Les Mendiants des mers, tome 1 : Le Sceau de Ran de Paul Kearney

3 Fév

The Mark of Ran (traduit par Marie-Claude Elsen) - Le Livre de Poche (Orbit) - 2010 - 426 pages

Autrefois existait une race de créatures très ancienne. Selon certaines légendes, ils étaient les derniers des anges. D’autres prétendent qu’ils étaient des démons.

Rol Cortishane a grandi dans un petit village de pêcheurs isolé, sans savoir quelle était sa place en ce monde. Mais le sang de cette race oubliée coule dans ses veines. Marqué du Sceau de Ran, accusé de sorcellerie et de magie noire, Rol doit fuir son village et trouver refuge dans la tour du mage Psellos. Là, la belle Rowen le formera pour devenir un assassin…

Mon avis

Voici encore un énième (4e) partenariat avec les éditions Le Livre de Poche (qui vont finir par connaître mon adresse par coeur) pour, cette fois-ci, le roman Le Sceau de Ran de Paul Kearney. J’avais bien hâte de me plonger dans cet ouvrage parce que c’est de la fantasy adulte et que je désire découvrir davantage cette dernière. J’ai d’ailleurs dans ma liste à lire bon nombre de livres du genre, tels que L’Assassin Royal de Hobb, La Roue du temps de Jordan et La Belgariade d’Eddings, pour ne nommer que les plus connus. Mais bref, pour revenir au présent livre, la couverture et le résumé de l’édition du Rocher m’avait allumé il y a quelques temps déjà, alors j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu cette réédition en partenariat sur Livraddict!

J’ai tout d’abord eu un peu de mal à entrer dans l’histoire parce que j’aime quand ça bouge dès les premières pages (pas pour rien que j’aime les thrillers ^^), ce qui n’est pas le cas ici. C’est même un peu brouillon, dans la mesure où on nous balance des légendes avec des dieux, des races et des territoires inconnus (pour nous) d’entrée de jeu. Comme beaucoup d’autres livres de fantasy, on est donc un peu submergés par l’information. Cependant, elle s’intègre bien au reste du récit et la carte, placée au début du livre, nous permet de suivre plutôt aisément les déplacements de ce cher Rol et de ses compatriotes.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est l’univers créé par Paul Kearney: c’est sombre, mature, complexe et dense. Ce monde a ses propre croyances, ses propres mythes et légendes. On y parle de politique (guerres passés, présentes et futures entre les nations) et d’économie (échanges commerciaux par les voies maritimes), il y a de la violence et du sexe, beaucoup de souffrance, mais toujours avec une touche d’espérance. Les personnages sont loin d’être tout blancs ou tout noirs. On apprend à les connaître au fil de l’histoire, mais chacun garde des replis obscurs dans leur personnalité, si bien qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Rol reste un personnage mystérieux, pour nous et pour lui-même, tout au long de l’aventure et Rowen l’est encore davantage. Psellos est quant à lui insaisissable, on ne sait pas ce qu’on devrait penser de lui, tandis que Gallico est un personnage très intéressant qui semble avoir beaucoup de connaissances venant d’on ne sait où. De plus, le fait que ce soit de la fantasy « corsaire », donc avec des pirates, est à mon sens original et cela change des sempiternels récits de chevaliers et de guerriers!

Ce qu’on pourrait reprocher à ce premier tome, c’est la très grande abondance de termes de navigation et de mots se référant aux bateaux et leurs composantes. Certes, cela donne du réalisme aux descriptions, mais personnellement, ne connaissant pas du tout ce domaine, cela m’a davantage laisser perplexe qu’aider à me représenter les scènes. Par exemple, on parlait de gaillard d’avant et de gaillard d’arrière. Et bien, ne sachant pas que c’était une partie des bateaux, au début, je croyais bêtement qu’on parlait de quelqu’un, sans comprendre de qui il s’agissait ni pourquoi on disait « d’avant » et « d’arrière ». ^^’

De plus, j’ai également trouvé que certaines phrases avaient une structure étrange, si bien que j’ai dû en relire quelques unes pour les comprendre. La faute à la traduction ou c’est réellement le style de l’auteur? Bonne question. En outre, je n’ai pas apprécié les ellipses temporels, les sauts d’un an ou de sept ans dans le temps. Bon, un an, ça pourrait aller, mais dire qu’il ne s’est rien passé de notable dans la vie du personnage principal pendant sept ans, je trouve ça un peu gros. D’un autre côté, peut-être que ça évite les accalmies où le lecteur aurait pu être ennuyé par le manque d’action. Qui sait? C’est un choix « scénaristique » comme un autre. Par contre, j’ai eu du mal à cause de ça à estimer et à me rappeler l’âge de Rol. D’ailleurs, j’ai été incapable de me l’imaginer à quinze ans, il avait à mon avis des comportements bien trop matures, je me le représentais toujours dans la vingtaine malgré moi.

Toutefois, pour ce qui est de l’histoire en soi, mon appréciation varie pour les deux parties du livre! Dans la première, intitulée La tour, on suit Rol dans sa vie à, vous l’aurez deviné, la tour, qui est en fait le repère de Psellos. C’est là, dans cette construction et dans la ville d’Ascari, qu’on rencontre Rowen, Canker, Gallico et plusieurs autres personnages qu’on revoit plus tard, ou pas (dépendant de leur durée de vie ^^), dans le récit. Il n’y a pas tant d’action, c’est plutôt des questionnements et des réflexions de Rol. La deuxième partie, La mer, est beaucoup plus palpitante et de ce fait, je l’ai préférée. On est maintenant en pleine mer avec Rol et de nouveaux compagnons (rencontrés durant les sept ans que le lecteur n’a pas connus). Problèmes, épreuves, conflits et bastons navales sont au rendez-vous! Je regrette toutefois que, dans les 427 pages, on en apprend très peu sur les origines de Rol… Il me faudra lire le prochain tome (en espérant qu’il soit traduit *croise ses doigts*)!

En bref, on a droit ici à un vrai de vrai roman de fantasy adulte où l’univers complet et les personnages tout en nuances nous promettent un dépaysement total! Malgré un début un peu déroutant, de nombreux termes maritimes et techniques ainsi que des trous dans l’histoire, on prend beaucoup de plaisir à lire ce récit, particulièrement sa deuxième partie qui est riche en rebondissements. Je n’ai pas totalement adhéré, mais je crois que c’est dû en partie à ma méconnaissance de ce genre, la dark fantasy (je n’y suis pas habituée ^^). J’aimerais lire la suite pour en savoir plus sur Rol, bien que mon envie n’est pas insoutenable! J’espère quand même que le tome 2 sera traduit (bientôt), histoire de le lire pour savoir si j’aimerais davantage l’histoire au fil des tomes, et que les tomes 3 et 4 seront publiés en VO premièrement, puis en VF. Je souhaite finalement remercier chaleureusement les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de lire ce très bon livre de fantasy!

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes…
T.1: Le Sceau de Ran – paru
T.2: This Forsaken Earth – non-traduit
T.3: Écrit, mais non publié

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

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8 Réponses to “Les Mendiants des mers, tome 1 : Le Sceau de Ran de Paul Kearney”

  1. Malaury 3 février 2011 à 13:03 #

    J’aimerais bien le lire le résumé me tente bien. ^^

    • Good-Bad-Reading 3 février 2011 à 13:59 #

      Je trouve le résume de ce livre très intéressant !

      J’aime bien la couverture, aussi.

      Je pense le lire, si jamais l’occasion se présente. =)

      • Merkillia 3 février 2011 à 19:11 #

        La couverture reflète bien l’histoire en tout cas!

    • Merkillia 3 février 2011 à 19:10 #

      Si tu aimes la dark fantasy, lance-toi sans hésiter!! 😉

  2. leflaloup 5 février 2011 à 14:14 #

    Ce livre m’a aussi beaucoup plu et je pense continuer dès que la suite sera disponible en français. J’essaierai peut-être aussi les monarchies divines du même auteur

    • Merkillia 5 février 2011 à 21:14 #

      Moi aussi j’aimerais bien lire la suite!

  3. Ptitelfe 16 avril 2011 à 02:16 #

    J’avais bien aimé aussi cette lecture, lue dans le cadre u part’ également, mais j’ai vraiment été déboussolée avec les termes marins.

    • Merkillia 17 avril 2011 à 15:51 #

      Idem, les termes marins m’avaient un peu gênée. =S

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