L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón

9 Nov
L'Ombre du vent

La Sombra del Viento (traduit par François Maspero) – Le Livre de Poche – 2010 – 637 pages

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du vent.

Mon avis

L’Ombre du vent pourrait être un titre fort à propos pour relancer mon blog quelque peu délaissé : je ne fais que passer en coup de vent et mon blog n’est que l’ombre de lui-même depuis de nombreux mois. J’ai terminé ce livre en août 2011, mais, pour diverses raisons déjà évoquées ailleurs, cela a pris un certain temps avant que je ne commence la rédaction de ce billet, et quelque temps encore avant que je le termine. Et par la suite, pour une raison un peu obscure à moi-même, il est resté non publié pendant de longs mois encore ! Toutefois, je tenais à le faire parce que c’est un roman qui, selon moi, mérite qu’on parle de lui (comme en témoigne la probable centaine, voire plus, de billets déjà existants à son sujet ^^).

L’Ombre du vent est un livre indéfinissable, mêlant à la fois le drame, la romance, l’histoire et le suspense. Tout commence avec un père veuf et son fils qui tiennent un petit commerce (une librairie plus précisément). Mais voilà, cette histoire qui aurait pu être banale est d’abord campée dans un certain cadre historique : Espagne de 1945. Puis, d’un simple livre choisi au hasard naît toute une intrigue, tout un jeu d’indices, de demi-vérités et de surprises. Quand on rencontre par la suite Lain Coubert pour la première fois, on a l’impression de frôler le fantastique. Et enfin, tout au long de l’histoire, on découvre que c’est en fait un grand drame qui se cache derrière tout ça, mais avant tout une histoire d’amour aussi.

Bien des auteurs se seraient cassés les dents à essayer d’entrelacer tous ses genres en une seule et même histoire, mais Carlos Ruiz Zafón le fait de main de maître, de façon totalement harmonieuse. C’est un puzzle envoûtant qui captive complètement. Tout est inextricablement lié, tout s’entrecroise et rien n’est tiré par les cheveux ou tarabiscoté malgré la complexité du récit. Chaque détail a son rôle dans l’histoire et est judicieusement placé.

Carlos Ruiz Zafón a une très belle plume, il écrit de belles choses, pleines de vérité et je comprends désormais pourquoi il est un auteur tant cité. Je pense que chaque lecteur sera touché par certaines de ses phrases. Les descriptions sont poétiques et les émotions sont bien retranscrites et transmises au lecteur. Ça se lit presque tout seul.

Voilà un livre qui, à mes yeux, mérite son succès, tout simplement. Allez, pour la route, voici une petite citation qui m’a bien fait réfléchir: « Pendant qu’on travaille, on ne regarde pas la vie dans les yeux. » (p.480)

Appréciation globale :

Excellent!!

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Bilan « Fin de série » 2013-2014

16 Jan

logofindeserie1

Il y a trois ans, je décidais d’adhérer au concept « Fin de série » lancé par Acr0, dont le principe est de « continuer et terminer ses séries dans un délai respectable ». Si je me débrouille plutôt pas mal dans l’accomplissement de cette résolution (de mon point de vue), je suis on dirait beaucoup moins assidue niveau bilan. Comme vous pouvez le constater, j’ai effectivement omis de faire mon bilan de 2013. Ahem. Pour me faire pardonner, c’est donc un bilan double qui vous attend cette année ! 

2013

Une année livresque plus ou moins prolifique, mais durant laquelle j’aurai tout de même entamé davantage de séries que j’en aurai terminé. Gloups.

Séries terminées (2)
  • Le Roi Corbeau de Stephen Lawhead (3 tomes, 1 lu en 2013)
  • A comme Association d’Erik L’Homme et Pierre Bottero (8 tomes, 3 lus en 2013)
Séries commencées (3)
  • Le dernier jardin de Lauren DeStefano (lecture du tome 1)
  • Le protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger (lecture du tome 1)
  • La trilogie de l’héritage de N.K. Jemisin (lecture des tomes 1 et 2)

2014

En termes de nombre de séries, l’année 2014 n’est pas très impressionnante, mais quand on s’attarde au nombre de tomes lus (11), je trouve que c’est quand même bien !

Séries terminées (2)
  • La trilogie de l’héritage de N.K. Jemisin (3 tomes, 1 lu en 2014)
  • Les Haut-Conteurs d’Oliver Peru & Patrick McSpare (5 tomes, 2 lus en 2014)
Séries poursuivies (1)
  • La Communauté du Sud de Charlaine Harris (lecture des tomes 2 à 9)
Séries commencées (0)

Aucune

Nouvelles séries en attente (1)
  • Sous le ciel de Guy Gavriel Kay

(rappel : une série en attente est une série non entamée dont je possède au moins un tome)

Conclusion

Comparer à d’autres, je n’ai pas une avancée astronomique dans mes sagas, mais d’une part, il faut dire que je n’ai pas tant de séries en cours (24 au 31.12.14). D’autre part, je lis beaucoup moins qu’avant (et que certains), donc normal que ça avance moins vite. Cependant, je commence relativement peu de nouvelles sagas (0 en 2014, z’avez vu !), donc pour moi c’est ce qui fait que mon engagement est satisfaisant jusqu’à maintenant !

En avant pour une autre année et vers toujours plus de sagas terminées !

2014 : bilan, bilan… dis-moi ce que j’ai lu

9 Jan

Bonjour à tous !

En ce début d’année 2015, il convient évidemment de faire un petit bilan de l’année qui s’est terminée il y a quelques jours à peine (RIP 2014). As usual, commençons par quelques statistiques livresques.

Statistiques générales : 

  • 18 lectures (dont 5 relectures et donc 13 « nouvelles » lectures)
  • J’ai terminé 2 sagas et j’ai avancé dans seulement une autre de mes sagas en cours
  • Uniquement 3 petites chroniques pour 2014, mais c’est déjà une de plus que l’année dernière !

Un petit aperçu de la variété de mes lectures (pas très varié en fait ) :

  • Fantasy jeunesse : 5 livres
  • Fantasy : 3 livres
  • Bit-lit : 9 livres
  • Thriller : 1 livre

Voici la courte liste de mes lectures 2014, en ordre chronologique de lecture. Comme pour les bilans précédents, les « nouvelles lectures » sont en gras et les relectures en pas gras normal.

  1. On ne peut pas lutter contre le système de J. Heska
  2. La Tapisserie de Fionavar, tome 3 : La Route obscure de Guy Gavriel Kay
  3. La trilogie de l’héritage, tome 3 : Le Royaume des dieux de N.K. Jemisin
  4. La Communauté du Sud, tome 1 : Quand le danger rôde de Charlaine Harris
  5. La Communauté du Sud, tome 2 : Disparation à Dallas de Charlaine Harris
  6. La Communauté du Sud, tome 3 : Mortel corps à corps de Charlaine Harris
  7. La Communauté du Sud, tome 4 : Les sorcières de Shreveport de Charlaine Harris
  8. Druide d’Oliver Peru
  9. La Communauté du Sud, tome 5 : La morsure de la panthère de Charlaine Harris
  10. La Communauté du Sud, tome 6 : La reine des vampires de Charlaine Harris
  11. Les Haut-Conteurs, tome 1 : La Voix des rois d’Oliver Peru & Patrick McSpare
  12. La Communauté du Sud, tome 7 : La conspiration de Charlaine Harris
  13. Les Haut-Conteurs, tome 2 : Roi Vampire d’Oliver Peru & Patrick McSpare
  14. La Communauté du Sud, tome 8 : La mort et bien pire de Charlaine Harris
  15. Les Haut-Conteurs, tome 3 : Coeur de lune d’Olivier Peru & Patrick McSpare
  16. La Communauté du Sud, tome 9 : Bel et bien mort de Charlaine Harris
  17. Les Haut-Conteurs, tome 4 : Treize damnés d’Olivier Peru & Patrick McSpare
  18. Les Haut-Conteurs, tome 5 : La Mort Noire d’Olivier Peru & Patrick McSpare

Alors globalement, comment qualifier mon année livresque 2014 ? Sans les tomes de La Communauté du Sud, lectures ne demandant somme toute pas beaucoup d’effort, mon bilan aurait sans doute été une catastrophe. Il s’agit de mes premières lectures en bit-lit et, bien qu’idéal quand on veut une lecture sans prise de tête, je doute que cela devienne mon genre préféré. Évidemment, j’imagine que cette série n’est probablement pas représentative de tout ce qui se fait dans le genre (il y a de la diversité partout). Je ne dirai donc pas « non » à d’autres lectures de ce type, éventuellement. Toujours est-il que j’ai trouvé la série de Charlaine Harris divertissante sans être trop exaspérante (je ne suis décidément pas fan de Sookie et de certaines de ses manies, mais bizarrement, j’ai su passer par-dessus ça).

Sinon, mes autres lectures ont été règle générale assez bonnes. Le Heska a été une découverte intéressante, tandis que ma relecture du dernier tome de Fionavar a évidemment été un pur plaisir. Le dernier tome de La trilogie de l’Héritage a également été une très bonne lecture, qui clôt très bien une trilogie de fantasy de qualité qui sort des schémas classiques (à mon avis). Niveau fantasy adulte, Druide est également un bon cru. De la très bonne fantasy française, riche et élaborée. Quelques petits points m’ont dérangé, mais rien de majeur. J’ai finalement occupé le restant de mon année livresque avec Les Haut-Conteurs. Les deux derniers tomes, que je n’avais pas encore lus, sont vraiment très bien et confirment qu’il y a une montée en puissance à chaque volume. En effet, on partait avec un premier tome plutôt gentillet pour finir avec un dernier tome assez sombre. Une très belle progression.

En bref, j’ai connu de meilleures années, mais l’important pour moi en 2014 était de connaître une meilleure année qu’en 2013, alors c’est chose réussie puisque j’ai deux lectures et une chronique de plus ! Je me souhaite la même chose pour 2015. J’aimerais vraiment réussir à m’instaurer une routine livresque cette année, à savoir lire de façon régulière (un peu tous les jours ou minimalement un peu toutes les semaines) et chroniquer  davantage de livres. Toutefois, je suis consciente qu’avec mes études, ce n’est pas chose facile à faire, mais j’essaierai quand même !

Pour terminer, je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2015, pleine de santé et de prospérité, mais aussi de belles découvertes livresques et de coups de coeur ! 

Les Haut-Conteurs, tome 4 : Treize damnés d’Oliver Peru & Patrick McSpare

31 Déc
Scrinéo (Jeunesse) - 2011 - 338 pages

Scrinéo (Jeunesse) – 2011 – 338 pages

Perdu dans un pays de glace, Roland est prisonnier de sorcières. Indomptable, il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l’esprit, mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu, et même un Coeur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant, les réponses aux questions qu’il s’est toujours posées sont à portée de voix… Car ses geôlières semblent tout connaître du Livre des Peurs.

À Rome, Alexandrie, Bruxelles, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. Tous deux se sont évaporés après leur aventure sur les terres maudites de Ravengen. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l’Insondable et Corwyn le Flambloyant collectent des indices et progressent vers le nord de l’Europe, sur la piste des Treize damnés et des origines du Livre.

Roland et ses amis sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n’avait seulement osé imaginer ? Dans la vaste cité souterraine peuplée de spectres, l’Immortel attend son heure.

Voici venue l’histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations…

Mon avis

Ayant envie d’avancer un peu dans mes différentes sagas en cours, je me suis dit qu’une petite incursion dans l’univers des Haut-Conteurs serait fort à propos, d’autant plus que la suite et fin de cette pentalogie attendait bien sagement dans ma PAL depuis… je ne sais plus quand ! Bien m’en a pris, car si j’avais trouvé que le tome 3 rehaussait le niveau de cette saga, Treize damnés nous amène à un tout autre niveau encore une fois ! Je ne regrette donc pas du tout de m’y être replongée !

La fin de Coeur de lune nous laissait sur un beau gros point d’interrogation. On découvre donc peu à peu ce qui est finalement arrivé à Roland et ses compagnons. Ce dernier étant amnésique, on constate la situation au même rythme que lui, si bien que cela occupe une bonne partie du roman. Les auteurs auraient pu tomber dans la facilité en utilisant l’amnésie, mais c’est au contraire assez bien exploité. Je n’ai en tout cas pas senti que c’était uniquement un prétexte. De plus, on a droit ici à un opus plus sombre, qui flirte à maintes occasions avec la folie et la violence. Les protagonistes sont poussés dans leurs derniers retranchements et il est intéressant de les voir s’ingénier à trouver des solutions.

Le personnage de Roland connaît une très belle évolution dans ce tome. Par la force des choses, il gagne beaucoup en maturité, tout en restant fidèle aux valeurs profondément ancrées en lui. En effet, malgré l’amnésie, il saura en son fort intérieur que certains gestes qu’on lui demande de poser ne sont pas dans sa nature. Il fait également preuve d’une très grande persévérance et surtout d’une grande résilience. Il en est de même pour Mathilde, pour qui l’interminable captivité a dû être encore plus pesante puisqu’elle avait conscience de ce qui se passait et du temps qui filait. Lothar est quant à lui à la hauteur de ce que l’on connait de lui, c’est-à-dire perfide et manipulateur. J’ai néanmoins aimé le suivre dans ce tome. Il a été très intéressant d’en apprendre davantage sur lui et de voir l’ampleur de son obsession pour le Livre des Peurs.

On pourrait a priori penser que le fait que la très grande partie de l’histoire se déroule au même endroit, dans la Montagne hurlante, rende l’histoire ennuyeuse, mais ce n’est pas le cas. C’est un lieu suffisamment intriguant pour maintenir l’intérêt du lecteur tout au long du récit. On ressent assez bien l’aspect labyrinthique de l’endroit. J’ai également éprouvé le même malaise que Roland par rapport à ce mystérieux village, hors de la montagne. Je dois par contre avouer que j’aurais bien aimé en savoir davantage sur les recherches menées par l’Ordre Pourpre pour retrouver Roland et Mathilde. Quelques bouts de chapitres y sont consacrés, mais je trouve qu’on ne connaît finalement pas grand chose de l’Ordre en tant que tel, même rendu au quatrième tome, et c’est dommage parce qu’il me semble qu’il y a clairement matière à développer. Néanmoins, je reconnais que cet opus est, à mon avis, assez bien équilibré niveau action et qu’ajouter des informations sur l’historique de l’Ordre aurait peut-être cassé le rythme.

Un reproche que l’on pourrait cependant faire à ce tome est sa fin un peu expéditive. Ce « Pouf ! Tous les ennemis disparaissent » (ou à peu près) m’a un peu fait sourciller. J’ai honnêtement eu envie de me dire « tout ça pour ça » ? Mais bon, il faut avouer que nos héros se sont quand même bien fait bastonnés et maltraités tout au long du livre et, en somme, on reste content pour eux qu’ils puissent souffler un peu.

Bref, voici à nouveau un tome qui nous démontre que la qualité de cette saga ne fait que croître à chaque volume. Les personnages, confrontés à de sombres aventures, connaissent une grande mais douloureuse évolution. En dépit du nombre très restreint de lieux dans l’histoire, les auteurs ont insufflé un bon rythme au récit, sans tomber dans les clichés malgré l’utilisation d’un ressort vu et revu (l’amnésie). Même si je regrette cette fin un peu facile, j’ai passé un excellent moment et le cinquième et dernier tome ne restera probablement pas très longtemps dans ma PAL !

Excellent!!

Excellent!!

Tomes
T.1: La Voix des Rois – paru
T.2: Roi vampire – paru
T.3: Coeur de lune – paru
T.4: Treize damnés – paru
T.5: La Mort noire – paru

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La Tapisserie de Fionavar, tome 3 : La Route obscure de Guy Gavriel Kay

3 Mar
La route obscure

The Darkest Road (traduit par Élisabeth Vonarburg) – Alire – 2002 – 508 pages

L’hiver avait pris fin. Le cristal de convocation s’était embrasé. C’était la guerre, quelque part au nord, dans les ténèbres. Et un navire voguait vers l’occident…

Dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n’est qu’une ombre bien pâle, la puissance de Rakoth Maugrim, le dieu renégat, ne cesse de croître malgré les nombreux appuis accordés à l’armée des Lumières, conduite par Ailéron, le haut roi du Brennin, par plusieurs dieux et héros mythiques – dont Owein, le maître de la Chasse Sauvage, et Arthur Pendragon, le Guerrier revenu des morts.

Or, un ultime fil doit encore trouver sa place dans la trame complexe du Tisserand, et ce fil, c’est Darien, le fils de Jennifer et du Dévastateur lui-même. Mais jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres…

Mon avis

J’ai très mauvaise mémoire pour les histoires que je lis, même lorsqu’il s’agit de coups de coeur, mais quand un livre me fait grande impression, j’ai tendance à me rappeler assez bien à quel point il m’a procuré de forts sentiments. Relativement peu de livres ont la capacité de continuer à évoquer de tels émotions en moi malgré le temps qui passe. Pour ne citer que la fantasy : les Pierre Bottero, évidemment (particulièrement Le Pacte des MarchOmbres et Les Âmes croisées). Le Chant d’Albion de Stephen Lawhead, que j’ai découvert à peu près à la même époque que GGK. Et La Tapisserie de Fionavar, bien entendu. Elle m’a fait vibrer lorsque j’étais adolescente et m’a encore une fois fait vibrer aujourd’hui. Je ne me souvenais d’absolument rien concernant ce troisième tome, mais c’est sans surprise qu’il m’a emportée, qu’il m’a transportée. Il ne fait que confirmer pourquoi je gardais et je garderai probablement toujours un souvenir impérissable de cette trilogie.

Ce dernier livre est une conclusion remplit d’énormément de souffrance et de tristesse. On y voit les répercussions de la guerre, les changements qu’elle amène, ou plutôt ceux qu’elle impose. Dans bien des cas, c’est une souffrance sans commune mesure que l’on nous dépeint, qui émeut par sa grandeur et sa cruauté, mais en même temps nous horrifie. C’est une guerre sans merci, qui prend tout et ne donne rien, qui détruit impartialement mais si injustement tout sur son passage.

Soyez prévenus, Guy Gavriel Kay n’épargne pas ses personnages. Combien de fois ai-je vu la mort d’un personnage arrivée, combien de fois me suis-je dit « non, non c’est impossible, il ne peut pas le faire mourir, il y aura forcément un retournement de situation et il aura la vie sauve ». Et combien de fois me suis-je trompée. Des morts tragiques, mais des morts magnifiques aussi, pleines de lumière et pleine de vie. En fait, ils sont peu nombreux à mourir, mais ils laissent un vide si grand qu’on a l’impression qu’ils ont été plusieurs à nous quitter. La Tapisserie de Fionavar, c’est l’histoire de multiples sacrifices, mais aussi d’une profonde résilience. Chaque personnage dans cette histoire a effectué un quelconque sacrifice. Pour certains, il en a été de leur vie. Pour d’autres, leur liberté ou le contrôle de leur destinée. Pour d’autres encore, leur pouvoir. Le sacrifice d’un être cher, parfois. Autant de raisons différentes qui ne pointent pourtant que dans la même direction : vers la Lumière. Et aussi difficile que celui puisse paraître, chaque personnage finit par accepter de payer ce lourd tribut. Certains s’y résignent assez vite alors que pour d’autres, c’est un combat de tous les instants, une tentative de révolte contre un destin – une trame – implacable.

Un seul être, dans cette histoire, est libre de toute destinée préalablement tracée : Darien, le petit Dari… « Jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres ». Une phrase que je trouve splendide, sans vraiment savoir pourquoi. Darien a vraiment un destin exceptionnel et je regrette que si peu du récit, somme toute, lui soit consacré, considérant son importance dans l’histoire. Je ne sais pas précisément ce que j’aurais aimé savoir de plus, mais j’ai vraiment eu l’impression de ne pas le connaître assez. J’aurais également aimé en lire davantage sur les Paraïko, qui m’ont semblé passablement effacés. Peut-être Kay souhaitait-il conserver le mystère qui les entoure… Finalement, je trouve aussi dommage la présence quasi impromptue du dragon de Maugrim, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et qui repart aussi vite. J’aurais préféré qu’il soit complètement absent ou bien beaucoup plus présent, mais pas cet entre-deux qui n’a l’air que d’un prétexte pour la réalisation d’un autre évènement. J’ai trouvé que c’était fort mal amené.

Malgré cela, et plus encore que dans les deux premiers tomes, j’ai trouvé le style de Guy Gavriel Kay empreint d’un lyrisme incroyable. Sa plume m’a profondément touchée. C’est un travail fort probablement admirable qu’a réalisé la traductrice Élisabeth Vonarburg. Je n’ai jamais lu de GGK en VO, donc je ne peux évidemment pas juger de la qualité de la traduction, mais à voir comment j’ai été émue, je ne doute pas une seconde que le travail a été bien fait. Cela me donne bien envie de découvrir les propres oeuvres d’Élisabeth Vonarburg !

Je sais que plusieurs trouveront probablement cela ridicule, mais cette relecture m’a aussi fait réfléchir. Au sens de nos vies, à la place de chacun dans l’univers. Il m’a fait me demander pourquoi je suis là, pourquoi j’existe, quel est mon but, ma raison d’être. Et je pense que c’est extraordinaire qu’un roman puisse faire une telle chose. Peu importe que ce soit de la fantasy ou une histoire plus réaliste et contemporaine, je trouve que c’est magique à quel point les auteurs savent évoquer et faire naître des émotions en nous. Et c’est dans ces moments-là, quand je lis des auteurs comme Guy Gavriel Kay, que je ressens un immense respect envers eux.

Bref, c’est une conclusion douloureusement belle à cette magnifique trilogie qu’est La Tapisserie de Fionavar. Ce tome final nous fait prendre conscience de tous les sacrifices auxquels les personnages ont consenti et de la résilience dont ils font preuve. Guy Gavriel Kay nous livre un texte magnifiquement bien écrit qui a su m’émouvoir et me faire réfléchir. Chapeau à Mme Vonarburg pour la traduction. Tout ce que je regrette de ce tome est le trop peu d’attention accordée à Darien et aux Paraïko ainsi que l’introduction maladroite du dragon de Maugrim, mais ces petits détails ne pèsent pas bien lourd dans mon coeur. Désolée pour cette chronique qui me semble un peu émotive, mais bon, voilà, c’est l’effet que me fait GGK, que voulez-vous !  Ce fut encore une fois une relecture commune avec Taliesin; voyez son avis ici !

Coup de coeur!!

Coup de coeur!!

Cette chronique marque ma troisième contribution à mon challenge GGK !

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Tomes…
T.1: L’Arbre de l’été – paru
T.2: Le Feu vagabond – paru
T.3: La Route obscure – paru

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On ne peut pas lutter contre le système de J. Heska

24 Jan
Éditions Seconde Chance - 2012 - 336 pages

Éditions Seconde Chance – 2012 – 336 pages

Le système financier mondial vient de s’écrouler. Il ne s’en relèvera pas, plongeant toute une civilisation dans le chaos.

Lawrence Newton a accepté sa destinée. Il a renoncé à ses espoirs, à ses convictions, et à l’amour de sa vie pour suivre les traces de son père au sein du consortium HONOLA. Samson Bimda est le chef d’un village au nord de l’Ouganda. Les semences OGM vendues par la compagnie ruinent ses champs et ne lui permettent plus d’assurer sa subsistance. Clara, Hakim et Louise sont trois militants au sein du mouvement écologiste GreenForce. Au hasard d’une de leurs actions, ils tombent sur des documents compromettants qui vont les dépasser.

À la veille du plus grand sommet européen déterminant l’avenir de millions de personnes, chacun doit défendre ses intérêts, quitte à en payer le prix le plus lourd.

Mon avis

Depuis un an ou deux, j’ai pris, en quelque sorte (meaning : officieusement), la résolution d’oser davantage dans la vie, d’essayer de nouvelles choses, de sortir de ma zone de confort en somme. Le rapport avec ce livre ? Non, je n’ai pas décidé de me mettre à lutter activement contre le système, malheureusement. Seulement, je n’avais jamais participé à un livre voyageur et voilà que J. Heska a proposé d’en faire un spécialement pour le Québec pour son roman On ne peut pas lutter contre le système. J’ai hésité un peu, mais devant l’opinion généralement favorable de plusieurs internautes, j’ai décidé de sauter le pas et de tenter l’aventure ! Bon, certes, on a déjà vu plus audacieux comme nouvelle expérience, mais il faut bien commencer quelque part.  Et comme on dit, petit train va loin !

Alors tout d’abord, commençons par l’objet livre en lui-même. J’aime beaucoup la couverture, elle dégage un certain je-ne-sais-quoi… d’inquiétant, de fin du monde, de funeste. D’une certaine façon, elle me fait penser à celle du livre Le Vide de Patrick Senécal. Cependant, le fait que le nom de l’auteur ne soit pas inscrit sur la couverture mais uniquement sur la tranche me perturbe à chaque fois que je la regarde. Cela donne une couverture étrangement dénudée et un peu inachevée. Il faut néanmoins avouer que ça a le mérite de la rendre intrigante et de la faire sortir du lot.

Venons-en à l’histoire maintenant. L’auteur aborde une multitude de sujets, comme l’économie, l’écologie et la politique, et mêle plusieurs genres (thriller, un peu de science-fiction et de philosophie, aventure), mais cet amalgame reste somme toute cohérent, les thèmes choisis allant souvent de pair. J. Heska traite de sujets complexes sans toutefois s’engoncer dans des explications détaillées, ce qui est à la fois positif et négatif. C’est bien parce que, pour le lecteur qui ne connaît rien à des sujets comme la finance ou les OGM, se faire expliquer des sujets de ce genre (comme la titrisation de dettes qui demande la connaissance d’autres concepts financiers au préalable) au travers d’un roman ne serait pas nécessairement folichon. Cependant, ceux qui ont déjà de bonnes connaissances dans ces domaines et/ou les curieux y trouveront peut-être un goût de trop peu. Pour ma part, je dirais que je me situe entre ces deux « extrêmes », donc cela ne m’a pas dérangé. L’auteur a fait le choix de ne pas faire de son roman un écrit de vulgarisation et, de mon côté, je pense que c’est une bonne décision.

Malheureusement, l’histoire s’avère au final un peu abracadabrante. Les personnages principaux semblent pour la plupart invincibles (oui, ils subissent des blessures, mais ils s’en remettent assez rapidement). On assiste à un complot qui, selon moi, ne fonctionnerait pas dans la vie réelle. Plus il y a de gens impliqués dans une conspiration (volontairement ou non), plus il est difficile que ladite conspiration fonctionne. Or, il y a justement beaucoup de personnes qui sont mêlées à cette histoire, donc il est à mes yeux (avis totalement personnel) improbable que l’instigateur ait réussi à faire ce qu’il a fait. L’histoire manque donc un peu de réalisme. Toutefois, la révélation finale concernant l’identité de l’instigateur en question m’a vraiment surprise, je ne m’y attendais pas du tout. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé l’épilogue. Non seulement on découvre qui est l’instigateur, mais en plus, l’auteur nous repasse certaines scènes sous un nouveau éclairage, ce qui fait qu’on comprend tout !

Pour ce qui est des personnages, j’ai trouvé Newton attachant, même si je ne suis pas d’accord avec sa décision. [Attention spoiler] Les crises financières qui se sont produites ces dernières années montrent qu’il ne suffit pas de faire tomber le système pour qu’il change. À presque tous les égards, notre système est resté pareil à ce qu’il était avant les crises. Faire ainsi crasher le système s’apparente plutôt à mes yeux à une vengeance personnelle de Newton envers son père et HONOLA, mais bon, ça c’est mon interprétation bien à moi. [Fin du spoiler] Malgré ça, je l’ai bien aimé, ce Newton, il a quelque chose de faillible qui le rend humain. À vrai dire, je crois que c’est le seul personnage auquel je me suis vraiment attaché. Je n’ai rien ressenti de particulier pour le personnage de Claire. Hakim et Louise ne m’ont pas marquée (en fait, j’ai trouvé Louise un peu tête à claques) et les autres personnages sont trop peu présents pour que l’on puisse se lier à eux (mais j’ai bien aimé Marty McFly par contre ^^).

Au niveau de la structure du récit, je suis partagée. La présence de flashbacks, de va-et-vient dans le temps et de chapitres sous différentes formes permettent à l’histoire de ne pas être trop linéaire. Cependant, j’ai trouvé que certains chapitres étaient mal mis en contexte du fait qu’ils n’étaient pas présentés de façon chronologique. De plus, je n’ai personnellement pas apprécié les chapitres « journalistiques ». J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas un ton réaliste (peut-être à cause de la retranscription par écrit de nouvelles « initialement » télévisées). Pour ce qui est des dialogues, j’ai eu à plusieurs reprises de la difficulté à déterminer qui parlait, ce qui est plutôt gênant. À noter également la présence de quelques coquilles ici et là qui, sans gâcher la lecture, agacent toujours un peu l’oeil.

Bref, on a là une histoire aux multiples facettes en ce qui a trait aux thèmes et aux genres, avec un personnage principal quand même attachant, mais le récit souffre cependant d’un certain manque de réalisme et d’une structure qui ne m’a pas pleinement convaincue. Néanmoins, même si mon verdict semble plutôt négatif, j’ai dans les faits passé un sympathique moment. Ça se lit bien, le suspense est au rendez-vous (un peu moins sur le début, mais c’est normal) et malgré les thèmes abordés, on n’a pas l’impression de se faire faire la morale. À lire, donc, si l’économie, l’écologie et la politique ne vous rebutent pas et que vous avez envie d’une petite lecture pas trop prise de tête ! Je remercie chaleureusement J. Heska d’avoir permis à son livre de voyager ainsi jusqu’au Québec et merci également à la personne qui me l’a fait parvenir. Présentement, il n’y a personne après moi dans la liste, mais s’il y a une québécoise qui passe ici et qui aimerait le lire, je me ferai un plaisir de lui envoyer, pour que cette belle aventure livresque se poursuive !

Bien.

Bien.

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2013 : Bilan de l’année…

6 Jan

2013, sacrée année 2013…

Si j’ai trouvé 2012 catastrophique au niveau de mon blog, et bien c’est encore pire pour 2013. Et niveau nombre de lectures, on assiste également à un désastre… Aïe ! Vous l’aurez compris, 2013 n’a pas été une très bonne année livresque pour moi. La faute à une panne de lecture, qui s’est éternisée à cause de ma conjoncture personnelle, et à un coup de mou bloguesque qui sévit depuis 2011 et duquel j’ai du mal à me sortir.

Mais qu’à cela ne tienne, une nouvelle année commence et elle sera – espérons le très très fort – signe de renouveau ! Cependant, un petit bilan statistique de 2013 s’impose pour conclure cette année qui vient de passer et débuter la nouvelle du bon pied.

Statistiques générales

  • 16 lectures (dont 9 relectures, alors seulement 7 « nouvelles » lectures)
  • J’ai terminé 2 sagas, j’en ai entamé 3 nouvelles et j’ai avancé dans 1 d’entre elles
  • Encore une fois cette année, je pulvérise mon record personnel du plus petit nombre de chroniques postées durant l’année : seulement 2 petites chroniques pour 2013 

Voici la répartition de mes lectures selon les genres :

  • Fantastique jeunesse : 3 livres
  • Fantasy jeunesse : 7 livres
  • Fantasy : 4 livres
  • Science-fiction : 2 livres

Une année où la SFFF a donc été prédominante. Une information somme toute révélatrice : quand je lis peu, j’ai tendance à me tourner vers ces genres on dirait !

Voici la maigre liste de mes lectures de 2013. Comme pour le bilan de 2012, les « nouvelles lectures » sont en gras et les relectures en pas gras normal.

  1. La Quête d’Ewilan, tome 1 : D’un monde à l’autre de Pierre Bottero
  2. La Quête d’Ewilan, tome 2 : Les Frontières de glace de Pierre Bottero
  3. La Quête d’Ewilan, tome 3 : L’Île du destin de Pierre Bottero
  4. Les Mondes d’Ewilan, tome 1 : La Forêt des captifs de Pierre Bottero
  5. Les Mondes d’Ewilan, tome 2 : L’Oeil d’Otolep de Pierre Bottero
  6. Les Mondes d’Ewilan, tome 3 : Les Tentacules du mal de Pierre Bottero
  7. Le Pacte des MarchOmbres, tome 3 : Ellana, la prophétie de Pierre Bottero
  8. Le Dernier jardin, tome 1 : Éphémère de Lauren DeStefano
  9. Le Roi Corbeau, tome 3 : Tuck de Stephen Lawhead
  10. Le protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme de Gail Carriger
  11. La trilogie de l’héritage, tome 1 : Les Cent mille royaumes de N.K. Jemisin
  12. La trilogie de l’héritage, tome 2 : Les Royaumes déchus de N.K. Jemisin
  13. A comme Association, tome 6 : Ce qui dort dans la nuit de Erik L’Homme
  14. A comme Association, tome 7 : Car nos coeurs sont hantés de Erik L’Homme
  15. A comme Association, tome 8 : Le regard brûlant des étoiles de Erik L’Homme
  16. La Tapisserie de Fionavar, tome 2 : Le Feu vagabond de Guy Gavriel Kay

Niveau relecture, ça a été évidemment que du bonbon avec les Bottero et le Kay. Pour les nouvelles lectures, j’avoue avoir été déçue d’Éphémère de Lauren DeStefano et aussi un peu de Sans âme de Gail Carriger. Le second m’a cependant quand même assez plu pour que je décide de lire la suite un jour. Le dernier tome de la trilogie du Roi Corbeau de Stephen Lawhead a quant à lui été à la hauteur des tomes précédents. De leur côté, les deux premiers opus de la Trilogie de l’Héritage de N.K. Jemisin se sont avérés de très bonnes lectures. Et finalement, les deux derniers de A comme Association furent de sympathiques lectures, à l’image du reste de la saga.

On dit souvent que ce n’est pas la quantité qui compte, mais je dois quand même dire que je suis déçue d’avoir aussi peu lu en 2013. En espérant que je ne descendrai pas plus bas encore dans l’avenir !

Je nous souhaite, à vous et à moi, une année 2014 pleines de belles lectures (donc sans panne !), de motivation pour bloguer, de santé et de tout ce qu’il faut d’autres pour être heureux !