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La Tapisserie de Fionavar, tome 3 : La Route obscure de Guy Gavriel Kay

3 Mar
La route obscure

The Darkest Road (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 – 508 pages

L’hiver avait pris fin. Le cristal de convocation s’était embrasé. C’était la guerre, quelque part au nord, dans les ténèbres. Et un navire voguait vers l’occident…

Dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n’est qu’une ombre bien pâle, la puissance de Rakoth Maugrim, le dieu renégat, ne cesse de croître malgré les nombreux appuis accordés à l’armée des Lumières, conduite par Ailéron, le haut roi du Brennin, par plusieurs dieux et héros mythiques – dont Owein, le maître de la Chasse Sauvage, et Arthur Pendragon, le Guerrier revenu des morts.

Or, un ultime fil doit encore trouver sa place dans la trame complexe du Tisserand, et ce fil, c’est Darien, le fils de Jennifer et du Dévastateur lui-même. Mais jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres…

Mon avis

J’ai très mauvaise mémoire pour les histoires que je lis, même lorsqu’il s’agit de coups de coeur, mais quand un livre me fait grande impression, j’ai tendance à me rappeler assez bien à quel point il m’a procuré de forts sentiments. Relativement peu de livres ont la capacité de continuer à évoquer de tels émotions en moi malgré le temps qui passe. Pour ne citer que la fantasy : les Pierre Bottero, évidemment (particulièrement Le Pacte des MarchOmbres et Les Âmes croisées). Le Chant d’Albion de Stephen Lawhead, que j’ai découvert à peu près à la même époque que GGK. Et La Tapisserie de Fionavar, bien entendu. Elle m’a fait vibrer lorsque j’étais adolescente et m’a encore une fois fait vibrer aujourd’hui. Je ne me souvenais d’absolument rien concernant ce troisième tome, mais c’est sans surprise qu’il m’a emportée, qu’il m’a transportée. Il ne fait que confirmer pourquoi je gardais et je garderai probablement toujours un souvenir impérissable de cette trilogie.

Ce dernier livre est une conclusion remplit d’énormément de souffrance et de tristesse. On y voit les répercussions de la guerre, les changements qu’elle amène, ou plutôt ceux qu’elle impose. Dans bien des cas, c’est une souffrance sans commune mesure que l’on nous dépeint, qui émeut par sa grandeur et sa cruauté, mais en même temps nous horrifie. C’est une guerre sans merci, qui prend tout et ne donne rien, qui détruit impartialement mais si injustement tout sur son passage.

Soyez prévenus, Guy Gavriel Kay n’épargne pas ses personnages. Combien de fois ai-je vu la mort d’un personnage arrivée, combien de fois me suis-je dit « non, non c’est impossible, il ne peut pas le faire mourir, il y aura forcément un retournement de situation et il aura la vie sauve ». Et combien de fois me suis-je trompée. Des morts tragiques, mais des morts magnifiques aussi, pleines de lumière et pleine de vie. En fait, ils sont peu nombreux à mourir, mais ils laissent un vide si grand qu’on a l’impression qu’ils ont été plusieurs à nous quitter. La Tapisserie de Fionavar, c’est l’histoire de multiples sacrifices, mais aussi d’une profonde résilience. Chaque personnage dans cette histoire a effectué un quelconque sacrifice. Pour certains, il en a été de leur vie. Pour d’autres, leur liberté ou le contrôle de leur destinée. Pour d’autres encore, leur pouvoir. Le sacrifice d’un être cher, parfois. Autant de raisons différentes qui ne pointent pourtant que dans la même direction : vers la Lumière. Et aussi difficile que celui puisse paraître, chaque personnage finit par accepter de payer ce lourd tribut. Certains s’y résignent assez vite alors que pour d’autres, c’est un combat de tous les instants, une tentative de révolte contre un destin – une trame – implacable.

Un seul être, dans cette histoire, est libre de toute destinée préalablement tracée : Darien, le petit Dari… « Jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres ». Une phrase que je trouve splendide, sans vraiment savoir pourquoi. Darien a vraiment un destin exceptionnel et je regrette que si peu du récit, somme toute, lui soit consacré, considérant son importance dans l’histoire. Je ne sais pas précisément ce que j’aurais aimé savoir de plus, mais j’ai vraiment eu l’impression de ne pas le connaître assez. J’aurais également aimé en lire davantage sur les Paraïko, qui m’ont semblé passablement effacés. Peut-être Kay souhaitait-il conserver le mystère qui les entoure… Finalement, je trouve aussi dommage la présence quasi impromptue du dragon de Maugrim, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et qui repart aussi vite. J’aurais préféré qu’il soit complètement absent ou bien beaucoup plus présent, mais pas cet entre-deux qui n’a l’air que d’un prétexte pour la réalisation d’un autre évènement. J’ai trouvé que c’était fort mal amené.

Malgré cela, et plus encore que dans les deux premiers tomes, j’ai trouvé le style de Guy Gavriel Kay empreint d’un lyrisme incroyable. Sa plume m’a profondément touchée. C’est un travail fort probablement admirable qu’a réalisé la traductrice Élisabeth Vonarburg. Je n’ai jamais lu de GGK en VO, donc je ne peux évidemment pas juger de la qualité de la traduction, mais à voir comment j’ai été émue, je ne doute pas une seconde que le travail a été bien fait. Cela me donne bien envie de découvrir les propres oeuvres d’Élisabeth Vonarburg !

Je sais que plusieurs trouveront probablement cela ridicule, mais cette relecture m’a aussi fait réfléchir. Au sens de nos vies, à la place de chacun dans l’univers. Il m’a fait me demander pourquoi je suis là, pourquoi j’existe, quel est mon but, ma raison d’être. Et je pense que c’est extraordinaire qu’un roman puisse faire une telle chose. Peu importe que ce soit de la fantasy ou une histoire plus réaliste et contemporaine, je trouve que c’est magique à quel point les auteurs savent évoquer et faire naître des émotions en nous. Et c’est dans ces moments-là, quand je lis des auteurs comme Guy Gavriel Kay, que je ressens un immense respect envers eux.

Bref, c’est une conclusion douloureusement belle à cette magnifique trilogie qu’est La Tapisserie de Fionavar. Ce tome final nous fait prendre conscience de tous les sacrifices auxquels les personnages ont consenti et de la résilience dont ils font preuve. Guy Gavriel Kay nous livre un texte magnifiquement bien écrit qui a su m’émouvoir et me faire réfléchir. Chapeau à Mme Vonarburg pour la traduction. Tout ce que je regrette de ce tome est le trop peu d’attention accordée à Darien et aux Paraïko ainsi que l’introduction maladroite du dragon de Maugrim, mais ces petits détails ne pèsent pas bien lourd dans mon coeur. Désolée pour cette chronique qui me semble un peu émotive, mais bon, voilà, c’est l’effet que me fait GGK, que voulez-vous !  Ce fut encore une fois une relecture commune avec Taliesin; voyez son avis ici !

Coup de coeur!!

Coup de coeur!!

Cette chronique marque ma troisième contribution à mon challenge GGK !

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Tomes…
T.1: L’Arbre de l’été – paru
T.2: Le Feu vagabond – paru
T.3: La Route obscure – paru

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La Tapisserie de Fionavar, tome 2 : Le Feu vagabond de Guy Gavriel Kay

20 Sep
The Wandering Fire (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 - 356 pages

The Wandering Fire (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 – 356 pages

Rakoth le Dévastateur n’était plus enchaîné. Une telle puissance allait s’abattre sur eux ! Et si l’univers de Fionavar était perdu, tous les autres tomberaient devant Maugrim, la Tapisserie serait déchirée et dénaturée sur le Métier à Tisser des univers, sans pouvoir jamais être réparée…

C’est sur cette toile de fond que s’agitent magiciens, nains, guerriers, héros et héroïnes ressuscités des mythes les plus anciens, mais aussi cinq jeunes Torontois dont chacun doit mener à bien sa mission cruciale : pour Kimberly, tirer les morts de leur repos et, pour Dave, porter le cor magique ; introduire son propre fil dans la trame de la Tapisserie pour Paul, le Seigneur de l’Arbre de l’Été, et devenir l’agent d’une destinée immémoriale pour Jennifer ; enfin, pour Kevin, découvrir son rôle dans le combat qui sauvera peut-être du Dévastateur les univers du Tisserand.

Mon avis

Après une relecture très concluante du premier tome (voir mon avis ici), je ne doutais plus un seul instant de passer un bon moment en relisant la suite, à commencer, obviously, par le tome 2 : Le Feu vagabond. La vie a fait en sorte que cette lecture m’a pris près d’un mois et demi, mais ce n’est pas parce que ce livre n’est pas bon, très loin s’en faut !

Au tout début du livre, nos chers aventuriers voyageurs sont de retour dans notre monde, en attente d’un rêve de Kim ou d’un signe de Lorèn Mantel d’Argent. Ils finiront par retourner en Fionavar, mais ce sera accompagnés d’un personnage des plus légendaires : Arthur Pendragon, surnommé le Guerrier. C’est un rôle relativement effacé que lui a offert Guy Gavriel Kay dans ce deuxième tome comparativement à l’importance qu’on lui donne généralement dans les histoires le mettant en scène. C’est une chose que j’ai appréciée, car, bien qu’étant un personnage très intéressant, il y a déjà assez de personnages principaux dans l’histoire. Pour l’instant, il a plutôt un rôle de soutien (dans tous les sens du terme), mais pourtant, malgré la retenue dont il fait preuve, sa noblesse, sa droiture et sa sagesse, que Kay a très bien su restituer, transpirent à travers les pages.

Cependant, j’ai l’impression que, pour qui ne connait pas très bien les légendes arthuriennes, certains détails peuvent nous échapper. Par exemple, à plusieurs reprises, il est mentionné que c’est parce qu’Arthur a tué les enfants qu’il est ainsi condamné. Or, je n’avais personnellement aucune idée de quoi il retourne au sujet de ces enfants.  J’ai finalement fait une recherche, mais j’ai eu bien du mal à trouver ce que je cherchais. Mais bon, comme je le disais, il s’agit de détails, donc ça ne gêne pas forcément la lecture, mais ça peut parfois être agaçant de ne pas tout comprendre. Et il faut avouer que Kay a le mérite de sortir des sentiers battus en usant d’une facette peu connue des légendes arthuriennes. Cette trilogie s’inspire également de la mythologie celte, que je suis loin de maîtriser aussi, donc encore une fois, je n’ai pas su capter toutes les subtilités de l’histoire. Néanmoins, je ne considère pas que la nécessité d’avoir de bonnes connaissances en mythologie et légendes est un défaut. Après tout, comme cela ne nuit pas à la compréhensionje ne me plaindrai pas de cette richesse !

En outre, dans ce deuxième tome, l’histoire acquiert un souffle de plus en plus épique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Des contre-attaques sont enfin lancées contre Rakoth et les confrontations entre le Bien et le Mal sont de plus en plus nombreuses. On assiste notamment sur la fin à une bonne grosse bataille, de celles où s’affrontent des combattants venant de partout à travers le continent et moult monstres tous plus cruels les uns que les autres. La séquence sur le voyage en mer de Paul, Diarmuid, Lorèn et Arthur et ce qui s’en suit apportent aussi une bonne petite dose d’action bienvenue. Avec ce nouveau souffle se manifeste également un sentiment croissant d’urgence, qui tend donc à rendre le récit encore plus captivant et prenant. On se prend à espérer avec les personnages et à rager contre les contre-temps et les obstacles qui surgissent. C’est un tome que j’ai trouvé encore une fois riche en émotions. Plusieurs moments m’ont assez émue, notamment lorsque l’on comprend ce qu’il est advenu de tous les Lios Alfar partis en mer. On assiste aussi de nouveau à des choix déchirants et à des sacrifices admirables qui nous donnent des frissons. Et c’est sans compter cette ambiance si unique qui me charme toujours autant !

Bref, les légendes arthuriennes et les mythes celtes dont s’inspire Kay font en sorte que certains détails nous échappent quand on ne s’y connaît pas, mais on suit tout de même très aisément les intrigues, intrigues qui gagnent en suspense tout au long du livre et dont la portée ne cessent de s’amplifier. Les émotions sont toujours au rendez-vous et l’on a droit à plusieurs scènes particulièrement touchantes dans ce tome. Le personnage d’Arthur Pendragon, bien que secondaire, me semble quant à lui fidèle à ce qu’on entend de lui. Voilà donc une très bonne suite qui ne m’a – ô surprise – aucunement déçu ! Voyez la chronique de mon co-lecteur Taliesin ici !

Coup de coeur!!

Coup de coeur!!

Cette chronique marque ma deuxième contribution à mon challenge GGK qui, je le rappelle, est déjà en route depuis plus de deux ans et demi !

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Tomes…
T.1: L’Arbre de l’été – paru
T.2: Le Feu vagabond – paru
T.3: La Route obscure – paru

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Challenge GGK : Ding dong ?!

26 Août

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Oyé oyé braves gens !

Cela fait maintenant un peu plus de deux ans et demi (depuis le 6 janvier 2011 plus précisément) que le challenge Guy Gavriel Kay est en branle et je me suis dit que cela ne lui ferait pas de tort d’essayer de lui donner un nouveau souffle ! Il faut dire que, mon blog étant au repos depuis un bon bout de temps et mon rythme de lecture ayant passablement diminué, mon propre challenge m’est un peu sorti de la tête. Mais me voici maintenant pour le revigorer !

Depuis le tout début du challenge, trois personnes ont réussi à le compléter : Eirilys, qui a complété le niveau 2 (une série complète), Lael, qui a atteint le niveau 1 (un tome unique) ainsi que Lintje, qui a réussi le niveau 3 (1 série complète + 1 tome unique). Cette dernière a toutefois décidé de poursuivre l’aventure en s’inscrivant cette fois-ci au niveau 6, rien de moins ! Bravo à vous trois ! Outre ces trois participantes, huit autres personnes ont progressé : Acr0CélineLefsÖ, Maêlle, Marise, poet24, Taliesin et moi-même. Pour voir les chroniques de tout ce beau monde, rendez-vous sur le récap du challenge. Si jamais il y manque une de vos chroniques, n’hésitez surtout pas à me le signaler !

Quelques statistiques :

  • 26 participants officiels, dont deux ayant terminé
  • Le livre le plus chroniqué pour ce challenge : La Tapisserie de Fionavar, tome 1 : L’Arbre de l’été (avec 6 chroniques uniquement consacrées à ce tome et deux consacrées à la saga en entier)
  • La plus grande chroniqueuse du challenge à ce jour : Maêlle (avec 6 chroniques)

Guy Gavriel Kay a publié deux nouveaux livres depuis 2011, soit Sous le ciel et River of Stars, qui ont tous deux été ajoutés à la catégorie « Extras » du challenge étant donné que le premier est disponible en VF uniquement au Québec et le deuxième est paru seulement en VO.

Comment se passe le challenge de votre côté ? La motivation et le plaisir sont-ils au rendez-vous ?

Pour ma part, je dois avouer que je suis à la fois dans une panne de lectures et une panne de chroniques, donc difficile dans ce contexte de progresser dans le challenge. ^^

Avez-vous envie de faire des lectures communes pour vous motiver à avancer dans le challenge GGK ?

N’hésitez pas à proposer des lectures communes, que ce soit ici ou sur Livraddict. Peut-être y-a-t-il d’autres personnes qui, comme vous, n’attendent que cette occasion pour se lancer !

Mais que vous soyez des lecteurs solos ou de groupes, je n’ai qu’une chose à vous dire : lisez, lisez du GGK !

La Tapisserie de Fionavar, tome 1 : L’Arbre de l’été de Guy Gavriel Kay

24 Nov
L'Arbre de l'été de Guy Gavriel Kay

The Summer Tree (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 – 423 pages

Ils sont cinq, femmes et hommes, tous Torontois ; ils sont jeunes, étudiants ou professionnels, tous rationnels. Or, les voici projetés dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n’est qu’une ombre bien pâle !

Malgré la protection offerte par Mantel d’Argent le magicien, ils sont aussitôt pris dans les premières escarmouches de la guerre qui oppose les forces des Lumières à celles des Ténèbres. Car Rakoth Maugrim, le dieu renégat, a trouvé moyen de se libérer de sa prison millénaire.

Le Grand Royaume du Brennin, où ont abouti nos cinq jeunes héros, est la première cible de Maugrim. Une proie facile, puisque le vieux roi n’a pas renoué les liens tissés par ses ancêtres avec les puissances bénéfiques de l’Arbre de l’Été. Une proie facile, à moins que le roi ne s’offre en sacrifice à ce dernier, ou qu’une autre personne ne le remplace…

Mon avis

Ahhhh, Fionavar… Cette trilogie a été un de mes premiers véritables coups de foudre littéraires. Je n’avais que 13 ans à l’époque où je l’ai lue et ces trois livres ont été une claque monumentale pour moi. Depuis, je voue une admiration quasi sans borne à Guy Gavriel Kay (GGK pour les intimes), alors que je n’ai même pas lu la moitié de sa bibliographie.

Cependant, face à un souvenir si fort, facile d’éprouver de l’appréhension avant de se lancer dans une relecture, 7 ans plus tard et quelques centaines de livres lus depuis. Est-ce que le bagage littéraire acquis depuis ma première lecture de la trilogie allait entacher ma relecture ? C’est la question qui m’a fait hésiter pendant de longs mois. Pourquoi avoir franchi le pas ? Trois raisons : 1) j’ai besoin de chroniquer la trilogie pour mon propre challenge GGK, 2) ça fait des mois que je me fais persécuter par Taliesin  pour le relire (vous vous douterez donc que c’était une lecture commune avec lui ), 3) j’ai senti que j’avais envie de chroniquer, ce dont la raison 1 est singulièrement dépendante. Mais bon, trêve de blabla !

L’histoire, de façon un peu paradoxale, ne tarde pas à démarrer, mais a aussi un début plutôt lent. *Non mais qu’est-ce qu’elle dit, c’est complètement contradictoire !* Mais si, j’vous dis ! La « véritable » aventure ne fait que commencer à la moitié du livre environ (d’où la lenteur), mais en même temps, les personnages sont embarqués rapidement dans ce nouveau monde qu’est Fionavar. D’ailleurs (et c’est ce qui a fait que j’ai vraiment très peu apprécié ce début), j’ai trouvé que nos cinq protagonistes – Kevin, Paul, Jennifer, Kimberly et Dave – se laissent embarquer bien trop vite dans cette histoire. De la part d’universitaires comme eux, étudiant notamment en médecine et en droit, je me serais attendue à davantage de rationalité (ce que laissait entendre la quatrième de couverture). On notera d’ailleurs tout au long du livre l’absence de « choc culturel » entre les cinq étudiants et Fionavar, un monde plutôt moyenâgeux avec une religion, une culture et des traditions très différentes de notre monde et de notre époque à nous. Bien qu’ils s’interrogent parfois sur telles ou telles légendes, ils s’adaptent très – trop – vite à leur destination. Et ça m’a vraiment agacée.

De plus, on n’apprend pas beaucoup à connaître les personnages au début du livre, si bien qu’ils sont jetés dans l’aventure sans qu’on sache vraiment qui ils sont. Néanmoins, cela fait en sorte qu’on découvre notre trio masculin et notre duo féminin graduellement, au fil de l’histoire, et tout compte fait, ce n’est pas plus mal. On n’arrive pas à les cerner facilement et cela les rend intéressants et énigmatiques. Il est ainsi peut-être un peu plus difficile de s’attacher à eux, mais quand on finit par apprendre ou comprendre pourquoi tel personnage agit d’une certaine façon, on éprouve de la sympathie et de la compréhension envers eux.

Les différentes histoires sont assez nombreuses, mais j’ai pour ma part trouvé qu’elles n’étaient pas nécessairement difficiles à suivre puisqu’elles suivent en général un ou deux des personnages principaux, donc il est facile d’associer les histoires aux protagonistes. C’est plutôt l’abondance de personnages qui peut momentanément porter à confusion, le temps de bien replacer qui est qui et quel est le rôle de chacun (c’est le lot des romans de fantasy me direz-vous !). J’avoue avoir eu de la difficulté à comprendre de qui il est question dans certains passages, mais ça ne gênait pas spécialement la compréhension de l’intrigue (ces passages n’ayant pas pour but de nous présenter « officiellement » les personnages mis en scène).

Bon. À ce point-ci de ma chronique, peut-être que certains d’entre vous se disent : « ben elle a aimé ou pas ?? ». Et c’est là que je vous parle de ce qui m’a charmée à la première lecture et qui me séduit encore dans cette relecture : l’ambiance. Je ne sais pas si c’est le style ou l’univers – ça pourrait très bien être le mélange des deux -, mais je trouve l’atmosphère de ce premier tome – et de la trilogie entière, d’après mes souvenirs – vraiment envoûtante. Des passages sombres, d’autres oniriques et d’autres encore follement intenses en émotions ou en tension… Il y a quelque chose de plus grand que les personnages dans l’histoire – la Tapisserie, le destin, les Dieux, appelez cela comme vous voulez – et on le ressent vraiment, ça transpire par les mots. Et personnellement, j’adore ! Cela fait en sorte que je suis vraiment absorbée par l’histoire à chaque fois que j’ouvre mon livre.

C’est aussi ce qui rend, à mon avis, le récit et surtout « l’acte » de Paul si.. wow ! Son histoire, sa souffrance, sa résilience… C’est un personnage si profond et un moment tellement fort, tellement… inqualifiable ! J’en ai des frissons rien qu’à y penser. Pour moi ce personnage à lui seul fait en sorte que ce livre vaut le détour. J’aime également beaucoup l’histoire de Dave parce qu’il s’en dégage une beauté sauvage. On a aussi l’impression d’entrer dans une grande famille, solidaire et courageuse, qui affiche un grand respect envers ses membres et ce qui l’entoure. Les Dalreï constituent vraiment un de mes peuples préférés dans cet univers.

Bref, L’Arbre de l’été est un livre qui possède vraiment à mes yeux une ambiance unique qui a encore une fois réussi à me conquérir. Parmi toutes les histoires et les personnages évoluant au sein de ce premier tome, certain(e)s se distinguent particulièrement de part leur force et/ou les sentiments qu’ils inspirent. La seule chose qui me retient de le considérer comme un coup de coeur est le début du livre et ses quelques petits défauts ici ou là, mais vraiment, je ne suis pas déçue de cette relecture, bien au contraire. Pour moi, Guy Gavriel Kay signe ici une oeuvre à la fois humaine et cruelle qui augure une suite tout aussi intense. Vous pouvez trouver la chronique de mon co-lecteur Taliesin ici !

Excellent!!

Voici donc ma première participation à mon challenge Guy Gavriel Kay. Il était temps quand même, j’en suis l’instigatrice et je n’avais toujours aucune chronique à mon actif.  D’ailleurs, je vais essayer de faire une tournée générale pendant la période de Noël pour motiver les troupes !

Tome
T.1: L’Arbre de l’été – paru
T.2: Le Feu vagabond – paru
T.3: La Route obscure – paru

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La Belgariade, chant 5 : La fin de partie de l’enchanteur de David Eddings

27 Mai
La fin de partie de l'enchanteur

Enchanters’ End Game (traduit par Dominique Haas) – Pocket (Fantasy) – 1998 – 413 pages

Soudain jaillirent du sol des formes ténébreuses: silhouettes immenses, robes noires, masques d’acier étincelant. Elles avaient surgi à l’endroit le plus inattendu, entre les rangs même de l’armée. Un jeune chevalier mimbraïque en avisa une à ses côtés et sabra. À l’instant où sa lame traversait l’ombre, il fut frappé par la foudre. Des tourbillons de fumée s’élevèrent des gentes de son ventail et il grilla dans son armure.

Ce’Nedra, la Fiancée de Lumière, crispa la main sur son amulette et ferma les yeux: « Aide-nous, Belgarath! Nous allons être écrasés! »

À quoi servait de l’appeler? Sans doute avait-il atteint la Cité de la Nuit, où Torak s’éveillait au milieu des ruines. L’immense geste s’achevait dans le fracas des armes, et l’enfant de la prophétie n’était pas prêt. La guerre de sept mille ans allait finir par la victoire du Dieu-Dragon des Angaraks!

Mon avis

M’y voilà! C’est avec ce dernier et ultime tome que se termine cette belle pentalogie qu’est La Belgariade. Ce billet se veut un peu plus général, c’est-à-dire qu’il parlera du cinquième tome (évidemment ^^), mais aussi de la saga en entier, histoire de faire le point sur toute l’aventure!

Ce dernier opus, c’est la concrétisation de deux prophéties vieilles de plusieurs milliers d’années se fondant l’une dans l’autre, pour n’en devenir qu’une seule. Les décisions prises ici sont toutes plus cruciales les unes que les autres. On a droit à un bon flot de péripéties (normal quand la fin est si proche)! Bizarrement, alors que dans les autres tomes je préférais suivre Garion, j’ai cette fois rongé mon frein en attendant le moment où j’allais retrouver Ce’Nedra et son armée! Je dois avouer que j’avais hâte qu’il y ait enfin une bonne grosse baston. ^^ Et à ce niveau-là, je suis assez satisfaite. Une belle bataille, avec des évènements inattendus et d’intéressantes démonstrations du vouloir et du verbe (c’est-à-dire de magie). Par contre, je suis un tout petit peu désappointée de ne rien savoir au sujet du plan du roi Drosta, avec la brèche dans l’armée et tout. On ne sait absolument pas comment ça se passe finalement.

Au niveau de la confrontation entre Belgarion et Torak, voici la première chose qui m’ait passé par la tête : « C’est tout? » … Eh ouais, sur le coup, j’ai été déçue. Mais plus j’y repense et plus je me dis que quelque chose de différent n’aurait pas été plus approprié. C’est ce qu’il fallait finalement, même si de prime abord, ça manque un peu… de cris, de blessures et de sang!  Ben oui, je m’attendais à un combat épique moi! Cependant, je vous assure que ce qu’il se passe, bien que davantage émotionnel que physique, en vaut tout autant la peine. C’est très beau et j’oserais même dire émouvant.

Royaumes du Ponant et Territoires Angaraks

Du côté des personnages, on retrouve tout notre petit groupe initial, certes disséminé partout sur le continent, mais chacun très actif, à sa façon, dans l’histoire. Les figures de proue de ce dernier tome sont bien évidemment Garion et Ce’Nedra. Quand on repense à comment ils étaient au début, on se rend compte qu’ils ont beaucoup évolué et que leur personnalité est devenue plus étoffée. Pour ce qui est des autres personnages, ils sont encore et toujours égaux à eux-mêmes: intègres, drôles et incroyablement courageux. Je vais beaucoup m’ennuyer de Silk et je regrette tant que la fin ne soit pas plus heureuse pour lui (la danse avec la reine, terrible!)…

J’ai tout de même quelques petites déceptions. Tout d’abord, je suis vraiment déçue au sujet de Mission. Oui, on sait à peu près d’où il vient et comment il a été trouvé, mais… j’aurais aimé en savoir davantage, par exemple découvrir comment Zedar a fait pour l’élever en toute innocence. Je le trouvais tellement attachant ce p’tit bonhomme, je suis triste de le quitter sans mieux le connaître. Peut-être en apprend-on plus dans les autres séries? Ensuite, j’ai trouvé le truc avec Durnik et les Dieux (désolée d’être si vague, je veux pas spoiler ^^) très prévisible compte tenu du surnom de Durnik, alors Polgara ne m’a nullement émue.

Bref, ce tome conclut très bien La Belgariade! David Eddings nous livre ici un opus final riche en action avec une belle grosse bataille et un combat final, entre Belgarion et Torak, se jouant davantage sur le plan mental que sur le plan physique, mais qui reste quand même splendide. On constate à quel point les personnages ont évolué au fil des tomes et on quitte certains d’entre eux avec beaucoup de regret, particulièrement Silk et Mission pour ma part. Je suis très contente d’avoir découvert cette saga qui, sans pour autant être un coup de coeur, me laisse somme toute une très bonne impression. Me voilà maintenant avec une culture littéraire un peu plus étendue!

Appréciation globale :

Très bien!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (5/5)!

Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages – paru
T.2: La reine des sortilèges – paru
T.3: Le gambit du magicien – paru
T.4: La tour des maléfices – paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur – paru

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La Belgariade, chant 4 : La tour des maléfices de David Eddings

21 Avr
La tour des maléfices de David Eddings

Castle of Wizardry (traduit par Dominique Haas) – Pocket (Fantasy) – 1998 – 439 pages

Garion monta sur le trône de basalte et plaça l’Orbe sur le pommeau de l’énorme épée. Il y eut un déclic; la force vive de la pierre fusa dans la garde. La lame se mit à luire et se détacha du mur. Il la rattrapa des deux mains. La foule dans la salle réprima un halètement.

Garion sidéré vit l’Orbe jeter une formidable langue de feu bleu. Sans trop savoir pourquoi, il souleva le glaive.

« Ô joie, le roi est revenu, la prophétie s’accomplit! clama Belgarath. Inclinons-nous devant Belgarion, roi de Riva, suzerain du Ponant! »

Et la prophétie suivit son cours. Au coeur du tumulte, on entendit un bruit métallique, comme si une tombe scellée par la rouille venait de s’ouvrir. Garion en fut glacé jusqu’aux moelles. Arraché à des siècles de sommeil, un cri de rage surgit des ténèbres et réclama du sang.

Mais ce n’était pas le pire. Cette voix macabre, elle avait peur. Torak était de retour, et il tremblait, le dieu défiguré!

Mon avis

La fin approche, ça se voit. On sent, dans ce quatrième tome, les pions amorcer des mouvements de plus en plus décisifs sur cet échiquier millénaire qu’est la prophétie. Inexorablement, tous avancent vers leur destin. Toutefois, j’ai malheureusement trouvé ce tome un ton en-dessous des autres. J’ai aimé, mais certains petits points m’ont déplu.

Tout d’abord, le rythme y est plus lent, sauf peut-être sur la fin où ça recommence à bouger. Cela faisait deux, voire même trois tomes que l’on suivait les personnages dans leur course contre la montre, alors tomber dans une accalmie comme ça donne l’impression de stagner. Cela pourrait sans doute s’expliquer par le fait que l’on insiste ici davantage sur la politique (et encore, je n’ai pas eu l’impression d’en lire tant à ce sujet), ce qui ne laisse pas nécessairement place à l’action. D’un autre côté, j’ai trouvé que l’on ne s’attardait pas assez sur les différentes cérémonies qui ont lieu. En effet, les trois ou quatre célébrations sont survolées avec rapidité, il y a plus de détails sur la préparation des personnages et le « après » que sur les cérémonies en elles-même. C’est dommage parce que cela aurait pu nous permettre d’en apprendre davantage sur les coutumes de ce monde et surtout, sur les Riviens.

Île des vents

Carte de l’Île des vents (cliquable)

Du côté des personnages, certains réalisent que l’Homme n’est pas peut-être pas aussi libre qu’ils le pensaient. Prendre conscience de cette réalité n’est pas chose facile pour plusieurs d’entre eux parce que c’est à la fois impensable, mais logique, révoltant, mais rassurant. Il est intéressant d’en savoir plus sur les différents rois du Ponant (Rhodar, Anheg, etc.) et sur leur épouse. J’aime d’ailleurs beaucoup le rôle que ces dernières commencent à jouer dans l’histoire (il y a un peu de féminisme en moi faut croire ^^)! Pour sa part, Ce’Nedra a beaucoup évolué dans ce tome. Elle a enfin compris le rôle qu’elle a à jouer dans la prophétie et j’ai aimé le courage dont elle fait preuve, même si ce qu’elle doit faire la révolte. Finalement, je dois avouer que j’ai été déçue de ne rien savoir de plus au sujet du petit Mission, qu’on voit d’ailleurs très peu. ^^

Il y a toujours quelques petites secondaires intéressantes qui pimentent agréablement le récit, permettant de garder l’intérêt du lecteur. La partie avec la sorcière des marécages, Vordaï, m’a assez intriguée, je me demande maintenant si cette dernière et les palustres auront un rôle futur à jouer dans l’histoire… Pour ce qui est du tome en général, ma partie préférée reste le périple qu’entreprend Garion. J’ai été ô combien heureuse que Silk fasse partie du voyage! J’aurais détesté qu’il soit resté en arrière, vous vous en doutez! ^^

Bref, j’ai été un peu déçue par ce tome, mais j’ai l’impression que mon avis est un peu biaisée par le fait que j’ai mis beaucoup de temps à le lire, par manque de temps. Le récit m’a ainsi paru plus lent. Je regrette de n’avoir pas eu davantage d’informations sur certains points, mais on en apprend tout de même plus sur plusieurs des personnages secondaires, ce qui s’est avéré intéressant. Les intrigues secondaires sont plaisantes et la trame principale concernant Ce’Nedra est inspirante, tandis que celle du côté de Garion, une fois passer le côté politique et administratif, vient redonner de la vigueur au récit! Affaire à suivre donc, j’espère que le dernier tome ne me décevra pas!

Appréciation globale :

Très bien!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (4/5)!

Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages – paru
T.2: La reine des sortilèges – paru
T.3: Le gambit du magicien – paru
T.4: La tour des maléfices – paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur – paru

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La Belgariade, chant 3 : Le gambit du magicien de David Eddings

21 Mar
Le gambit du magicien - David Eddings

Magicians Gambit (traduit par Dominique Haas) – Pocket (Fantasy) – 1991 – 358 pages

Puis le soleil sombra dans les bancs de nuages, le long de l’horizon déchiqueté, et baigna d’une lueur malsaine la sinistre forteresse. Ce fut comme si les murs saignaient, comme si tout le sang versé sur les autels de Torak depuis le commencement des âges éclaboussait d’un coup la cité de la peur. Tous les océans du monde n’auraient pas suffi à la laver.

Un cri d’agonie emplit l’espace. Garion épouvanté leva la tête.

« C’est la saison de la blessure, dit Belgarath. La saison où jadis l’Orbe a brûlé Torak. Le moment propice aux sacrifices humains. »

L’Orbe… L’Orbe était là, aux mains du voleur. Garion regarda ses compagnon. Il fallait récupérer la pierre où palpitait la vie. Le sort des royaumes du Ponant en dépendait. Mais le lendemain matin, verraient-ils le soleil se lever?

Mon avis

Rien de mieux durant une semaine chargée que de prendre le temps de lire un peu! C’est exactement ce que je me suis dit il y a un peu plus d’une semaine, mais je me suis fait prendre à mon propre jeu. Je m’étais dit que je ne lirais que le prologue, mais après cinquante pages d’envolées, je me suis rendue à l’évidence que ce troisième tome de La Belgariade était trop intéressant pour que je puisse m’arrêter en si bon chemin!

Ce n’est que dans ce troisième volet de cette saga que j’ai réellement pris conscience de… la portée de ce qui s’y passe. C’est difficile à décrire, mais c’est comme si on sentait une force se déployer peu à peu, enfler autour des personnages et autour de nous… Comme une musique qui commencerait en sourdine, puis dont le volume augmenterait graduellement, prenant petit à petit de l’ampleur, à chaque tome… C’est ce qui se passe dans cette saga. L’histoire s’intensifie au fil des tomes et on sent la tension montée. Si j’avais trouvé un certain manque de suspense au premier opus, ce n’est vraiment pas le cas pour celui-ci. J’ai littéralement dévoré les cent premières pages et, s’il n’eut été de mes études, je crois bien que je l’aurais englouti en moins de deux! J’apprécie toujours autant la pointe d’humour présente, les personnages se lançant de temps à autre de petites piques amusantes!

On constate aussi dans ce tome que les dieux sont, de manière générale, très proches de leur peuple. J’ai trouvé cette proximité très intéressante. On peut la voir avec Mara, qui pleure son peuple perdu, et UL, qui, même s’il ne voulait pas de cette tâche au départ, s’occupe bien de ses disciples par l’intermédiaire du Gorim. En parlant des Ulgos, j’ai trouvé cela très réaliste qu’il y ait des fanatiques mystiques parmi eux parce que je pense que c’est le lot de toutes les religions. Cela rajoute donc de la crédibilité au monde créé par David Eddings!

Carte du Val d'Aldur et de ses environs

Carte du Val dAldur et de ses environs

Au niveau des personnages, ils ne nous déçoivent toujours pas. Ils sont encore si attachants et, comme d’habitude, on en apprend un peu plus sur eux. J’ai bien aimé Relg, l’Ulgo, qui malgré son fanatisme religieux, a su se rendre utile et s’intégrer un minimum à la troupe. Pour ce qui est de Garion, et bien je crois qu’il était temps qu’il arrête de refuser… ce qu’il ne pouvait refuser! Et Silk, mon cher petit Silkounet! ❤ Toujours à la hauteur! Je dois avouer que j’ai eu une petite frousse quand il est tombé dans les mains d’un certain Murgo « royal ». ^^ Allez, un petit extrait pour la route (j’adore la réplique de Silk à la fin ^^). Pour le lire, mettez l’espace ci-dessous en surbrillance, mais attention, pour ceux qui n’ont pas lu ce tome, ça pourrait constituer un mini-spoiler.

« Soudain Brill plongea, les mains en avant, mais Silk esquiva l’assaut et lui abattit ses deux poings en plein dans le dos. Brill poussa un grognement mais réussit à s’éloigner en roulant sur lui-même.
– Il se pourrait que tu sois aussi bon qu’on le raconte, admit-il à contrecoeur.
– M’essayer, c’est m’adopter Kordoch, invita Silk avec un sourire inquiétant. » (p.334-335)

Le seul reproche que j’aurais à faire à ce tome, c’est la scène de la naissance du poulain (et même le poulain en général). Entre la princesse qui éclate en sanglots et Hettar qui s’apitoie sur la situation, j’ai trouvé ça un peu larmoyant. Il faut aussi savoir que je suis loin d’être fan des forces mystérieuses poussant les personnages à agir, du genre « je ne sais pas pourquoi je fais ça, mais je sais que c’est la bonne chose à faire ». J’ai toujours trouvé que c’était un moyen facile de faire avancer ou débloquer les choses. Et puis, par-dessus le marché, on a droit à un poulain qui agit davantage comme un chien que comme un jeune cheval. Ça m’a frappée parce que c’est à peu près à cet endroit que j’ai recommencé ma lecture après une pause de quelques jours. Ça m’a refroidit le temps de quelques chapitres, mais par chance, le poulain en question n’est pas présent durant tout le livre pour cette fois. J’espère qu’il aura changé la prochaine fois qu’on le rencontrera!

Sinon, j’ai beaucoup aimé la confrontation finale. La déconfiture de Ctuchik quand il apprend que la personne qu’il voulait n’est pas là, j’ai trouvé ça bien marrant. Il était tellement confiant et sûr que Belgarath avait fait l’erreur de l’amener que c’en était presque comique d’imaginer sa tronche quand il a réalisé qu’il s’était fait avoir à son propre jeu! J’ai affreusement hâte d’en connaître davantage sur l’enfant pur et innocent que Zedar avait dégoté, il m’intrigue beaucoup avec son air angélique et sa « mission »! Comme on apprend rien sur lui dans ce tome, je suppose que le prochain en traitera beaucoup!

Bref, un excellent troisième tome dans lequel j’ai enfin pris conscience de l’ampleur de l’histoire. On sent la tension grippée au fil de pages et des tomes. On voit aussi dans cet opus une proximité très intéressante entre les dieux et leur peuple. Les personnages sont égaux à eux-même et ne nous déçoivent pas. Le final est très intéressant, laissant plusieurs questions en suspens et nous donnant envie d’en savoir plus! Si on oublie le poulain, c’est un volet à la hauteur des deux premiers!

Appréciation globale : Excellent

Excellent!!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (3/5)!

La Belgariade, chant 3 : Le gambit du magicien de David Eddings.....................................Éditions: Pocket..... Collection: Fantasy

Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages – paru
T.2: La reine des sortilèges – paru
T.3: Le gambit du magicien – paru
T.4: La tour des maléfices – paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!