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La Tapisserie de Fionavar, tome 3 : La Route obscure de Guy Gavriel Kay

3 Mar
La route obscure

The Darkest Road (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 – 508 pages

L’hiver avait pris fin. Le cristal de convocation s’était embrasé. C’était la guerre, quelque part au nord, dans les ténèbres. Et un navire voguait vers l’occident…

Dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n’est qu’une ombre bien pâle, la puissance de Rakoth Maugrim, le dieu renégat, ne cesse de croître malgré les nombreux appuis accordés à l’armée des Lumières, conduite par Ailéron, le haut roi du Brennin, par plusieurs dieux et héros mythiques – dont Owein, le maître de la Chasse Sauvage, et Arthur Pendragon, le Guerrier revenu des morts.

Or, un ultime fil doit encore trouver sa place dans la trame complexe du Tisserand, et ce fil, c’est Darien, le fils de Jennifer et du Dévastateur lui-même. Mais jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres…

Mon avis

J’ai très mauvaise mémoire pour les histoires que je lis, même lorsqu’il s’agit de coups de coeur, mais quand un livre me fait grande impression, j’ai tendance à me rappeler assez bien à quel point il m’a procuré de forts sentiments. Relativement peu de livres ont la capacité de continuer à évoquer de tels émotions en moi malgré le temps qui passe. Pour ne citer que la fantasy : les Pierre Bottero, évidemment (particulièrement Le Pacte des MarchOmbres et Les Âmes croisées). Le Chant d’Albion de Stephen Lawhead, que j’ai découvert à peu près à la même époque que GGK. Et La Tapisserie de Fionavar, bien entendu. Elle m’a fait vibrer lorsque j’étais adolescente et m’a encore une fois fait vibrer aujourd’hui. Je ne me souvenais d’absolument rien concernant ce troisième tome, mais c’est sans surprise qu’il m’a emportée, qu’il m’a transportée. Il ne fait que confirmer pourquoi je gardais et je garderai probablement toujours un souvenir impérissable de cette trilogie.

Ce dernier livre est une conclusion remplit d’énormément de souffrance et de tristesse. On y voit les répercussions de la guerre, les changements qu’elle amène, ou plutôt ceux qu’elle impose. Dans bien des cas, c’est une souffrance sans commune mesure que l’on nous dépeint, qui émeut par sa grandeur et sa cruauté, mais en même temps nous horrifie. C’est une guerre sans merci, qui prend tout et ne donne rien, qui détruit impartialement mais si injustement tout sur son passage.

Soyez prévenus, Guy Gavriel Kay n’épargne pas ses personnages. Combien de fois ai-je vu la mort d’un personnage arrivée, combien de fois me suis-je dit « non, non c’est impossible, il ne peut pas le faire mourir, il y aura forcément un retournement de situation et il aura la vie sauve ». Et combien de fois me suis-je trompée. Des morts tragiques, mais des morts magnifiques aussi, pleines de lumière et pleine de vie. En fait, ils sont peu nombreux à mourir, mais ils laissent un vide si grand qu’on a l’impression qu’ils ont été plusieurs à nous quitter. La Tapisserie de Fionavar, c’est l’histoire de multiples sacrifices, mais aussi d’une profonde résilience. Chaque personnage dans cette histoire a effectué un quelconque sacrifice. Pour certains, il en a été de leur vie. Pour d’autres, leur liberté ou le contrôle de leur destinée. Pour d’autres encore, leur pouvoir. Le sacrifice d’un être cher, parfois. Autant de raisons différentes qui ne pointent pourtant que dans la même direction : vers la Lumière. Et aussi difficile que celui puisse paraître, chaque personnage finit par accepter de payer ce lourd tribut. Certains s’y résignent assez vite alors que pour d’autres, c’est un combat de tous les instants, une tentative de révolte contre un destin – une trame – implacable.

Un seul être, dans cette histoire, est libre de toute destinée préalablement tracée : Darien, le petit Dari… « Jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres ». Une phrase que je trouve splendide, sans vraiment savoir pourquoi. Darien a vraiment un destin exceptionnel et je regrette que si peu du récit, somme toute, lui soit consacré, considérant son importance dans l’histoire. Je ne sais pas précisément ce que j’aurais aimé savoir de plus, mais j’ai vraiment eu l’impression de ne pas le connaître assez. J’aurais également aimé en lire davantage sur les Paraïko, qui m’ont semblé passablement effacés. Peut-être Kay souhaitait-il conserver le mystère qui les entoure… Finalement, je trouve aussi dommage la présence quasi impromptue du dragon de Maugrim, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et qui repart aussi vite. J’aurais préféré qu’il soit complètement absent ou bien beaucoup plus présent, mais pas cet entre-deux qui n’a l’air que d’un prétexte pour la réalisation d’un autre évènement. J’ai trouvé que c’était fort mal amené.

Malgré cela, et plus encore que dans les deux premiers tomes, j’ai trouvé le style de Guy Gavriel Kay empreint d’un lyrisme incroyable. Sa plume m’a profondément touchée. C’est un travail fort probablement admirable qu’a réalisé la traductrice Élisabeth Vonarburg. Je n’ai jamais lu de GGK en VO, donc je ne peux évidemment pas juger de la qualité de la traduction, mais à voir comment j’ai été émue, je ne doute pas une seconde que le travail a été bien fait. Cela me donne bien envie de découvrir les propres oeuvres d’Élisabeth Vonarburg !

Je sais que plusieurs trouveront probablement cela ridicule, mais cette relecture m’a aussi fait réfléchir. Au sens de nos vies, à la place de chacun dans l’univers. Il m’a fait me demander pourquoi je suis là, pourquoi j’existe, quel est mon but, ma raison d’être. Et je pense que c’est extraordinaire qu’un roman puisse faire une telle chose. Peu importe que ce soit de la fantasy ou une histoire plus réaliste et contemporaine, je trouve que c’est magique à quel point les auteurs savent évoquer et faire naître des émotions en nous. Et c’est dans ces moments-là, quand je lis des auteurs comme Guy Gavriel Kay, que je ressens un immense respect envers eux.

Bref, c’est une conclusion douloureusement belle à cette magnifique trilogie qu’est La Tapisserie de Fionavar. Ce tome final nous fait prendre conscience de tous les sacrifices auxquels les personnages ont consenti et de la résilience dont ils font preuve. Guy Gavriel Kay nous livre un texte magnifiquement bien écrit qui a su m’émouvoir et me faire réfléchir. Chapeau à Mme Vonarburg pour la traduction. Tout ce que je regrette de ce tome est le trop peu d’attention accordée à Darien et aux Paraïko ainsi que l’introduction maladroite du dragon de Maugrim, mais ces petits détails ne pèsent pas bien lourd dans mon coeur. Désolée pour cette chronique qui me semble un peu émotive, mais bon, voilà, c’est l’effet que me fait GGK, que voulez-vous !  Ce fut encore une fois une relecture commune avec Taliesin; voyez son avis ici !

Coup de coeur!!

Coup de coeur!!

Cette chronique marque ma troisième contribution à mon challenge GGK !

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Tomes…
T.1: L’Arbre de l’été – paru
T.2: Le Feu vagabond – paru
T.3: La Route obscure – paru

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La Tapisserie de Fionavar, tome 2 : Le Feu vagabond de Guy Gavriel Kay

20 Sep
The Wandering Fire (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 - 356 pages

The Wandering Fire (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 – 356 pages

Rakoth le Dévastateur n’était plus enchaîné. Une telle puissance allait s’abattre sur eux ! Et si l’univers de Fionavar était perdu, tous les autres tomberaient devant Maugrim, la Tapisserie serait déchirée et dénaturée sur le Métier à Tisser des univers, sans pouvoir jamais être réparée…

C’est sur cette toile de fond que s’agitent magiciens, nains, guerriers, héros et héroïnes ressuscités des mythes les plus anciens, mais aussi cinq jeunes Torontois dont chacun doit mener à bien sa mission cruciale : pour Kimberly, tirer les morts de leur repos et, pour Dave, porter le cor magique ; introduire son propre fil dans la trame de la Tapisserie pour Paul, le Seigneur de l’Arbre de l’Été, et devenir l’agent d’une destinée immémoriale pour Jennifer ; enfin, pour Kevin, découvrir son rôle dans le combat qui sauvera peut-être du Dévastateur les univers du Tisserand.

Mon avis

Après une relecture très concluante du premier tome (voir mon avis ici), je ne doutais plus un seul instant de passer un bon moment en relisant la suite, à commencer, obviously, par le tome 2 : Le Feu vagabond. La vie a fait en sorte que cette lecture m’a pris près d’un mois et demi, mais ce n’est pas parce que ce livre n’est pas bon, très loin s’en faut !

Au tout début du livre, nos chers aventuriers voyageurs sont de retour dans notre monde, en attente d’un rêve de Kim ou d’un signe de Lorèn Mantel d’Argent. Ils finiront par retourner en Fionavar, mais ce sera accompagnés d’un personnage des plus légendaires : Arthur Pendragon, surnommé le Guerrier. C’est un rôle relativement effacé que lui a offert Guy Gavriel Kay dans ce deuxième tome comparativement à l’importance qu’on lui donne généralement dans les histoires le mettant en scène. C’est une chose que j’ai appréciée, car, bien qu’étant un personnage très intéressant, il y a déjà assez de personnages principaux dans l’histoire. Pour l’instant, il a plutôt un rôle de soutien (dans tous les sens du terme), mais pourtant, malgré la retenue dont il fait preuve, sa noblesse, sa droiture et sa sagesse, que Kay a très bien su restituer, transpirent à travers les pages.

Cependant, j’ai l’impression que, pour qui ne connait pas très bien les légendes arthuriennes, certains détails peuvent nous échapper. Par exemple, à plusieurs reprises, il est mentionné que c’est parce qu’Arthur a tué les enfants qu’il est ainsi condamné. Or, je n’avais personnellement aucune idée de quoi il retourne au sujet de ces enfants.  J’ai finalement fait une recherche, mais j’ai eu bien du mal à trouver ce que je cherchais. Mais bon, comme je le disais, il s’agit de détails, donc ça ne gêne pas forcément la lecture, mais ça peut parfois être agaçant de ne pas tout comprendre. Et il faut avouer que Kay a le mérite de sortir des sentiers battus en usant d’une facette peu connue des légendes arthuriennes. Cette trilogie s’inspire également de la mythologie celte, que je suis loin de maîtriser aussi, donc encore une fois, je n’ai pas su capter toutes les subtilités de l’histoire. Néanmoins, je ne considère pas que la nécessité d’avoir de bonnes connaissances en mythologie et légendes est un défaut. Après tout, comme cela ne nuit pas à la compréhensionje ne me plaindrai pas de cette richesse !

En outre, dans ce deuxième tome, l’histoire acquiert un souffle de plus en plus épique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Des contre-attaques sont enfin lancées contre Rakoth et les confrontations entre le Bien et le Mal sont de plus en plus nombreuses. On assiste notamment sur la fin à une bonne grosse bataille, de celles où s’affrontent des combattants venant de partout à travers le continent et moult monstres tous plus cruels les uns que les autres. La séquence sur le voyage en mer de Paul, Diarmuid, Lorèn et Arthur et ce qui s’en suit apportent aussi une bonne petite dose d’action bienvenue. Avec ce nouveau souffle se manifeste également un sentiment croissant d’urgence, qui tend donc à rendre le récit encore plus captivant et prenant. On se prend à espérer avec les personnages et à rager contre les contre-temps et les obstacles qui surgissent. C’est un tome que j’ai trouvé encore une fois riche en émotions. Plusieurs moments m’ont assez émue, notamment lorsque l’on comprend ce qu’il est advenu de tous les Lios Alfar partis en mer. On assiste aussi de nouveau à des choix déchirants et à des sacrifices admirables qui nous donnent des frissons. Et c’est sans compter cette ambiance si unique qui me charme toujours autant !

Bref, les légendes arthuriennes et les mythes celtes dont s’inspire Kay font en sorte que certains détails nous échappent quand on ne s’y connaît pas, mais on suit tout de même très aisément les intrigues, intrigues qui gagnent en suspense tout au long du livre et dont la portée ne cessent de s’amplifier. Les émotions sont toujours au rendez-vous et l’on a droit à plusieurs scènes particulièrement touchantes dans ce tome. Le personnage d’Arthur Pendragon, bien que secondaire, me semble quant à lui fidèle à ce qu’on entend de lui. Voilà donc une très bonne suite qui ne m’a – ô surprise – aucunement déçu ! Voyez la chronique de mon co-lecteur Taliesin ici !

Coup de coeur!!

Coup de coeur!!

Cette chronique marque ma deuxième contribution à mon challenge GGK qui, je le rappelle, est déjà en route depuis plus de deux ans et demi !

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Tomes…
T.1: L’Arbre de l’été – paru
T.2: Le Feu vagabond – paru
T.3: La Route obscure – paru

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Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

12 Août
Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

Rageot – 2010 – 187 pages

– Psssst ! Est-ce que tu es prête ?

– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?

– Le basculement a débuté…

Mon avis

Il y a quelques temps, j’avais remarqué, grâce à Livraddict, que j’avais 99 livres dans ma bibliothèque. Sachant cela, je tenais à ce que mon centième livre soit spécial, que ce ne soit pas un achat quelconque pigé dans ma wish-list. Le livre qui m’est tout de suite venu à l’esprit pour cette occasion, c’est Le Chant du troll de Pierre Bottero. Et si jamais je n’avais pas réussi à le trouver, ça aurait été un autre Bottero, tout simplement, parce que chaque livre de cet auteur est spécial et unique à mes yeux.

Voici donc un des derniers Bottero que je voulais lire (ne reste maintenant plus que A comme Association, tome 4 : Le Subtil parfum du soufre, Tour B2 mon amour, Isayama et peut-être bien Zouck). C’est toujours, mais toujours le même plaisir de retrouver la plume et l’imagination de Pierre, toujours les mêmes émotions qui en ressortent : le bonheur, le plaisir, l’émerveillement, la nostalgie et, depuis son décès, un soupçon de tristesse (la préface de l’éditeur m’a d’ailleurs mis les larmes aux yeux). C’est si bon de le retrouver à travers ses oeuvres, aussi éphèmère cela soit-il. J’ai à chaque fois l’impression de revoir un vieil ami.

Le Chant du troll est un roman graphique à la fois d’une immense naïveté et d’une grande gravité. On suit l’histoire à travers les yeux de Léna, une enfant, alors c’est forcément avec candeur, dans toute leur évidence, que les éléments sont présentés. Pourtant, on reste loin du ton enfantin auquel on aurait pu s’attendre pour un ouvrage de ce genre. Bien des sujets sérieux sont abordés, comme la maladie, la mort (ce qui est un peu troublant compte tenu de ce qui est arrivé à Pierre Bottero) ainsi que les tensions que peut engendrer ces dernières dans un couple, dans une famille. C’est ce qui donne une ambiance sérieuse en arrière-plan, voire même en premier plan pour certaines scènes.

Le texte est, comme toujours avec Pierre Bottero, magnifique. Il sait être tour à tour d’une délicatesse exquise ou d’une brutalité poignante. On a droit un vocabulaire relativement assez riche, ce qui un peu surprenant compte tenu du public ciblé. L’ensemble reste toutefois très clair, fluide et entraînant. Personnellement, c’est de la musique à mes oreilles. ^^ Cet auteur a toujours su me charmer avec ses phrases coups de poing et ses belles descriptions et c’est ce qu’on retrouve ici, alors je suis comblée. J’ai également beaucoup apprécié le propos de l’histoire, les messages véhiculés derrière. Le quatrième de couverture étant assez succinct, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais, même si j’ai finalement assez vite deviné ce qui allait se passer, cela n’a en rien gâché ma lecture, car il me restait quand même les émotions et les magnifiques dessins à découvrir. J’ai adoré la vision du réel et de l’imaginaire exposée par Sil ainsi que la façon dont l’un devient l’autre et vice versa, j’ai trouvé cela très poétique.

Les dessins, quant à eux, sont très beaux et illustrent très bien l’imagination de Pierre Bottero. J’ai apprécié voir sur papier toutes ces créatures précédemment rencontrées dans les autres oeuvres de cet auteur. Gilles Francescano a fait un excellent travail : ses illustrations sont riches en détails et en texture visuelle (ça se dit ? ^^), elles sont véritablement plaisantes à regarder, voire même à admirer. J’ai trouvé que les différentes ambiances étaient bien restituées, les couleurs s’accordant bien au ton donné par le texte (le texte étant lui-même agencé aux scènes par sa coloration).

Panorama de Gilles Francescano dans Le Chant du troll

© Paysage réalisé par Gilles Francescano pour Le Chant du troll*

*Image tirée de cet article

La présence des cinq « panomaras » (dessins sur trois pages, dont une page pliable) m’a très agréablement surprise (je ne pensais pas qu’il était possible de faire ça, d’où la surprise). Ils permettent de représenter dans leur intégralité certaines scènes et ils sont tous splendides. De façon générale, j’ai donc bien accroché au style de Francescano, il a fait une très belle équipe avec Pierre Bottero ! La seule chose qui m’a un peu gêné (mais je pense que c’est davantage un choix éditorial), ce sont les lignes blanches et les encadrements blancs sur certaines illustrations. J’imagine que cela servait à mettre l’emphase sur certaines parties des dessins, mais cela m’a personnellement paru un peu incongru.

Le Chant du troll est annoncé comme un roman graphique destiné à un public plus jeune, mais pour ma part, je le vois également comme un cadeau offert par Pierre Bottero à ses fans (les deux à la fois j’entends, l’un n’empêche pas l’autre). On y retrouve des bouts de toutes les autres histoires qu’il a écrites, de tous les autres univers qu’il a créés. On parlait des Âmes croisées comme étant la jonction entre tous ses mondes, mais Le Chant du troll fait également office de pont reliant tout ça aussi, d’une façon cependant différente.

Bref, ce roman graphique est, sans surprise, un coup de coeur pour moi. J’y ai retrouvé tout ce qui fait le charme des oeuvres de Pierre Bottero, c’est-à-dire un style qui peut être à la fois poétique et percutant, une imagination sans borne et des thèmes universels abordés avec finesse. Le tout est superbement illustré par Gilles Francescano qui nous offre des dessins finement travaillés rendant justice à ce récit plein de naïveté et de gravité. C’est à mes yeux un splendide cadeau que nous a offert Pierre Bottero. Je ne pouvais espérer mieux comme centième livre. Vraiment. Et si j’ai l’air d’avoir aimé ce livre, dites-vous que je l’ai aimé davantage encore ; seulement, c’est impossible de mettre des mots là-dessus. 😉

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

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Delirium de Lauren Oliver

11 Juin

Delirium (traduit par Alice Delarbre) – Hachette (Black Moon) – 2011 -452 pages

 Et si rien n’était plus dangereux que l’amour ?

Plus que quatre-vingt-quinze jours, et je serai enfin protégée de l’amor deliria nervosa. Après le Protocole, je serai heureuse et en sécurité. Pour toujours. C’est ce que tout le monde dit. Et je l’ai toujours cru. Jusqu’à aujourd’hui.

Car aujourd’hui, tout a changé.

Si l’amour conduit à la folie, alors je veux perdre la raison.

Si l’amour est une maladie, alors je veux être contaminée.

Si l’amour est la vérité, alors je préfère une seule seconde de cette vie plutôt qu’une éternité de mensonges.

Mon avis

Plusieurs d’entre vous doivent certainement connaître, ne serait-ce que de nom, Delirium de Lauren Oliver, qui fait un joli buzz dans le monde littéraire depuis sa sortie. C’est par cet engouement que j’ai entendu parler de ce livre et que ma curiosité a été attisée. J’ai décidé de me faire plaisir il y a quelques temps et c’est sur cet ouvrage que mon portefeuille dévolu s’est jeté.  N’y allons pas par quatre chemins : Delirium ne fait pas tout ce boucan autour de lui pour rien, oh non!

Nous sommes aux États-Unis, dans un futur plus ou moins éloigné, et cela fait maintenant quarante-trois ans que les scientifiques ont trouvé un remède, le Protocole, à la maladie la plus mortelle qui soit: l’amour. Lena croit dur comme fer à la légitimité et à la nécessité de ce remède, mais quelque chose, ou plutôt quelqu’un, viendra lui ouvrir les yeux, aussi dangereusement effrayant que cela puisse paraître pour elle.

On commence par entrer doucement dans le quotidien et les pensées de Lena, ce qui nous permet de bien saisir le climat social et politique de ces États-Unis futuristes. Si ce début souffre légèrement de sa longueur, il permet néanmoins aux bouleversements qui arrivent plus tard dans le récit d’être en contraste total avec la vie « normale » des personnages à laquelle on s’est pratiquement accoutumé.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’évolution psychologique de Lena, mais également celle d’Hana, qui est à mon avis un personnage avec un grand potentiel (qui, je l’espère, sera exploité dans les prochains tomes) et j’ai évidemment adoré Alex. Toutefois, une fois la dernière page tournée et même durant ma lecture, je me suis rendue compte que certaines tournures et certains évènements étaient loin d’être imprévisibles. Mais vous savez quoi ? L’auteure arrive quand même, et c’est là la force majeure de ce roman, à nous émouvoir. On sait que cela va arriver, mais pourtant, on est frappé de plein fouet par les émotions qui transpercent les personnages. Comme si c’était nous.

Il m’arrive souvent de m’identifier à certains facettes des personnages quand je lis un livre, mais ici, en lisant les mots de Lena, j’aurais pu croire que c’était les miens, à de très nombreuses reprises. Et c’était assez troublant parfois. Je me suis reconnue dans la discrétion et la retenue de Lena, dans son besoin de sécurité, dans sa peur. J’ai compris son déni et surtout le sentiment de trahison qu’elle ressent au moment où elle a une embrouillle avec Hana.

Le plus admirable cependant, c’est que toutes les émotions véhiculées, même celles que je n’ai malheureusement ou heureusement jamais ressenties dans la vraie vie, eh bien je les ai éprouvées. J’ai eu des frissons, des pincements au coeur et des hochements de tête désapprobateurs.  Des regrets, mais aussi du beaume au coeur. Pas mal tous les sentiments y sont passés en fait. ^^ Et c’est ce qui fait de ce livre un coup de coeur à mes yeux. Je ne suis pas vraiment sensible quand je sais qu’il s’agit d’une fiction, mais Delirium m’a véritablement touchée.

Je termine en glissant quelques mots sur Alex parce que, ben, c’est Alex quoi (ceux qui l’ont lu et qui ont comme moi apprécié ce personnage comprendront ^^). Déjà, avant même que j’apprenne à le connaître à travers l’histoire, il marquait un  point parce qu’il porte un prénom que j’aime beaucoup. Mais en plus de ça, l’auteure nous rend un portrait de lui si… humain qu’il est difficile de ne pas l’apprécier (selon moi). C’est un homme de convictions qui croit fermement à son idéal de société et qui agira contre vents et marées s’il le faut. J’ai aimé son courage, sa droiture et le don de soi dont il fait preuve envers les autres. Un homme… idéal!

Bref, Delirium est un livre d’une puissance émotionnelle exceptionnelle. J’ai été happée par la force des sentiments, percutée par ce tourbillon d’émotions, si bien que certains évènements au demeurant prévisibles m’ont quand même émue. Je me suis incroyablement reconnue dans les pensées et les sentiments de Lena, tandis que les personnages d’Hana et Alex m’ont charmée. Ce livre est certainement un coup de coeur, même s’il a éveillé de vieux sentiments douloureux en moi. Delirium mérite largement les éloges qu’on en fait! J’ai terriblement hâte que le tome 2 paraisse et je dois dire que ça me plairait bien que Lauren Oliver écrive un jour le Livre des Trois S., ce serait à mon avis un livre complémentaire très intéressant !

Appréciation globale :

Coup de coeur !!

Tomes…
T.1: Delirium – paru
T.2: Pandemonium – 2012
T.3: Requiem – 2013

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Hunger Games, tome 1 de Suzanne Collins

10 Fév

The Hunger Games (traduit par Guillaume Fournier) – Pocket (Jeunesse) – 2009 – 399 pages

Les Hunger Games ont commencé.
Le vainqueur deviendra riche et célèbre.
Les autres mourront…

Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.

Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène: survivre, à tout prix.

Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hungers Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature…

Mon avis

Hunger Games. Ce livre qui a défrayé la chronique l’année dernière et il y a deux ans, qui a reçu une véritable pluie d’éloges. Acclamations méritées? À mon avis… tout à fait! Quelle histoire!! J’ai adoré ce roman de science-fiction jeunesse! Pour être honnête, si je n’avais pas entendu autant de bien à son sujet, je ne sais pas si je l’aurais lu. Le quatrième de couverture, même s’il reflète bien l’histoire, n’est pas si accrocheur. Par chance, j’aime bien découvrir les best-sellers pour essayer de comprendre pourquoi ils ont été propulsés au sommet, alors Hunger Games était une lecture tout indiquée. Et grand bien m’en a pris!

Dévoré, c’est ce qui est arrivé à ce livre entre mes mains: lu en à peine trois jours, voire même un peu moins! Ce roman est un véritable page-turner, si vous me permettez l’expression anglaise. Ça se lit à une vitesse folle! On s’enfile les pages une après l’autre, toujours avide de connaître la suite.

L’histoire est certes un peu prévisible, c’est vrai. Pourtant, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de suspense. On ne sait pas toujours quelles décisions prendra Katniss, les interventions un peu aléatoires des Juges peuvent chambouler complètement le jeu et on se demande si les tributs (les joueurs) deviendront comme des animaux en laissant leur instinct de survie prendre le dessus. Le suspense ne réside pas dans l’action, mais plutôt dans les décisions que doit prendre chaque individu. J’ai aimé le cadre futuriste du récit qui, en montrant les technologies très avancées du Capitole (gouvernement) versus les piètres conditions de vie de certains districts, nous fait voir un pays où l’injustice et l’inégalité sont reines, ce qui n’est pas sans me rappeler un peu notre monde actuel…

Au niveau des personnages, Katniss m’a beaucoup plu. Elle a un fort caractère, qui n’est pas sans cacher quelques points sensibles et une ou deux faiblesses. Mais par-dessus tout, elle est courageuse. Elle n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas une seule seconde à prendre des risques pour sauver ceux qu’elle aime. Les Hunger Games sont un combat contre 23 autres tributs, mais aussi contre elle-même. Des sentiments contradictoires l’animent et c’est parfois des choix déchirants qu’elle doit faire. Il y a d’ailleurs beaucoup d’émotions dans ce livre: peur, colère, frustration, doute, surprise, indécision, angoisse, soulagement et plein d’autres encore. Pour ce qui est des autres personnages, j’ai trouvé Peeta un peu niais et j’ai beaucoup aimé le personnage de Rue, cette petite fille insaisissable. L’hommage de Katniss à son égard était très touchant.

Le style n’est pas exceptionnel, pas mauvais non plus, mais étant généralement fan des phrases courtes à impact, ce qui est le cas dans ce livre, j’ai assez apprécié! Les phrases s’enchaînent avec fluidité et je n’ai pas remarqué de répétitions. Les descriptions sont selon moi bien dosées: assez pour bien s’imaginer la scène, pas trop pour ne pas alourdir le rythme du récit. C’est somme toute une histoire rondement menée! Certains reprochent le manque de descriptions au sujet de la violence et des combats, mais ça ne m’a pas dérangé personnellement. Il faut garder en tête que c’est un roman jeunesse aussi, donc niveau violence physique, c’est assez modéré. Ah et, pour ceux qui seraient justement rebutés par l’étiquette jeunesse, je leurs dis qu’au contraire, c’est un livre qui peut être lu même par les plus âgés!

Bref, ce livre a été un coup de coeur pour moi! Malgré la « prévisibilité » de l’histoire, on a droit à beaucoup de suspense dans un cadre futuriste criant d’inégalité et d’injustice. Katniss, le personnage principal, est attachante et son comparse du district Douze Peeta l’est aussi, quoiqu’un peu niais. Ce roman nous livre une cascade d’émotions, particulièrement sombres, telles que la peur, la colère et l’angoisse, mais il y a aussi des bribes d’espoir et de joie! Le style simple et parfois percutant de l’auteur sert bien le récit avec des descriptions bien mesurées. C’est un livre qui, en somme, peut plaire autant aux adolescents qui adultes. Je me pose beaucoup de questions par rapport au tome 2, je me demande vraiment ce qui pourrait s’y passer (en espérant que ce ne sont pas 400 pages sur la vie sentimentale de Katniss ^^). Cependant, je vais très probablement attendre la parution du tome 3 avant de lire le deuxième tome, histoire de pouvoir les enchaîner un après l’autre!

Petit + : Lionsgate a acquis les droits cinématographiques du livre et l’adaptation est en cours de production, sous la direction du réalisateur Gary Ross. On y rencontrera Jennifer Lawrence dans le rôle de Katniss Everdeen, Josh Hutcherson dans le rôle de Peeta Mellark et Liam Hemsworth dans le rôle de Gale Hawthorne.

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

Tomes…
T.1: Hunger Games – paru
T.2: L’Embrasement – paru
T.3: La Révolte – paru

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Les Âmes croisées de Pierre Bottero

12 Jan

Rageot – 2010 – 424 pages

« Qui veux-tu être, Nawel?
Qui veux-tu vraiment être? »
Elle le savait désormais.
– Je me nomme
Nawel Hélianthas…
Un voeu, un simple choix,
possédait-il le pouvoir d’orienter
une existence entière?
– Je sollicite le droit et l’honneur
de revêtir…
Un mot, un unique mot
pouvait-il devenir une clef?

Mon avis

Les Âmes croisées… Un livre qui résume tout ce que fut Bottero: un écrivain à la plume extraordinaire, un auteur à l’imagination splendide, un romancier avec le coeur sur la main, un artiste dont la vie s’est achevé trop tôt, tout comme l’histoire de Nawel. C’était un moment particulier pour moi de lire le dernier roman imbriqué dans ce vaste puzzle qu’a créé Pierre Bottero.Une pièce manquante à jamais, deux, trois? On ne saura jamais. Profitons de ce qui existe au lieu de s’apitoyer sur ce qui ne verra jamais le jour!

J’ai été très émue en commençant ce livre parce que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un Bottero pareil. Les limites obscures de la magie, c’était différent. C’est un livre que Pierre n’a pas eu le temps de retravailler, un livre teinté par la présence d’Erik L’Homme aussi, un livre fantastique qui se passe dans notre monde réel. Les Âmes croisées… c’est autre chose. Comme dans tous les livres de fantasy ou de fantastique que Pierre Bottero a écrits, l’héroïne, Nawel, est une fille forte, mais ô combien humaine de par ses faiblesses qui la rendent vulnérable. Chacun des personnages principaux que cet auteur a fait naître connaissent dans leur univers respectif une évolution psychologique marquée et admirablement bien décrite. Ces jeunes filles, et plus rarement ces jeunes hommes, deviennent des adultes au fil des péripéties, des femmes ou des hommes plus matures, forgés par les épreuves, les défaites et les victoires, transformés par les prises de conscience et les réflexions profondes, façonnés par les sentiments nouveaux et les tempêtes d’émotions, irrémédiablement changés par les décisions prises et les choix déchirants. Portés par la vie. Comme n’importe quel autre être humain.

Nawel, cette Jurilane au départ égoïste et à l’esprit étroit, découvrira ce que le pouvoir lui aura toujours caché. Les conséquences de ses actes lui renvoie, à l’image d’un miroir, la similitude entre la relation des Cendres avec les Perles et sa relation entre elle et ses parents. Les uns tenus dans l’ignorance par peur de la rébellion, les autres manipulant dans l’ombre. Nawel s’appuiera sur la force de ses nouvelles convictions, certes encore un peu tremblantes, pour faire le choix que personne n’attendait d’elle, pour faire le choix que tant d’autres n’ont justement pas eu la force de faire. Sa décision ébranlera nombre d’esprits, incompréhension pour certains, admiration pour d’autres. Elle saura inspirer ses amis vers un chemin de droiture où le hasard n’existe pas. Une histoire que certains lecteurs qualifieront peut-être de trop rapide, mais l’auteur sait, comme toujours, nous faire oublier les minimes défauts de ses oeuvres par un style délectable et imagé ainsi que par les cascades d’émotions et le rythme soutenue du récit.

Pierre Bottero… me touche d’une façon indescriptible. Il vient chercher quelque chose d’enfoui très profondément en moi. J’étais dans un moment difficile, je me sentais mal. Sans hésitation, et même avec la certitude que cela m’aiderait, je me suis plongée dans Les Âmes croisées… pour en ressortir merveilleusement apaisée. C’est ce qui se produit à chaque fois je m’immerge dans un Bottero, un Bottero travaillé à la perfection dont chaque mot est empreint de force et de sagesse, de promesses. La plume de Pierre agit comme un baume sur moi. Impossible à décrire. Indéfinissable. Ça se vit, c’est tout.

C’est si déchirant de savoir qu’on ne connaîtra jamais la suite de l’histoire de Nawel (et de bien d’autres). Une suite qui s’imposait, de toute évidence, mais n’existera pas, si ce n’est que dans l’imagination de chacun des lecteurs. J’aurais aimé connaître les premiers mots échangés entre Nawel et le trio (dont un peu deviner l’identité) qu’elle devait rencontrer, j’aurais aimé savoir si Ergaïl allait réussir à imposer les changements qu’il désirait, j’aurais aimé connaître enfin tous les liens unissant les différents mondes créés par Pierre. Un suspens éternel. Même le meilleur auteur de thriller n’aurait pu tissé un suspens aussi insoutenable: il a la classe Pierre Bottero, non? =P

Pour terminer, je glisse quelques mots sur la couverture (c’est devenu une habitude ^^). J’adore celle qu’a fait Gilles Francescano pour Les Âmes croisées! J’ai d’autant plus hâte de lire Le chant du troll, le conte graphique de Pierre Bottero illustré par Gilles Francescano! Sur la présente couverture, on y voit les deux personnages clefs de l’histoire et la porte qui scellera le destin de Nawel, avec le titre en relief, c’est magnifique à regarder. Pour ma part, j’ai trouvé l’omniprésence du jaune très significative parce que c’est une couleur plus lumineuse que celles utilisées pour les autres couvertures des Bottero et ce livre avait pour but de mettre en lumière les différents liens unissant les univers de Bottero. D’ailleurs, je m’étais toujours demandé pourquoi il y avait eu des changements d’illustrateurs pour les livres de cet auteur, mais je crois que je viens de comprendre. Jean-Louis Thouard a dessiné pour La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan et Le pacte des MarchOmbres, soit l’univers de Gwendalavir. Didier Garguilo a dessiné pour L’Autre, c’est-à-dire l’univers des sept familles. Et finalement, Gilles Francescano a dessiné pour Les Âmes croisées, donc Juriland. Un monde, un illustrateur. Chaque dessinateur à son style alors il était sûrement plus facile de montrer que les trois univers créés par Bottero sont différents en exploitant les différences stylistiques des illustrateurs! Ça fait du sens, selon vous?

Bref, Pierre Bottero a su une fois de plus m’émerveiller au plus au point et m’emmener loin, très loin de la réalité. Nawel est un personnage très intéressant et son évolution nous laisse voir une femme finalement remplie d’humanisme et d’honnêteté. Si on regrette de ne pas pouvoir connaître la suite, on savoure tout de même avec un incommensurable bonheur et un indicible plaisir Les Âmes croisées. C’est un des ultimes voyages que Pierre Bottero nous a offert, il faut en profiter! Laissez-vous transporter par l’écriture incroyable de cet homme..!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge La Fantasy pour les nuls!


Appréciation globale :

Coup de coeur!!

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A comme Association, tome 2 : Les limites obscures de la magie de Pierre Bottero

11 Jan

Gallimard (Jeunesse)/Rageot – 2010 – 187 pages

Mon avis

Les limites obscures de la magie, première lecture de 2011, mais aussi première lecture d’un Bottero depuis le décès de ce dernier. C’est avec un brin de crainte et beaucoup de nostalgie que j’ai donc entamé ce deuxième tome d’A comme Association qui, je le rappelle, peut être lu avant le tome 1 d’Erik L’Homme. En route pour une aventure fantastique une fois de plus réussie, du Bottero comme on l’aime et du A comme Association comme on en rêve!!

J’ai tout d’abord été déstabilisée, car je croyais que l’humour serait sensiblement pareil que dans La pâle lumière des ténèbres, sauf qu’Erik L’Homme et Pierre Bottero ont choisi de donner un ton différent l’un de l’autre à leur histoire entrecroisée. Alors qu’on avait des jeux de mots pourris (mais drôles) à la tonne dans le premier tome, on a ici un humour qu’on pourrait qualifier de plus fin. Ombe est très vive d’esprit et ses répliques empreintes de sarcasme font tout autant rire. Il n’y a pas à dire, faut pas l’embêter elle, parce qu’au sinon, on va se prendre une riposte cinglante en pleine tronche (certains personnages de l’histoire en font d’ailleurs l’expérience)!!

En parlant d’Ombe, personnage principal de ce tome, j’aurais tendance à dire qu’elle est plus psychologiquement approfondie que Jasper. On découvre au travers des 190 pages (juste ça!) ses forces et ses faiblesses, faiblesses qu’elle se refuse obstinément à laisser paraître devant qui que ce soit. Elle nous compte son passé, ses aventures solitaires et l’origine de sa farouche indépendance. On apprend à la connaître au fil de ses réflexions et de ses réactions fassent aux problèmes qui surgissent durant ses missions. On découvre donc que, Ombe et la discrétion, ça fait deux! Là où Jasper aurait agi tout en finesse avec la magie, Ombe préfère la force brute, beaucoup moins subtile, mais selon elle tout aussi efficace puisqu’elle déteste la magie. C’est d’ailleurs assez marrant de voir les situations un peu catastrophiques qui résultent de son absence totale de retenue!! Pierre Bottero a comme toujours un style délicieux, imagé et, malgré la brutalité qu’amène le personnage d’Ombe, rempli de poésie.

Ombe et Jasper, se sont donc des personnages totalement différents l’un de l’autre, ce qui donne une ambiance plus « personnalisée » à chacun des tomes. Jasper à 15 ans a encore beaucoup de sagesse à acquérir. Son humour et ses réactions face au danger en sont d’ailleurs la preuve. Les 18 ans d’Ombe font toute la différence. Ce n’est plus une adolescente comme son acolyte, mais une jeune femme avec un humour et des gestes plus matures. Même si elle a tendance à foncer dans le tas pour ensuite mesurer les conséquences (tête brûlée pourrait-on dire), elle est forte et déterminée! Un personnage tout en contraste avec Jasper, moins frivole, mais tout aussi attachante! On l’admire un peu et on l’aime déjà beaucoup!

Deux petits mots sur la préface écrite par Erik L’Homme, également présente dans le tome 1. Elle est très touchante et nous permet de connaître la genèse de ce merveilleux projet qu’est l’Association. La réunion de deux auteurs et de deux éditeurs, de deux imaginations et de deux passions pour l’édition. Une aventure qui aurait pu se terminer abruptement, mais M. L’Homme a choisi d’honorer de façon mémorable Pierre Bottero en décidant de mener à terme ce projet commun à eux deux. Et on ne peut qu’être heureux qu’il ait fait ce choix, car avec ces deux premiers tomes d’excellentes factures, la suite est ultra prometteuse!!

Bref, on a droit encore une fois à une histoire qui va à 100 milles à l’heure (et c’est le cas de le dire)! De l’action en veux-tu en voilà, de la bonne vieille baston au lieu de la magie et un humour cuisant sont au rendez-vous, tout ça dans un maigre 190 pages! On aimerait en avoir beaucoup plus! L’indépendante Ombe en fait voir de toutes les couleurs à ses adversaires et nous charme dans le temps de le dire. Même si j’ai une préférence pour Jasper, j’ai lu ce tome en un après-midi tellement il était entraînant! Il n’y a plus qu’à attendre mars avec impatience pour la sortie des deux prochains tomes!

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

Tomes…
T.1: La pâle lumière des ténèbres – paru
T.2: Les limites obscures de la magie – paru
T.3: L’étoffe fragile du monde – paru
T.4: Le subtil parfum du soufre – paru
T.5: Là où les mots n’existent pas – paru
T.6: Ce qui dort dans la nuit – paru
T.7: Car nos coeurs sont hantés – paru
T.8: Le regard brûlant des étoiles – paru

Note: Les tomes 1 et 2 peuvent être lus dans
l’ordre inverse, c’est-à-dire le 2 avant le 1

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