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La Captive de l’hiver de Serge Brussolo

19 Jan

Le Livre de Poche – 2001 – 315 pages

Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l’ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d’une abbaye de la côte normande? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d’acier ?

C’est un univers gouverné par d’étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d’elle. Car certains détestent cette « sorcière » venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit.

Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu’elle a commis l’erreur de mettre au jour?

Mon avis

Je m’étais fait à l’idée que je ne recevrais pas ce livre quand quelques jours plus tard, ô surprise!, la poste m’a laissé une belle petit enveloppe de chez Le Livre de Poche! La Captive de l’hiver a été piégée par les tempêtes hivernales (chouette paradoxe entre le titre et les circonstances, non? ^^), si bien qu’il a mis un peu moins d’un mois à ce rendre chez moi! Mais enfin, il est là et je vous en parle de ce pas!

La Captive de l’hiver est mon premier Serge Brussolo lu en entier (j’avais commencé le premier Peggy Sue étant gamine, mais il m’a fichu la trouille donc je l’ai jamais fini ^^) et je dois dire que j’ai aimé ce premier « vrai » contact!! J’ai apprécié le style d’écriture de cet auteur: des descriptions bien dosées et surtout très claires qui permettent de bien s’imaginer les personnages et les scènes, un vocabulaire ni trop simple ni trop recherché et une histoire très intéressante! Je crois savoir que cet auteur a écrit plusieurs thrillers alors, moi qui est férue de ce genre, je ne dirais pas non à tenter l’expérience!

Mais même si j’aime beaucoup les thrillers, je suis assez touche-à-tout au niveau de mes lectures. Le caractère historique de La Captive de l’hiver ne m’a donc pas du tout dérangé et, à vrai dire, j’ai même beaucoup aimé! C’était très intéressant d’en apprendre sur le mode de vie et les traditions des vikings. J’ignore quelle documentation il y a derrière ce roman (si documentation il y a), mais j’ai trouvé l' »univers » très réaliste et cohérent. Ces hommes pour qui la gloire et l’honneur surpassent tout en importance m’ont donné une impression de réalisme qui donnait un côté très authentique à l’histoire.

Pour ce qui est des personnages, ils sont bien travaillés psychologiquement à mon avis. Marion est une femme déracinée de sa terre natale, en proie à la confusion, constamment rongée par la peur de voir son imposture dévoilée. Sa servante, Svenia, se considère à la fois chanceuse et malchanceuse d’être liée de façon si définitive à Marion: tant que cette dernière sera en vie, Svenia vivra aussi, mais dans le cas contraire, c’est leur fin à toutes les deux. Du côté des vikings, les personnages sont un peu moins abordés, mais on peut toutefois très bien sentir la folie de Rök, le désir de vengeance destructeur de Ragnaard et la passion brûlante de Knut. On s’attache vite à Marion et à Knut, on se surprend à haïr certains des barbares et à se méfier de Svenia et de Rök! Au final, on a droit à des personnages bien campés et des émotions bien transmises!

Cependant, même si j’ai aimé le style de cet écrivain, même si les portraits des personnages étaient bien brossés, je n’ai pas été transcendée par cette lecture. Il manquait quelque chose à cette histoire, du piquant supplémentaire, particulièrement dans la première moitié du roman. En effet, ce n’est qu’un long voyage au début et il ne s’y passe pas grand chose finalement. La véritable action ne démarre qu’une fois la vraie mission de Marion découverte. De ce côté-là, on peut donc considérer qu’il y a des longueurs qui ralentissent le rythme de l’histoire et l’on sent que l’histoire stagne à certains moments. Le manque d’action rend le livre un peu moins passionnant. Je posais le livre sans avoir une impérieuse envie de connaître la suite de l’histoire.

Pour ce qui est de la fin, je suis mitigée… Je regrette que cela se termine de façon aussi abrupte. Cela appelle une suite qui n’existera probablement pas (La Captive de l’hiver ayant été écrit en 2001, les chances d’une suite dix ans plus tard son minces selon moi). J’avais fini par m’attacher à Knut et la vie qui se profilait pour lui et Marion me plaisait beaucoup. Ça me chagrine de ne pas savoir comment ça se terminerait pour eux (preuve que je m’étais attachée à eux ^^). Je regrette également de ne pas avoir lu Pèlerins des ténèbres avant parce que, même si ces deux livres peuvent être lus indépendamment, il y a quand même quelques références au tome 1 dans le tome 2. On peut tout comprendre l’histoire quand même, mais ça m’a ennuyée de ne pas comprendre ces allusions (mon côté maniaque peut-être? ^^).

Bref, Serge Brussolo nous livre ici un roman intéressant sur les traditions et les coutumes vikings. Les personnages sont attachants, quand même assez complexe et très bien décrits. Cependant, les quelques longueurs et la lenteur de la première moitié du livre empêchent ce livre d’être totalement captivant. Si l’envie vous prend de le lire et que vous êtes du genre à vous attarder sur les détails, je vous conseille de commencer par lire Le Pèlerins des ténèbres, du même auteur évidemment! Pour terminer, je souhaite remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de découvrir réellement cet écrivain français dont je lirai sûrement un des thrillers!!

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: Pèlerins des ténèbres – paru
T.2: La Captive de l’hiver – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Les sept filles d’Avalon d’Isa-Belle Granger

29 Déc

Michel Quintin - 2009 - 480 pages

Éloise traverse l’Atlantique pour se rendre en Angleterre, où elle fera sa maîtrise en littérature anglaise à la prestigieuse Université de Bristol. Pour elle, c’est un rêve qui se réalise. Une fois sur place, elle compte se mettre en quête des secrets bien enfouis entourant la vie de Guenièvre et du roi Arthur, les héros de sa légende préférée.

Pourtant, bien des surprises l’attendent là-bas, à commencer par l’arrogance et la froideur que lui témoignera Wallegh, son directeur de thèse. Entraînée dans une valse où s’entrelacent le passé et le présent, la réalité et la légende, Éloise apprendra l’existence de la prophétie des sept filles d’Avalon. Qui sont-elles, ces grandes dames de l’Histoire, et quel est le lien qui semble l’unir à elles? D’où viennent ces rêves torrides qui lui semblent si réels et qui la laissent haletante au petit matin?

Éloise devra bientôt se rendre à l’évidence: son directeur de thèse ne l’a pas choisie uniquement pour ses talents en recherche. Quand elle fera enfin la lumière sur le sombre secret de Wallegh, Éloise se verra propulsée dans une course contre la montre.

Et si derrière certaines légendes se cachait beaucoup plus qu’un fond de vérité?

Mon avis

On a beau dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences, cet aspect des livres reste mon incorrigible point faible. Vous devinez donc par quel heureux hasard ce roman a atterri dans mes mains: sa magnifique couverture m’est tombée dans l’oeil! Rien de moins pour me confirmer que « l’habit ne fait pas le moine ». Je ne dirais pas qu’il est mauvais, non, parce que malgré ses défauts, il a quelques bons côtés.

L’auteure a voulu faire fort et c’est bien là le problème: trop fort peut-être. Intégrer dans le même récit les légendes médiévales autour d’Avalon et du Roi Arthur, l’histoire biblique et le vampirisme, fallait le faire! C’était un pari osé, mais… Comment dire. J’ai trouvé les liens entre les légendes médiévales et l’histoire biblique très bien pensés et l’idée très originale (à noter que je n’ai pas une connaissance très approfondie des mythes médiévaux, donc je ne saurais dire si c’est bien documenté). Le problème n’est donc pas le contenu, mais plutôt la structure. Personnellement, j’ai trouvé que ce n’était pas du tout homogène. On alternait entre les passages présent/actions et passé/descriptions, mais avec tellement peu de fluidité dans les liaisons que j’avais l’impression de lire deux livres, l’un historique, l’autre d’aventure. J’ai eu à plusieurs reprises des difficultés à comprendre les flashback historiques (beaucoup de noms, de personnages, d’évènements, le tout condensé en mode explications rapides). J’ai relu le passage sur Marie Stuart trois fois et même en consultant l’arbre généalogique du début, j’arrivais pas à comprendre, et c’est pas faute d’avoir essayé. L’histoire aurait sans doute gagné à contenir moins d’éléments, quitte à ce qu’ils soient plus approfondis, ce qui n’est pas vraiment le cas ici. Là, il aurait fallu que je me fasse une feuille de notes à côté, chose que je n’ai jamais fait, donc pour moi, l’auteure a mal rempli son mandat, soit transmettre son message, son histoire, clairement.

J’ai aussi trouvé (et ce n’est que mon avis) que la plupart des dialogues n’étaient pas vivants, pas expressifs. Je me suis habituée à la longue, mais ça manquait de naturel. Il y avait également des référents trop loin ou mal utilisés, si bien que ça rendait certains passages difficiles à comprendre. J’ai peut-être manqué des bouts, oublier des p’tits trucs, mais à la fin de ma lecture, il y avait encore des détails obscurs (surtout par rapport à l’Étrangère; j’ai jamais compris d’où elle sortait celle-là). Ah! Et ce tout petit passage qui m’a agacée au plus haut point! Non, vraiment, on aurait pu garder Hitler en dehors de ça. Lâchez-le, le pauvre Dolfie, on a assez spéculé sur ses origines! Il y a d’autres méchants dans le monde! ^^

Je disais donc qu’il y a également quelques bons côtés. J’ai déjà salué l’originalité de la trame. Les sentiments étaient généralement très bien décrits. La complicité qui s’est tissée entre Philip et Éloise était belle et touchante. On sentait très bien le lien fort qui les unissait. Un bel amour entre Éloise et Christophe, qui m’a fait sourire avec ses belles répliques. Ahhh, si tous les hommes pouvaient en faire autant! ^^ On ressentait également très bien l’amour fraternel entre Wallegh et sa soeur, qui ont su rester unis malgré les dures épreuves qu’ils ont traversées.

Bref, malgré une structure qui laisse un peu à désirer et une écriture parfois maladroite à certains moments, l’histoire en soi reste très bien pensée! Dernière chose: déconseillé au moins de 16 ans et aux très grands connaisseurs des légendes médiévales!

Appréciation globale :

Moyen...

Tomes…
T.1: Les Sept filles d’Avalon – paru
T.2: Le Dernier fils d’Avalon – février 2012
T.3: Le Souffle d’Avalon – février 2015

Elles en parlent aussi:

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

28 Déc

The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society (traduit par Aline Azoulay-Pacvon) – NiL Éditions – 2009 – 396 pages

Janvier 1946

Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivaine, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand: le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey…

Mon avis

Partagée entre la peur d’être très déçue (ayant entendu beaucoup d’éloges à son sujet) et celle de ne pas aimer du tout (une connaissance l’ayant catégoriquement détesté), c’est avec une certaine inquiétude que j’ai entamé ma lecture. Bien m’en a pris que de tenter l’expérience: ce roman épistolaire a su me faire sourire dès les premières pages!

Je ne peux qu’employer (et approuver) le terme « rafraîchissant » dont on affuble cette petite merveille! Juliet est incroyablement attachante et le seul fait de lire ses lettres m’a revigorée. La construction du livre, épistolaire, sert très bien l’histoire, si bien qu’il est impossible d’imaginer ce « récit » raconté autrement. Le personnage de Sydney m’a charmé. C’est bizarre parce que je me faisais une image bien précise de sa personne alors que, d’habitude, lorsque j’imagine des personnages, ils n’ont pas de visage défini (ne me demandez pas pourquoi, je l’ignore ^^).  Mais bref, la personnalité de cet homme m’a beaucoup plu!

Découverte savoureuse, mais imparfaite à mes yeux (rares sont celles qui ne le sont pas, toutefois). Quelques longueurs m’ont fait levé les yeux pour regarder l’heure alors qu’une lecture dont tous les passages vous captivent a davantage tendance à vous faire fuir les horloges pour ne pas culpabiliser de lire si tard. Dommage aussi pour la petite erreur qui s’est glissé dans les dates (une lettre du 17 février suivie d’une du 15 février…). À partir du milieu du livre, Juliet se retrouve avec beaucoup de correspondants, ce qui peut s’avérer perturbant, car pour ma part, j’essayais de me souvenir de qui avait dit quoi, pour me rendre compte que finalement, ce n’était pas vraiment nécessaire parce qu’on se débrouille très bien en se concentrant sur les personnages principaux. Et un dernier point qui me chicote: pourquoi diable avoir donner ce titre à ce livre alors que le nom véritable de ce club de lecture, écrit ainsi durant tout le livre, est : le « Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey » ?? Certes, l’actuel titre est plus esthétique, mais…

J’aimerais aussi souligner un détail qui m’a beaucoup plu. On le sait tous, les Allemands ont commis des atrocités. Ce n’est pas excusable et ce ne le sera jamais. Je ressens toutefois une sorte de gratitude envers l’auteure qui a souligné que ces Allemands ont agit sous l’ordre d’un seul et même homme. Ils n’étaient pas tous d’accord. Ils n’étaient pas tous méchants. J’ai vraiment aimé qu’elle mette en scène certains d’entre eux dans des gestes de bontés et d’amour.

Bref, une lecture que je ne regrette absolument pas! Un vent de fraîcheur et d’air pur (venant des plages de Guernesey?) vous souffle en dévorant ces pages. Malgré la passivité d’un échange de lettre, le suspense est toujours là et nous pousse à tourner les pages avec l’envie d’en savoir toujours plus! Le tout est merveilleusement accompagné par le croustillant humour anglais. Une belle petite réussite: dommage que Mary Ann Shaffer n’ait pu voir le succès qu’a son livre..!

Appréciation globale :

Excellent!!

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