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L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón

9 Nov
L'Ombre du vent

La Sombra del Viento (traduit par François Maspero) – Le Livre de Poche – 2010 – 637 pages

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du vent.

Mon avis

L’Ombre du vent pourrait être un titre fort à propos pour relancer mon blog quelque peu délaissé : je ne fais que passer en coup de vent et mon blog n’est que l’ombre de lui-même depuis de nombreux mois. J’ai terminé ce livre en août 2011, mais, pour diverses raisons déjà évoquées ailleurs, cela a pris un certain temps avant que je ne commence la rédaction de ce billet, et quelque temps encore avant que je le termine. Et par la suite, pour une raison un peu obscure à moi-même, il est resté non publié pendant de longs mois encore ! Toutefois, je tenais à le faire parce que c’est un roman qui, selon moi, mérite qu’on parle de lui (comme en témoigne la probable centaine, voire plus, de billets déjà existants à son sujet ^^).

L’Ombre du vent est un livre indéfinissable, mêlant à la fois le drame, la romance, l’histoire et le suspense. Tout commence avec un père veuf et son fils qui tiennent un petit commerce (une librairie plus précisément). Mais voilà, cette histoire qui aurait pu être banale est d’abord campée dans un certain cadre historique : Espagne de 1945. Puis, d’un simple livre choisi au hasard naît toute une intrigue, tout un jeu d’indices, de demi-vérités et de surprises. Quand on rencontre par la suite Lain Coubert pour la première fois, on a l’impression de frôler le fantastique. Et enfin, tout au long de l’histoire, on découvre que c’est en fait un grand drame qui se cache derrière tout ça, mais avant tout une histoire d’amour aussi.

Bien des auteurs se seraient cassés les dents à essayer d’entrelacer tous ses genres en une seule et même histoire, mais Carlos Ruiz Zafón le fait de main de maître, de façon totalement harmonieuse. C’est un puzzle envoûtant qui captive complètement. Tout est inextricablement lié, tout s’entrecroise et rien n’est tiré par les cheveux ou tarabiscoté malgré la complexité du récit. Chaque détail a son rôle dans l’histoire et est judicieusement placé.

Carlos Ruiz Zafón a une très belle plume, il écrit de belles choses, pleines de vérité et je comprends désormais pourquoi il est un auteur tant cité. Je pense que chaque lecteur sera touché par certaines de ses phrases. Les descriptions sont poétiques et les émotions sont bien retranscrites et transmises au lecteur. Ça se lit presque tout seul.

Voilà un livre qui, à mes yeux, mérite son succès, tout simplement. Allez, pour la route, voici une petite citation qui m’a bien fait réfléchir: « Pendant qu’on travaille, on ne regarde pas la vie dans les yeux. » (p.480)

Appréciation globale :

Excellent!!

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Seras-tu là? de Guillaume Musso

3 Jan

XO – 2006 – 302 pages

Un seul geste aurait suffi pour tout changer.
Qui n’a jamais rêvé de revenir à cet instant décisif où le bonheur était possible?

San Francisco. Elliot, médecin passionné, ne n’est jamais consolé de la disparition d’Ilena, la femme qu’il aimait, morte il y a trente ans.
Un jour, par une circonstance extraordinaire, il est ramené en arrière et rencontre le jeune homme qu’il était, trente ans plus tôt. Il est revenu à l’instant décisif où un geste de sa part peut sauver Ilena.
Et modifier l’implacable destin qui a figé son sort à jamais.

Mon avis

Dans la même lignée « best-sellerienne » que ma précédente lecture (cf. Introduction de ma critique sur Les Âmes Vagabondes), me voici maintenant avec mon tout premier Guillaume Musso. Mon premier roman de lui et donc mes premières impressions sur cet auteur…

Une des réflexions que je me suis fait en finissant ma lecture a été la suivante : Mouais. Moyennement convaincue. J’ai plus ou moins aimé les 200 premières pages, mais pourtant adoré les 100 dernières. En terme de proportion, ça veut dire qu’il y a le 2/3 du livre que je n’ai pas apprécié. Bilan assez dépréciatif lorsqu’on regarde les chiffres. Je m’explique.

Après une sommaire présentation des personnages et de leur vie, le concept qui nous suivra tout au long du livre est lancé, c’est-à-dire les voyages à travers le temps. Pas de problème avec cet élément, je savais déjà qu’il y aurait une touche de fantastique. Le problème n’est donc pas l’idée, même si, on en conviendra, elle n’est pas tellement originale. Le principal défaut de ce livre est, à mon avis, son manque d’unité et de fluidité. On se balade entre le passé et le présent (ou le présent et le futur, tout dépend du point de vue), mais les scènes sont tellement coupées sèchement qu’il n’y a aucune liaison entre elles. Pour moi, ça donnait quelque chose de décousu et de chaotique, un tout vraiment pas harmonieux. Le parallèle temporel est peut-être ainsi plus facile à établir, mais ça m’a déplu (chacun ses goûts hein ^^).

Il y a aussi un sentiment d’inachevé qui m’a suivi une bonne partie du livre et que je sens encore après l’avoir fini. L’histoire est creuse, elle manque de fond, de tonus! Quand j’essaie de la regarder dans sa globalité, je vois somme toute un rendu qui manque de consistance! J’avais envie d’un livre léger quand j’ai choisi celui-là, mais là, j’ai été servi à souhait! Bon, évidemment, on peut le voir comme un point positif, c’est un roman qui se lit vite et c’est sans prise de tête!

Cependant, soyons francs, il n’y pas que du mauvais dans ce livre! J’ai trouvé que Guillaume Musso avait un talent certain pour faire ressentir la tristesse, et c’est ce qui m’a tant fait aimé les 100 dernières pages! Je lisais avec le coeur un peu plus serré à chaque page tellement c’était poignant! C’est dommage qu’il n’ait pas réussi à me faire éprouver aussi fortement l’amour entre Elliot et Ilena ainsi que la joie. En effet, ces passages ne m’ont nullement touchée. Je ne suis pas, d’ordinaire, très avare d’histoires tristes, mais quand c’est bien écrit, c’est toujours intéressant à lire et ce fut donc le cas pour la fin de Seras-tu là?.

Je rajouterais aussi que la comparaison entre Musso et Lévy est à mon avis très juste, car j’avais l’impression de lire un Lévy tellement le genre et le style étaient similaires! Ça m’a même un peu déstabilisée à un certain moment, je trouvais ça très étrange, mais au final, on s’y fait. Même si le style de ces deux auteurs est semblable, je n’ai ressenti aucune gêne à lire l’écriture de Musso, ce qui est souvent le cas pour moi avec Marc Lévy. Les phrases étaient à mon sens mieux construites!

Bref, je suis un peu déçue par le manque de fond et de fluidité de ce roman, mais cet auteur a quand même su me montrer qu’il est très habile pour faire sentir la tristesse. Je ne suis pas réfractaire à essayer un autre livre de cet écrivain parce que ce serait bête de s’arrêter là alors que c’était peut-être seulement ce roman-là qui ne me convenait pas. Je met donc une partie du choix de mon prochain Musso entre vos mains : Quel est votre livre préféré de cet auteur? Si vous aviez à me proposer qu’un seul Musso, lequel choisiriez-vous?

Appréciation globale :

Moyen…

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