Archive | août, 2011

Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

12 Août
Le Chant du troll de Pierre Bottero & Gilles Francescano

Rageot – 2010 – 187 pages

– Psssst ! Est-ce que tu es prête ?

– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?

– Le basculement a débuté…

Mon avis

Il y a quelques temps, j’avais remarqué, grâce à Livraddict, que j’avais 99 livres dans ma bibliothèque. Sachant cela, je tenais à ce que mon centième livre soit spécial, que ce ne soit pas un achat quelconque pigé dans ma wish-list. Le livre qui m’est tout de suite venu à l’esprit pour cette occasion, c’est Le Chant du troll de Pierre Bottero. Et si jamais je n’avais pas réussi à le trouver, ça aurait été un autre Bottero, tout simplement, parce que chaque livre de cet auteur est spécial et unique à mes yeux.

Voici donc un des derniers Bottero que je voulais lire (ne reste maintenant plus que A comme Association, tome 4 : Le Subtil parfum du soufre, Tour B2 mon amour, Isayama et peut-être bien Zouck). C’est toujours, mais toujours le même plaisir de retrouver la plume et l’imagination de Pierre, toujours les mêmes émotions qui en ressortent : le bonheur, le plaisir, l’émerveillement, la nostalgie et, depuis son décès, un soupçon de tristesse (la préface de l’éditeur m’a d’ailleurs mis les larmes aux yeux). C’est si bon de le retrouver à travers ses oeuvres, aussi éphèmère cela soit-il. J’ai à chaque fois l’impression de revoir un vieil ami.

Le Chant du troll est un roman graphique à la fois d’une immense naïveté et d’une grande gravité. On suit l’histoire à travers les yeux de Léna, une enfant, alors c’est forcément avec candeur, dans toute leur évidence, que les éléments sont présentés. Pourtant, on reste loin du ton enfantin auquel on aurait pu s’attendre pour un ouvrage de ce genre. Bien des sujets sérieux sont abordés, comme la maladie, la mort (ce qui est un peu troublant compte tenu de ce qui est arrivé à Pierre Bottero) ainsi que les tensions que peut engendrer ces dernières dans un couple, dans une famille. C’est ce qui donne une ambiance sérieuse en arrière-plan, voire même en premier plan pour certaines scènes.

Le texte est, comme toujours avec Pierre Bottero, magnifique. Il sait être tour à tour d’une délicatesse exquise ou d’une brutalité poignante. On a droit un vocabulaire relativement assez riche, ce qui un peu surprenant compte tenu du public ciblé. L’ensemble reste toutefois très clair, fluide et entraînant. Personnellement, c’est de la musique à mes oreilles. ^^ Cet auteur a toujours su me charmer avec ses phrases coups de poing et ses belles descriptions et c’est ce qu’on retrouve ici, alors je suis comblée. J’ai également beaucoup apprécié le propos de l’histoire, les messages véhiculés derrière. Le quatrième de couverture étant assez succinct, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais, même si j’ai finalement assez vite deviné ce qui allait se passer, cela n’a en rien gâché ma lecture, car il me restait quand même les émotions et les magnifiques dessins à découvrir. J’ai adoré la vision du réel et de l’imaginaire exposée par Sil ainsi que la façon dont l’un devient l’autre et vice versa, j’ai trouvé cela très poétique.

Les dessins, quant à eux, sont très beaux et illustrent très bien l’imagination de Pierre Bottero. J’ai apprécié voir sur papier toutes ces créatures précédemment rencontrées dans les autres oeuvres de cet auteur. Gilles Francescano a fait un excellent travail : ses illustrations sont riches en détails et en texture visuelle (ça se dit ? ^^), elles sont véritablement plaisantes à regarder, voire même à admirer. J’ai trouvé que les différentes ambiances étaient bien restituées, les couleurs s’accordant bien au ton donné par le texte (le texte étant lui-même agencé aux scènes par sa coloration).

Panorama de Gilles Francescano dans Le Chant du troll

© Paysage réalisé par Gilles Francescano pour Le Chant du troll*

*Image tirée de cet article

La présence des cinq « panomaras » (dessins sur trois pages, dont une page pliable) m’a très agréablement surprise (je ne pensais pas qu’il était possible de faire ça, d’où la surprise). Ils permettent de représenter dans leur intégralité certaines scènes et ils sont tous splendides. De façon générale, j’ai donc bien accroché au style de Francescano, il a fait une très belle équipe avec Pierre Bottero ! La seule chose qui m’a un peu gêné (mais je pense que c’est davantage un choix éditorial), ce sont les lignes blanches et les encadrements blancs sur certaines illustrations. J’imagine que cela servait à mettre l’emphase sur certaines parties des dessins, mais cela m’a personnellement paru un peu incongru.

Le Chant du troll est annoncé comme un roman graphique destiné à un public plus jeune, mais pour ma part, je le vois également comme un cadeau offert par Pierre Bottero à ses fans (les deux à la fois j’entends, l’un n’empêche pas l’autre). On y retrouve des bouts de toutes les autres histoires qu’il a écrites, de tous les autres univers qu’il a créés. On parlait des Âmes croisées comme étant la jonction entre tous ses mondes, mais Le Chant du troll fait également office de pont reliant tout ça aussi, d’une façon cependant différente.

Bref, ce roman graphique est, sans surprise, un coup de coeur pour moi. J’y ai retrouvé tout ce qui fait le charme des oeuvres de Pierre Bottero, c’est-à-dire un style qui peut être à la fois poétique et percutant, une imagination sans borne et des thèmes universels abordés avec finesse. Le tout est superbement illustré par Gilles Francescano qui nous offre des dessins finement travaillés rendant justice à ce récit plein de naïveté et de gravité. C’est à mes yeux un splendide cadeau que nous a offert Pierre Bottero. Je ne pouvais espérer mieux comme centième livre. Vraiment. Et si j’ai l’air d’avoir aimé ce livre, dites-vous que je l’ai aimé davantage encore ; seulement, c’est impossible de mettre des mots là-dessus. 😉

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

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Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de Lune d’Oliver Peru & Patrick McSpare

1 Août
Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de lune d'Oliver Peru et Patrick McSpare

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 317 pages

Ravengen est une terre maudite, tous ses habitants vous le diront. Quarante ans auparavant, le seigneur Othon le Loup y a sauvagement tué sa femme, la douce Beatrix, avant de disparaître à son tour, laissant de nombreux cadavres derrière lui. Depuis, l’on murmure que le spectre de la Dame de Lune hante ces bois sombres, accompagnée de l’âme perdue de son bourreau. Aujourd’hui, en ce mois de juillet 1191, la malédiction frappe de nouveau, et les crimes recommencent.

Venus s’enquérir de leur ancien ami Ruppert, Roland Coeur de Lion, Mathilde la Patiente et la jeune Elena sont happés par un tourbillon de folie et de sang. Dans la chaleur torride de l’été germanique, les Haut-Conteurs, rejoints par le truculent Geoffroy Bouche-Goulue, vont tenter de percer les mystères de ce sinistre pays. Quels sombres desseins cachent le terrible duc Wilfrid et ses quatre fils ? Que cherche Masque d’Argent, le sorcier pourvoyeur d’une mort aussi brutale qu’invisible ? Et surtout, qui est cette Bête Dévoreuse, hurlant à la lune et coupable de tant d’atrocités ?

Amours secrètes, vengeances assassines, monstres démoniaques… Sous l’œil glacé de la pleine Lune, les évènements s’accélèrent soudain. Et ils pourraient bien s’avérer fatals à nos héros… Mais Roland et ses compagnons n’entendent pas pour autant renoncer à leur soif de justice et de vérité.

À Cœur de Lune, Cœur de Lion !

Mon avis

Après une petite déception à la lecture du premier tome et un deuxième tome pas complètement à la hauteur non plus, je me demandais bien comment allait se passer mon aventure avec ce troisième tome. Après avoir fait le tour de trois librairies (3 pour le tome 3, est-ce un signe? :P), j’ai enfin réussi à lui mettre la main dessus ! Et je peux vous dire que Coeur de Lune rehausse définitivement la qualité de cette saga !

On a ici droit à un opus beaucoup plus mature que les autres et j’ai énormément apprécié ce changement. On s’éloigne de l’ambiance plutôt gentillette des deux premiers tomes grâce à des personnages odieux au langage ordurier et cru (ce qui m’a d’ailleurs surprise) dont les agissements sont loin d’être reluisants. Les méchants n’ont aucun scrupule à tuer des innocents et nos Haut-Conteurs sont donc obligés d’user de la force au lieu de la diplomatie à de nombreuses reprises. Toutefois, leur jugeote n’en est pas moins sollicitée, de petits mystères faisant leur apparition tout au long du récit.

Comme dans le précédent tome, nos héros sont un peu dans une impasse concernant la personne qu’ils recherchent, mais heureusement, d’autres intrigues voient le jour, donnant un rythme assez soutenu à l’histoire. Ce roman est empreint d’un sentiment constant de danger, on sent les personnages toujours sur leurs gardes (ou presque). C’est péripéties après péripéties qu’on les suit et ils ont peu de temps pour souffler, tout comme le lecteur d’ailleurs !

On rencontre plusieurs nouveaux protagonistes, notamment Geoffroy Bouche-Goulue et Bertrand le Hardi chez les Haut-Conteurs ainsi que les Ravengen et Masque d’Argent chez les « ennemis ». Masque d’Argent est un personnage intrigant que j’ai beaucoup apprécié à cause du mystère qui l’entoure. Je n’ai personnellement pas réussi à deviner qui se cachait réellement derrière ce fameux masque. D’autre part, à la suite de la venue des auteurs sur Livraddict, ces derniers m’avaient « promis » de donner mon pseudo (Merkillia) à l’un de leurs personnages puisque je leur avais filé un tout petit coup de pouce pour insérer une image dans la discussion. J’étais au courant donc, mais j’avoue que ça m’a quand même fait un choc de voir mon pseudo apparaître ! ^^ Ce n’est pas un grand rôle, mais c’est déjà beaucoup plus que ça à quoi je m’attendais. Je pensais faire une seule apparition (‘fin, pas moi, le personnage :P), mais en fait Merkillia participe au déroulement de l’intrigue. C’est tout un honneur et je suis touchée que les auteurs aient tenu parole !

Seul bémol à l’histoire, Roland s’en tire toujours aussi remarquablement bien lors des combats, alors qu’il apprend l’art du combat depuis peu quand même. C’est surtout son combat contre les Noirs Marcheurs, qui sont supposés être des combattants aguerris, qui m’a paru quelque peu irréaliste. D’ailleurs, concernant son apprentissage, je trouve dommage qu’il n’y ait pas de passages là-dessus, par exemple son entraînement au lancer de couteaux avec Salim. J’avais bien aimé les moments où Mathilde faisait pratiquer la voix de Roland (dans le premier tome si je ne m’abuse), alors je trouverais cela grandement intéressant d’en savoir plus sur tout son apprentissage, ce qui permettrait peut-être du même coup d’en connaître davantage au sujet de l’Ordre pourpre.

J’ai bien aimé la nouvelle gagnante du concours Scrinéo Jeunesse, Le Chevalier de la louve, écrite par Corynn Thymeur. Je ne sais pas qu’elles étaient les contraintes, mais en tout cas, cette histoire de loups colle assez bien avec le reste du roman. J’ai particulièrement apprécié le style qui restituait bien l’époque et les répétitions de certaines phrases qui donnait un ton particulier à l’ensemble.

Bref, ce troisième tome des Haut-Conteurs est décidément meilleur que ces prédécesseurs ! C’est un roman plus mature, avec une ambiance et des personnages plus sombres. L’action ne se tarit pas tout au long de l’histoire et le récit est mené à tambour battant. On rencontre une pléiade de nouveaux personnages, dont le très mystérieux Masque d’Argent et… la servante Merkillia (je remercie vraiment les auteurs pour cette attention!! :D). Je regrette seulement que Roland s’en tire toujours assez bien dans les combats et que l’on n’en sache pas beaucoup sur son apprentissage. C’est en somme un très bon tome que nous livre ici Oliver Peru et Patrick McSpare, en espérant que le prochain le sera tout autant !

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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