Archive | janvier, 2011

La Captive de l’hiver de Serge Brussolo

19 Jan

Le Livre de Poche – 2001 – 315 pages

Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l’ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d’une abbaye de la côte normande? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d’acier ?

C’est un univers gouverné par d’étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d’elle. Car certains détestent cette « sorcière » venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit.

Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu’elle a commis l’erreur de mettre au jour?

Mon avis

Je m’étais fait à l’idée que je ne recevrais pas ce livre quand quelques jours plus tard, ô surprise!, la poste m’a laissé une belle petit enveloppe de chez Le Livre de Poche! La Captive de l’hiver a été piégée par les tempêtes hivernales (chouette paradoxe entre le titre et les circonstances, non? ^^), si bien qu’il a mis un peu moins d’un mois à ce rendre chez moi! Mais enfin, il est là et je vous en parle de ce pas!

La Captive de l’hiver est mon premier Serge Brussolo lu en entier (j’avais commencé le premier Peggy Sue étant gamine, mais il m’a fichu la trouille donc je l’ai jamais fini ^^) et je dois dire que j’ai aimé ce premier « vrai » contact!! J’ai apprécié le style d’écriture de cet auteur: des descriptions bien dosées et surtout très claires qui permettent de bien s’imaginer les personnages et les scènes, un vocabulaire ni trop simple ni trop recherché et une histoire très intéressante! Je crois savoir que cet auteur a écrit plusieurs thrillers alors, moi qui est férue de ce genre, je ne dirais pas non à tenter l’expérience!

Mais même si j’aime beaucoup les thrillers, je suis assez touche-à-tout au niveau de mes lectures. Le caractère historique de La Captive de l’hiver ne m’a donc pas du tout dérangé et, à vrai dire, j’ai même beaucoup aimé! C’était très intéressant d’en apprendre sur le mode de vie et les traditions des vikings. J’ignore quelle documentation il y a derrière ce roman (si documentation il y a), mais j’ai trouvé l' »univers » très réaliste et cohérent. Ces hommes pour qui la gloire et l’honneur surpassent tout en importance m’ont donné une impression de réalisme qui donnait un côté très authentique à l’histoire.

Pour ce qui est des personnages, ils sont bien travaillés psychologiquement à mon avis. Marion est une femme déracinée de sa terre natale, en proie à la confusion, constamment rongée par la peur de voir son imposture dévoilée. Sa servante, Svenia, se considère à la fois chanceuse et malchanceuse d’être liée de façon si définitive à Marion: tant que cette dernière sera en vie, Svenia vivra aussi, mais dans le cas contraire, c’est leur fin à toutes les deux. Du côté des vikings, les personnages sont un peu moins abordés, mais on peut toutefois très bien sentir la folie de Rök, le désir de vengeance destructeur de Ragnaard et la passion brûlante de Knut. On s’attache vite à Marion et à Knut, on se surprend à haïr certains des barbares et à se méfier de Svenia et de Rök! Au final, on a droit à des personnages bien campés et des émotions bien transmises!

Cependant, même si j’ai aimé le style de cet écrivain, même si les portraits des personnages étaient bien brossés, je n’ai pas été transcendée par cette lecture. Il manquait quelque chose à cette histoire, du piquant supplémentaire, particulièrement dans la première moitié du roman. En effet, ce n’est qu’un long voyage au début et il ne s’y passe pas grand chose finalement. La véritable action ne démarre qu’une fois la vraie mission de Marion découverte. De ce côté-là, on peut donc considérer qu’il y a des longueurs qui ralentissent le rythme de l’histoire et l’on sent que l’histoire stagne à certains moments. Le manque d’action rend le livre un peu moins passionnant. Je posais le livre sans avoir une impérieuse envie de connaître la suite de l’histoire.

Pour ce qui est de la fin, je suis mitigée… Je regrette que cela se termine de façon aussi abrupte. Cela appelle une suite qui n’existera probablement pas (La Captive de l’hiver ayant été écrit en 2001, les chances d’une suite dix ans plus tard son minces selon moi). J’avais fini par m’attacher à Knut et la vie qui se profilait pour lui et Marion me plaisait beaucoup. Ça me chagrine de ne pas savoir comment ça se terminerait pour eux (preuve que je m’étais attachée à eux ^^). Je regrette également de ne pas avoir lu Pèlerins des ténèbres avant parce que, même si ces deux livres peuvent être lus indépendamment, il y a quand même quelques références au tome 1 dans le tome 2. On peut tout comprendre l’histoire quand même, mais ça m’a ennuyée de ne pas comprendre ces allusions (mon côté maniaque peut-être? ^^).

Bref, Serge Brussolo nous livre ici un roman intéressant sur les traditions et les coutumes vikings. Les personnages sont attachants, quand même assez complexe et très bien décrits. Cependant, les quelques longueurs et la lenteur de la première moitié du livre empêchent ce livre d’être totalement captivant. Si l’envie vous prend de le lire et que vous êtes du genre à vous attarder sur les détails, je vous conseille de commencer par lire Le Pèlerins des ténèbres, du même auteur évidemment! Pour terminer, je souhaite remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict de m’avoir permis de découvrir réellement cet écrivain français dont je lirai sûrement un des thrillers!!

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: Pèlerins des ténèbres – paru
T.2: La Captive de l’hiver – paru

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Les Âmes croisées de Pierre Bottero

12 Jan

Rageot – 2010 – 424 pages

« Qui veux-tu être, Nawel?
Qui veux-tu vraiment être? »
Elle le savait désormais.
– Je me nomme
Nawel Hélianthas…
Un voeu, un simple choix,
possédait-il le pouvoir d’orienter
une existence entière?
– Je sollicite le droit et l’honneur
de revêtir…
Un mot, un unique mot
pouvait-il devenir une clef?

Mon avis

Les Âmes croisées… Un livre qui résume tout ce que fut Bottero: un écrivain à la plume extraordinaire, un auteur à l’imagination splendide, un romancier avec le coeur sur la main, un artiste dont la vie s’est achevé trop tôt, tout comme l’histoire de Nawel. C’était un moment particulier pour moi de lire le dernier roman imbriqué dans ce vaste puzzle qu’a créé Pierre Bottero.Une pièce manquante à jamais, deux, trois? On ne saura jamais. Profitons de ce qui existe au lieu de s’apitoyer sur ce qui ne verra jamais le jour!

J’ai été très émue en commençant ce livre parce que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un Bottero pareil. Les limites obscures de la magie, c’était différent. C’est un livre que Pierre n’a pas eu le temps de retravailler, un livre teinté par la présence d’Erik L’Homme aussi, un livre fantastique qui se passe dans notre monde réel. Les Âmes croisées… c’est autre chose. Comme dans tous les livres de fantasy ou de fantastique que Pierre Bottero a écrits, l’héroïne, Nawel, est une fille forte, mais ô combien humaine de par ses faiblesses qui la rendent vulnérable. Chacun des personnages principaux que cet auteur a fait naître connaissent dans leur univers respectif une évolution psychologique marquée et admirablement bien décrite. Ces jeunes filles, et plus rarement ces jeunes hommes, deviennent des adultes au fil des péripéties, des femmes ou des hommes plus matures, forgés par les épreuves, les défaites et les victoires, transformés par les prises de conscience et les réflexions profondes, façonnés par les sentiments nouveaux et les tempêtes d’émotions, irrémédiablement changés par les décisions prises et les choix déchirants. Portés par la vie. Comme n’importe quel autre être humain.

Nawel, cette Jurilane au départ égoïste et à l’esprit étroit, découvrira ce que le pouvoir lui aura toujours caché. Les conséquences de ses actes lui renvoie, à l’image d’un miroir, la similitude entre la relation des Cendres avec les Perles et sa relation entre elle et ses parents. Les uns tenus dans l’ignorance par peur de la rébellion, les autres manipulant dans l’ombre. Nawel s’appuiera sur la force de ses nouvelles convictions, certes encore un peu tremblantes, pour faire le choix que personne n’attendait d’elle, pour faire le choix que tant d’autres n’ont justement pas eu la force de faire. Sa décision ébranlera nombre d’esprits, incompréhension pour certains, admiration pour d’autres. Elle saura inspirer ses amis vers un chemin de droiture où le hasard n’existe pas. Une histoire que certains lecteurs qualifieront peut-être de trop rapide, mais l’auteur sait, comme toujours, nous faire oublier les minimes défauts de ses oeuvres par un style délectable et imagé ainsi que par les cascades d’émotions et le rythme soutenue du récit.

Pierre Bottero… me touche d’une façon indescriptible. Il vient chercher quelque chose d’enfoui très profondément en moi. J’étais dans un moment difficile, je me sentais mal. Sans hésitation, et même avec la certitude que cela m’aiderait, je me suis plongée dans Les Âmes croisées… pour en ressortir merveilleusement apaisée. C’est ce qui se produit à chaque fois je m’immerge dans un Bottero, un Bottero travaillé à la perfection dont chaque mot est empreint de force et de sagesse, de promesses. La plume de Pierre agit comme un baume sur moi. Impossible à décrire. Indéfinissable. Ça se vit, c’est tout.

C’est si déchirant de savoir qu’on ne connaîtra jamais la suite de l’histoire de Nawel (et de bien d’autres). Une suite qui s’imposait, de toute évidence, mais n’existera pas, si ce n’est que dans l’imagination de chacun des lecteurs. J’aurais aimé connaître les premiers mots échangés entre Nawel et le trio (dont un peu deviner l’identité) qu’elle devait rencontrer, j’aurais aimé savoir si Ergaïl allait réussir à imposer les changements qu’il désirait, j’aurais aimé connaître enfin tous les liens unissant les différents mondes créés par Pierre. Un suspens éternel. Même le meilleur auteur de thriller n’aurait pu tissé un suspens aussi insoutenable: il a la classe Pierre Bottero, non? =P

Pour terminer, je glisse quelques mots sur la couverture (c’est devenu une habitude ^^). J’adore celle qu’a fait Gilles Francescano pour Les Âmes croisées! J’ai d’autant plus hâte de lire Le chant du troll, le conte graphique de Pierre Bottero illustré par Gilles Francescano! Sur la présente couverture, on y voit les deux personnages clefs de l’histoire et la porte qui scellera le destin de Nawel, avec le titre en relief, c’est magnifique à regarder. Pour ma part, j’ai trouvé l’omniprésence du jaune très significative parce que c’est une couleur plus lumineuse que celles utilisées pour les autres couvertures des Bottero et ce livre avait pour but de mettre en lumière les différents liens unissant les univers de Bottero. D’ailleurs, je m’étais toujours demandé pourquoi il y avait eu des changements d’illustrateurs pour les livres de cet auteur, mais je crois que je viens de comprendre. Jean-Louis Thouard a dessiné pour La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan et Le pacte des MarchOmbres, soit l’univers de Gwendalavir. Didier Garguilo a dessiné pour L’Autre, c’est-à-dire l’univers des sept familles. Et finalement, Gilles Francescano a dessiné pour Les Âmes croisées, donc Juriland. Un monde, un illustrateur. Chaque dessinateur à son style alors il était sûrement plus facile de montrer que les trois univers créés par Bottero sont différents en exploitant les différences stylistiques des illustrateurs! Ça fait du sens, selon vous?

Bref, Pierre Bottero a su une fois de plus m’émerveiller au plus au point et m’emmener loin, très loin de la réalité. Nawel est un personnage très intéressant et son évolution nous laisse voir une femme finalement remplie d’humanisme et d’honnêteté. Si on regrette de ne pas pouvoir connaître la suite, on savoure tout de même avec un incommensurable bonheur et un indicible plaisir Les Âmes croisées. C’est un des ultimes voyages que Pierre Bottero nous a offert, il faut en profiter! Laissez-vous transporter par l’écriture incroyable de cet homme..!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge La Fantasy pour les nuls!


Appréciation globale :

Coup de coeur!!

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A comme Association, tome 2 : Les limites obscures de la magie de Pierre Bottero

11 Jan

Gallimard (Jeunesse)/Rageot – 2010 – 187 pages

Mon avis

Les limites obscures de la magie, première lecture de 2011, mais aussi première lecture d’un Bottero depuis le décès de ce dernier. C’est avec un brin de crainte et beaucoup de nostalgie que j’ai donc entamé ce deuxième tome d’A comme Association qui, je le rappelle, peut être lu avant le tome 1 d’Erik L’Homme. En route pour une aventure fantastique une fois de plus réussie, du Bottero comme on l’aime et du A comme Association comme on en rêve!!

J’ai tout d’abord été déstabilisée, car je croyais que l’humour serait sensiblement pareil que dans La pâle lumière des ténèbres, sauf qu’Erik L’Homme et Pierre Bottero ont choisi de donner un ton différent l’un de l’autre à leur histoire entrecroisée. Alors qu’on avait des jeux de mots pourris (mais drôles) à la tonne dans le premier tome, on a ici un humour qu’on pourrait qualifier de plus fin. Ombe est très vive d’esprit et ses répliques empreintes de sarcasme font tout autant rire. Il n’y a pas à dire, faut pas l’embêter elle, parce qu’au sinon, on va se prendre une riposte cinglante en pleine tronche (certains personnages de l’histoire en font d’ailleurs l’expérience)!!

En parlant d’Ombe, personnage principal de ce tome, j’aurais tendance à dire qu’elle est plus psychologiquement approfondie que Jasper. On découvre au travers des 190 pages (juste ça!) ses forces et ses faiblesses, faiblesses qu’elle se refuse obstinément à laisser paraître devant qui que ce soit. Elle nous compte son passé, ses aventures solitaires et l’origine de sa farouche indépendance. On apprend à la connaître au fil de ses réflexions et de ses réactions fassent aux problèmes qui surgissent durant ses missions. On découvre donc que, Ombe et la discrétion, ça fait deux! Là où Jasper aurait agi tout en finesse avec la magie, Ombe préfère la force brute, beaucoup moins subtile, mais selon elle tout aussi efficace puisqu’elle déteste la magie. C’est d’ailleurs assez marrant de voir les situations un peu catastrophiques qui résultent de son absence totale de retenue!! Pierre Bottero a comme toujours un style délicieux, imagé et, malgré la brutalité qu’amène le personnage d’Ombe, rempli de poésie.

Ombe et Jasper, se sont donc des personnages totalement différents l’un de l’autre, ce qui donne une ambiance plus « personnalisée » à chacun des tomes. Jasper à 15 ans a encore beaucoup de sagesse à acquérir. Son humour et ses réactions face au danger en sont d’ailleurs la preuve. Les 18 ans d’Ombe font toute la différence. Ce n’est plus une adolescente comme son acolyte, mais une jeune femme avec un humour et des gestes plus matures. Même si elle a tendance à foncer dans le tas pour ensuite mesurer les conséquences (tête brûlée pourrait-on dire), elle est forte et déterminée! Un personnage tout en contraste avec Jasper, moins frivole, mais tout aussi attachante! On l’admire un peu et on l’aime déjà beaucoup!

Deux petits mots sur la préface écrite par Erik L’Homme, également présente dans le tome 1. Elle est très touchante et nous permet de connaître la genèse de ce merveilleux projet qu’est l’Association. La réunion de deux auteurs et de deux éditeurs, de deux imaginations et de deux passions pour l’édition. Une aventure qui aurait pu se terminer abruptement, mais M. L’Homme a choisi d’honorer de façon mémorable Pierre Bottero en décidant de mener à terme ce projet commun à eux deux. Et on ne peut qu’être heureux qu’il ait fait ce choix, car avec ces deux premiers tomes d’excellentes factures, la suite est ultra prometteuse!!

Bref, on a droit encore une fois à une histoire qui va à 100 milles à l’heure (et c’est le cas de le dire)! De l’action en veux-tu en voilà, de la bonne vieille baston au lieu de la magie et un humour cuisant sont au rendez-vous, tout ça dans un maigre 190 pages! On aimerait en avoir beaucoup plus! L’indépendante Ombe en fait voir de toutes les couleurs à ses adversaires et nous charme dans le temps de le dire. Même si j’ai une préférence pour Jasper, j’ai lu ce tome en un après-midi tellement il était entraînant! Il n’y a plus qu’à attendre mars avec impatience pour la sortie des deux prochains tomes!

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

Tomes…
T.1: La pâle lumière des ténèbres – paru
T.2: Les limites obscures de la magie – paru
T.3: L’étoffe fragile du monde – paru
T.4: Le subtil parfum du soufre – paru
T.5: Là où les mots n’existent pas – paru
T.6: Ce qui dort dans la nuit – paru
T.7: Car nos coeurs sont hantés – paru
T.8: Le regard brûlant des étoiles – paru

Note: Les tomes 1 et 2 peuvent être lus dans
l’ordre inverse, c’est-à-dire le 2 avant le 1

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A comme Association, tome 1 : La pâle lumière des ténèbres d’Erik L’Homme

10 Jan

Gallimard (Jeunesse)/Rageot – 2010 – 154 pages

Mon avis

J’avais une légère appréhension en commençant ce roman parce que j’avais un peu de mal, depuis quelques temps, à pleinement apprécier les ouvrages jeunesse. Or, La pâle lumière des ténèbres est passé comme une lettre à la poste: j’ai a-do-ré!! Un véritable coup de coeur, de ceux qui vous donnent envie de recommencer le livre alors que vous venez tout juste de le terminer! Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel plaisir à lire un livre!

Lu le 31 décembre, je ne pouvais pas demander mieux pour terminer 2010! J’ai ri, j’ai souri, j’ai tourné les (trop peu nombreuses) pages à une vitesse folle! Jasper est maladroit, c’est un aimant à situations catastrophiques et une victime assidue de la loi de Murphy, mais cela le rend ô combien attachant!! Ses jeux de mots pourris m’ont bien fait rire! Les situations dans lesquelles il se met et ses réflexions personnelles sur celle-ci m’ont amusée au plus haut point! Bref, il est marrant ce Jasper! J’aime beaucoup ce personnage, Erik L’Homme a su en faire un personnage intéressant, certes un peu pathétique, mais très drôle! Malgré le fait que l’histoire se déroule seulement sur 154 pages, on a droit à la fois à beaucoup d’actions, mais aussi à de l’information au sujet de Jasper et de l’Association. Un roman complet donc, même s’il très trop court.

Erik L’Homme est un auteur que j’apprécie beaucoup. Il fait d’excellents livres jeunesse, notamment Phaenomen dont j’ai adoré les deux premiers tomes (le troisième n’étant pas encore lu). Cet écrivain a un style simple, sans toutefois tomber dans l’enfantin ni la simplicité excessive. On a effectivement droit, surtout dans ce livre-ci, à un vocabulaire assez riche et peu répétitif. J’ai adoré le passage où M. L’Homme fait une allusion implicite, mais somme toute facilement décelable (c’était sûrement le but recherché ^^) à une de ses oeuvres et à une de celles de Pierre Bottero : « Plus loin, sur des rayonnages en verre, des livres. Des incontournables comme Oui-oui contre les vampires et L’Ange agent secret, L’Île aux treize horreurs et Le Capitaine qui fracasse, Le Livre d’Ezétoal et L’Immonde Ewilan. Et puis d’autres, plein d’autres. » Cela m’a fait beaucoup sourire!! C’est aussi, à mes yeux, une marque de complicité entre l’auteur et le lecteur, mais aussi entre Erik L’Homme et notre regretté Pierre Bottero.

Quelques mots aussi sur le livre en tant qu’objet. Le logo de l’Association, et par le fait même de la série, qu’on retrouve sur la couverture représente très bien le côté magique de l’histoire avec son pentacle et ses runes (les noms de ces dernières m’ont d’ailleurs fait penser aux oghams du Livre des étoiles). J’ai également beaucoup aimé le quatrième de couverture (que j’ai tenté de reproduire du mieux que j’ai pu si haut). Ça change des habituels petits blocs de texte tout en étant aussi efficace. C’est une forme qui est aussi, selon moi, beaucoup plus vendeuse auprès des jeunes (le public-cible) parce que c’est différent et original. Cependant, ce qui m’a le plus agréablement surprise, c’est les deuxième et troisième de couverture qui sont eux aussi illustrés en couleur. Je crois que c’est la première fois que je vois ça dans un livre et c’est singulièrement plus attrayant qu’une page blanche! Chouette concept encore une fois!

Bref, ce trop court roman est une excellente lecture, riche en rebondissements et bourrée d’humour! Jasper est un personnage attachant et très drôle, tout comme les situations dans lesquelles il se met! Erik L’Homme nous livre un délicieux premier tome d’une série qui en semble d’autant plus prometteuse! Le tome 2 écrit par Pierre Bottero sera ma première lecture de 2011 et j’ai bon espoir qu’elle soit aussi succulente!

Appréciation globale :

Coup de coeur!!

Tomes…

T.1: La pâle lumière des ténèbres – paru
T.2: Les limites obscures de la magie – paru
T.3: L’étoffe fragile du monde – paru
T.4: Le subtil parfum du soufre – paru
T.5: Là où les mots n’existent pas – paru
T.6: Ce qui dort dans la nuit – paru
T.7: Car nos coeurs sont hantés – paru
T.8: Le regard brûlant des étoiles – paru

Note: Les tomes 1 et 2 peuvent être lus dans
l’ordre inverse, c’est-à-dire le 2 avant le 1

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Évadés de l’enfer! d’Hal Duncan

9 Jan

Escape from Hell! (traduit par Florence Dolisi) – Gallimard (Folio SF) – 2010 – 216 pages

Eli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau… en partance pour l’Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n’en est qu’une copie… franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n’ont plus alors qu’une idée en tête : trouver un moyen de s’évader.

Mon avis

La blogosphère littéraire francophone, très majoritairement européenne, foisonne de petits concours en tout genre, mais rares sont ceux qui offre la livraison outre-atlantique. Ainsi, quand celle-ci est proposée, je saute à pieds joints sur l’occasion parce que, je ne vais pas m’en cacher, j’aime bien recevoir des livres gratos (et je ne dois pas être la seule =P)!! C’est pour cette raison que j’ai participé au concours organisé par Imaginelf, en association avec FolioSF! L’objet du concours? Cinq exemplaires d’Évadés de l’enfer! d’Hal Duncan. C’est après seulement deux tentatives que j’ai réussi à empocher ce petit roman dont je vous parle sans plus tarder…

Je vous le dis, ce livre, c’est un concentré d’actions!  » Paw paw! Boum! Pataclaw! Ça passe pas? Pas grave, on passe quand même!  » Ça résume assez bien l’ambiance je crois! Le rythme est en effet très rapide, soutenu, il n’y a pas vraiment de temps morts jusqu’à la fin du roman, c’est explosif et, permettez-moi le jeu de mots, ça va à un rythme d’enfer. Je pense que ce qui est le mieux pour ce roman, c’est de le lire d’un coup, comme je l’ai fait, pour ne pas se perdre dans la succession d’actions. Il y a tellement de choses qui se produisent dans ces deux cents pages qu’on peut facilement se perdre si on ne lit que par petits bouts. Et puis, de toute façon, à la vitesse à laquelle se déroule l’histoire, ça se lit en une journée à peine!

Mais, sincèrement, je crois que je n’ai jamais lu quelque chose d’aussi… déjanté! C’est gore et très imagé, c’est satirique et franchement décalé, très drôle à certains moments… C’est donc très déroutant au premier abord. L’univers est sombre et glauque (en même temps, on est en Enfer hein ^^), les descriptions sont parfois très écoeurantes et le language est cru, mais colle bien au contexte parce qu’on n’a pas à faire à des enfants de choeur. À petite dose, c’est donc sympa, mais je ne sais pas si j’aurais été capable d’ingérer un livre de 500 pages dans le même style. Un peu, ça va, mais j’ai l’impression que trop, ça pourrait vite devenir indigeste.

Côté personnages, on ne peut pas dire qu’ils sont attachants, mais faut dire que, s’ils sont en Enfer, c’est pas pour rien. J’ai par contre adoré la présence d’un certain ange en particulier qu’on rencontre vers la fin de l’histoire, dans les (très) bas sous-sols, très rigolo et avec une grosse étincelle de folie bien marrante. Ce que j’ai par contre trouvé bizarre dans tout le roman, c’est quand la narration à la deuxième personne du singulier (« tu ») commence à embarquer. J’avais l’impression de me retrouver dans un livre dont vous êtes le héros…

Bref, désolé pour cette billet un peu décousu, mais le livre l’est tout autant, donc difficile de faire autrement! C’est un roman explosif et excentrique, sombre et dépressif, mais en même critique et exultant. Un OVNI déstabilisant à consommer à petite dose! Un gros merci à Imaginelf d’avoir pu me permettre de découvrir cet auteur qui, paraît-il, a aussi écrit un excellent dyptique!

Appréciation globale :

Très bien!

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Les chroniques de Victor Pehlam, tome 1 : La fleur mécanique de Pierre-Olivier Lavoie

7 Jan

AdA – 2010 – 608 pages

Victor est un adolescent vivant à Londres dans une ère où la technologie est plus présente que jamais. Les cieux bourdonnent de dirigeables et de gyrocoptères tandis qu’au plus profond de l’océan, un peuple d’hommes chevauchant des mammifères marins excavent du minerai. C’est exact, nous sommes en plein coeur des années 1800. Physiquement limité et se déplaçant à l’aide d’une canne, notre jeune protagoniste vivra une aventure plus qu’extraordinaire qui le mènera, malgré-lui, en Norvège comme en Égypte et même jusque dans la cité portuaire de Québec. Tout au long de son long périple, Victor rencontrera des personnes de tous genres, alliés ou non, tel des gobelins, un épouvantail vivant et des satyres. Notre jeune ami découvrira également la vérité bien étrange sur ses origines ainsi que celle du monde plutôt inhabituel dans lequel il évolue.

La quête vers la « Fleur mécanique » vient de commencer…

Mon avis

Au Québec, les lecteurs ont de la chance au niveau des achats de bouquins puisque les magasins vendant des livres ont le droit d’appliquer divers rabais et réductions sur les ouvrages. Ce qui fait que ce gros pavé grand format neuf de 600 pages qu’est La Fleur mécanique m’a à peine couté un peu plus de 5 dollars (4 euros). Pour une telle brique, c’est assez bon marché! Tout ça pour dire que j’ai profité de ce prix de lancement pour acheter ce premier roman, jeunesse, d’un auteur québécois que je ne connaissais pas du tout. C’était parti pour une découverte!

Dès les premières pages, on a droit à une ambiance dérangeante. Des enfants dociles comme des agneaux, à peine mieux nourris que des animaux, mais ils ne se plaignent pas. Jamais, même pas quand ils sont seuls, sans supervision. La situation laisse donc aisément présager que quelque chose ne tourne pas rond. Et pourtant, cela semble normal pour les personnages alors que le lecteur sait pertinemment que c’est tout le contraire. C’est donc avec les sourcils froncés qu’on amorce la lecture de cette aventure qui, bien vite, prend un tournant effrené!

L’action est toujours présente, ce qui fait, pour un livre de cette taille, beaucoup de péripéties!! Beaucoup de rebondissements donc, mais des scènes un peu inutiles à mon avis (la bataille des wyvernes par exemple…) et quelques facilités au niveau de l’intrigue, comme l’interruption d’une nouvelle créature pour faire avancer l’histoire. Par chance, l’univers n’est pas trop machinéen. On doute des intentions de certains personnages, on est surpris quand on apprend que tel ou tel protagoniste est en fait du mauvais côté, etc. Les gentils ne sont pas nécessairement gentils et pareil pour les méchants.

Le personnage principal, Victor, est bien campé et bien décrit psychologiquement. Les plus jeunes le trouveront attachant. Les plus vieux aussi, mais on finit par se lasser par sa trop grande sensibilité. Refuser de tuer quelqu’un ou quelque chose au péril de sa vie, c’est contraire à l’instinct de survie qui prend normalement le dessus dans ce genre de situation. Avoir eu Victor en face de moi dans ces moments-là, je lui aurais bien envoyé une ou deux gifles. ^^ Au moins, il fait preuve d’un peu plus de jugement à la fin de l’histoire!

Outre le côté aventurier du roman, ce livre expose de belles valeurs à travers l’histoire et les agissements des personnages: loyauté, humanisme, compassion, courage, acceptation de soi sont des vertus qui figurent implicitement dans le texte. On sent un désir de la part de l’auteur de passer un message de tolérance également (enfin, c’est ce que j’ai ressenti) au vu des amis de Victor qui sont d’origines et de races très variées.

Bref, c’est un bon ouvrage pour les jeunes (dommage que la grosseur du livre puisse les rebuter) puisqu’il est bourré d’action et que les personnages sont attachants. Il cautionne en plus de belles valeurs. Les lecteurs plus âgés seront peut-être agacés par les facilités scénaristiques, les quelques passages inutiles et l’hypersensibilité du personnage principal, mais ils sauront tout de même apprécier les aventures rocambolesques du jeune Victor! La fin est un peu sous forme de conclusion, mais malheureusement (ou heureusement pour le portefeuille ^^), elle ne donne  pas nécessairement envie de se jeter sur la suite..! Mais reste que le quatrième de couverture du deuxième tome est assez intéressant..! =D

Appréciation globale :

Bien.

Tomes…
T.1: La Fleur mécanique – paru
T.2: La Particule d’Ixzaluoh – paru
T.3: Le Linceul de l’antiquaire – paru
T.4: Le Métronome de Maébiel – paru
T.5 : L’Engrenage du métronome – paru
T.6: Nom indéterminé – à paraître

Challenge Guy Gavriel Kay

6 Jan

Habituellement, je réunis mes challenges sur ma page Les défis, mais comme celui-là, c’est le mien, mon bébé, mon challenge à moi, je vous le présente!

CHALLENGE GUY GAVRIEL KAY

Guy Gavriel Kay est un auteur canadien que j’ai eu la chance de découvrir il y a quelques années avec La Tapisserie de Fionavar, qui fut un coup de coeur énorme pour moi à l’époque. Depuis, je n’ai lu que deux autres livres de cet auteur, mais je compte bien continuer l’exploration de son oeuvre!!

Je me suis alors dit: « Bah pourquoi pas embarquer d’autres personnes dans ma découverte? » L’idée de créer un challenge à l’honneur de Guy Gavriel Kay a donc germé tranquillement dans ma tête. J’en ai un peu parlé sur le forum de Livraddict et j’ai découvert que certains étaient intéressés par l’idée. Après quelques mois, le voici, le voilà, ce fameux challenge! Avec l’aide de Taliesin, également fan de Guy Gavriel Kay, j’ai élaboré plusieurs niveaux qui, je l’espère, conviendront à tous!

Niveau 1 : Découverte (1 livre)

  • Les lions d’Al-Rassan
  • Tigane
  • Le Dernier rayon du soleil*
  • Un tome d’une série

* Le Dernier rayon du soleil n’est pas une œuvre très abordable pour une première dans l’univers de cet auteur, donc je le déconseille si c’est votre premier livre de Guy Gavriel Kay

Niveau 2 : Le petit périple (Une série complète)

  • La mosaïque de Sarance, 2 tomes
  • La Tapisserie de Fionavar, 3 tomes

Niveau 3 : Entrelacs magiques (1 série complète + 1 tome unique)

  • Les lions d’Al-Rassan
  • Le Dernier rayon du soleil
  • Tigane
  • La mosaïque de Sarance, 2 tomes
  • La Tapisserie de Fionavar, 3 tomes

Niveau 4 : Le voyageur (Intégralité des tomes uniques)

  • Les lions d’Al-Rassan
  • Tigane
  • Le Dernier rayon du soleil

Niveau 5 : Le grand périple (Intégralité des séries)

  • La mosaïque de Sarance, 2 tomes
  • La Tapisserie de Fionavar, 3 tomes

Niveau 6 : Le sacrifice ultime

  • Les Lions d’Al-Rassan
  • Tigane
  • Le Dernier rayon du soleil
  • La Mosaïque de Sarance, 2 tomes
  • La Tapisserie de Fionavar, 3 tomes

Les jokers

Les jokers peuvent être utilisés pour remplacer un livre de vos challenges (1 joker = 1 livre/tome).

  • Les chevaux célestes (Sous le ciel au Québec), paru après le début de ce challenge
  • Ysabel, VF uniquement parue au Québec
  • La chanson d’Arbonne / Une chanson pour Arbonne (Paru chez l’Atalante en 97, mais jamais réédité depuis, donc il est très dur à trouver. Il existe une édition québécoise paru en 2001.)
  • Le Fleuve des étoiles, VF uniquement parue au Québec
  • Beyond This Dark House, recueil de poèmes uniquement disponible en VO

Ce challenge est à durée illimitée, donc il n’y a aucune raison pour que vous ne vous inscriviez pas! (mouahahah)

Les livres déjà lus comptent dans le challenge si vous avez fait une chronique à leur sujet. Donc, si vous l’avez lu, mais que vous n’avez pas écrit votre avis à son sujet, il ne compte pas!

INSCRIPTION

Pour s’inscrire, il suffit de me laisser un commentaire ici, en précisant pour quel niveau vous vous inscrivez, et de faire un article sur votre blog. Je ferai un suivi des chroniques au fil du temps pour que chaque participant puisse voir les chroniques des autres!

Je mets à votre disposition les deux bannières présentes dans cet article (au tout début et à la toute fin de l’article) ainsi que les deux petits logos qui en découlent.

Si jamais quelqu’un a envie de proposer d’autres logos ou d’autres bannières, vous avez le feu vert, je suis même preneuse!!

Les participants:

Acr0, Le sacrifice ultime (niveau 6)

Alicia, Découverte (niveau 1)

Allie, Le petit périple (niveau 2)

Caelina, Le grand périple (niveau 5)

Céline, Le Voyageur (niveau 4)

Eirilys, Le petit périple (niveau 2) CHALLENGE RÉUSSI

Emeralda, Découverte (niveau 1)

Grafik & Grafok, Le petit périple (niveau 2)

Isallysun, Découverte (niveau 1) CHALLENGE RÉUSSI

Laea, Le grand périple (niveau 5)

Lael, Découverte (niveau 1) CHALLENGE RÉUSSI

Lau1307, Découverte (niveau 1)

LefsÖ, Le sacrifice ultime (niveau 6)

Lintje, Sacrifice ultime (niveau 6) CHALLENGE RÉUSSI

Maêlle, Sacrifice ultime (niveau 6) CHALLENGE RÉUSSI

Malaury, Entrelacs magiques (niveau 3)

Marise, Entrelacs magiques (niveau 3)

Martina Frammartino, Le sacrifice ultime (niveau 6) (chroniques en italien)

Merkillia (moi-même), Le sacrifice ultime (niveau 6)

Nono in the Sky, Le Sacrifice ultime (niveau 6)

Nymeria, Entrelacs magiques (niveau 3)

Pando, Le sacrifice ultime (niveau 6)

Plumeline, Le petit périple (niveau 2)

poet24, Le Sacrifice ultime (niveau 6)

Pommette, Le sacrifice ultime (niveau 6)

Setsuka, Le petit périple (niveau 2)

Shaya, Découverte (niveau 1)

Taliesin, Le sacrifice ultime (niveau 6)

L’image est la création de: Gate-To-Nowhere