Tag Archives: Bien

Le Passage, tome 1 de Justin Cronin

1 Juil
Le Passage de Justin Cronin

The passage (traduit par Dominique Haas) – Robert Laffont – 2011 – 967 pages

Avant de devenir la fille de Nulle Part – celle qui vint en marchant, la Première, la Dernière et la Seule, et qui vécut mille ans -, ce n’était qu’une petite fille appelée Amy ; Amy Harper Bellafonte, née dans l’Iowa.

Années 2010. Dans la jungle bolivienne, un commando de l’armée américaine traque les membres d’une expédition atteints d’un mystérieux virus…  Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de participer, en compagnie de onze autres prisonniers, à une expérience scientifique ultrasecrète.

Près d’un siècle plus tard. Une communauté a réchappé à l’apocalypse causée par l’invasion dévastatrice de mutants qui ont plongé le monde dans le chaos. Un jour, une jeune fille silencieuse et énigmatique se présente à la porte de la Colonie…

Mon avis

Je suis venu, j’ai lu, j’ai vaincu ! Le Passage est, à ce jour, le livre le plus volumineux que j’ai lu : 967 pages ! 967 pages pleines, bien (trop?) remplies, tant au sens propre qu’au figuré. C’est en effet un livre foisonnant de détails dont la mise en page ne facilite pas nécessairement la lecture. Je m’excuse d’avance pour la longueur de mon billet, mais à livre énorme, chronique énorme !

En premier lieu, je dois dire que je suis un peu brouillée avec Stephen King. En quatrième de couverture, il annonçait ceci : « Lisez les quinze premières pages et vous serez accro. Lisez les trente suivantes et vous vous retrouverez au beau milieu de la nuit, plongé dans votre lecture. Lisez ce livre et le monde réel disparaîtra. » Après quinze pages, j’étais loin d’être captivée. Après les trente suivantes… pas davantage encore. Il m’a fallu atteindre les 130 pages pour enfin commencer à rentrer dans l’histoire! Bon, je disais ça à la blague pour King, mais reste que certains lecteurs n’auraient peut-être pas persévéré aussi loin, ce qui est dommage parce que certaines parties en valent franchement le coup ! Ce qui rend le début de ce livre long (enfin, ça dépend des points de vue, certains ont réellement été happés dès les premières pages), c’est le fait que la vie de pratiquement tous les personnages nous est expliquée de fond en comble, et des personnages, il y en a et pas qu’un peu ! Personnellement, je pense que ces passages « biographiques » auraient pu être condensés.

Il est difficile de dire si tout est cohérent dans cette histoire parce qu’il y a tellement de détails, de petites pistes posées ici et là qu’il est impossible de se rappeler de tout ce qui a été dit, si bien que, même si l’auteur avait oublié une petite chose, il y a peu de chance qu’on s’en rende compte. C’est un roman vraiment très dense où chaque phrase est pleine d’informations. Impossible de lire ce bouquin quand on a la tête ailleurs. Même en sachant que bien des trucs ont dû m’échapper, j’en garde pourtant un sentiment de cohérence générale. Tout m’a semblé logique et je lève donc mon chapeau à Justin Cronin, car maintenir une telle cohésion entre les éléments d’une histoire de cette envergure n’est pas une mince affaire, j’en suis sûre.

D’un autre côté, avec cette multitude de personnages (non, non, pas La Multitude (ceux qui l’ont lu comprendront ^^)) ,  il y en a pour tous les goûts et chacun y trouvera ses chouchous. Pour ma part, mes personnages préférés sont  Doyle (on ne le voit pas beaucoup, mais il m’a tout de suite plu), Peter, dont j’ai beaucoup aimé l’évolution, et Michael le Circuit  (la Goupille pour les intimes ^^). Ces deux derniers jouent un grand rôle dans l’histoire et leur esprit de sacrifice ainsi que leur courage m’ont touchée. J’ai également beaucoup apprécié Sara, l’élément de sensibilité dans ce monde de brutes.

Niveau histoire… j’ai de la difficulté à me prononcer. C’est immense, c’est terrible, mais c’est aussi étrange, insolite. Je pense que c’est l’une des histoires les plus bizarres que j’ai jamais lues. L’ambiance est à la limite dérangeante à certains moments (notamment quand l’un des douze « parle »), ça met presque mal à l’aise. Si une musique avait accompagné ces passages, ça aurait été un truc discordant mais fascinant, qui vous inspire de la répulsion et de l’attirance en même temps. Derrière cette histoire, ce roman parle des limites de la science, de l’éthique entourant les expérimentations scientifiques et c’est en somme un scénario catastrophe du genre de choses qui pourrait se produire un jour, si nous poussons trop loin les recherches et les expériences. Ce qui est ironique là-dedans, et aussi potentiellement vrai, c’est que cela pourrait faire régresser notre monde au lieu de le faire progresser, comme c’est le cas dans ce livre.

D’ailleurs, j’ai largement préféré l’histoire à partir du moment où on rentre dans le Temps d’Après, c’est-à-dire après la catastrophe dont il est question, avec la première colonie. J’ai aimé découvrir comment les survivants s’étaient adaptés et au fur et à mesure, on apprend ce qui s’est passé dans le Temps d’Avant. Le livre se transforme soudain en roman d’aventures et on a droit à de l’action, pure et dure ! J’ai trouvé que ça devenait beaucoup plus palpitant ! Petit regret toutefois, toujours concernant l’histoire, c’est qu’en début de livre, on parle de l’expédition dans la jungle bolivienne, mais finalement, on ne sait pratiquement rien là-dessus. On ne sait pas ce qu’est le virus finalement, ni pourquoi il n’a pas eu les mêmes répercussions sur les membres de l’expédition et les détenus. Tout ça reste très nébuleux. J’ose croire à une manoeuvre délibérée de l’auteur qui, à mon avis, ne serait pas du genre à laisse en plan un élément aussi gros. J’imagine que j’aurai donc les réponses à mes questions dans les prochains tomes (ce que semble confirmer cet article).

Quand on y pense, c’est aussi une genre de guerre entre le bien et le mal, mais pas LE bien et LE mal. C’est davantage à petite échelle, ce sont des luttes personnelles. Chaque personnage livre des combats intérieurs et c’est surtout chez les viruls (les « méchants » de l’histoire) que cet état est mis en avant. Leur manie de revenir chez eux peu après leur transformation et la mélancolie que l’on peut percevoir à ces moments-là, tout comme quand vient leur mort, démontre une ambivalence déchirante en leur fort intérieur. Les personnages humains sont également bien travaillés : leurs questionnements sont légitimes dans le contexte où ils sont et ils prennent leurs décisions pour ce qu’ils pensent être le mieux, dans l’intérêt collectif.

J’ai bien aimé les quelques changements de narration dans l’histoire (courriel, journaux, carnets de Tantine et de Sara). Cela permettait de changer le rythme et de nous donner des informations avec un point de vue différent. Le début et la fin de ses passages étaient très bien identifiés et nous donne des indices quant à la suite. Je disais tout à l’heure que la mise en page n’aidait pas à rendre la lecture plus aisée, car les paragraphes sont souvent très longs et il n’y a pas de sauts de lignes entre chaque, sauf quand on change de personnages. Tout est donc compact, tant la forme du texte que le fond. De plus, à voir la grosseur du livre, on pense que ce sera écrit gros, mais en fait ce n’est pas le cas. Sans pour autant être petite, l’écriture n’est pas démesurément grande.

En parlant d’écriture, voici quelques mots au sujet du style de Justin Cronin. Je n’ai pas tout de suite adhéré à sa façon d’écrire, car il a tendance à faire des phrases très longues et j’avais parfois l’impression de me perdre dans la lecture d’une seule phrase. ^^ De plus, peut-être cela vient-il de la traduction, mais j’ai trouvé que certaines phrases sonnaient bizarres à cause de leur formulation, de leur tournure. Il m’est arrivé d’en relire plusieurs en me disant que ce n’était pas vraiment français comme phrase. Toujours est-il qu’avec près de 1000 pages, on a le temps de s’accoutumer à ce style et pour ma part, je m’y suis fait sans trop de problèmes finalement. L’écriture de Cronin est riche, assez descriptive, mais également efficace dans les scènes d’action.

Bref (vous aviez hâte qu’il arrive ce bref hein ), Le Passage est un livre complexe, profond et surtout dense, un peu trop même. J’ai trouvé l’histoire longue à démarrer, mais une fois lancée, on a droit à de bonnes doses d’action. Justin Cronin a créé un « univers » très détaillé et d’une cohérence admirable. C’est un récit assez sombre, à la fois dérangeant et fascinant, qui aborde mine de rien des sujets très sérieux comme les limites de la science. Les personnages, très nombreux, ne sont pas en reste et je me suis facilement attachée à certains d’entre eux. Même si j’ai eu un peu de mal à adhérer au style de l’auteur, j’ai fini par m’y faire et au final, il sert bien le récit. Une mise en page plus aérée aurait toutefois été appréciée et j’espère que ce sera le cas pour les prochains tomes. C’est en somme un roman bien intéressant et je compte bien lire la suite, une fois que les deux prochains tomes seront sortis en français ! J’espère que les couvertures seront tout aussi magnifiques ! Je remercie Mallou, chez qui j’ai gagné cette brique grâce à un concours en partenariat avec Robert Laffont !

Petit + : Les droits cinématographiques ont apparemment été acquis par Fox 2000 et le réalisateur sera, paraît-il, Ridley Scott.

Appréciation globale : 

Euh… Ovni?

Tomes…
T.1: Le Passage – paru
T.2: Les Douze – paru
T.3: The City of Mirrors – à paraître

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!
Logo Livraddict

La Captive de l’hiver de Serge Brussolo

19 Jan

Le Livre de Poche – 2001 – 315 pages

Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l’ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d’une abbaye de la côte normande? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d’acier ?

C’est un univers gouverné par d’étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d’elle. Car certains détestent cette « sorcière » venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit.

Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu’elle a commis l’erreur de mettre au jour?

Mon avis

Je m’étais fait à l’idée que je ne recevrais pas ce livre quand quelques jours plus tard, ô surprise!, la poste m’a laissé une belle petit enveloppe de chez Le Livre de Poche! La Captive de l’hiver a été piégée par les tempêtes hivernales (chouette paradoxe entre le titre et les circonstances, non? ^^), si bien qu’il a mis un peu moins d’un mois à ce rendre chez moi! Mais enfin, il est là et je vous en parle de ce pas!

La Captive de l’hiver est mon premier Serge Brussolo lu en entier (j’avais commencé le premier Peggy Sue étant gamine, mais il m’a fichu la trouille donc je l’ai jamais fini ^^) et je dois dire que j’ai aimé ce premier « vrai » contact!! J’ai apprécié le style d’écriture de cet auteur: des descriptions bien dosées et surtout très claires qui permettent de bien s’imaginer les personnages et les scènes, un vocabulaire ni trop simple ni trop recherché et une histoire très intéressante! Je crois savoir que cet auteur a écrit plusieurs thrillers alors, moi qui est férue de ce genre, je ne dirais pas non à tenter l’expérience!

Mais même si j’aime beaucoup les thrillers, je suis assez touche-à-tout au niveau de mes lectures. Le caractère historique de La Captive de l’hiver ne m’a donc pas du tout dérangé et, à vrai dire, j’ai même beaucoup aimé! C’était très intéressant d’en apprendre sur le mode de vie et les traditions des vikings. J’ignore quelle documentation il y a derrière ce roman (si documentation il y a), mais j’ai trouvé l' »univers » très réaliste et cohérent. Ces hommes pour qui la gloire et l’honneur surpassent tout en importance m’ont donné une impression de réalisme qui donnait un côté très authentique à l’histoire.

Pour ce qui est des personnages, ils sont bien travaillés psychologiquement à mon avis. Marion est une femme déracinée de sa terre natale, en proie à la confusion, constamment rongée par la peur de voir son imposture dévoilée. Sa servante, Svenia, se considère à la fois chanceuse et malchanceuse d’être liée de façon si définitive à Marion: tant que cette dernière sera en vie, Svenia vivra aussi, mais dans le cas contraire, c’est leur fin à toutes les deux. Du côté des vikings, les personnages sont un peu moins abordés, mais on peut toutefois très bien sentir la folie de Rök, le désir de vengeance destructeur de Ragnaard et la passion brûlante de Knut. On s’attache vite à Marion et à Knut, on se surprend à haïr certains des barbares et à se méfier de Svenia et de Rök! Au final, on a droit à des personnages bien campés et des émotions bien transmises!

Cependant, même si j’ai aimé le style de cet écrivain, même si les portraits des personnages étaient bien brossés, je n’ai pas été transcendée par cette lecture. Il manquait quelque chose à cette histoire, du piquant supplémentaire, particulièrement dans la première moitié du roman. En effet, ce n’est qu’un long voyage au début et il ne s’y passe pas grand chose finalement. La véritable action ne démarre qu’une fois la vraie mission de Marion découverte. De ce côté-là, on peut donc considérer qu’il y a des longueurs qui ralentissent le rythme de l’histoire et l’on sent que l’histoire stagne à certains moments. Le manque d’action rend le livre un peu moins passionnant. Je posais le livre sans avoir une impérieuse envie de connaître la suite de l’histoire.

Pour ce qui est de la fin, je suis mitigée… Je regrette que cela se termine de façon aussi abrupte. Cela appelle une suite qui n’existera probablement pas (La Captive de l’hiver ayant été écrit en 2001, les chances d’une suite dix ans plus tard son minces selon moi). J’avais fini par m’attacher à Knut et la vie qui se profilait pour lui et Marion me plaisait beaucoup. Ça me chagrine de ne pas savoir comment ça se terminerait pour eux (preuve que je m’étais attachée à eux ^^). Je regrette également de ne pas avoir lu Pèlerins des ténèbres avant parce que, même si ces deux livres peuvent être lus indépendamment, il y a quand même quelques références au tome 1 dans le tome 2. On peut tout comprendre l’histoire quand même, mais ça m’a ennuyée de ne pas comprendre ces allusions (mon côté maniaque peut-être? ^^).

Bref, Serge Brussolo nous livre ici un roman intéressant sur les traditions et les coutumes vikings. Les personnages sont attachants, quand même assez complexe et très bien décrits. Cependant, les quelques longueurs et la lenteur de la première moitié du livre empêchent ce livre d’être totalement captivant. Si l’envie vous prend de le lire et que vous êtes du genre à vous attarder sur les détails, je vous conseille de commencer par lire Le Pèlerins des ténèbres, du même auteur évidemment! Pour terminer, je souhaite remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de découvrir réellement cet écrivain français dont je lirai sûrement un des thrillers!!

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: Pèlerins des ténèbres – paru
T.2: La Captive de l’hiver – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Les chroniques de Victor Pehlam, tome 1 : La fleur mécanique de Pierre-Olivier Lavoie

7 Jan

AdA – 2010 – 608 pages

Victor est un adolescent vivant à Londres dans une ère où la technologie est plus présente que jamais. Les cieux bourdonnent de dirigeables et de gyrocoptères tandis qu’au plus profond de l’océan, un peuple d’hommes chevauchant des mammifères marins excavent du minerai. C’est exact, nous sommes en plein coeur des années 1800. Physiquement limité et se déplaçant à l’aide d’une canne, notre jeune protagoniste vivra une aventure plus qu’extraordinaire qui le mènera, malgré-lui, en Norvège comme en Égypte et même jusque dans la cité portuaire de Québec. Tout au long de son long périple, Victor rencontrera des personnes de tous genres, alliés ou non, tel des gobelins, un épouvantail vivant et des satyres. Notre jeune ami découvrira également la vérité bien étrange sur ses origines ainsi que celle du monde plutôt inhabituel dans lequel il évolue.

La quête vers la « Fleur mécanique » vient de commencer…

Mon avis

Au Québec, les lecteurs ont de la chance au niveau des achats de bouquins puisque les magasins vendant des livres ont le droit d’appliquer divers rabais et réductions sur les ouvrages. Ce qui fait que ce gros pavé grand format neuf de 600 pages qu’est La Fleur mécanique m’a à peine couté un peu plus de 5 dollars (4 euros). Pour une telle brique, c’est assez bon marché! Tout ça pour dire que j’ai profité de ce prix de lancement pour acheter ce premier roman, jeunesse, d’un auteur québécois que je ne connaissais pas du tout. C’était parti pour une découverte!

Dès les premières pages, on a droit à une ambiance dérangeante. Des enfants dociles comme des agneaux, à peine mieux nourris que des animaux, mais ils ne se plaignent pas. Jamais, même pas quand ils sont seuls, sans supervision. La situation laisse donc aisément présager que quelque chose ne tourne pas rond. Et pourtant, cela semble normal pour les personnages alors que le lecteur sait pertinemment que c’est tout le contraire. C’est donc avec les sourcils froncés qu’on amorce la lecture de cette aventure qui, bien vite, prend un tournant effrené!

L’action est toujours présente, ce qui fait, pour un livre de cette taille, beaucoup de péripéties!! Beaucoup de rebondissements donc, mais des scènes un peu inutiles à mon avis (la bataille des wyvernes par exemple…) et quelques facilités au niveau de l’intrigue, comme l’interruption d’une nouvelle créature pour faire avancer l’histoire. Par chance, l’univers n’est pas trop machinéen. On doute des intentions de certains personnages, on est surpris quand on apprend que tel ou tel protagoniste est en fait du mauvais côté, etc. Les gentils ne sont pas nécessairement gentils et pareil pour les méchants.

Le personnage principal, Victor, est bien campé et bien décrit psychologiquement. Les plus jeunes le trouveront attachant. Les plus vieux aussi, mais on finit par se lasser par sa trop grande sensibilité. Refuser de tuer quelqu’un ou quelque chose au péril de sa vie, c’est contraire à l’instinct de survie qui prend normalement le dessus dans ce genre de situation. Avoir eu Victor en face de moi dans ces moments-là, je lui aurais bien envoyé une ou deux gifles. ^^ Au moins, il fait preuve d’un peu plus de jugement à la fin de l’histoire!

Outre le côté aventurier du roman, ce livre expose de belles valeurs à travers l’histoire et les agissements des personnages: loyauté, humanisme, compassion, courage, acceptation de soi sont des vertus qui figurent implicitement dans le texte. On sent un désir de la part de l’auteur de passer un message de tolérance également (enfin, c’est ce que j’ai ressenti) au vu des amis de Victor qui sont d’origines et de races très variées.

Bref, c’est un bon ouvrage pour les jeunes (dommage que la grosseur du livre puisse les rebuter) puisqu’il est bourré d’action et que les personnages sont attachants. Il cautionne en plus de belles valeurs. Les lecteurs plus âgés seront peut-être agacés par les facilités scénaristiques, les quelques passages inutiles et l’hypersensibilité du personnage principal, mais ils sauront tout de même apprécier les aventures rocambolesques du jeune Victor! La fin est un peu sous forme de conclusion, mais malheureusement (ou heureusement pour le portefeuille ^^), elle ne donne  pas nécessairement envie de se jeter sur la suite..! Mais reste que le quatrième de couverture du deuxième tome est assez intéressant..! =D

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La Fleur mécanique – paru
T.2: La Particule d’Ixzaluoh – paru
T.3: Le Linceul de l’antiquaire – paru
T.4: Le Métronome de Maébiel – paru
T.5 : L’Engrenage du métronome – paru
T.6: Nom indéterminé – à paraître

La première nuit de Marc Lévy

1 Jan

Robert Laffont – 2009 – 487 pages

L’amour est l’ultime aventure, mais l’aventure n’est pas sans dangers…

Il est une légende qui raconte que l’enfant dans le ventre de sa mère connaît tout du mystère de la Création, de l’origine du monde jusqu’à la fin des temps. À sa naissance, un messager passe au-dessus de son berceau et pose un doigt sur ses lèvres pour que jamais il ne dévoile le secret qui lui fut confié, le secret de la vie. Ce doigt posé qui efface à jamais la mémoire de l’enfant laisse une marque. Cette marque, nous l’avons tous au-dessus de la lèvre supérieure, sauf moi. Le jour où je suis né, le messager a oublié de me rendre visite, et je me souviens de tout…

Mon avis

Si tôt terminé le premier tome, j’ai enchaîné avec La première nuit parce qu’il n’y a pas à dire, la fin du Premier jour pique la curiosité à un très haut niveau! Par chance, j’avais directement ce deuxième tome sous la main!

Ici, on commence l’histoire avec le fol espoir qu’entretient Adrian. Le début est plus que flou et à la limite du compréhensible. On s’y perd un peu entre la réalité et le rêve. J’ai du mal à croire que l’inconscient d’Adrian ait pu fabriquer tout ça, même sous le délire de la fièvre. Bref, passé ce moment nébuleux, on voit que c’est encore une machination de ce groupe plus que mystérieux. Même rendu à la fin du livre, on ne sait toujours pas exactement qui sont les personnes qui se font appeler par des noms de grandes villes, ni le but et la genèse de leur organisation. Qui sont-ils? La question restent sans réponse.

Au travers de ces complots, nos héros continuent donc dans leur quête de ces fragments anciens. Encore d’époustouflants paysages que nous découvrons là, partout à travers le monde dans une course contre la monte audacieuse et surtout, dangereuse. Adrian et Keira se trouvent constamment pris entre deux feux, sous les menaces des uns et inconsciemment sous les manipulations des autres. C’est d’ailleurs assez surprenant de voir l’influence qu’a Ivory. Personne ne semble résister à son soudoiement! Les liens entre les divers personnages que l’on rencontre s’éclaircissent au fil du récit pour finalement tisser une toile dont nos deux protagonistes principaux auraient eu bien du mal à quitter s’ils l’avaient tenté.

Il y a toujours cette romance, présente pratiquement à chaque page. Je n’ai pas beaucoup lu de Marc Lévy, ce n’est que mon quatrième, mais il me donne l’impression que Marc Lévy a voulu prouver qu’il sait écrire autre chose que des histoires d’amour, un peu comme s’il disait « Regardez! Regardez! Je sais faire autre chose que de la romance! ». Le risque était à prendre et il l’a pris. Le jeu en valait-il la chandelle? Eh bien, j’imagine que ça dépend des goûts, mais pour ma part, je considère que, pour un premier roman de ce genre, ça reste dans le domaine de l’acceptable, mais je crois qu’il gagnerait davantage à rester dans ces belles histoires. ^^

Parmi cette multitude de défauts, le plus grand point fort de ce roman est, à mon avis, la fin. Elle m’a poussé vers la réflexion et j’ai trouvé l’idée qu’il soulève extrêmement intéressante et véridique : malgré les ravages et les guerres qu’elle a causés, on ne pourrait vivre sans la religion. Elle nourrit l’espoir de bien trop de gens. Si elle venait à disparaître, la terre deviendrait un chaos incommensurable.

Bref, je blablate, je blablate, mais c’est pour ne pas dire grand chose au final. J’ai déjà lu de bien meilleurs romans d’aventure, mais c’est une lecture agréable, même si tout comme le tome 1, le côté scientifique semble sans fondement. Tout n’est pas toujours clair, mais on donnera le bénéfice du doute à Marc Lévy (faut être sympa quand même). Après tout, c’était une première incursion pour lui dans ce genre littéraire! Cette lecture a au moins eu le mérite de me faire réfléchir sur la place de la religion dans le monde!

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: Le premier jour – paru
T.2: La première nuit – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!