Soudain jaillirent du sol des formes ténébreuses: silhouettes immenses, robes noires, masques d’acier étincelant. Elles avaient surgi à l’endroit le plus inattendu, entre les rangs même de l’armée. Un jeune chevalier mimbraïque en avisa une à ses côtés et sabra. À l’instant où sa lame traversait l’ombre, il fut frappé par la foudre. Des tourbillons de fumée s’élevèrent des gentes de son ventail et il grilla dans son armure.
Ce’Nedra, la Fiancée de Lumière, crispa la main sur son amulette et ferma les yeux: « Aide-nous, Belgarath! Nous allons être écrasés! »
À quoi servait de l’appeler? Sans doute avait-il atteint la Cité de la Nuit, où Torak s’éveillait au milieu des ruines. L’immense geste s’achevait dans le fracas des armes, et l’enfant de la prophétie n’était pas prêt. La guerre de sept mille ans allait finir par la victoire du Dieu-Dragon des Angaraks!
Mon avis
M’y voilà! C’est avec ce dernier et ultime tome que se termine cette belle pentalogie qu’est La Belgariade. Ce billet se veut un peu plus général, c’est-à-dire qu’il parlera du cinquième tome (évidemment ^^), mais aussi de la saga en entier, histoire de faire le point sur toute l’aventure!
Ce dernier opus, c’est la concrétisation de deux prophéties vieilles de plusieurs milliers d’années se fondant l’une dans l’autre, pour n’en devenir qu’une seule. Les décisions prises ici sont toutes plus cruciales les unes que les autres. On a droit à un bon flot de péripéties (normal quand la fin est si proche)! Bizarrement, alors que dans les autres tomes je préférais suivre Garion, j’ai cette fois rongé mon frein en attendant le moment où j’allais retrouver Ce’Nedra et son armée! Je dois avouer que j’avais hâte qu’il y ait enfin une bonne grosse baston. ^^ Et à ce niveau-là, je suis assez satisfaite. Une belle bataille, avec des évènements inattendus et d’intéressantes démonstrations du vouloir et du verbe (c’est-à-dire de magie). Par contre, je suis un tout petit peu désappointée de ne rien savoir au sujet du plan du roi Drosta, avec la brèche dans l’armée et tout. On ne sait absolument pas comment ça se passe finalement.
Au niveau de la confrontation entre Belgarion et Torak, voici la première chose qui m’ait passé par la tête : « C’est tout? » … Eh ouais, sur le coup, j’ai été déçue. Mais plus j’y repense et plus je me dis que quelque chose de différent n’aurait pas été plus approprié. C’est ce qu’il fallait finalement, même si de prime abord, ça manque un peu… de cris, de blessures et de sang!
Ben oui, je m’attendais à un combat épique moi! Cependant, je vous assure que ce qu’il se passe, bien que davantage émotionnel que physique, en vaut tout autant la peine. C’est très beau et j’oserais même dire émouvant.

Royaumes du Ponant et Territoires Angaraks
Du côté des personnages, on retrouve tout notre petit groupe initial, certes disséminé partout sur le continent, mais chacun très actif, à sa façon, dans l’histoire. Les figures de proue de ce dernier tome sont bien évidemment Garion et Ce’Nedra. Quand on repense à comment ils étaient au début, on se rend compte qu’ils ont beaucoup évolué et que leur personnalité est devenue plus étoffée. Pour ce qui est des autres personnages, ils sont encore et toujours égaux à eux-mêmes: intègres, drôles et incroyablement courageux. Je vais beaucoup m’ennuyer de Silk et je regrette tant que la fin ne soit pas plus heureuse pour lui (la danse avec la reine, terrible!)…
J’ai tout de même quelques petites déceptions. Tout d’abord, je suis vraiment déçue au sujet de Mission. Oui, on sait à peu près d’où il vient et comment il a été trouvé, mais… j’aurais aimé en savoir davantage, par exemple découvrir comment Zedar a fait pour l’élever en toute innocence. Je le trouvais tellement attachant ce p’tit bonhomme, je suis triste de le quitter sans mieux le connaître. Peut-être en apprend-on plus dans les autres séries? Ensuite, j’ai trouvé le truc avec Durnik et les Dieux (désolée d’être si vague, je veux pas spoiler ^^) très prévisible compte tenu du surnom de Durnik, alors Polgara ne m’a nullement émue.
Bref, ce tome conclut très bien La Belgariade! David Eddings nous livre ici un opus final riche en action avec une belle grosse bataille et un combat final, entre Belgarion et Torak, se jouant davantage sur le plan mental que sur le plan physique, mais qui reste quand même splendide. On constate à quel point les personnages ont évolué au fil des tomes et on quitte certains d’entre eux avec beaucoup de regret, particulièrement Silk et Mission pour ma part. Je suis très contente d’avoir découvert cette saga qui, sans pour autant être un coup de coeur, me laisse somme toute une très bonne impression. Me voilà maintenant avec une culture littéraire un peu plus étendue!
Appréciation globale :
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Eddings (5/5)!
Tomes…
T.1: Le pion blanc des présages - paru
T.2: La reine des sortilèges - paru
T.3: Le gambit du magicien - paru
T.4: La tour des maléfices - paru
T.5: La fin de partie de l’Enchanteur - paru
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