise ou d’une brutalité poignante. On a droit un vocabulaire relativement assez riche, ce qui un peu surprenant compte tenu du public ciblé. L’ensemble reste toutefois très clair, fluide et entraînant. Personnellement, c’est de la musique à mes oreilles. ^^ Cet auteur a toujours su me charmer avec ses phrases coups de poing et ses belles descriptions et c’est ce qu’on retrouve ici, alors je suis comblée. J’ai également beaucoup apprécié le propos de l’histoire, les messages véhiculés derrière. Le quatrième de couverture étant assez succinct, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais, même si j’ai finalement assez vite deviné ce qui allait se passer, cela n’a en rien gâché ma lecture, car il me restait quand même les émotions et les magnifiques dessins à découvrir. J’ai adoré la vision du réel et de l’imaginaire exposée par Sil ainsi que la façon dont l’un devient l’autre et vice versa, j’ai trouvé cela très poétique.

Les dessins, quant à eux, sont très beaux et illustrent très bien l’imagination de Pierre Bottero. J’ai apprécié voir sur papier toutes ces créatures précédemment rencontrées dans les autres oeuvres de cet auteur. Gilles Francescano a fait un excellent travail : ses illustrations sont riches en détails et en texture visuelle (ça se dit ? ^^), elles sont véritablement plaisantes à regarder, voire même à admirer. J’ai trouvé que les différentes ambiances étaient bien restituées, les couleurs s’accordant bien au ton donné par le texte (le texte étant lui-même agencé aux scènes par sa coloration).

Panorama de Gilles Francescano dans Le Chant du troll

© Paysage réalisé par Gilles Francescano pour Le Chant du troll*

*Image tirée de cet article

La présence des cinq « panomaras » (dessins sur trois pages, dont une page pliable) m’a très agréablement surprise (je ne pensais pas qu’il était possible de faire ça, d’où la surprise). Ils permettent de représenter dans leur intégralité certaines scènes et ils sont tous splendides. De façon générale, j’ai donc bien accroché au style de Francescano, il a fait une très belle équipe avec Pierre Bottero ! La seule chose qui m’a un peu gêné (mais je pense que c’est davantage un choix éditorial), ce sont les lignes blanches et les encadrements blancs sur certaines illustrations. J’imagine que cela servait à mettre l’emphase sur certaines parties des dessins, mais cela m’a personnellement paru un peu incongru.

Le Chant du troll est annoncé comme un roman graphique destiné à un public plus jeune, mais pour ma part, je le vois également comme un cadeau offert par Pierre Bottero à ses fans (les deux à la fois j’entends, l’un n’empêche pas l’autre). On y retrouve des bouts de toutes les autres histoires qu’il a écrites, de tous les autres univers qu’il a créés. On parlait des Âmes croisées comme étant la jonction entre tous ses mondes, mais Le Chant du troll fait également office de pont reliant tout ça aussi, d’une façon cependant différente.

Bref, ce roman graphique est, sans surprise, un coup de coeur pour moi. J’y ai retrouvé tout ce qui fait le charme des oeuvres de Pierre Bottero, c’est-à-dire un style qui peut être à la fois poétique et percutant, une imagination sans borne et des thèmes universels abordés avec finesse. Le tout est superbement illustré par Gilles Francescano qui nous offre des dessins finement travaillés rendant justice à ce récit plein de naïveté et de gravité. C’est à mes yeux un splendide cadeau que nous a offert Pierre Bottero. Je ne pouvais espérer mieux comme centième livre. Vraiment. Et si j’ai l’air d’avoir aimé ce livre, dites-vous que je l’ai aimé davantage encore ; seulement, c’est impossible de mettre des mots là-dessus. 😉

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

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Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de Lune d’Oliver Peru & Patrick McSpare

1 Août
Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de lune d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 317 pages

Ravengen est une terre maudite, tous ses habitants vous le diront. Quarante ans auparavant, le seigneur Othon le Loup y a sauvagement tué sa femme, la douce Beatrix, avant de disparaître à son tour, laissant de nombreux cadavres derrière lui. Depuis, l’on murmure que le spectre de la Dame de Lune hante ces bois sombres, accompagnée de l’âme perdue de son bourreau. Aujourd’hui, en ce mois de juillet 1191, la malédiction frappe de nouveau, et les crimes recommencent.

Venus s’enquérir de leur ancien ami Ruppert, Roland Coeur de Lion, Mathilde la Patiente et la jeune Elena sont happés par un tourbillon de folie et de sang. Dans la chaleur torride de l’été germanique, les Haut-Conteurs, rejoints par le truculent Geoffroy Bouche-Goulue, vont tenter de percer les mystères de ce sinistre pays. Quels sombres desseins cachent le terrible duc Wilfrid et ses quatre fils ? Que cherche Masque d’Argent, le sorcier pourvoyeur d’une mort aussi brutale qu’invisible ? Et surtout, qui est cette Bête Dévoreuse, hurlant à la lune et coupable de tant d’atrocités ?

Amours secrètes, vengeances assassines, monstres démoniaques… Sous l’œil glacé de la pleine Lune, les évènements s’accélèrent soudain. Et ils pourraient bien s’avérer fatals à nos héros… Mais Roland et ses compagnons n’entendent pas pour autant renoncer à leur soif de justice et de vérité.

À Cœur de Lune, Cœur de Lion !

Mon avis

Après une petite déception à la lecture du premier tome et un deuxième tome pas complètement à la hauteur non plus, je me demandais bien comment allait se passer mon aventure avec ce troisième tome. Après avoir fait le tour de trois librairies (3 pour le tome 3, est-ce un signe? :P), j’ai enfin réussi à lui mettre la main dessus ! Et je peux vous dire que Coeur de Lune rehausse définitivement la qualité de cette saga !

On a ici droit à un opus beaucoup plus mature que les autres et j’ai énormément apprécié ce changement. On s’éloigne de l’ambiance plutôt gentillette des deux premiers tomes grâce à des personnages odieux au langage ordurier et cru (ce qui m’a d’ailleurs surprise) dont les agissements sont loin d’être reluisants. Les méchants n’ont aucun scrupule à tuer des innocents et nos Haut-Conteurs sont donc obligés d’user de la force au lieu de la diplomatie à de nombreuses reprises. Toutefois, leur jugeote n’en est pas moins sollicitée, de petits mystères faisant leur apparition tout au long du récit.

Comme dans le précédent tome, nos héros sont un peu dans une impasse concernant la personne qu’ils recherchent, mais heureusement, d’autres intrigues voient le jour, donnant un rythme assez soutenu à l’histoire. Ce roman est empreint d’un sentiment constant de danger, on sent les personnages toujours sur leurs gardes (ou presque). C’est péripéties après péripéties qu’on les suit et ils ont peu de temps pour souffler, tout comme le lecteur d’ailleurs !

On rencontre plusieurs nouveaux protagonistes, notamment Geoffroy Bouche-Goulue et Bertrand le Hardi chez les Haut-Conteurs ainsi que les Ravengen et Masque d’Argent chez les « ennemis ». Masque d’Argent est un personnage intrigant que j’ai beaucoup apprécié à cause du mystère qui l’entoure. Je n’ai personnellement pas réussi à deviner qui se cachait réellement derrière ce fameux masque. D’autre part, à la suite de la venue des auteurs sur Livraddict, ces derniers m’avaient « promis » de donner mon pseudo (Merkillia) à l’un de leurs personnages puisque je leur avais filé un tout petit coup de pouce pour insérer une image dans la discussion. J’étais au courant donc, mais j’avoue que ça m’a quand même fait un choc de voir mon pseudo apparaître ! ^^ Ce n’est pas un grand rôle, mais c’est déjà beaucoup plus que ça à quoi je m’attendais. Je pensais faire une seule apparition (‘fin, pas moi, le personnage :P), mais en fait Merkillia participe au déroulement de l’intrigue. C’est tout un honneur et je suis touchée que les auteurs aient tenu parole !

Seul bémol à l’histoire, Roland s’en tire toujours aussi remarquablement bien lors des combats, alors qu’il apprend l’art du combat depuis peu quand même. C’est surtout son combat contre les Noirs Marcheurs, qui sont supposés être des combattants aguerris, qui m’a paru quelque peu irréaliste. D’ailleurs, concernant son apprentissage, je trouve dommage qu’il n’y ait pas de passages là-dessus, par exemple son entraînement au lancer de couteaux avec Salim. J’avais bien aimé les moments où Mathilde faisait pratiquer la voix de Roland (dans le premier tome si je ne m’abuse), alors je trouverais cela grandement intéressant d’en savoir plus sur tout son apprentissage, ce qui permettrait peut-être du même coup d’en connaître davantage au sujet de l’Ordre pourpre.

J’ai bien aimé la nouvelle gagnante du concours Scrinéo Jeunesse, Le Chevalier de la louve, écrite par Corynn Thymeur. Je ne sais pas qu’elles étaient les contraintes, mais en tout cas, cette histoire de loups colle assez bien avec le reste du roman. J’ai particulièrement apprécié le style qui restituait bien l’époque et les répétitions de certaines phrases qui donnait un ton particulier à l’ensemble.

Bref, ce troisième tome des Haut-Conteurs est décidément meilleur que ces prédécesseurs ! C’est un roman plus mature, avec une ambiance et des personnages plus sombres. L’action ne se tarit pas tout au long de l’histoire et le récit est mené à tambour battant. On rencontre une pléiade de nouveaux personnages, dont le très mystérieux Masque d’Argent et… la servante Merkillia (je remercie vraiment les auteurs pour cette attention!! :D). Je regrette seulement que Roland s’en tire toujours assez bien dans les combats et que l’on n’en sache pas beaucoup sur son apprentissage. C’est en somme un très bon tome que nous livre ici Oliver Peru et Patrick McSpare, en espérant que le prochain le sera tout autant !

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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Les Haut-Conteurs, tome 2 : Roi vampire d’Oliver Peru & Patrick McSpare

23 Juil
Roi vampire d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 346 pages

Paris, hiver 1190. Débarqués au coeur de la plus grande ville du Monde connu, le jeune Roland, Mathilde, Ruppert et Salim poursuivent un double but: retrouver William le Ténébreux, l’ami disparu, et découvrir les secrets de Vlad, le maître vampire.

Ce démon est-il réellement mort dans les forêts anglaises, ou attend-il son heure pour frapper encore ? Pire encore, un traître se cache-t-il parmi les quatre aventuriers, comme tout semble l’indiquer ? Happés par le tumulte populaire de la Fête des Fous, Roland et ses compagnons vont croiser nombre d’individus pittoresques.

Cérémonies noires, complot royal, créatures infernales, prophéties du Livre des Peurs, tous les ingrédients d’un mélange fatal sont réunis pour sceller le sort de nos héros. Pourtant, ils sont des Haut-Conteurs et ne reculeront pas, jusqu’à vaincre ou périr. Roland « Coeur de Lion » en tête.

Le Mal rôde, la mort avance masquée. C’est la fête des ombres, c’est la fête des fous !

Mon avis

Mémoire de poisson rouge oblige, quand je lis une série, vaut mieux que ce soit les tomes les uns à la suite des autres. Ayant eu du bol lors du concours chez Lalou, j’avais ce deuxième tome des Haut-Conteurs sous la main, alors c’est pourquoi j’ai directement enchaîné ma lecture de La Voix des Rois avec Roi Vampire. Ce fut une lecture encore une fois sympathique, mais qui confirme le fait que ce n’est pas une série coup de coeur pour moi.

Commençons par les points négatifs. Durant une bonne partie de l’histoire, les personnages sont dans une impasse, ils n’ont plus aucune piste à suivre. J’étais aussi exaspérée que Mathilde devant la stagnation de l’intrigue. On pourrait se dire « bah c’est bien, les auteurs ont su faire ressentir aux lecteurs les émotions des personnages », mais… non. J’étais ennuyée en tant que lecteur de lire un récit qui n’avance pas. Voir les personnages tournés en rond n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus folichon, il faut se l’avouer. Par chance, la présence d’un traître au sein de l’Ordre Pourpre donne un peu de suspense à l’histoire, mais cette intrigue ne peut à elle seule soutenir un roman en entier.

De plus, j’ai remarqué la présence de trois petites incohérences, que les plus jeunes ne remarqueront peut-être pas, mais qui m’ont pour ma part sauté aux yeux. Par exemple, à la page 183, Mathilde met de la poudre dans la soupe d’un personnage. Or, à la fin (p.325), elle dit « je versai dans le vin de […] de la poudre ». Ce n’est pas nécessairement grand chose, mais c’est là et ça agace un peu.

Néanmoins, ce deuxième opus des Haut-Conteurs n’a pas que des défauts. Comme je le disais plus haut, la trahison que l’on soupçonne dans l’Ordre des Haut-Conteurs est un bon élément, selon moi. Je dois avouer que les auteurs ont fait habilement glisser mes doutes sur pas mal tous les personnages quand à l’identité du traître. Le comportement de l’un, l’attitude de l’autre, les questionnements exprimés par Roland lui-même : tout ça amèneront les jeunes lecteurs à douter, tout comme les moins jeunes qui se laissent porter par l’histoire sans trop essayer de faire leurs propres déductions.

Du côté des personnages, j’ai bien aimé Salim, nouvellement introduit dans ce tome. C’est une sorte de force tranquille que j’ai trouvé très intéressante alors j’espère qu’il sera davantage développé dans les opus à venir. Pour ce qui est des autres, Roland reste encore une fois très humain, Mathilde porte toujours aussi mal son surnom et Ruppert nous réserve bien des surprises. J’avoue n’avoir cependant pas été émue par la mort d’un des protagonistes, probablement parce que je m’attendais à le voir resurgir à tous moments. ^^

Même si ce tome a été majoritairement écrit par Patrick McSpare (contrairement au premier tome qui a surtout été rédigé par Oliver Peru), le style reste toujours aussi simple et riche. J’ai été un peu importunée par la grande quantité de notes en bas de page, la plupart servant à définir des mots dont on pouvait généralement comprendre la signification de par le contexte. Tout comme dans le premier tome, on a droit à de très belles illustrations au fil de l’histoire qui rappellent les gravures du Moyen-Âge, ce qui est donc tout à fait approprié. J’ai été en outre très contente de trouver une carte au tout début du roman : mon absence totale de sens de l’orientation adore ça! ^^

Bref, c’est une digne suite du premier tome, tout à fait dans la même lignée, c’est-à-dire assez orientée jeunesse, mais plaisante à lire. Certaines intrigues sont plutôt légères et peinent parfois à garder le lecteur captivé, mais la perspective d’une trahison chez les Haut-Conteurs est bien utilisée et les auteurs, avec un style toujours aussi fluide, réussissent à nous faire douter des personnages. Si on oublie les petites incohérences qu’on peut déceler, on a là une lecture agréable, agrémentée encore une fois par de jolies illustrations, qui saura vous plaire si vous êtes bon public. En route vers le troisième tome !

Appréciation globale :

Bien.

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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Les Haut-Conteurs, tome 1 : La Voix des Rois d’Oliver Peru & Patrick McSpare

11 Juil
La voix des rois d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrineo (Jeunesse) – 2010 – 312 pages

 1190, Tewkesburry, royaume d’Angleterre. À treize ans, Roland ne rêve que de voyages, de chevalerie et d’aventures. Seulement ses parents ont besoin de lui pour tenir l’auberge familiale. Il ne connait le monde que par les gens de passage, et son meilleur ami, l’ennui, semble bien décidé à lui gâcher son existence.

La venue d’un Haut-Conteur au village va tout changer. Le prestigieux chasseur d’histoires et d’énigmes enquête sur les mystères de la forêt de Dean et sur les goules qui s’y cachent. Il ne craint pas les croque-cadavres et s’enfonce seul dans les ténèbres, nuit après nuit… mais un matin, il ne revient pas.

L’histoire a-t-elle mangé celui qui aurait dû la raconter ? C’est ce que va tâcher de découvrir Roland… et peut-être deviendra-t-il lui-même Haut-Conteur ?

Mon avis

Bien des choses m’ont poussée à lire ce premier tome des Hauts-Conteurs : la rencontre avec les deux auteurs sur le forum de Livraddict, la gentilesse de ces derniers, l’avis de mes camarades blogueurs et la magnifique couverture (faite par les auteurs eux-mêmes) ! Est-ce que  le contenu de ce roman s’avère à la hauteur de toutes ses apparences positives ? Plutôt oui, à quelques points près…

Ce fut une lecture très sympathique, une histoire qui se lit en un rien de temps. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Suivre les péripéties de Roland, Mathilde et tous les autres a été très plaisant et intéressant. Aucun temps mort dans le récit, mais voilà, j’ai trouvé ça un peu gentillet. Certes, c’est un roman jeunesse, mais, avec tout le bien qui a été dit sur ce premier tome, je m’attendais à quelque chose d’un peu plus fouillé, à un univers plus riche. Je pense qu’avoir lu ce livre juste après Le Passage de Justin Cronin, qui est une histoire extrêmement dense et travaillée (même pour un roman adulte), a créé un trop grand contraste entre les deux oeuvres et cela a en quelque sorte nuit à La Voix des Rois.

Malgré cela, j’ai passé un bon moment avec Roland, qui est un personnage dont j’ai aimé les réactions parce que pour une fois, on évite le stéréotype du jeune héros ultra courageux, présent trop souvent à mon goût dans la littérature jeunesse. Roland est effrayé, comme n’importe quel adolescent le serait dans de telles situations. Toutefois, il sait aussi se raisonner et réussit à reprendre son sang-froid quand il le faut. J’ai aussi apprécié le fait que Roland ne soit pas complétement blanc comme neige concernant son histoire de haut-conteur (désolée d’être si vague, je ne veux pas spoiler ^^). En somme, il est bien attachant et ses défauts comme ses qualités font de lui un personnage bien campé.

Quant au style des auteurs, je pense que c’est le point fort de ce roman. Leur écriture est simple, mais le vocabulaire choisi est riche, ce qui est pour moi un atout, car je pense qu’on ne doit pas avoir peur de mettre des mots plus recherchés dans des livres visant un public plus jeune. C’est donc quelque chose que j’ai beaucoup apprécié. Si je ne connaissais pas le donjon de Naheulbeuk, je n’aurais pas su ce que veut dire nyctalope par exemple. ^^

Pour parler un peu plus en détails de l’histoire, j’ai trouvé que l’Ordre des Hauts-Conteurs et le « pouvoir » des voix étaient des concepts originaux, peu vus dans les histoires de fantasy (à ma connaissance). On n’en sait finalement pas beaucoup sur cet ordre pourpre, donc j’ai vraiment hâte d’en savoir plus. De plus, revisiter le mythe de Dracula est aussi une bonne idée, à mon avis. Cette histoire d’upyr est ma foi plutôt bien trouvée, c’est personnellement la première fois que j’entendais ce terme.

Bref, ce fut une lecture bien agréable, idéale pour se détendre et vivre une belle aventure aux côtés de Roland, un personnage réaliste et attachant. Plusieurs des concepts présents dans l’histoire sont bien trouvés et nous donnent envie d’en savoir plus, même si je m’attendais à un univers plus riche. Le point fort de ce roman est le style des auteurs, qui est simple dans sa formulation, mais recherchée dans son vocabulaire. J’avoue que je suis un tout petit peu déçue quand même, après avoir entendu tant de bons avis, mais cela ne m’empêchera pas du tout de lire les autres tomes, au contraire ! Je remercie d’ailleurs Lalou, chez qui j’ai gagné ce tome 1 ainsi que le tome 2 (plus de détails ici) !

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

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