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La théorie des six de Jacques Expert

5 jan

Le Livre de Poche (Thriller) - 2010 - 248 pages

Selon la “théorie des six”, énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure.

Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police: il annonce qu’il a décidé de tuer “quelqu’un” et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

Mon avis

Je comptais être brève cette fois dans mon avis puisque, je dois l’avouer, je manque de temps, mais également parce que La théorie des six est un livre qui m’a passablement déçue, sauf que mes mains écrivent plus vite que mon ombre. *sifflote innocemment* Dès que j’ai vu ce livre en partenariat sur Livraddict, je suis sautée sur l’occasion parce que, comme vous le savez, j’adore les thrillers et celui-là m’avait l’air particulièrement intéressant avec cette théorie. Et puis, personnellement, j’aime beaucoup la couverture, elle reflète bien l’histoire et la dominante jaune/doré lui donne un joli ton.

Pourquoi, donc, ai-je été déçue? Je l’ai dit plus haut, j’aime les thrillers. Or, ce roman tient davantage du policier. Je n’y ai trouvé aucun réel suspense et les rebondissements ne sont pas sous forme d’action, mais plutôt du côté psychologique. On suit de près le cheminement mental de Julien Dussart, le meurtrier, mais il n’y a rien de bien palpitant en soi dans l’histoire. Je ne me suis nullement sentie happé par le récit et ce, malgré la narration au « je » qui aurait dû, il me semble, me permettre d’entrer de plein pied dans l’histoire.

Le langage vulgaire, obscène et scabreux de la plupart des personnages m’a choquée et a gâché ma lecture. Ça aurait bien passé s’il n’avait été question que d’un seul personnage s’exprimant ainsi, mais lorsque le mot « pute » revient pratiquement à chaque page, provenant de la bouche de plusieurs personnes différentes, c’est trop. Cela aurait pu donner une saveur différente à un personnage, mais quand c’est utilisé pour tous, c’est de l’excès et c’est cette surabondance qui m’a choquée.

Je regrette aussi le peu de développement qu’il y a autour des personnages secondaires. Luan, Rachel et Raymonde Dussart, la mère de Julien, sont des personnages que j’aurais aimé connaître davantage. Quelle est l’histoire de cette petite chinoise, Luan, qui doit travailler d’arrache-pied pour rembourser son entrée illégale en France? Mystère. De son côté, Rachel Lepetit avait, à mon avis, un potentiel énorme, mais elle est reléguée au plan d’accessoire pour Sophie Pont, cette commissaire divisionnaire complètement détestable, égocentrique et fade. Et la mère de Julien Dessart: pourquoi et comment exerce-t-elle cette vendetta, dont on fait à peine mention, contre ceux qui ont persécuté son fils dans sa jeunesse? Ce sont des personnages qui, s’ils avaient été plus développés, auraient apporté, selon moi, une richesse qui fait présentement défaut à ce livre.

J’aimerais également établir un petit parallèle avec un autre livre que j’ai lu: Le parfum de Patrick Süskind. J’ai trouvé le personnage principal de La théorie des six, Julien Dussart, étrangement similaire à Jean-Baptiste Grenouille. Effectivement, Dussart était décrit par les témoins comme étant « personne et tout le monde à la fois », qu’il avait un physique anonyme qu’on oublie sitôt qu’on l’a vu, ce qui est précisément le cas de Grenouille lorsqu’il se promenait sans parfum. On peut aussi noter que les deux n’éprouvent aucun remord face à leurs crimes et qu’ils agissent par obsession: Julien, pour la théorie des six; Jean-Baptiste, pour une femme. Pour tout vous dire, cette étrange similitude m’a quelque peu dérangée. Espérons toutefois que ce n’est que le fruit de mon imagination!

Cependant, il n’y a pas que des défauts, quelques qualités sont aussi présentes dans ce livre, aussi peu nombreuses soient-elles à mes yeux. Je pense que tous ceux qui l’ont lu s’entendront pour dire que la psychologie du tueur est très étudiée, très bien dressée. On peut aisément suivre le fil de ses pensées qui sont, somme toute, très logiques. Je sais pas si c’est parce que je n’ai pas accroché à l’ensemble de l’histoire (donc j’ai peut-être moins retenu les détails), mais j’ai été complètement surprise par la fin. Je croyais que la cible finale de Dussart était son père qui l’avait abandonné en bas âge, mais je me suis complètement trompée!

Bref, la nature policière et non thriller du roman, la vulgarité de la quasi totalité des personnages et le peu de développement des protagonistes secondaires ont fait de ce livre une déception à mes yeux. De même, la ressemblance du personnage principal avec Jean-Baptiste Grenouille dans Le Parfum de Patrick Süskind m’a importunée. La psychologie étoffée du meurtrier et la fin qui m’a surprise arrivent à sauver un peu ce livre, mais une chose est certaine, je ne le relirai pas de sitôt. Je tiens tout de même à remercier les éditions Le Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat qui, même s’il m’a déçue, m’a permis de découvrir un nouvel auteur!!

Appréciation globale :

Moyen...

Déception...

Pour d’autres avis, vous pouvez aller faire un tour sur la fiche Livraddict!

Seras-tu là? de Guillaume Musso

3 jan

XO éditions - 2006 - 302 pages

Un seul geste aurait suffi pour tout changer.
Qui n’a jamais rêvé de revenir à cet instant décisif où le bonheur était possible?

San Francisco. Elliot, médecin passionné, ne n’est jamais consolé de la disparition d’Ilena, la femme qu’il aimait, morte il y a trente ans.
Un jour, par une circonstance extraordinaire, il est ramené en arrière et rencontre le jeune homme qu’il était, trente ans plus tôt. Il est revenu à l’instant décisif où un geste de sa part peut sauver Ilena.
Et modifier l’implacable destin qui a figé son sort à jamais.

Mon avis

Dans la même lignée « best-sellerienne » que ma précédente lecture (cf. Introduction de ma critique sur Les Âmes Vagabondes), me voici maintenant avec mon tout premier Guillaume Musso. Mon premier roman de lui et donc mes premières impressions sur cet auteur…

Une des réflexions que je me suis fait en finissant ma lecture a été la suivante : Mouais. Moyennement convaincue. J’ai plus ou moins aimé les 200 premières pages, mais pourtant adoré les 100 dernières. En terme de proportion, ça veut dire qu’il y a le 2/3 du livre que je n’ai pas apprécié. Bilan assez dépréciatif lorsqu’on regarde les chiffres. Je m’explique.

Après une sommaire présentation des personnages et de leur vie, le concept qui nous suivra tout au long du livre est lancé, c’est-à-dire les voyages à travers le temps. Pas de problème avec cet élément, je savais déjà qu’il y aurait une touche de fantastique. Le problème n’est donc pas l’idée, même si, on en conviendra, elle n’est pas tellement originale. Le principal défaut de ce livre est, à mon avis, son manque d’unité et de fluidité. On se balade entre le passé et le présent (ou le présent et le futur, tout dépend du point de vue), mais les scènes sont tellement coupées sèchement qu’il n’y a aucune liaison entre elles. Pour moi, ça donnait quelque chose de décousu et de chaotique, un tout vraiment pas harmonieux. Le parallèle temporel est peut-être ainsi plus facile à établir, mais ça m’a déplu (chacun ses goûts hein ^^).

Il y a aussi un sentiment d’inachevé qui m’a suivi une bonne partie du livre et que je sens encore après l’avoir fini. L’histoire est creuse, elle manque de fond, de tonus! Quand j’essaie de la regarder dans sa globalité, je vois somme toute un rendu qui manque de consistance! J’avais envie d’un livre léger quand j’ai choisi celui-là, mais là, j’ai été servi à souhait! Bon, évidemment, on peut le voir comme un point positif, c’est un roman qui se lit vite et c’est sans prise de tête!

Cependant, soyons francs, il n’y pas que du mauvais dans ce livre! J’ai trouvé que Guillaume Musso avait un talent certain pour faire ressentir la tristesse, et c’est ce qui m’a tant fait aimé les 100 dernières pages! Je lisais avec le coeur un peu plus serré à chaque page tellement c’était poignant! C’est dommage qu’il n’ait pas réussi à me faire éprouver aussi fortement l’amour entre Elliot et Ilena ainsi que la joie. En effet, ces passages ne m’ont nullement touchée. Je ne suis pas, d’ordinaire, très avare d’histoires tristes, mais quand c’est bien écrit, c’est toujours intéressant à lire et ce fut donc le cas pour la fin de Seras-tu là?.

Je rajouterais aussi que la comparaison entre Musso et Lévy est à mon avis très juste, car j’avais l’impression de lire un Lévy tellement le genre et le style étaient similaires! Ça m’a même un peu déstabilisée à un certain moment, je trouvais ça très étrange, mais au final, on s’y fait. Même si le style de ces deux auteurs est semblable, je n’ai ressenti aucune gêne à lire l’écriture de Musso, ce qui est souvent le cas pour moi avec Marc Lévy. Les phrases étaient à mon sens mieux construites!

Bref, je suis un peu déçue par le manque de fond et de fluidité de ce roman, mais cet auteur a quand même su me montrer qu’il est très habile pour faire sentir la tristesse. Je ne suis pas réfractaire à essayer un autre livre de cet écrivain parce que ce serait bête de s’arrêter là alors que c’était peut-être seulement ce roman-là qui ne me convenait pas. Je met donc une partie du choix de mon prochain Musso entre vos mains : Quel est votre livre préféré de cet auteur? Si vous aviez à me proposer qu’un seul Musso, lequel choisiriez-vous?

Appréciation globale :

Moyen...

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Les sept filles d’Avalon d’Isa-Belle Granger

29 déc

Michel Quintin - 2009 - 480 pages

Éloise traverse l’Atlantique pour se rendre en Angleterre, où elle fera sa maîtrise en littérature anglaise à la prestigieuse Université de Bristol. Pour elle, c’est un rêve qui se réalise. Une fois sur place, elle compte se mettre en quête des secrets bien enfouis entourant la vie de Guenièvre et du roi Arthur, les héros de sa légende préférée.

Pourtant, bien des surprises l’attendent là-bas, à commencer par l’arrogance et la froideur que lui témoignera Wallegh, son directeur de thèse. Entraînée dans une valse où s’entrelacent le passé et le présent, la réalité et la légende, Éloise apprendra l’existence de la prophétie des sept filles d’Avalon. Qui sont-elles, ces grandes dames de l’Histoire, et quel est le lien qui semble l’unir à elles? D’où viennent ces rêves torrides qui lui semblent si réels et qui la laissent haletante au petit matin?

Éloise devra bientôt se rendre à l’évidence: son directeur de thèse ne l’a pas choisie uniquement pour ses talents en recherche. Quand elle fera enfin la lumière sur le sombre secret de Wallegh, Éloise se verra propulsée dans une course contre la montre.

Et si derrière certaines légendes se cachait beaucoup plus qu’un fond de vérité?

Mon avis

On a beau dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences, cet aspect des livres reste mon incorrigible point faible. Vous devinez donc par quel heureux hasard ce roman a atterri dans mes mains: sa magnifique couverture m’est tombée dans l’oeil! Rien de moins pour me confirmer que « l’habit ne fait pas le moine ». Je ne dirais pas qu’il est mauvais, non, parce que malgré ses défauts, il a quelques bons côtés.

L’auteure a voulu faire fort et c’est bien là le problème: trop fort peut-être. Intégrer dans le même récit les légendes médiévales autour d’Avalon et du Roi Arthur, l’histoire biblique et le vampirisme, fallait le faire! C’était un pari osé, mais… Comment dire. J’ai trouvé les liens entre les légendes médiévales et l’histoire biblique très bien pensés et l’idée très originale (à noter que je n’ai pas une connaissance très approfondie des mythes médiévaux, donc je ne saurais dire si c’est bien documenté). Le problème n’est donc pas le contenu, mais plutôt la structure. Personnellement, j’ai trouvé que ce n’était pas du tout homogène. On alternait entre les passages présent/actions et passé/descriptions, mais avec tellement peu de fluidité dans les liaisons que j’avais l’impression de lire deux livres, l’un historique, l’autre d’aventure. J’ai eu à plusieurs reprises des difficultés à comprendre les flashback historiques (beaucoup de noms, de personnages, d’évènements, le tout condensé en mode explications rapides). J’ai relu le passage sur Marie Stuart trois fois et même en consultant l’arbre généalogique du début, j’arrivais pas à comprendre, et c’est pas faute d’avoir essayé. L’histoire aurait sans doute gagné à contenir moins d’éléments, quitte à ce qu’ils soient plus approfondis, ce qui n’est pas vraiment le cas ici. Là, il aurait fallu que je me fasse une feuille de notes à côté, chose que je n’ai jamais fait, donc pour moi, l’auteure a mal rempli son mandat, soit transmettre son message, son histoire, clairement.

J’ai aussi trouvé (et ce n’est que mon avis) que la plupart des dialogues n’étaient pas vivants, pas expressifs. Je me suis habituée à la longue, mais ça manquait de naturel. Il y avait également des référents trop loin ou mal utilisés, si bien que ça rendait certains passages difficiles à comprendre. J’ai peut-être manqué des bouts, oublier des p’tits trucs, mais à la fin de ma lecture, il y avait encore des détails obscurs (surtout par rapport à l’Étrangère; j’ai jamais compris d’où elle sortait celle-là). Ah! Et ce tout petit passage qui m’a agacée au plus haut point! Non, vraiment, on aurait pu garder Hitler en dehors de ça. Lâchez-le, le pauvre Dolfie, on a assez spéculé sur ses origines! Il y a d’autres méchants dans le monde! ^^

Je disais donc qu’il y a également quelques bons côtés. J’ai déjà salué l’originalité de la trame. Les sentiments étaient généralement très bien décrits. La complicité qui s’est tissée entre Philip et Éloise était belle et touchante. On sentait très bien le lien fort qui les unissait. Un bel amour entre Éloise et Christophe, qui m’a fait sourire avec ses belles répliques. Ahhh, si tous les hommes pouvaient en faire autant! ^^ On ressentait également très bien l’amour fraternel entre Wallegh et sa soeur, qui ont su rester unis malgré les dures épreuves qu’ils ont traversées.

Bref, malgré une structure qui laisse un peu à désirer et une écriture parfois maladroite à certains moments, l’histoire en soi reste très bien pensée! Dernière chose: déconseillé au moins de 16 ans et aux très grands connaisseurs des légendes médiévales!

Appréciation globale :

Moyen...

Tomes…
T.1: Les Sept filles d’Avalon – paru
T.2: Le Dernier fils d’Avalon – février 2012
T.3: Le Souffle d’Avalon – février 2015

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