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On ne peut pas lutter contre le système de J. Heska

24 Jan
Éditions Seconde Chance - 2012 - 336 pages

Éditions Seconde Chance – 2012 – 336 pages

Le système financier mondial vient de s’écrouler. Il ne s’en relèvera pas, plongeant toute une civilisation dans le chaos.

Lawrence Newton a accepté sa destinée. Il a renoncé à ses espoirs, à ses convictions, et à l’amour de sa vie pour suivre les traces de son père au sein du consortium HONOLA. Samson Bimda est le chef d’un village au nord de l’Ouganda. Les semences OGM vendues par la compagnie ruinent ses champs et ne lui permettent plus d’assurer sa subsistance. Clara, Hakim et Louise sont trois militants au sein du mouvement écologiste GreenForce. Au hasard d’une de leurs actions, ils tombent sur des documents compromettants qui vont les dépasser.

À la veille du plus grand sommet européen déterminant l’avenir de millions de personnes, chacun doit défendre ses intérêts, quitte à en payer le prix le plus lourd.

Mon avis

Depuis un an ou deux, j’ai pris, en quelque sorte (meaning : officieusement), la résolution d’oser davantage dans la vie, d’essayer de nouvelles choses, de sortir de ma zone de confort en somme. Le rapport avec ce livre ? Non, je n’ai pas décidé de me mettre à lutter activement contre le système, malheureusement. Seulement, je n’avais jamais participé à un livre voyageur et voilà que J. Heska a proposé d’en faire un spécialement pour le Québec pour son roman On ne peut pas lutter contre le système. J’ai hésité un peu, mais devant l’opinion généralement favorable de plusieurs internautes, j’ai décidé de sauter le pas et de tenter l’aventure ! Bon, certes, on a déjà vu plus audacieux comme nouvelle expérience, mais il faut bien commencer quelque part.  Et comme on dit, petit train va loin !

Alors tout d’abord, commençons par l’objet livre en lui-même. J’aime beaucoup la couverture, elle dégage un certain je-ne-sais-quoi… d’inquiétant, de fin du monde, de funeste. D’une certaine façon, elle me fait penser à celle du livre Le Vide de Patrick Senécal. Cependant, le fait que le nom de l’auteur ne soit pas inscrit sur la couverture mais uniquement sur la tranche me perturbe à chaque fois que je la regarde. Cela donne une couverture étrangement dénudée et un peu inachevée. Il faut néanmoins avouer que ça a le mérite de la rendre intrigante et de la faire sortir du lot.

Venons-en à l’histoire maintenant. L’auteur aborde une multitude de sujets, comme l’économie, l’écologie et la politique, et mêle plusieurs genres (thriller, un peu de science-fiction et de philosophie, aventure), mais cet amalgame reste somme toute cohérent, les thèmes choisis allant souvent de pair. J. Heska traite de sujets complexes sans toutefois s’engoncer dans des explications détaillées, ce qui est à la fois positif et négatif. C’est bien parce que, pour le lecteur qui ne connaît rien à des sujets comme la finance ou les OGM, se faire expliquer des sujets de ce genre (comme la titrisation de dettes qui demande la connaissance d’autres concepts financiers au préalable) au travers d’un roman ne serait pas nécessairement folichon. Cependant, ceux qui ont déjà de bonnes connaissances dans ces domaines et/ou les curieux y trouveront peut-être un goût de trop peu. Pour ma part, je dirais que je me situe entre ces deux « extrêmes », donc cela ne m’a pas dérangé. L’auteur a fait le choix de ne pas faire de son roman un écrit de vulgarisation et, de mon côté, je pense que c’est une bonne décision.

Malheureusement, l’histoire s’avère au final un peu abracadabrante. Les personnages principaux semblent pour la plupart invincibles (oui, ils subissent des blessures, mais ils s’en remettent assez rapidement). On assiste à un complot qui, selon moi, ne fonctionnerait pas dans la vie réelle. Plus il y a de gens impliqués dans une conspiration (volontairement ou non), plus il est difficile que ladite conspiration fonctionne. Or, il y a justement beaucoup de personnes qui sont mêlées à cette histoire, donc il est à mes yeux (avis totalement personnel) improbable que l’instigateur ait réussi à faire ce qu’il a fait. L’histoire manque donc un peu de réalisme. Toutefois, la révélation finale concernant l’identité de l’instigateur en question m’a vraiment surprise, je ne m’y attendais pas du tout. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé l’épilogue. Non seulement on découvre qui est l’instigateur, mais en plus, l’auteur nous repasse certaines scènes sous un nouveau éclairage, ce qui fait qu’on comprend tout !

Pour ce qui est des personnages, j’ai trouvé Newton attachant, même si je ne suis pas d’accord avec sa décision. [Attention spoiler] Les crises financières qui se sont produites ces dernières années montrent qu’il ne suffit pas de faire tomber le système pour qu’il change. À presque tous les égards, notre système est resté pareil à ce qu’il était avant les crises. Faire ainsi crasher le système s’apparente plutôt à mes yeux à une vengeance personnelle de Newton envers son père et HONOLA, mais bon, ça c’est mon interprétation bien à moi. [Fin du spoiler] Malgré ça, je l’ai bien aimé, ce Newton, il a quelque chose de faillible qui le rend humain. À vrai dire, je crois que c’est le seul personnage auquel je me suis vraiment attaché. Je n’ai rien ressenti de particulier pour le personnage de Claire. Hakim et Louise ne m’ont pas marquée (en fait, j’ai trouvé Louise un peu tête à claques) et les autres personnages sont trop peu présents pour que l’on puisse se lier à eux (mais j’ai bien aimé Marty McFly par contre ^^).

Au niveau de la structure du récit, je suis partagée. La présence de flashbacks, de va-et-vient dans le temps et de chapitres sous différentes formes permettent à l’histoire de ne pas être trop linéaire. Cependant, j’ai trouvé que certains chapitres étaient mal mis en contexte du fait qu’ils n’étaient pas présentés de façon chronologique. De plus, je n’ai personnellement pas apprécié les chapitres « journalistiques ». J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas un ton réaliste (peut-être à cause de la retranscription par écrit de nouvelles « initialement » télévisées). Pour ce qui est des dialogues, j’ai eu à plusieurs reprises de la difficulté à déterminer qui parlait, ce qui est plutôt gênant. À noter également la présence de quelques coquilles ici et là qui, sans gâcher la lecture, agacent toujours un peu l’oeil.

Bref, on a là une histoire aux multiples facettes en ce qui a trait aux thèmes et aux genres, avec un personnage principal quand même attachant, mais le récit souffre cependant d’un certain manque de réalisme et d’une structure qui ne m’a pas pleinement convaincue. Néanmoins, même si mon verdict semble plutôt négatif, j’ai dans les faits passé un sympathique moment. Ça se lit bien, le suspense est au rendez-vous (un peu moins sur le début, mais c’est normal) et malgré les thèmes abordés, on n’a pas l’impression de se faire faire la morale. À lire, donc, si l’économie, l’écologie et la politique ne vous rebutent pas et que vous avez envie d’une petite lecture pas trop prise de tête ! Je remercie chaleureusement J. Heska d’avoir permis à son livre de voyager ainsi jusqu’au Québec et merci également à la personne qui me l’a fait parvenir. Présentement, il n’y a personne après moi dans la liste, mais s’il y a une québécoise qui passe ici et qui aimerait le lire, je me ferai un plaisir de lui envoyer, pour que cette belle aventure livresque se poursuive !

Bien.

Bien.

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La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

15 Jan
La Cité, tome 1 : La lumière blanche de Karim Ressouni-Demigneux

Rue du monde – 2011 – 236 pages

Imaginez un jeu révolutionnaire, totalement virtuel mais en temps réel. Un jeu où l’on pleure, où l’on saigne, à travers un autre soi-même. Un jeu où tout peut arriver, même mourir. Une énigme absolue où il faut tout découvrir, y compris le but du jeu… Ce jeu existe: il s’appelle La Cité.

Comme dix millions de Terriens, Thomas a eu la chance de pouvoir entrer dans La Cité. Et tout a changé… Peu à peu, il a rencontré les amis que La Cité lui destinait, Arthur, Liza et Jules César. Avec eux, il a découvert ses pouvoirs. Il a aussi repéré ses ennemis, comme Jonathan, son copain de lycée… Puis tout s’est emballé. Mystères et coups de théâtre se sont entrechoqués, ont submergé les esprits. Jusque dans la vraie vie…

AVERTISSEMENT :

Dans La Cité, ne parlez jamais de votre véritable vie, sinon la lumière blanche vous accablera.

Mon avis

Il y a plus de deux mois, je recevais dans ma boîte mail un message provenant de mon formulaire de contact. C’est avec surprise (et plaisir!) que j’avais découvert que les éditions Rue du monde m’avait contacté pour m’offrir  de lire le premier tome de La Cité, leur toute nouvelle série. J’avais peu de temps pour lire à ce moment-là, mais j’ai tout de même accepté, curieuse de connaître cette nouveauté apparemment si chère à leurs yeux. Peu de temps après, je recevais un service-presse en bonne et due forme, c’est-à-dire le livre entouré d’un lot d’affiches promotionnelles, d’un mini-catalogue de l’éditeur et d’un petit mot personnalisé (très gentil au passage) ! Avec un paquet préparé avec autant de soin, je ne pouvais qu’être encore plus curieuse !  Je ressors de cette lecture plutôt satisfaite puisque c’est un ouvrage qui saura selon moi plaire au public visé, mais je ne suis toutefois pas nécessairement emballée.

L’histoire démarre très rapidement : dès les premières pages, on entre dans le vif du sujet, c’est-à-dire La Cité, ce fameux jeu vidéo mystérieux. C’est une manière efficace de commencer parce que, le cadre de l’histoire étant assez simple, le lecteur se sent intrigué dès le départ sans être ennuyé ou perdu. En quelques pages, on apprend donc à connaître Thomas, sa famille et ses amis. Cependant, il n’y a pas que le début qui est rapide : tout va très, voire trop, vite. En effet, à partir du moment où Thomas reçoit son jeu, j’ai un peu eu l’impression que l’histoire est catapultée en quatrième vitesse. Il arrive à peine dans la Cité qu’il rencontre déjà Arthur et peu de temps après Liza et J.C. Pour le coup, on peut supposer que c’est la Cité qui a orchestré tout ça puisqu’elle contrôle tout.

Mais voilà qu’en plus, ils découvrent en deux temps trois mouvements les pouvoirs qui les relient. Là encore, la Cité intervient par la bande, mais si certaines actions des personnages peuvent être provoquées par le jeu, ce dernier ne les contrôle pas et, logiquement, il reste donc une part de hasard dans le déroulement des évènements. Le fait que la déambulation aléatoire de la petite bande les ait mené devant un film connu par coeur tant par Thomas que par Liza m’apparaît donc comme une façon un peu facile de découvrir leur pouvoir commun alors que cela ne fait que quelques heures qu’ils se connaissent. Je salue toutefois l’originalité de leur pouvoir, je l’ai trouvé très intéressant. Brièvement : s’ils prononcent ensemble une même phrase au futur, ils vieillissent, si c’est une phrase au passé, ils rajeunissent, et si c’est une phrase au présent, leur état se maintient. Mais bref, tout ça pour dire que j’ai trouvé les évènements quelque peu précipités tout au long du livre.

Autre petit point négatif, certaines choses pourraient ne pas être comprises par les plus jeunes à qui ce livre est destiné. Par exemple, le personnage principal assiste à une éclipse solaire, mais ne regarde pas le soleil, comme on le lui a enseigné. Bon, moi je sais pourquoi il faut pas regarder une éclipse solaire (gare aux rayons UV les amis! :P), mais le coco de 12 ans qui lit ce roman, il ne saura pas forcément. La seule réflexion qu’il se fera c’est « rhaa, mais c’est cool une éclipse solaire, pourquoi il a pas regardé le pauvre niouk ?! » (bon, c’est peut-être pas ça qu’il se dira, mais c’est pour dire que quand on glisse un élément un peu scientifique comme ça dans un roman jeunesse, faut prendre un p’tit bout de phrase pour l’expliquer). Heureusement, cela se produit rarement durant l’histoire.

Néanmoins, j’ai trouvé que ce livre possédait définitivement beaucoup de suspense. En effet, certaines scènes, notamment celle dans le 1 à la Boucle infinie, ont su me tenir grandement en haleine. Les textes en début de chapitre sont pour la plupart assez intrigants également, surtout ceux sur Arthur qui nous amènent à nous poser beaucoup de questions. De même, j’ai trouvé les passages écrits par les Arpenteurs très intéressants et bizarrement, le fait qu’ils décrivent la Cité renforce le mystère qui l’entoure au lieu de le dissiper. Honnêtement, je n’ai pas cherché outre mesure à deviner ce qu’il allait se passer, alors j’ai trouvé que la plupart des retournements de situation n’étaient pas prévisibles et la fin donne envie d’en savoir plus ! Les plus jeunes n’auront sans doute aucun mal à lire ce petit roman d’une traite, tout comme les adultes qui savent laisser leur âme d’enfant prendre le dessus. C’est facile à lire et entraînant !

Beaucoup de pistes sont semées (présence de la mère de Thomas et de Nadia, la mémoire de la cité, les passages pour se déplacer dans la Cité, le labyrinthe), le comportement de certains personnages (dont Jonathan et les jumeaux) est assez obscur et des intrigues sont encore irrésolues pour le moment alors reste à voir si tout ça sera bien exploité dans les tomes suivants, mais ça augure bien !

Bref, nous avons là un roman jeunesse bien sympathique avec un bon suspense et une multitude de pistes parsemées ici et là dans l’histoire. Le déroulement des évènements est cependant un peu trop rapide et facile par moment et quelques éléments auraient nécessité de plus amples explications. Toujours est-il que c’est une lecture qui réussit à susciter l’intérêt. Je me laisserai sans doute tenter lorsque le tome 2 paraîtra. Un grand merci aux éditions Rue du monde de m’avoir fait confiance !

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La lumière blanche – paru
T.2: La bataille des Confins – paru
T.3: Le pacte des Uniques – paru

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Les Haut-Conteurs, tome 2 : Roi vampire d’Oliver Peru & Patrick McSpare

23 Juil
Roi vampire d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 346 pages

Paris, hiver 1190. Débarqués au coeur de la plus grande ville du Monde connu, le jeune Roland, Mathilde, Ruppert et Salim poursuivent un double but: retrouver William le Ténébreux, l’ami disparu, et découvrir les secrets de Vlad, le maître vampire.

Ce démon est-il réellement mort dans les forêts anglaises, ou attend-il son heure pour frapper encore ? Pire encore, un traître se cache-t-il parmi les quatre aventuriers, comme tout semble l’indiquer ? Happés par le tumulte populaire de la Fête des Fous, Roland et ses compagnons vont croiser nombre d’individus pittoresques.

Cérémonies noires, complot royal, créatures infernales, prophéties du Livre des Peurs, tous les ingrédients d’un mélange fatal sont réunis pour sceller le sort de nos héros. Pourtant, ils sont des Haut-Conteurs et ne reculeront pas, jusqu’à vaincre ou périr. Roland « Coeur de Lion » en tête.

Le Mal rôde, la mort avance masquée. C’est la fête des ombres, c’est la fête des fous !

Mon avis

Mémoire de poisson rouge oblige, quand je lis une série, vaut mieux que ce soit les tomes les uns à la suite des autres. Ayant eu du bol lors du concours chez Lalou, j’avais ce deuxième tome des Haut-Conteurs sous la main, alors c’est pourquoi j’ai directement enchaîné ma lecture de La Voix des Rois avec Roi Vampire. Ce fut une lecture encore une fois sympathique, mais qui confirme le fait que ce n’est pas une série coup de coeur pour moi.

Commençons par les points négatifs. Durant une bonne partie de l’histoire, les personnages sont dans une impasse, ils n’ont plus aucune piste à suivre. J’étais aussi exaspérée que Mathilde devant la stagnation de l’intrigue. On pourrait se dire « bah c’est bien, les auteurs ont su faire ressentir aux lecteurs les émotions des personnages », mais… non. J’étais ennuyée en tant que lecteur de lire un récit qui n’avance pas. Voir les personnages tournés en rond n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus folichon, il faut se l’avouer. Par chance, la présence d’un traître au sein de l’Ordre Pourpre donne un peu de suspense à l’histoire, mais cette intrigue ne peut à elle seule soutenir un roman en entier.

De plus, j’ai remarqué la présence de trois petites incohérences, que les plus jeunes ne remarqueront peut-être pas, mais qui m’ont pour ma part sauté aux yeux. Par exemple, à la page 183, Mathilde met de la poudre dans la soupe d’un personnage. Or, à la fin (p.325), elle dit « je versai dans le vin de […] de la poudre ». Ce n’est pas nécessairement grand chose, mais c’est là et ça agace un peu.

Néanmoins, ce deuxième opus des Haut-Conteurs n’a pas que des défauts. Comme je le disais plus haut, la trahison que l’on soupçonne dans l’Ordre des Haut-Conteurs est un bon élément, selon moi. Je dois avouer que les auteurs ont fait habilement glisser mes doutes sur pas mal tous les personnages quand à l’identité du traître. Le comportement de l’un, l’attitude de l’autre, les questionnements exprimés par Roland lui-même : tout ça amèneront les jeunes lecteurs à douter, tout comme les moins jeunes qui se laissent porter par l’histoire sans trop essayer de faire leurs propres déductions.

Du côté des personnages, j’ai bien aimé Salim, nouvellement introduit dans ce tome. C’est une sorte de force tranquille que j’ai trouvé très intéressante alors j’espère qu’il sera davantage développé dans les opus à venir. Pour ce qui est des autres, Roland reste encore une fois très humain, Mathilde porte toujours aussi mal son surnom et Ruppert nous réserve bien des surprises. J’avoue n’avoir cependant pas été émue par la mort d’un des protagonistes, probablement parce que je m’attendais à le voir resurgir à tous moments. ^^

Même si ce tome a été majoritairement écrit par Patrick McSpare (contrairement au premier tome qui a surtout été rédigé par Oliver Peru), le style reste toujours aussi simple et riche. J’ai été un peu importunée par la grande quantité de notes en bas de page, la plupart servant à définir des mots dont on pouvait généralement comprendre la signification de par le contexte. Tout comme dans le premier tome, on a droit à de très belles illustrations au fil de l’histoire qui rappellent les gravures du Moyen-Âge, ce qui est donc tout à fait approprié. J’ai été en outre très contente de trouver une carte au tout début du roman : mon absence totale de sens de l’orientation adore ça! ^^

Bref, c’est une digne suite du premier tome, tout à fait dans la même lignée, c’est-à-dire assez orientée jeunesse, mais plaisante à lire. Certaines intrigues sont plutôt légères et peinent parfois à garder le lecteur captivé, mais la perspective d’une trahison chez les Haut-Conteurs est bien utilisée et les auteurs, avec un style toujours aussi fluide, réussissent à nous faire douter des personnages. Si on oublie les petites incohérences qu’on peut déceler, on a là une lecture agréable, agrémentée encore une fois par de jolies illustrations, qui saura vous plaire si vous êtes bon public. En route vers le troisième tome !

Appréciation globale :

Bien.

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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Les Haut-Conteurs, tome 1 : La Voix des Rois d’Oliver Peru & Patrick McSpare

11 Juil
La voix des rois d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrineo (Jeunesse) – 2010 – 312 pages

 1190, Tewkesburry, royaume d’Angleterre. À treize ans, Roland ne rêve que de voyages, de chevalerie et d’aventures. Seulement ses parents ont besoin de lui pour tenir l’auberge familiale. Il ne connait le monde que par les gens de passage, et son meilleur ami, l’ennui, semble bien décidé à lui gâcher son existence.

La venue d’un Haut-Conteur au village va tout changer. Le prestigieux chasseur d’histoires et d’énigmes enquête sur les mystères de la forêt de Dean et sur les goules qui s’y cachent. Il ne craint pas les croque-cadavres et s’enfonce seul dans les ténèbres, nuit après nuit… mais un matin, il ne revient pas.

L’histoire a-t-elle mangé celui qui aurait dû la raconter ? C’est ce que va tâcher de découvrir Roland… et peut-être deviendra-t-il lui-même Haut-Conteur ?

Mon avis

Bien des choses m’ont poussée à lire ce premier tome des Hauts-Conteurs : la rencontre avec les deux auteurs sur le forum de Livraddict, la gentilesse de ces derniers, l’avis de mes camarades blogueurs et la magnifique couverture (faite par les auteurs eux-mêmes) ! Est-ce que  le contenu de ce roman s’avère à la hauteur de toutes ses apparences positives ? Plutôt oui, à quelques points près…

Ce fut une lecture très sympathique, une histoire qui se lit en un rien de temps. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Suivre les péripéties de Roland, Mathilde et tous les autres a été très plaisant et intéressant. Aucun temps mort dans le récit, mais voilà, j’ai trouvé ça un peu gentillet. Certes, c’est un roman jeunesse, mais, avec tout le bien qui a été dit sur ce premier tome, je m’attendais à quelque chose d’un peu plus fouillé, à un univers plus riche. Je pense qu’avoir lu ce livre juste après Le Passage de Justin Cronin, qui est une histoire extrêmement dense et travaillée (même pour un roman adulte), a créé un trop grand contraste entre les deux oeuvres et cela a en quelque sorte nuit à La Voix des Rois.

Malgré cela, j’ai passé un bon moment avec Roland, qui est un personnage dont j’ai aimé les réactions parce que pour une fois, on évite le stéréotype du jeune héros ultra courageux, présent trop souvent à mon goût dans la littérature jeunesse. Roland est effrayé, comme n’importe quel adolescent le serait dans de telles situations. Toutefois, il sait aussi se raisonner et réussit à reprendre son sang-froid quand il le faut. J’ai aussi apprécié le fait que Roland ne soit pas complétement blanc comme neige concernant son histoire de haut-conteur (désolée d’être si vague, je ne veux pas spoiler ^^). En somme, il est bien attachant et ses défauts comme ses qualités font de lui un personnage bien campé.

Quant au style des auteurs, je pense que c’est le point fort de ce roman. Leur écriture est simple, mais le vocabulaire choisi est riche, ce qui est pour moi un atout, car je pense qu’on ne doit pas avoir peur de mettre des mots plus recherchés dans des livres visant un public plus jeune. C’est donc quelque chose que j’ai beaucoup apprécié. Si je ne connaissais pas le donjon de Naheulbeuk, je n’aurais pas su ce que veut dire nyctalope par exemple. ^^

Pour parler un peu plus en détails de l’histoire, j’ai trouvé que l’Ordre des Hauts-Conteurs et le « pouvoir » des voix étaient des concepts originaux, peu vus dans les histoires de fantasy (à ma connaissance). On n’en sait finalement pas beaucoup sur cet ordre pourpre, donc j’ai vraiment hâte d’en savoir plus. De plus, revisiter le mythe de Dracula est aussi une bonne idée, à mon avis. Cette histoire d’upyr est ma foi plutôt bien trouvée, c’est personnellement la première fois que j’entendais ce terme.

Bref, ce fut une lecture bien agréable, idéale pour se détendre et vivre une belle aventure aux côtés de Roland, un personnage réaliste et attachant. Plusieurs des concepts présents dans l’histoire sont bien trouvés et nous donnent envie d’en savoir plus, même si je m’attendais à un univers plus riche. Le point fort de ce roman est le style des auteurs, qui est simple dans sa formulation, mais recherchée dans son vocabulaire. J’avoue que je suis un tout petit peu déçue quand même, après avoir entendu tant de bons avis, mais cela ne m’empêchera pas du tout de lire les autres tomes, au contraire ! Je remercie d’ailleurs Lalou, chez qui j’ai gagné ce tome 1 ainsi que le tome 2 (plus de détails ici) !

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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Le Passage, tome 1 de Justin Cronin

1 Juil
Le Passage de Justin Cronin

The passage (traduit par Dominique Haas) – Robert Laffont – 2011 – 967 pages

Avant de devenir la fille de Nulle Part – celle qui vint en marchant, la Première, la Dernière et la Seule, et qui vécut mille ans -, ce n’était qu’une petite fille appelée Amy ; Amy Harper Bellafonte, née dans l’Iowa.

Années 2010. Dans la jungle bolivienne, un commando de l’armée américaine traque les membres d’une expédition atteints d’un mystérieux virus…  Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de participer, en compagnie de onze autres prisonniers, à une expérience scientifique ultrasecrète.

Près d’un siècle plus tard. Une communauté a réchappé à l’apocalypse causée par l’invasion dévastatrice de mutants qui ont plongé le monde dans le chaos. Un jour, une jeune fille silencieuse et énigmatique se présente à la porte de la Colonie…

Mon avis

Je suis venu, j’ai lu, j’ai vaincu ! Le Passage est, à ce jour, le livre le plus volumineux que j’ai lu : 967 pages ! 967 pages pleines, bien (trop?) remplies, tant au sens propre qu’au figuré. C’est en effet un livre foisonnant de détails dont la mise en page ne facilite pas nécessairement la lecture. Je m’excuse d’avance pour la longueur de mon billet, mais à livre énorme, chronique énorme !

En premier lieu, je dois dire que je suis un peu brouillée avec Stephen King. En quatrième de couverture, il annonçait ceci : « Lisez les quinze premières pages et vous serez accro. Lisez les trente suivantes et vous vous retrouverez au beau milieu de la nuit, plongé dans votre lecture. Lisez ce livre et le monde réel disparaîtra. » Après quinze pages, j’étais loin d’être captivée. Après les trente suivantes… pas davantage encore. Il m’a fallu atteindre les 130 pages pour enfin commencer à rentrer dans l’histoire! Bon, je disais ça à la blague pour King, mais reste que certains lecteurs n’auraient peut-être pas persévéré aussi loin, ce qui est dommage parce que certaines parties en valent franchement le coup ! Ce qui rend le début de ce livre long (enfin, ça dépend des points de vue, certains ont réellement été happés dès les premières pages), c’est le fait que la vie de pratiquement tous les personnages nous est expliquée de fond en comble, et des personnages, il y en a et pas qu’un peu ! Personnellement, je pense que ces passages « biographiques » auraient pu être condensés.

Il est difficile de dire si tout est cohérent dans cette histoire parce qu’il y a tellement de détails, de petites pistes posées ici et là qu’il est impossible de se rappeler de tout ce qui a été dit, si bien que, même si l’auteur avait oublié une petite chose, il y a peu de chance qu’on s’en rende compte. C’est un roman vraiment très dense où chaque phrase est pleine d’informations. Impossible de lire ce bouquin quand on a la tête ailleurs. Même en sachant que bien des trucs ont dû m’échapper, j’en garde pourtant un sentiment de cohérence générale. Tout m’a semblé logique et je lève donc mon chapeau à Justin Cronin, car maintenir une telle cohésion entre les éléments d’une histoire de cette envergure n’est pas une mince affaire, j’en suis sûre.

D’un autre côté, avec cette multitude de personnages (non, non, pas La Multitude (ceux qui l’ont lu comprendront ^^)) ,  il y en a pour tous les goûts et chacun y trouvera ses chouchous. Pour ma part, mes personnages préférés sont  Doyle (on ne le voit pas beaucoup, mais il m’a tout de suite plu), Peter, dont j’ai beaucoup aimé l’évolution, et Michael le Circuit  (la Goupille pour les intimes ^^). Ces deux derniers jouent un grand rôle dans l’histoire et leur esprit de sacrifice ainsi que leur courage m’ont touchée. J’ai également beaucoup apprécié Sara, l’élément de sensibilité dans ce monde de brutes.

Niveau histoire… j’ai de la difficulté à me prononcer. C’est immense, c’est terrible, mais c’est aussi étrange, insolite. Je pense que c’est l’une des histoires les plus bizarres que j’ai jamais lues. L’ambiance est à la limite dérangeante à certains moments (notamment quand l’un des douze « parle »), ça met presque mal à l’aise. Si une musique avait accompagné ces passages, ça aurait été un truc discordant mais fascinant, qui vous inspire de la répulsion et de l’attirance en même temps. Derrière cette histoire, ce roman parle des limites de la science, de l’éthique entourant les expérimentations scientifiques et c’est en somme un scénario catastrophe du genre de choses qui pourrait se produire un jour, si nous poussons trop loin les recherches et les expériences. Ce qui est ironique là-dedans, et aussi potentiellement vrai, c’est que cela pourrait faire régresser notre monde au lieu de le faire progresser, comme c’est le cas dans ce livre.

D’ailleurs, j’ai largement préféré l’histoire à partir du moment où on rentre dans le Temps d’Après, c’est-à-dire après la catastrophe dont il est question, avec la première colonie. J’ai aimé découvrir comment les survivants s’étaient adaptés et au fur et à mesure, on apprend ce qui s’est passé dans le Temps d’Avant. Le livre se transforme soudain en roman d’aventures et on a droit à de l’action, pure et dure ! J’ai trouvé que ça devenait beaucoup plus palpitant ! Petit regret toutefois, toujours concernant l’histoire, c’est qu’en début de livre, on parle de l’expédition dans la jungle bolivienne, mais finalement, on ne sait pratiquement rien là-dessus. On ne sait pas ce qu’est le virus finalement, ni pourquoi il n’a pas eu les mêmes répercussions sur les membres de l’expédition et les détenus. Tout ça reste très nébuleux. J’ose croire à une manoeuvre délibérée de l’auteur qui, à mon avis, ne serait pas du genre à laisse en plan un élément aussi gros. J’imagine que j’aurai donc les réponses à mes questions dans les prochains tomes (ce que semble confirmer cet article).

Quand on y pense, c’est aussi une genre de guerre entre le bien et le mal, mais pas LE bien et LE mal. C’est davantage à petite échelle, ce sont des luttes personnelles. Chaque personnage livre des combats intérieurs et c’est surtout chez les viruls (les « méchants » de l’histoire) que cet état est mis en avant. Leur manie de revenir chez eux peu après leur transformation et la mélancolie que l’on peut percevoir à ces moments-là, tout comme quand vient leur mort, démontre une ambivalence déchirante en leur fort intérieur. Les personnages humains sont également bien travaillés : leurs questionnements sont légitimes dans le contexte où ils sont et ils prennent leurs décisions pour ce qu’ils pensent être le mieux, dans l’intérêt collectif.

J’ai bien aimé les quelques changements de narration dans l’histoire (courriel, journaux, carnets de Tantine et de Sara). Cela permettait de changer le rythme et de nous donner des informations avec un point de vue différent. Le début et la fin de ses passages étaient très bien identifiés et nous donne des indices quant à la suite. Je disais tout à l’heure que la mise en page n’aidait pas à rendre la lecture plus aisée, car les paragraphes sont souvent très longs et il n’y a pas de sauts de lignes entre chaque, sauf quand on change de personnages. Tout est donc compact, tant la forme du texte que le fond. De plus, à voir la grosseur du livre, on pense que ce sera écrit gros, mais en fait ce n’est pas le cas. Sans pour autant être petite, l’écriture n’est pas démesurément grande.

En parlant d’écriture, voici quelques mots au sujet du style de Justin Cronin. Je n’ai pas tout de suite adhéré à sa façon d’écrire, car il a tendance à faire des phrases très longues et j’avais parfois l’impression de me perdre dans la lecture d’une seule phrase. ^^ De plus, peut-être cela vient-il de la traduction, mais j’ai trouvé que certaines phrases sonnaient bizarres à cause de leur formulation, de leur tournure. Il m’est arrivé d’en relire plusieurs en me disant que ce n’était pas vraiment français comme phrase. Toujours est-il qu’avec près de 1000 pages, on a le temps de s’accoutumer à ce style et pour ma part, je m’y suis fait sans trop de problèmes finalement. L’écriture de Cronin est riche, assez descriptive, mais également efficace dans les scènes d’action.

Bref (vous aviez hâte qu’il arrive ce bref hein ), Le Passage est un livre complexe, profond et surtout dense, un peu trop même. J’ai trouvé l’histoire longue à démarrer, mais une fois lancée, on a droit à de bonnes doses d’action. Justin Cronin a créé un « univers » très détaillé et d’une cohérence admirable. C’est un récit assez sombre, à la fois dérangeant et fascinant, qui aborde mine de rien des sujets très sérieux comme les limites de la science. Les personnages, très nombreux, ne sont pas en reste et je me suis facilement attachée à certains d’entre eux. Même si j’ai eu un peu de mal à adhérer au style de l’auteur, j’ai fini par m’y faire et au final, il sert bien le récit. Une mise en page plus aérée aurait toutefois été appréciée et j’espère que ce sera le cas pour les prochains tomes. C’est en somme un roman bien intéressant et je compte bien lire la suite, une fois que les deux prochains tomes seront sortis en français ! J’espère que les couvertures seront tout aussi magnifiques ! Je remercie Mallou, chez qui j’ai gagné cette brique grâce à un concours en partenariat avec Robert Laffont !

Petit + : Les droits cinématographiques ont apparemment été acquis par Fox 2000 et le réalisateur sera, paraît-il, Ridley Scott.

Appréciation globale : 

Euh… Ovni?

Tomes…
T.1: Le Passage – paru
T.2: Les Douze – paru
T.3: The City of Mirrors – à paraître

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La Captive de l’hiver de Serge Brussolo

19 Jan

Le Livre de Poche – 2001 – 315 pages

Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l’ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d’une abbaye de la côte normande? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d’acier ?

C’est un univers gouverné par d’étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d’elle. Car certains détestent cette « sorcière » venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit.

Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu’elle a commis l’erreur de mettre au jour?

Mon avis

Je m’étais fait à l’idée que je ne recevrais pas ce livre quand quelques jours plus tard, ô surprise!, la poste m’a laissé une belle petit enveloppe de chez Le Livre de Poche! La Captive de l’hiver a été piégée par les tempêtes hivernales (chouette paradoxe entre le titre et les circonstances, non? ^^), si bien qu’il a mis un peu moins d’un mois à ce rendre chez moi! Mais enfin, il est là et je vous en parle de ce pas!

La Captive de l’hiver est mon premier Serge Brussolo lu en entier (j’avais commencé le premier Peggy Sue étant gamine, mais il m’a fichu la trouille donc je l’ai jamais fini ^^) et je dois dire que j’ai aimé ce premier « vrai » contact!! J’ai apprécié le style d’écriture de cet auteur: des descriptions bien dosées et surtout très claires qui permettent de bien s’imaginer les personnages et les scènes, un vocabulaire ni trop simple ni trop recherché et une histoire très intéressante! Je crois savoir que cet auteur a écrit plusieurs thrillers alors, moi qui est férue de ce genre, je ne dirais pas non à tenter l’expérience!

Mais même si j’aime beaucoup les thrillers, je suis assez touche-à-tout au niveau de mes lectures. Le caractère historique de La Captive de l’hiver ne m’a donc pas du tout dérangé et, à vrai dire, j’ai même beaucoup aimé! C’était très intéressant d’en apprendre sur le mode de vie et les traditions des vikings. J’ignore quelle documentation il y a derrière ce roman (si documentation il y a), mais j’ai trouvé l' »univers » très réaliste et cohérent. Ces hommes pour qui la gloire et l’honneur surpassent tout en importance m’ont donné une impression de réalisme qui donnait un côté très authentique à l’histoire.

Pour ce qui est des personnages, ils sont bien travaillés psychologiquement à mon avis. Marion est une femme déracinée de sa terre natale, en proie à la confusion, constamment rongée par la peur de voir son imposture dévoilée. Sa servante, Svenia, se considère à la fois chanceuse et malchanceuse d’être liée de façon si définitive à Marion: tant que cette dernière sera en vie, Svenia vivra aussi, mais dans le cas contraire, c’est leur fin à toutes les deux. Du côté des vikings, les personnages sont un peu moins abordés, mais on peut toutefois très bien sentir la folie de Rök, le désir de vengeance destructeur de Ragnaard et la passion brûlante de Knut. On s’attache vite à Marion et à Knut, on se surprend à haïr certains des barbares et à se méfier de Svenia et de Rök! Au final, on a droit à des personnages bien campés et des émotions bien transmises!

Cependant, même si j’ai aimé le style de cet écrivain, même si les portraits des personnages étaient bien brossés, je n’ai pas été transcendée par cette lecture. Il manquait quelque chose à cette histoire, du piquant supplémentaire, particulièrement dans la première moitié du roman. En effet, ce n’est qu’un long voyage au début et il ne s’y passe pas grand chose finalement. La véritable action ne démarre qu’une fois la vraie mission de Marion découverte. De ce côté-là, on peut donc considérer qu’il y a des longueurs qui ralentissent le rythme de l’histoire et l’on sent que l’histoire stagne à certains moments. Le manque d’action rend le livre un peu moins passionnant. Je posais le livre sans avoir une impérieuse envie de connaître la suite de l’histoire.

Pour ce qui est de la fin, je suis mitigée… Je regrette que cela se termine de façon aussi abrupte. Cela appelle une suite qui n’existera probablement pas (La Captive de l’hiver ayant été écrit en 2001, les chances d’une suite dix ans plus tard son minces selon moi). J’avais fini par m’attacher à Knut et la vie qui se profilait pour lui et Marion me plaisait beaucoup. Ça me chagrine de ne pas savoir comment ça se terminerait pour eux (preuve que je m’étais attachée à eux ^^). Je regrette également de ne pas avoir lu Pèlerins des ténèbres avant parce que, même si ces deux livres peuvent être lus indépendamment, il y a quand même quelques références au tome 1 dans le tome 2. On peut tout comprendre l’histoire quand même, mais ça m’a ennuyée de ne pas comprendre ces allusions (mon côté maniaque peut-être? ^^).

Bref, Serge Brussolo nous livre ici un roman intéressant sur les traditions et les coutumes vikings. Les personnages sont attachants, quand même assez complexe et très bien décrits. Cependant, les quelques longueurs et la lenteur de la première moitié du livre empêchent ce livre d’être totalement captivant. Si l’envie vous prend de le lire et que vous êtes du genre à vous attarder sur les détails, je vous conseille de commencer par lire Le Pèlerins des ténèbres, du même auteur évidemment! Pour terminer, je souhaite remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de découvrir réellement cet écrivain français dont je lirai sûrement un des thrillers!!

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: Pèlerins des ténèbres – paru
T.2: La Captive de l’hiver – paru

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Les chroniques de Victor Pehlam, tome 1 : La fleur mécanique de Pierre-Olivier Lavoie

7 Jan

AdA – 2010 – 608 pages

Victor est un adolescent vivant à Londres dans une ère où la technologie est plus présente que jamais. Les cieux bourdonnent de dirigeables et de gyrocoptères tandis qu’au plus profond de l’océan, un peuple d’hommes chevauchant des mammifères marins excavent du minerai. C’est exact, nous sommes en plein coeur des années 1800. Physiquement limité et se déplaçant à l’aide d’une canne, notre jeune protagoniste vivra une aventure plus qu’extraordinaire qui le mènera, malgré-lui, en Norvège comme en Égypte et même jusque dans la cité portuaire de Québec. Tout au long de son long périple, Victor rencontrera des personnes de tous genres, alliés ou non, tel des gobelins, un épouvantail vivant et des satyres. Notre jeune ami découvrira également la vérité bien étrange sur ses origines ainsi que celle du monde plutôt inhabituel dans lequel il évolue.

La quête vers la « Fleur mécanique » vient de commencer…

Mon avis

Au Québec, les lecteurs ont de la chance au niveau des achats de bouquins puisque les magasins vendant des livres ont le droit d’appliquer divers rabais et réductions sur les ouvrages. Ce qui fait que ce gros pavé grand format neuf de 600 pages qu’est La Fleur mécanique m’a à peine couté un peu plus de 5 dollars (4 euros). Pour une telle brique, c’est assez bon marché! Tout ça pour dire que j’ai profité de ce prix de lancement pour acheter ce premier roman, jeunesse, d’un auteur québécois que je ne connaissais pas du tout. C’était parti pour une découverte!

Dès les premières pages, on a droit à une ambiance dérangeante. Des enfants dociles comme des agneaux, à peine mieux nourris que des animaux, mais ils ne se plaignent pas. Jamais, même pas quand ils sont seuls, sans supervision. La situation laisse donc aisément présager que quelque chose ne tourne pas rond. Et pourtant, cela semble normal pour les personnages alors que le lecteur sait pertinemment que c’est tout le contraire. C’est donc avec les sourcils froncés qu’on amorce la lecture de cette aventure qui, bien vite, prend un tournant effrené!

L’action est toujours présente, ce qui fait, pour un livre de cette taille, beaucoup de péripéties!! Beaucoup de rebondissements donc, mais des scènes un peu inutiles à mon avis (la bataille des wyvernes par exemple…) et quelques facilités au niveau de l’intrigue, comme l’interruption d’une nouvelle créature pour faire avancer l’histoire. Par chance, l’univers n’est pas trop machinéen. On doute des intentions de certains personnages, on est surpris quand on apprend que tel ou tel protagoniste est en fait du mauvais côté, etc. Les gentils ne sont pas nécessairement gentils et pareil pour les méchants.

Le personnage principal, Victor, est bien campé et bien décrit psychologiquement. Les plus jeunes le trouveront attachant. Les plus vieux aussi, mais on finit par se lasser par sa trop grande sensibilité. Refuser de tuer quelqu’un ou quelque chose au péril de sa vie, c’est contraire à l’instinct de survie qui prend normalement le dessus dans ce genre de situation. Avoir eu Victor en face de moi dans ces moments-là, je lui aurais bien envoyé une ou deux gifles. ^^ Au moins, il fait preuve d’un peu plus de jugement à la fin de l’histoire!

Outre le côté aventurier du roman, ce livre expose de belles valeurs à travers l’histoire et les agissements des personnages: loyauté, humanisme, compassion, courage, acceptation de soi sont des vertus qui figurent implicitement dans le texte. On sent un désir de la part de l’auteur de passer un message de tolérance également (enfin, c’est ce que j’ai ressenti) au vu des amis de Victor qui sont d’origines et de races très variées.

Bref, c’est un bon ouvrage pour les jeunes (dommage que la grosseur du livre puisse les rebuter) puisqu’il est bourré d’action et que les personnages sont attachants. Il cautionne en plus de belles valeurs. Les lecteurs plus âgés seront peut-être agacés par les facilités scénaristiques, les quelques passages inutiles et l’hypersensibilité du personnage principal, mais ils sauront tout de même apprécier les aventures rocambolesques du jeune Victor! La fin est un peu sous forme de conclusion, mais malheureusement (ou heureusement pour le portefeuille ^^), elle ne donne  pas nécessairement envie de se jeter sur la suite..! Mais reste que le quatrième de couverture du deuxième tome est assez intéressant..! =D

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La Fleur mécanique – paru
T.2: La Particule d’Ixzaluoh – paru
T.3: Le Linceul de l’antiquaire – paru
T.4: Le Métronome de Maébiel – paru
T.5 : L’Engrenage du métronome – paru
T.6: Nom indéterminé – à paraître