Le rasoir d’Ockham d’Henri Loevenbruck

4 Jan

J’ai Lu (Thriller) – 2009 – 535 pages

Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus violente affaire de sa carrière.

Dans l’ombre, un groupe occulte est prêt à tout pour découvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de Villard de Honnecourt, un manuscrit du XIIIe siècle.

Ari saura-t-il arrêter ces fanatiques sans scrupule avant qu’ils ne mettent en place leur sinistre dessein ?

Mon avis

Moi qui, au début de ma vie de lectrice, lisais beaucoup de fantasy et de fantastique me découvre depuis plusieurs mois une véritable passion pour les thrillers. Eh oui, je suis devenue une férue des livres à suspense, et plus précisément ceux à caractère ésotérique, sans pour autant éteindre complètement mon affection pour la littérature de l’imaginaire. Allez savoir pourquoi, toutes ces histoires de cultes, de complots, de sectes, de secrets vieux de plusieurs millénaires et de découvertes dangereuses me fascinent. J’ai découvert Henri Loevenbruck avec son thriller ésotérique Le Testament des siècles, qui fut un véritable coup de coeur. Le syndrome Copernic a fini d’achever de me convaincre que cet auteur et moi, on était fait pour s’entendre! Cette fois, c’est avec Le Rasoir d’Ockham que j’ai choisi de retrouver M. Loevenbruck.

L’histoire démarre sur les chapeaux de roues lorsque qu’Ari Mackenzie, personnage principal, reçoit un appel alarmant de Paul Cazo, un bon ami à lui qu’il était finalement loin de connaître aussi bien qu’il le pensait. Débute alors une traque complexe, une valse dangereuse entre les personnages. Je regrette beaucoup que ma lecture ait été longue et périodique, c’est-à-dire que je lisais seulement les fins de semaine, donc à chaque fois, je devais me remettre dans l’ambiance et dans l’histoire, ce qui prenait évidemment toujours quelques pages. Je pense donc que je n’ai pas pu profiter au maximum de ce qu’aurait pu me procurer cette lecture. Malgré cela, l’auteur a quand même su me tenir en haleine à de nombreuses reprises, preuve que le récit est très bien mené! Les scènes d’action sont réussies et bien décrites.

On a droit à une intrigue bien ficelée, une fiction teintée de faits véridiques. En effet, l’auteur, en avant-propos, nous dit de but en blanc « Ce livre est une fiction. » Acte très honnête, il va sans dire, qui permet aux lecteurs de savoir à quoi s’en tenir. Toutefois, l’élément central du récit, à savoir le carnet de Villard de Honnecourt, existe réellement. La trame se déroule donc autour de ce fameux document aux pages manquantes qui suscite bien des convoitises. Les buts des protagonistes se déploient tantôt de manière symbolique, tantôt du côté philosophique et pour d’autres, ce n’est qu’une question matérielle. Il est donc intéressant de voir les différents points de vue qu’offrent les personnages, mais aussi la façon dont Ari et ses collègues réussissent à prendre en main cette situation aux multiples facettes.

Du côté des personnages, on a droit à une belle brochette de personnalité: Ari, l’agent bourru réfractaire à la technologie de l’information qui n’hésite pas à foncer tête baissée dans le feu de l’action, quitte à devoir en assumer les conséquences plus tard; Mona Safran, femme mystérieuse, difficile à cerner; Lola, jeune libraire émotive et un peu torturée par un amour qu’elle sent non partagé et finalement Krysztov Zalewski, garde du corps émérite et homme de paroles, pour ne nommer que ceux-là. On s’attache bien vite à Ari ainsi qu’à son cynisme face à ses supérieurs, ainsi qu’à Lola et même à Iris Michotte, comparse de Mackenzie. Une pensée spéciale à Krysztov que j’ai beaucoup apprécié avec son humour léger et surtout, son goût pour l’action qui l’amène à en faire un peu plus que son rôle de garde du corps.

Cependant, on peut aussi noter quelques points négatifs. Tout d’abord, Henri Loevenbruck a fait l’utilisation d’une tonne de sigles, tels que DCRG, DIPJ, DRI, etc. Il avait sans doute pour but de donner de la crédibilité à son contexte, mais j’ai trouvé cela déplaisant étant donné qu’il y en a vraiment en abondance (un peu moins d’une trentaine) et que puisqu’ils étaient en grande majorité relatifs à la France ou l’Europe, ils ne me disaient absolument rien (je suis québécoise, pour ceux qui ne sauraient pas). Même s’ils étaient pour la plupart définis en bas de page, je n’arrivais pas à me souvenir de toutes les significations. Ensuite, et là c’est totalement une question de goût, je n’ai pas aimé la disposition des chapitres, trop compact à mon goût. Je préfère le traditionnel « un nouveau chapitre = une nouvelle page », mais là, ce n’est aucunement la faute de l’auteur, donc ça ne diminue en rien la qualité du roman. Puis, j’ai été un peu déçue par le sens du titre. Personnellement, j’aime beaucoup les titres qui sont très significatifs. Or, le rasoir d’Ockham, qui en fait une technique de résolution et non un objet, n’est pas beaucoup abordé. De plus, ce n’est pas quelque chose de propre à l’histoire. On retrouverait Ari Mackenzie dans une toute autre histoire et on pourrait aussi parler du rasoir d’Ockham.

Quant au style de l’auteur, il est comme d’habitude direct et sans flafla, des descriptions bien dosées selon le moment et l’ambiance et de bons dialogues pimentés d’humour. Les détails historiques et autres précisions de nature technique s’intègrent bien à l’histoire et ne cassent pas le rythme. Hormis l’utilisation des sigles dont je parlais plus haut, c’est une façon d’écrire agréable à lire avec un vocabulaire ni trop simple, ni trop recherché!

Bref, on a ici un bon thriller ésotérique avec une intrigue habile, de l’action bien mesurée et des personnages aussi diversifiés qu’attachants. Si on n’oublie l’emploi abusif des sigles et la disposition trop compact du texte, on retient de ce livre une histoire menée tambour battant qui sait nous tenir en haleine! Une fois le dernier mot lu, on ne peut qu’être content de voir l’inscription « À suivre… » !!

Appréciation globale :

Très bien!

Tomes…
T.1: Le rasoir d’Ockham – paru
T.2: Les cathédrales du vide – paru
T.3: Le mystère Fulcanelli – paru

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Publicités

3 Réponses to “Le rasoir d’Ockham d’Henri Loevenbruck”

  1. lefsÖ 5 janvier 2011 à 01:52 #

    Encore un livre qui est dans ma wish-list …
    Je pense qu’il va atterrir très bientôt dans ma PAL ^^
    Bonne journée

  2. zatoun 5 janvier 2011 à 07:46 #

    Je ne suis pas fana des thriller mais l’ésotérisme m’a toujours intriguée, alors je tenterai bien cet auteur! Un de plus dans ma ( longue) LaL ^^

  3. Merkillia 5 janvier 2011 à 10:44 #

    Henri Loevenbruck est auteur que j’apprécie beaucoup! Le rasoir d’Ockham n’est pas son meilleur ouvrage, mais c’est un écrivain à découvrir!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :